Jean-Ernest Gay, né le à Excideuil et mort le à Hyères, est un journaliste, écrivain et homme politique français de la fin du et du début du .

Biographie Né à Excideuil, Jean-Ernest Gay est le fils de Georges-Paul Gay, négociant, et de Magdeleine-Agathe Laussinotte.

vignette|gauche|Le lieutenant Gay en 1870-1871.

Au début de la Guerre franco-allemande de 1870, il entre comme lieutenant dans les Mobiles de la Dordogne. Au sein du du de marche, il prend part aux opérations sur la Loire et au Mans. Lors du combat de Vibraye, le , il commande la en l'absence de son capitaine. Par la suite, il est sous-lieutenant dans la réserve puis l'armée territoriale jusqu'en 1881. Son expérience de la guerre lui a inspiré plusieurs ouvrages.

Journaliste, Ernest Gay a dirigé la Revue libérale au début des années 1880Revue libérale, 10 février 1922, .. Membre de la Société des gens de lettres depuis 1887, il entre au comité central de l'Alliance française à la fin du siècle. En 1909, l'un de ses livres, La Guerre en province, est couronnée par l'Académie française.

Rédacteur au quotidien bonapartiste Le Pays dans les années 1880Compte-rendu du banquet offert aux députés de la Corse (13 décembre 1885), Paris, Société anonyme de publications périodiques, 1885, ., Gay est l'un des organisateurs du banquet de la Saint-Napoléon présidé par Eugène Jolibois à Saint-Mandé le Le Matin, 16 août 1886, .. Comme beaucoup de ses camarades bonapartistes, il soutient le mouvement boulangiste et, après avoir envisagé de se présenter comme « révisionniste » à l'élection municipale partielle d'AuteuilLa Presse, 2 octobre 1888, . en (un peu plus d'un an après avoir été candidat à Belleville)Le Gaulois, 5 mai 1887, ., il apporte le soutien des « comités napoléoniens démocratiques de la Seine » au général Boulanger lors de l'élection législative partielle du Le Radical, 11 janvier 1889, .. Quelques mois plus tard, à l'occasion des élections générales, Gay annonce sa propre candidature dans son département natal, briguant la députation dans la de PérigueuxJournal des débats, 22 août 1889, .. Il se retire cependant avant le premier tour au profit d'un autre bonapartiste boulangiste, Antoine Meilhodon, pour lequel il accepte de faire campagneLe Gaulois, 17 avril 1890, ..

vignette|Portrait d'Ernest Gay gravé d'après une photographie de Touranchet (1895).

Même si ses adversaires se plaisent à rappeler ses antécédents politiques de « bonapartiste-boulangiste »Le XIX siècle, 18 mai 1893, ., c'est en tant que « républicain modéré »La Presse, 6 avril 1893, . ou « libéral » et avec l'investiture de l'Union libérale républicaineJournal des débats, 15 avril 1893, . que Gay se porte candidat aux élections municipales parisiennes d'. Habitant depuis plusieurs années du quartier de la Porte-Dauphine, où il avait déjà été investi par les comités impérialistes de la Seine en 1890La Justice, 16 avril 1890, ., il s'y présente contre le radical Ernest Deligny, titulaire du mandat depuis près de vingt ans. Gay gagne la sympathie des électeurs catholiques du quartier et le soutien de la presse conservatrice après avoir pris position en faveur de la réintégration des sœurs dans les hôpitauxLe Rappel, 16 avril 1893, .. Avec 797 voix au premier tour, il talonne le sortant (874 voix) et devance largement le troisième, Piat (154 voix). Au second tour, Gay remporte l'élection avec suffrages, contre 903 pour Deligny. La lutte a été très vive et Gay n'a pas hésité à faire coller, dans la nuit précédant le vote, une affiche tricolore contre son adversaire. Ce dernier, défendu par M Millerand, fait condamner Gay pour ces manœuvres à cent francs d'amendeLe Rappel, 16 mai 1893, ., mais l'élection n'est pas invalidéeLe Figaro, 18 mai 1893, ..

Membre du conseil municipal et du conseil général de la Seine pendant 36 ans, Ernest Gay est premier secrétaire du conseil municipal en 1895-1896 puis syndic des deux assemblées à plusieurs reprises à partir de 1900, avant d'être élu à la présidence du conseil général en 1920Le Journal, 8 juillet 1920, .. Rédacteur en chef de l'hebdomadaire municipal La Cité, il est l'auteur d'un recueil illustré de biographies de ses collègues, Nos édiles, qui connaît plusieurs rééditions et mises à jour.

vignette|Photographie d'Ernest Gay publiée en 1921.

Candidat dans son quartier lors des législatives de 1898, il présente un programme conservateur (contre l'impôt sur le revenu, pour la suppression des sinécures, pour le respect de la liberté de conscience et la paix religieuse) aux accents nationalistes et antidreyfusardsLe Gaulois, 18 avril 1898, .. Concurrencé par d'autres candidats républicains libéraux, Fortin et Leroy-Beaulieu, il n'arrive qu'en cinquième position au premier tour, avec 934 suffrages, loin derrière le nationaliste Lucien Millevoye ()Le Gaulois, 9 mai 1898, ..

Signataire du manifeste de la Ligue de la patrie françaiseJules Lemaître, L'action républicaine et sociale de la Patrie française, Paris, 1900, . et membre de la Ligue des patriotesLe Figaro, 19 mai 1907, ., Gay est proche des nationalistes au début du .

Délégué de la ville de Paris lors de plusieurs voyages officiels à Prague, il est un ami des Tchèques et notamment d'Edvard BenešL'Homme libre, 5 mai 1933, ..

En 1910, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur. Il reçoit également la médaille commémorative de la guerre 1870-1871.

Réélu lors du scrutin de 1925 avec l'appui du Parti républicain démocratique et social (PRDS)Le Journal, 2 mai 1925, ., il obtient à nouveau l'investiture de ce parti (rebaptisé Alliance démocratique) pour les élections de 1929Le Journal, 28 avril 1929, .. Arrivé en troisième position au premier tourLe Journal, 6 mai 1929, ., il se désiste en faveur du baron Gabriel Roger, candidat de la Fédération républicaineLe Journal, 9 mai 1929, .. Ce dernier est cependant battu par Henri Gaillard (Alliance démocratique).

Ernest Gay meurt le à HyèresLe Matin, 30 avril 1939, ., où ses obsèques sont célébrées le Journal des débats, 7 mai 1939, .. Il était le doyen des chasseurs de France, ayant obtenu son premier permis de chasse à l'âge de 14 ansLe Temps, , ..

Distinctions

Œuvres Le Commandant Marty, Paris, Société générale d'imprimerie et de librairie, 1879. (Sous le pseudonyme d'Ernest Garennes) Le Sergent Villajoux, Paris, Librairie générale, 1880. (Sous le pseudonyme d'Ernest Garennes) Dernière défaite, Paris, Savine, 1891. Nos Édiles, Paris, La Nouvelle revue française illustrée, 1895 (première édition). L'Algérie d'aujourd'hui, Paris, Combet, 1901. Fille de comtesses, Paris, Flammarion, 1901. La Bohême à vol d'oiseau, Juven, 1907. La Guerre en province : campagnes de la Loire et du Mans 1870-71 (lettre-préface de Charles de Freycinet), Paris, Ducrocq, 1908. Paris héroïque : La Grande guerre (discours-préface de Raymond Poincaré), Paris, Lavauzelle, 1920. Coulisses de l'Hôtel de Ville : avant, pendant, après, 2 tomes (lettre-préface de Jean Chiappe pour le second), Paris, Figuière, 1935-1936.

Références

Sources bibliographiques Paul Bosq, « M. Gay », Nos Édiles, .

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