est un genre fossile de dinosaures appartenant à l'ordre des ornithischiens, au sous-ordre des ornithopodes et à la famille des hadrosauridés. Ces animaux ont vécu au Campanien (Crétacé supérieur) il y a (millions d'années), en Amérique du Nord. Une quinzaine de fossiles ont été découverts en 2008. Ils sont répartis en trois espèces nommées P. walkeri, P. tubicen et P. cyrtocristatus. Ce genre a été décrit en 1922 par William Parks à partir d'un crâne et d'un squelette incomplet découverts dans la province de l'Alberta au Canada dans la formation de Dinosaur Park. Les fossiles ont été découverts du Nouveau-Mexique au sud à l'Alberta au nord.

Parasaurolophus est un Hadrosauridae, une famille caractérisée par les ornementations variées de leur tête. Parasaurolophus présente une grande crête en forme de long tube incurvé vers l'arrière partant du haut du crâne. Charonosaurus, un genre plus récent et découvert en Asie, est considéré comme son proche parent connu. Il avait un crâne et une crête potentiellement semblable. La crête de Parasaurolophus est un sujet de débat entre scientifiques, le consensus sur sa fonction comporte : la reconnaissance visuelle à la fois des deux espèces et des deux sexes, amplificateur acoustique, ou encore système de thermorégulation. C'est un des « dinosaures à bec de canard » les plus rares, connu seulement à partir d'une poignée de bons spécimens.

Étymologie Parasaurolophus a été formé à partir de trois termes de grec ancien, [para] « près, parallèle », [sauros] « lézard » et [lophos] « crête. », ce qui peut s'interpréter par « reptile à crêtes à cloisons parallèles. ».

William Parks a nommé le spécimen P. walkeri en honneur à Byron Edmund Walker, président du conseil d'administration des Trustees du Musée royal de l'Ontario.

Le nom scientifique tubicen est le nom d'une trompette romaine qui soufflait dans un long tuba.. Des restes d'au moins trois spécimens de P. tubicen ont été découverts au Nouveau-Mexique.

Le terme cyrtocristatus a été formé à partir de deux racines latines, cyrto qui signifie « courbé . » et de cristatus qui signifie « huppé ».

Description thumb|left|Comparaison de taille entre un humain et un Parasaurolophus walkeri.|alt=Comparaison de taille entre un humain et un Parasaurolophus walkeri.

Comme pour de nombreux dinosaures, le squelette de Parasaurolophus n'est pas connu dans sa totalité. Sa morphologie n'est donc pas exactement connue. La longueur du spécimen type de P. walkeri est estimée à pour un crâne mesurant environ de long (crête incluse), alors que celui de P. tubicen est estimé à plus de ce qui indique un animal plus grand.. Sa masse est estimée à . Le seul membre antérieur connu du spécimen type est relativement court pour un hadrosaure, avec une petite mais large omoplate. Ceci tend à montrer que les hadrosaures descendent d'animaux bipèdes. Le fémur de P. walkeri mesure , et est très robuste par rapport à sa longueur, comparé aux autres hadrosaures.. L'humérus et le bassin sont aussi très robustes.. Parasaurolophus a la crête la plus longue de tous les hadrosauridés, puisqu'elle mesure environ de long..

Tout comme les autres hadrosaures, Parasaurolophus était capable de marcher sur ses deux pattes postérieures, ou à quatre pattes. Il préférait probablement rechercher sa nourriture à quatre pattes, mais courir sur deux pattes.. Les processus épineux des vertèbres étaient longs, chose assez commune chez les lambéosaurinés ; très grands au-dessus des hanches, ils augmentaient la hauteur du dos. L'aspect de la peau est connue chez P. walkeri, avec des écailles uniformes, telles de petites protubérances, mais pas de plus grandes structures..

L'attribut le plus reconnaissable de Parasaurolophus, était sa crête, qui sortait de l'arrière de sa tête, et qui était un prolongement de l'os nasal et du prémaxillaire. Le spécimen type de P. walkeri avait une encoche sur les processus épineux près de l'endroit où l'extrémité de la crête aurait cogné le dos, mais c'était peut-être une pathologie spécifique de cet individu. William Parks, qui a nommé le genre, a supposé qu'un ligament partait de la crête jusqu'à l'encoche et servait à soutenir la tête. Bien que cette idée semble peu probable., il arrive que Parasaurolophus soit représenté avec un pan de peau allant de la crête au cou. Vu que cette encoche se trouve exactement à l'endroit où la crête touchait le dos quand Parasaurolophus penchait la tête en arrière, il se peut qu'elle serve à laisser la place à la crête qui autrement gênerait les mouvements de l'animal.

thumb|left|Représentations de crânes de P. cyrtocristatus (en haut) et de P. walkeri (en bas).|alt=Représentations de crânes de P. cyrtocristatus (en haut) et de P. walkeri (en bas).

La crête était creuse, avec des conduits distincts allant de chaque narine à l'extrémité de la crête avant de faire demi-tour, redescendre la crête et se diriger vers l'intérieur du crâne. Les conduits étaient plus simples chez P. walkeri, mais beaucoup plus complexes chez P. tubicen, où certains conduits étaient bouchés à une extrémité, et d'autres se fusionnaient et s'embranchaient . Alors que P. walkeri et P. tubicen avaient de longues crêtes avec une légère courbe, P. cyrtocristatus avait une courte crête avec un profil plus circulaire..

Le cou du Parasaurolophus était sans doute fortement incurvé, comme celui des bisons actuels, et pourvu d'énormes os. Il pouvait marcher aussi bien sur quatre pattes que sur deux pattes, mais son dos restait horizontal et non pas vertical, comme on l'a cru longtemps. Et son énorme queue ne traînait pas par terreFiche du Parasaurolophus sur Dinosoria.

On a longtemps pensé que Parasaurolophus se servait de sa gigantesque queue pour nager, mais on a découvert des fossiles de Parasaurolophus dans des roches dont la nature bien particulière suggère qu'il vivait dans un environnement terrestre sec, semblable à l'habitat des éléphants. De plus, la manière dont les os de la queue s'emboîtent montre que ce dinosaure n'était pas capable d'effectuer de puissants mouvements latéraux avec sa queue, nécessaires pour pouvoir nager. Les contenus d'estomacs fossilisés retrouvés contiennent aussi principalement des plantes terrestres. Il ne vivait donc pas dans les alentours des fleuves et des lacs du Crétacé supérieur, mais plutôt sur la terre ferme, se nourrissant de plantes coriaces.

Certains doigts de Parausorolophus retrouvés semblent être palmés, mais certains paléontologues estiment que ce sont des conséquences de la fossilisation.

Systématique Liste des espèces Parasaurolophus walkeri Parks, 1922 Parasaurolophus tubicen Wiman, 1931 Parasaurolophus cyrtocristatus Ostrom, 1961

Classification thumb|left|Crête fossile d'un P. tubicen avec les restes de peaux d'un autre hadrosaure et d'une crête de Corythosaurus, au Carnegie Museum of Natural History, en Pennsylvanie (États-Unis).|alt=Crête fossile d'un P. tubicen avec les restes de peaux d'un autre hadrosaure et d'une crête de Corythosaurus, au Carnegie Museum of Natural History, en Pennsylvanie (États-Unis). thumb|Restitution paléoartistique de Parasaurolophus walkeri.|alt=Restitution Parasaurolophus walkeri.

Comme son nom l'indique, les scientifiques rapprochaient Parasaurolophus de Saurolophus, en raison de leur crête semblable. Dès 1924, il a été vite reconnu par Gilmore comme un membre de la sous-famille des lambéosaurinés, Saurolophus étant quant à lui un hadrosauriné.. Parasaurolophus est habituellement considéré comme d'une lignée séparée de lambéosaurinés, une lignée distincte de celle des autres dinosaures à crête tels que Corythosaurus, Hypacrosaurus, et Lambeosaurus... Son parent le plus proche est Charonosaurus, avec un crâne semblable mais cependant avec une crête incomplète et découvert dans la région du fleuve Amour au nord-est de la Chine. et ces deux taxons ont été regroupés dans un clade, la tribu des Parasaurolophini.. Les fossiles de P. cyrtocristatus, avec leur petite crête un peu plus ronde, pourraient être le taxon le plus basal des trois espèces connues de Parasaurolophus, ou bien pourraient être des jeunes ou encore des femelles de P. tubicen..

Taxinomie thumb|right|Restitution paléoartistique de Parasaurolophus.|alt=Restitution Parasaurolophus.

Un seul spécimen de l'holotype P. walkeri a été découvert. Il diffère de P. tubicen par les tubes situés dans sa crête, et de P. cyrtocristatus par sa longue crête et un humérus plus long que son radius. Trois spécimens possibles du P. cyrtocristatus ont été découverts au Nouveau-Mexique et dans l'Utah. Ces spécimens sont plus petits et leur crête est courte et ronde. Leur petite taille et la forme de leur crête laissent à penser qu'ils pourraient être des jeunes ou des femelles du P. tubicen qui date à peu près de la même époque et de la même formation au Nouveau-Mexique. Comme l'a noté Thomas Williamson le matériel type de P. cyrtocristatus est environ 72 % plus petit que P. tubicen, et c'est environ la taille où les autres lambeosaurinés commencent à montrer un dimorphisme sexuel au niveau de leur crête (~70 % de la taille d'un adulte). Cette proposition a été rejetée par plusieurs études récentes sur les Lambeosaurinae.

P. tubicen est la plus grande espèce, avec dans sa crête des passages d'air plus complexes que ceux du P. walkeri, et une crête plus longue et plus fine que celle de P. cyrtocristatus.

Phylogénie Le cladogramme d'Albert Prieto-Márquez et ses collègues, réalisé en 2013, indique la position de Parasaurolophus au sein de la tribu des Parasaurolophini, en groupe frère avec le genre chinois Charonosaurus. :

Un cladogramme plus large, plus complet et plus récent, établi par les mêmes auteurs en 2016, se trouve dans l'article Hadrosauridae.

Découverte et datation thumb|left|Carte de répartition des fossiles de Parasaurolophus.|alt=Carte de répartition des fossiles de Parasaurolophus sur l'Amerique du Nord. thumb|right|Squelette incomplet du spécimen type de Parasaurolophus walkeri à Varsovie.|alt=Squelette incomplet du spécimen type de Parasaurolophus walkeri à Varsovie.

L'holotype 768 du Musée royal de l'Ontario comporte un crâne et un squelette partiel auquel manque une grande partie de la queue ainsi que les membres postérieurs en dessous des genoux. Il a été trouvé par une équipe de l'université de Toronto, en 1920, près de Sand Creek le long de la Red Deer dans la province canadienne d'Alberta. Ces sédiments font partie de la formation de Dinosaur Park datée de la partie moyenne du Campanien, entre Eberth, D.A. 2005. The geology. In: Currie, P.J., and Koppelhus, E.B. (eds), Dinosaur Provincial Park: A Spectacular Ancient Ecosystem Revealed. Indiana University Press: Bloomington and Indianapolis,p.54-82. .... William Parks donna le nom de P. walkeri à ce spécimen en hommage à Sir Byron Edmund Walker, Chairman of the Board of Trustees du Royal Ontario Museum. Outre ce spécimen, les fossiles de Parasauropholus sont rares dans l'Alberta., qui compte seulement un autre crâne partiel provenant de la formation de Dinosaur Park. et trois autres spécimens sans crâne appartenant sans doute au genre..