Cette liste recense les élections organisées durant l'année 1987. Elle inclut les élections législatives et présidentielles nationales dans les États souverains, ainsi que les principaux référendums.

Commentaires généraux Dans les années 1980, il existe principalement deux sortes de régimes électoraux : celui des démocraties multipartites, et celui des régimes à parti unique. Dans ces derniers, un seul parti politique est autorisé, et les citoyens sont généralement appelés à départager plusieurs candidats proposés par les autorités, ou bien à approuver un candidat unique par plébiscite. Les régimes à parti unique se trouvent notamment dans le bloc communiste (Albanie en février, Viêt Nam en avril, Éthiopie en juin) et dans une grande partie de l'Afrique.

Ainsi, parmi les quatorze États africains qui organisent des élections nationales en 1987, huit sont des régimes à parti unique. Des six autres, seules l'île Maurice (août) et la Gambie (mars) peuvent réellement être considérées comme des démocraties. En Afrique du Sud (mai), le multipartisme existe, mais le pouvoir est réservé à la minorité blanche de la population : c'est le régime de l'apartheid.

En 1987 les Philippines (février), la Turquie (septembre), le Suriname (septembre) et la Corée du Sud (octobre) adoptent tous par référendum des mesures qui établissent ou restaurent un degré plus ou moins important de démocratie.

Par mois

Janvier Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Élections anticipées, le scrutin de ayant produit un parlement sans majorité. Il n'existe pas de partis politiques, bien que les députés s'assemblent en diverses factions. Victoire des partisans du président Hammer DeRoburt. Les députés réélisent celui-ci à la présidence de la République. Législatives Parlement sans majorité. L'alliance CDU/CSU (conservateurs) conserve une majorité relative des sièges. Helmut Kohl demeure chancelier.

Février Date Pays Élections Contexte Résultats février Législatives L'Albanie à cette date est un État à parti unique. Seuls les candidats approuvés par le Front démocratique (union des organisations de masse liées au Parti du travail) sont autorisés à se présenter. Les électeurs sont invités à approuver les candidats sélectionnés par les autorités. Le Parti du travail (marxisme-léninisme, anti-révisionniste) et ses alliés conservent la totalité des sièges. Officiellement, les candidats ont obtenu un taux d'approbation populaire de 100 %, avec un taux de participation de 100 %. février Référendum La révolution de 1974 a renversé la monarchie et mis en place un régime militaire. Après la Terreur rouge des années 1970 et la famine de 1984-1985, ce référendum soumet au peuple une proposition de nouvelle Constitution. Inspirée par le modèle soviétique, elle établit un régime à parti unique. La Constitution est approuvée par 81 % des votants. Le pays devient la République démocratique populaire d'Éthiopie. Référendum Le mouvement « Pouvoir du peuple » a contraint le président Ferdinand Marcos à la démission en 1986. Le référendum soumet au peuple une proposition de nouvelle Constitution, garantissant les droits de l'homme et la démocratie. La Constitution est approuvée par 73,4 % des votants. Législatives Élections anticipées, provoquées par la dislocation du gouvernement de coalition du Fine Gael (centre-droit) et du Parti travailliste (centre-gauche). Alternance. Parlement sans majorité. Le Fianna Fáil (centre-droit), qui disposait d'une majorité relative des sièges mais siégeait dans l'opposition, manque de peu d'en obtenir une majorité absolue. Charles Haughey (Fianna Fáil) est nommé premier ministre d'un gouvernement minoritaire. Législatives L'Algérie à cette date est un État à parti unique. Le parti au pouvoir présente plusieurs candidats par circonscription ; les citoyens sont invités à les départager. Le Front de libération nationale (socialiste) conserve mécaniquement tous les sièges. De nombreux députés sortants sont néanmoins battus. Abdelhamid Brahimi (FLN) demeure premier ministre. 18 et Législatives Les Tonga à cette date sont une monarchie où le roi conserve un pouvoir exécutif fort. Le roi, et non pas le Parlement, choisit le gouvernement. Les députés élus par le peuple constituent moins de la moitié des membres de l'Assemblée législative, où siègent également des nobles et des membres nommés par le roi. Il n'existe pas de partis politiques. Les élections de 1987 marquent l'émergence du mouvement pour la démocratie. Les démocrates remportent cinq des neuf sièges alloués aux élus du peuple.

Mars Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Il n'existe pas de partis politiques, bien que les députés s'assemblent en diverses factions. Tous les élus siègent sans étiquette. Le Congrès issu de ces élections élit John Haglelgam au poste de président de la République. Législatives et présidentielle Le Parti progressiste populaire (centre-droit) conserve une majorité absolue des sièges. Dawda Jawara (PPP) est réélu président de la République avec 59,2 % des voix, devant deux autres candidats. 12 et Législatives La plupart des candidats sont sans étiquette. Des opposants au gouvernement se constituent toutefois en un Parti chrétien-démocrate, pour s'opposer notamment à un accord commercial récent avec l'URSS. Le gouvernement du président Ieremia Tabai conserve une majorité qui lui est favorable au Parlement. 15 et Législatives Parlement sans majorité. Le Parti social-démocrate (centre-gauche) conserve sa majorité relative des sièges. Après six semaines de négociations, Harri Holkeri (Parti de la coalition nationale, centre-droit) est nommé premier ministre d'un gouvernement de coalition incluant également les socialistes, le Parti rural et le Parti populaire suédois de Finlande. Législatives Les Comores à cette date sont un État à parti unique. Les candidats d'opposition sont néanmoins autorisés à se présenter, sans étiquette, face aux candidats du parti au pouvoir. L'Union comorienne pour le progrès remporte tous les sièges. L'opposition perd l'unique siège qu'elle détenait. Référendum constitutionnel Le dictateur Jean-Claude Duvalier a été contraint à la démission et à l'exil par l'armée en 1986. Le général Henri Namphy a pris le pouvoir. La proposition de nouvelle Constitution soumise au peuple par référendum vise à établir le cadre de nouvelles élections. Selon les chiffres officiels, la Constitution est approuvée par 99,8 % des votants.

Avril Date Pays Élections Contexte Résultats 4 au Législatives Alternance. L'alliance du Parti travailliste (centre-gauche) et du Parti de la fédération nationale (représentant principalement les intérêts des fermiers d'origine indienne) obtient la majorité absolue des sièges. Timoci Bavadra (travailliste) est nommé premier ministre. C'est la première fois que le Parti de l'Alliance (conservateur) perd les élections.Le , le gouvernement est renversé par un coup d'État militaire mené par le colonel Sitiveni Rabuka, qui affirme vouloir restaurer la suprématie politique des autochtones. Le Parlement est dissous. 6 et Législatives Le Parti national démocratique (éclectique, autoritaire) conserve une majorité absolue des sièges. Atef Sedki demeure premier ministre. Législatives Le Parti uni des travailleurs (conservateur, chrétien-démocrate) conserve de justesse une majorité absolue des sièges. Afin de tenter d'accroître cette majorité, le premier ministre John Compton organise de nouvelles élections trois semaines plus tard. Législatives Le Viêt Nam est un État à parti unique. Seuls les candidats approuvés par le Front de la Patrie du Viêt Nam sont autorisés à se présenter. Pour la première fois, néanmoins, les candidats sont choisis lors de réunions publiques, au cours desquelles les citoyens peuvent les interroger. Les autorités présentent davantage de candidats qu'il n'y a de sièges à pourvoir ; les électeurs sont invités à les départager. Le Parti communiste et les autres organisations membres du Front de la Patrie conservent mécaniquement tous les sièges. Législatives C'est la période du « Nouvel ordre », sous la présidence de Soeharto. Les différents partis politiques ont été contraints de fusionner en seulement trois partis, les seuls autorisés. Les mouvements communistes sont violemment réprimés. Le mouvement Golkar (pancasiliste), qui représente le gouvernement Soeharto lors des élections depuis 1971, conserve une majorité absolue des sièges. Législatives et présidentielle Djibouti à cette date est un État à parti unique. Pour les législatives, le seul parti autorisé présente une liste de candidats comprenant autant de noms qu'il y a de sièges à pourvoir ; les citoyens sont invités à voter pour cette liste. De même, il y a un seul candidat pour l'élection présidentielle. Le Rassemblement populaire pour le progrès remporte mécaniquement tous les sièges au Parlement, tandis que le président de la République Hassan Gouled Aptidon est lui aussi réélu mécaniquement. Législatives Parlement sans majorité. Le Parti de l'indépendance (conservateur) conserve une majorité relative des sièges. Þorsteinn Pálsson est nommé premier ministre. Législatives Le Parti uni des travailleurs (conservateur, chrétien-démocrate) conserve sa majorité absolue des sièges, devançant d'un seul siège le Parti travailliste (centre-gauche). John Compton demeure premier ministre.

Mai Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Ces élections se déroulent sous le régime de l'apartheid. Seuls les personnes issues de la minorité blanche sont autorisées à élire la Chambre d'Assemblée (parlement). D'autres minorités ethniques disposent de leurs propres assemblées élues, subordonnées au pouvoir blanc. La majorité noire est exclue entièrement du droit de vote. Le Parti national (nationalisme afrikaner, extrême-droite), au pouvoir depuis 1948 et créateur de l'apartheid, conserve une majorité absolue des sièges. Pieter Willem Botha demeure président de la République. Le Parti conservateur (extrême-droite), nouvellement formé pour s'opposer à tout partage du pouvoir avec la population non-blanche, devient le principal parti d'opposition au Parlement, devant le Parti progressiste fédéral (centre-gauche, libéral, anti-apartheid). Législatives Ces élections font suite au mouvement « Pouvoir du peuple », qui contraint le président Ferdinand Marcos à lé démission en 1986. Alternance. Les partis de l'alliance Pouvoir populaire (allant du centre-gauche au centre-droit) remportent ensemble une majorité absolue des sièges. Le Mouvement pour une société nouvelle (extrême-droite), au pouvoir sous le président Marcos, est très largement battu. Législatives Alternance. Le Parti nationaliste (centre-droit) devance le Parti travailliste (centre-gauche), et obtient une majorité absolue des sièges. Edward Fenech Adami devient premier ministre. Présidentielle Ieremia Tabai est réélu avec 50,1 % des voix, devant deux autres candidats. Référendum Les citoyens sont appelés à approuver ou rejeter le à la Constitution, qui permettrait au gouvernement de ratifier l'Acte unique européen. L'amendement est approuvé par 69,9 % des votants. 27 et Législatives Le Malawi à cette date est un État à parti unique. Dans un tiers des circonscriptions, le parti ne présente qu'un seul candidat, qui est donc 'élu' d'office. Dans les autres, le parti présente plusieurs candidats ; les citoyens sont invités à les départager. Le Parti du congrès malawite (conservateur) conserve mécaniquement la totalité des sièges.

Juin