John Brown Gordon ( - ) est l'un des plus fidèles généraux confédérés de Robert E. Lee à la fin de la guerre de Sécession.. Après la guerre, il est un farouche opposant à la Reconstruction et certains historiens pensent qu'il est un dirigeant du Ku Klux Klan en Géorgie à la fin des années 1860. Membre du Parti démocrate, il est sénateur des États-Unis de 1873 à 1880, et une nouvelle fois de 1891 à 1897. Il est le de Géorgie de 1886 à 1890.

Biographie

Avant la guerre Gordon est un descendant d'immigrants écossais, et naît le dans la plantation de son père dans le comté d'Upson, Géorgie, quatrième de douze enfants. Beaucoup de membres de la famille de Gordon ont combattu lors de la guerre d'indépendance. Vers 1840, sa famille déménage dans une plantation du comté de Walker et dans laquelle sont recensés 1840 United States Census, United States census, 1840; Walker County, Georgia..

Il entre à l'université de Géorgie, où il est membre de la , mais il la quitte avant d'avoir obtenu son diplôme. Il étudie le droit à Atlanta et réussit l'. Gordon et son père, Zachariah, investissent dans plusieurs mines de charbon au Tennessee et en Géorgie. Il exerce aussi le droit. En 1854, Gordon se marie avec Rebecca « Fanny » Haralson, la fille de .

Lors du recensement de 1860 John Brown Gordon possède une esclave de ..

Guerre de Sécession Bien qu'il manque d'entraînement ou d'expérience militaire, Gordon est élu capitaine d'une compagnie de troupes de montagne et passe rapidement du grade de capitaine à celui de brigadier général (), puis de major général (). Bien que Gordon proclame lui-même qu'il a été promu lieutenant général, il n'y a aucune trace de cette promotion.. Gordon est un général agressif. En 1864, Gordon est décrit par le général Robert E. Lee dans une lettre au président confédéré Jefferson Davis comme étant l'un de ses meilleurs brigadiers, .

Gordon est brigadier général et commandant de brigade dans la division de D.H. Hill lors de la campagne de la Péninsule en 1862. Pendant la bataille des Sept Jours qui suit, alors que Gordon marche sans peur parmi ses hommes, des balles ennemies brisent la crosse de son pistolet, percent sa gourde, et déchirent une partie de sa veste. Il est blessé aux yeux lors de l'assaut contre Malvern Hill. left|upright|thumb|Portrait de Gordon par Mathew Brady. Assigné par le général Lee pour tenir la route vitale immergée, ou , pendant la bataille d'Antietam, la propension de Gordon à être blessé atteint de nouveaux sommets. En premier, une balle Minié lui traverse le mollet. Ensuite, une seconde balle le touche un peu plus haut sur la même jambe. Une troisième balle lui traverse le bras gauche. Il continue de mener ses hommes malgré ses muscles et tendons mutilés, et une petite artère coupée par cette balle. Une quatrième balle le touche dans l'épaule. Malgré les appels pour qu'il se mette en arrière, il continue de commander ses hommes. Il est finalement stoppé par une balle qui le touche sur la figure, passant au travers de sa joue gauche et sortant de sa mâchoire. Il tombe son visage dans sa casquette et aurait pu se noyer si le sang ne s'était écoulé par un trou dans la casquette. Un chirurgien confédéré pense qu'il ne survivra pas mais après être retourné en Virginie, il est remis sur pied par sa femme..

Après des mois de récupération, en , Gordon commande une brigade de Géorgiens dans la division de Jubal A. Early pendant l'invasion confédérée de la Pennsylvanie. Sa brigade occupe Wrightsville sur la rivière Susquehanna, le point le plus à l'est en Pennsylvanie que les troupes confédérées atteindront jamais. La milice de l'Union commandée par le colonel incendie le long de pour empêcher Gordon de traverser la rivière, et le feu se propage rapidement aux parties de Wrightsville. Les troupes de Gordon se transforment en brigade de pompiers et parviennent à éviter une plus grande destruction d'une partie de la ville.

À la bataille de Gettysburg le , la brigade de Gordon se brise sur le sur Barlow's Knoll. Là, il aide le commandant de division ennemi et blessé Francis Barlow. Cet incident mène à une histoire (que quelques-uns considèrent comme apocryphe) à propos des deux officiers qui se rencontrent plus tard à Washington, D.C., inconscient que Barlow avait survécu à la bataille. L'histoire est racontée par Barlow et par Gordon et est publiée dans les journaux et dans le livre de Gordon.

Certains historiens choisissent d'écarter cette histoire, malgré des récits contemporains et le témoignage des deux hommes, en raison de la propension de Gordon à exagérer dans ses écrits d'après-guerre et parce qu'il leur est impensable que Gordon n'ait pas su qu'il avait combattu Barlow ensuite contre lui à la bataille de la Wilderness.

Au début de la campagne de l'Overland de 1864, lors de la bataille de la Wilderness, Gordon propose une attaque de flanc contre la droite de l'Union qui pourrait avoir un effet décisif sur le sort le la bataille, si le général Early l'avait autorisé à la lancer avant la fin de la journée. Le , Gordon reçoit le commandement de la division d'Early dans le corps du lieutenant général Richtard S. Ewell (plus tard celui le corps d'Early). Le succès de Gordon à repousser l'assaut massif de l'Union lors de la bataille du Spotsylvania Court House (le « Bloody Angle ») empêche la déroute confédérée. Il reste avec Early lors des campagnes de la vallée de la Shenandoah en 1864 et est blessé le , à Shepherdstown en Virginie-Occidentale. Après avoir été soigné de sa blessure à l’œil droit, il retourne au combat. Le rapport officiel du cartographe confédéré Jedediah Hotchkiss de l'incident précise . Sa femme Fanny, accompagnant son mari lors des campagnes comme le font quelquefois les épouses des généraux, sort en courant dans la rue lors de la troisième bataille de Winchester pour inciter les troupes de Gordon qui retraitent à se retourner et à faire face à l'ennemi. Gordon est horrifié de la trouver dans la rue avec les obus et les balles fusant autour d'elle.

Retournant dans l'armée de Lee après la défaite d'Early lors de la bataille de Cedar Creek, Gordon commande le deuxième corps de l'armée de Virginie du Nord jusqu'à la fin de la guerre. Dans ce poste, il défend la ligne lors du siège de Petersburg et commande l'attaque contre le fort Stedman le (où il est une nouvelle fois blessé, à la jambe). À Appomattox Court House, il mène ses hommes lors de la dernière charge de l'armée de Virginie du Nord, capturant les tranchées et plusieurs pièces d'artillerie sur son front juste avant la reddition. Le , les troupes confédérées de Gordon se rendent officiellement au brevet major général Joshua L. Chamberlain, agissant pour le lieutenant général Ulysses S. Grant, détaillé précisément par Chamberlain :

Après la guerre

Alors que le gouvernement de l'État de Géorgie est reconstitué pour sa réadmission dans l'Union, Gordon est candidat pour devenir gouverneur en 1868, mais perd les élections. Il est un opposant acharné de la Reconstruction et promeut des mesures pour préserver la société dominée par les blancs, dont des restrictions pour les affranchis et l'usage de la violence. Gordon est supposé avoir été à la tête du Ku Klux Klan en Géorgie, mais l'organisation est si secrète que son rôle n'a jamais été prouvé de façon probante. Lors de son témoignage devant le Congrès en 1871, Gordon nie tout engagement dans le Klan, mais reconnaît être associé avec une organisation de secrète dont le seul objet est la ..« Il est excessivement difficile de déterminer le rôle exact de Gordon dans le Klan, mais selon la nature de son témoignage, ses voyages constants dans la Géorgie et le Sud, et son désir de maintenir la paix, l'ordre social et la suprématie blanche, on peut conclure avec une certitude raisonnable qu'il était au moins à la tête du Ku Klux Klan de Géorgie. Même s'il n'avait probablement que peu de connaissance et de contrôle sur les klans locaux, puisque cette association terroriste n'a jamais été pleinement organisée. Bien qu'il ne soit absolument pas possible que Gordon ignora des menaces et violences des Blancs du sud si souvent employées contre les Noirs du sud, il semble plus plausible que Gordon a simplement « regardé de l'autre côté » et a consenti a de tels excès comme le prix à payer pour que la paix sociale - une paix déterminée et définie exclusivement par les Blancs du sud - soit retrouvée et préservée. Gordon peut n'avoir pas approuvé la violence par les membres du Klan, mais il n'a pas posé de question ni ne s'y est opposé puisqu'il la pensait justifiée. En ce sens, Gordon personnifie les plus hauts niveaux de la société du sud : il aurait fait ce qui fallait être fait pour assurer l'ordre social contrôlé par les Blancs, mais il espérait que cela s'accomplirait sans violence. »

Ralph Lowell Eckert, John Brown Gordon: Soldier, Southerner, American, p. 149.Gordon est élu au Sénat des États-Unis en 1873, et en 1879 devient le premier ex-confédéré à présider le Sénat. Il est un fervent soutien du « nouveau sud » et de l'industrialisation. Le lendemain, il obtient la promesse de président Ulysses S. Grant de retirer les officiels fédéraux de Géorgie qui ont obtenu leur position par la fraude ou la corruption.

Gordon démissionne en pour promouvoir une entreprise risquée de la . Il est élu gouverneur de Géorgie en 1886 et retourne au sénat des États-Unis de 1891 à 1897. En 1903, Gordon publie son histoire pendant la guerre de Sécession intitulée Reminiscences of the Civil War. Il s'engage dans une série de conférences populaires au travers du pays.

Le général Gordon est le premier commandant en chef de l' lorsque le groupe est organisé en 1890 et tient ce poste jusqu'à sa mort. Il meurt lors d'une visite chez son fils à Miami, à l'âge de et est enterré dans le cimetière d'Oakland à Atlanta ; plus de ont suivi et ont pris part aux funérailles.

Opinions raciales Gordon, ancien planteur, propriétaire d'esclaves et général confédéré, nourrissait des convictions suprématistes blanches qu'il conserva toute sa vie. Il s'opposa aux efforts des républicains en matière de Reconstruction et soutint des mesures visant à préserver une société dominée par les Blancs, notamment des restrictions imposées aux affranchis et le recours à la violence à leur encontre.

Hommages et critiques thumb|upright|La statue de Gordon du sculpteur Solon Borglum est située dans la partie nord-est des parterres du Capitole de l'État de Géorgie.

Hommages Plusieurs hommages lui sont rendus à travers de nom de lieu ou l'érection de monuments : Le fort de l'armée des États-Unis à Augusta, Géorgie, est baptisé en son honneur. La statue de Gordon dans les parterre du capitole de l'État de Géorgie à Atlanta est la seule statue équestre publique de la ville. L'U.S. Highway 19 dans le comté d'Upson, Géorgie, est baptisé en son honneur. Il y a une statue de Gordon sur la pelouse du tribunal de Thomaston, Géorgie. Le à Barnesville, Géorgie, est baptisé en son honneur.

Critiques En 2020, le mouvement Black Lives Matter est relancé par le meurtre de George Floyd. Sa statue à Atlanta fait l'objet de critiques et d'appels au déboulonnage. Dans un courrier au gouverneur de Géorgie, de John Gordon demande de retirer le monument.

De même, dans une loi bipartisane, le congrès américain ordonne de rebaptiser les bases américaines portant des noms d'esclavagistes et d'officiers sudistes.. Le processus de changement de nom aboutit en 2023 et devient « Fort Eisenhower », en hommage au président Dwight D. Eisenhower.. En , au cours de la seconde présidence de Donald Trump et dans une logique de retour en arrière conservateur, la base reprend son nom de « Fort Gordon », en utilisant toutefois comme prête-nom le soldat Gary I. Gordon (1960-1993).

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

. . .

Kross, Gary. "The Barlow-Gordon Incident." Blue & Gray Magazine, December 2001, 23–24, 48–51.