Cette liste recense les élections organisées durant l'année 1992. Elle inclut les élections législatives et présidentielles nationales dans les États souverains, ainsi que les référendums.
Commentaires généraux L'année 1992 fait suite à la dislocation de l'URSS, tandis que celle de la Yougoslavie se poursuit. La Bosnie déclare son indépendance vis-à-vis de la Yougoslavie par référendum (mars), et est attaquée par les troupes serbes, précipitant la guerre de Bosnie. La Croatie et la Slovénie organisent leurs premiers élections depuis leur indépendance, tandis que la guerre de Croatie se poursuit. Le Monténégro, pour sa part, vote pour maintenir son union avec la Serbie (mars). La Fédération de Yougoslavie ne compte alors plus que ces deux pays.
Dans l'ancien bloc de l'Est, l'Albanie, l'Azerbaïdjan et la Bulgarie organisent des élections multipartites qui amènent une alternance au pouvoir. En Tchécoslovaquie, le bon résultat obtenu par les indépendantistes slovaques aux élections du mois de juin aboutit à la dislocation du pays le .
L'année 1992 est surtout marquée par une vague de démocratisation en Afrique. Au Mali, au Burundi, au Congo-Brazzaville, au Ghana, à Madagascar, à Djibouti, au Togo et au Niger, les citoyens approuvent par référendum de nouvelles Constitutions qui abolissent les régimes à parti unique et restaurent ou instaurent le multipartisme.
La Mauritanie, le Cameroun, le Burkina Faso, le Nigeria, l'Angola, la République centrafricaine et le Kenya organisent par ailleurs leurs premières élections multipartites après l'introduction (ou la réintroduction) de la démocratie. Celles de l'Angola (septembre) ne constituent toutefois qu'une brève pause dans la guerre civile angolaise, tandis que les élections nigérianes (juillet) sont suivies par un nouveau coup d'État. En Afrique du Sud, un référendum historique au mois de mars approuve la transition vers la démocratie - c'est-à-dire vers l'accès de la majorité noire au droit de vote. Le Malawi est le seul pays africain à organiser encore (pour la dernière fois) une élection à parti unique en 1992 (au mois de juin).
En Europe, le traité de Maastricht, qui fonde l'Union européenne, est soumis à l'approbation du peuple par référendum dans trois pays seulement : le Danemark, la France et l'Irlande. Si les Irlandais et les Français l'approuvent, les Danois le rejettent à ce stade (juin).
Ailleurs, les élections n'ont encore qu'un caractère démocratique très limité en Iran (mai), aux Fidji (mai), en Indonésie (juin) et au Koweït (octobre). En Iran et en Indonésie, aucune réelle opposition n'est tolérée, tandis que le régime électoral fidjien est conçu pour marginaliser la communauté ethnique indo-fidjienne. Au Viêt Nam (juillet) et au Laos (décembre), les élections, à parti unique, n'ont rien de démocratique.
Par mois
Janvier Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Le tour, qui devait avoir lieu le , est annulé le par les généraux « janviéristes », après le succès du Front islamique du salut (islamiste) au premier tour en . Le président Chadli Bendjedid, qui avait initié le processus de démocratisation, démissionne. Début de la guerre civile. n/a Référendum Les citoyens sont invités à approuver une nouvelle Constitution, qui établit une démocratie multipartite pour la première fois depuis l'indépendance, et restreint les mandats présidentielles. La proposition est approuvée par 99 % des votants. 12 et Présidentielle Première élection présidentielle. Jeliou Jelev (Union des forces démocratiques, conservateur) est élu avec 52,8 % des voix au second tour, face à Velko Valkanov (sans étiquette, soutenu par le Parti socialiste, ancien parti unique). Présidentielle Première élection présidentielle multipartite. Première élection nationale multipartite depuis 1957. Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya (Parti républicain démocratique et social) est réélu avec 62,7 % des voix, devant notamment Ahmed Ould Daddah (Union des forces démocratiques, centre-gauche, laïque).
Février Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Le Parti nationaliste (centre-droit) conserve une majorité absolue des sièges. Edward Fenech Adami demeure premier ministre. Législatives -
Mars Date Pays Élections Contexte Résultats et mars Référendum La Bosnie-Herégovine à cette date est un pays constitutif de la République fédérale de Yougoslavie. Les citoyens sont appelés à se prononcer pour ou contre son indépendance. La plupart des Serbes de Bosnie boycottent le référendum. L'indépendance est approuvée par 99,7 % des votants. La Bosnie-Herzégovine déclare son indépendance le . Le , le pays est attaqué par l'armée serbe, déclenchant la guerre de Bosnie-Herzégovine. mars Législatives Premières élections multipartites depuis 1964. Parlement sans majorité. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (droite, au pouvoir, ancien parti unique) obtient une majorité relative des sièges, et manque de peu la majorité absolue. Il forme une coalition avec le Mouvement pour la défense de la République afin d'atteindre cette majorité. Simon Achidi Achu est nommé premier ministre. Une élection présidentielle a lieu en octobre. mars Législatives tour. Premières élections multipartites depuis 1959, c'est-à-dire depuis avant l'indépendance. Elles font suite au référendum de janvier. L'Alliance pour la démocratie au Mali, union de partis d'opposition de gauche, remporte une majorité absolue des sièges. Younoussi Touré est nommé premier ministre. mars Référendum Le Monténégro à cette date est un pays constitutif de la République fédérale de Yougoslavie. Les citoyens sont appelés à se prononcer pour ou contre le maintien du Monténégro dans la Yougoslavie, « en tant que république souveraine ». Le maintien du pays dans la Yougoslavie est approuvé par 96 % des votants. Réferendum Les citoyens sont invités à approuver une nouvelle Constitution, qui instaure une démocratie multipartite, garantissant la liberté de la presse et les droits de l'homme. La Constitution est approuvée par 90,4 % des votants. Les premières élections multipartites ont lieu l'année suivante. Référendum Les citoyens sont invités à approuver ou non une proposition de nouvelle Constitution, qui instaure une démocratie multipartite. La Constitution est approuvée par 96,3 % des votants. Référendum La proposition est que toute approbation d'un traité international par le Liechtenstein soit soumise à référendum. La proposition est approuvée par 71,4 % des votants. Référendum Les citoyens blancs (exclusivement) sont invités à approuver ou non la fin du système de l'apartheid, et la poursuite des négociations du gouvernement avec le Congrès national africain, en vue de l'instauration d'une démocratie sans restrictions raciales. Le « oui » l’emporte avec 68,7 % des voix. Le président Frederik de Klerk poursuit ses négociations avec Nelson Mandela, qui aboutissent à des élections démocratiques en 1994. 22 et Législatives Premières élections législatives libres et multipartites depuis 1923 (si l'on exempte l'élection de l'assemblée constituante en 1991). Alternance. Le Parti démocrate (conservateur) remporte une majorité absolue des sièges. Le Parti socialiste, refonte de l'ancien parti unique communiste, est battu et perd le pouvoir. Aleksandër Meksi (Parti démocrate) devient premier ministre. Législatives Restauration d'un semblant de démocratie après le coup d'État militaire de février 1991. Les élections sont truquées par l'armée. Parlement sans majorité. Le Parti de la justice et de l'unité (conservateur, représentant les militaires) obtient une majorité relative des sièges. Il forme un gouvernement de coalition avec (notamment) le Parti de la Nation thaïe (droite). En mai, une manifestation de 200 000 personnes pour la démocratie est réprimée dans le sang ; le roi Rama IX intervient, et contraint le premier ministre militaire Suchinda Kraprayoon à la démission. De nouvelles élections ont lieu en septembre. Législatives Parlement sans majorité. Le Parti démocrate libéral (conservateur, néolibéral) perd de peu sa majorité absolue des sièges, tout en conservant une majorité relative.
Avril Date Pays Élections Contexte Résultats 5 et Législatives Il n'existe pas encore de partis politiques. Tous les candidats se présentent donc sans étiquette. Òscar Ribas Reig conserve le soutien d'une majorité au Parlement, et demeure premier ministre. Parlementaires Parlement sans majorité. Le parti Démocratie chrétienne (centre-droit) conserve une majorité relative des sièges. En l'absence d'une majorité claire, plus de deux mois s'écoulent avant la formation d'un gouvernement. Giuliano Amato (Parti socialiste) est finalement nommé président du Conseil, à la tête d'un gouvernement de coalition alliant socialistes, conservateurs et libéraux. Législatives Le Parti conservateur conserve une majorité absolue des sièges. John Major demeure premier ministre. Législatives - 12 et Présidentielle Première élection présidentielle depuis l'introduction d'une démocratie multipartite. Élection du premier Président de la République. Alpha Oumar Konaré (Adéma-PASJ, social démocrate, parti d'opposition à la dictature achevée en 1991) est élu avec 69 % des voix. Présidentielle - Législatives Le Parti uni des travailleurs (chrétien-démocrate, conservateur) conserve une majorité absolue des sièges. John Compton demeure premier ministre. Référendum Les citoyens sont invités à s'exprimer sur une proposition de nouvelle Constitution, qui rétablirait notamment le multipartisme. De 1982 jusqu'à début 1992, le pays est gouverné par Jerry Rawlings, qui a pris le pouvoir par un coup d'État. Durant cette période, les partis politiques sont interdits, et une décentralisation des institutions politiques remplace la tenue d'élections nationales. La nouvelle Constitution est approuvée par 92,6 % des votants. Une élection présidentielle a lieu en novembre. Législatives et présidentielle Le Parti progressiste populaire perd de peu sa majorité absolue des sièges au Parlement, remportant exactement la moitié des sièges. Dawda Jawara (PPP) est réélu président avec 58,5 % des voix, devant notamment Sheriff Mustapha Dibba (Parti de la convention nationale).
Mai