Cette liste recense les élections organisées durant l'année 2002. Elle inclut les élections législatives et présidentielles nationales dans les États souverains, ainsi que les référendums.
Commentaires généraux En Europe occidentale, l'extrême-droite gagne du terrain. En France, l'élection présidentielle d'avril et de mai crée un choc politique avec l'accès au second-tour de l'extrême-droite, qui devance le candidat socialiste. La mobilisation des citoyens dans le cadre du « front républicain » fait barrage à l'extrême-droite au second tour, et aboutit à la réélection du président gaulliste Jacques Chirac avec 82 % des voix. Aux Pays-Bas, le parti de droite populiste Liste Pim Fortuyn entre au nouveau gouvernement de coalition de droite issu des élections législatives en mai, et ce malgré l'assassinat de son dirigeant Pim Fortuyn juste avant le scrutin. La coalition, toutefois, se disloque rapidement. En Autriche, l'extrême-droite recule lors des élections législatives en novembre, mais demeure membre du gouvernement de coalition de droite et d'extrême-droite du chancelier Wolfgang Schüssel.
En Allemagne, la « coalition rouge-verte » des sociaux-démocrates et des écologistes conserve le pouvoir en remportant les élections législatives en septembre. Au Brésil, le candidat de l'opposition de gauche, Luiz Inácio Lula da Silva, remporte l'élection présidentielle en octobre. En Turquie, le nouveau Parti de la justice et du développement (droite islamo-conservatrice, et libérale en matière économique) remporte largement les élections législatives en novembre, qui constituent un tournant dans la vie politique du pays. Au Kenya, les élections législatives et présidentielle en décembre marquent la défaite historique du parti conservateur KANU, au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1963. Porté par une coalition de partis d'opposition, Mwai Kibaki est élu président.
Ailleurs, plusieurs États non-démocratiques organisent en 2002 des semblants d'élections, sans possibilité d'alternance. Le Laos et le Viêt Nam organisent en février et en mai des élections législatives à parti unique, où les communistes sont assurés de conserver le pouvoir. En Irak, Saddam Hussein revendique 100 % de suffrages en sa faveur à l'issue du plébiscite présidentiel truqué en octobre. Dans les régimes dictatoriaux que sont la Gambie (janvier), le Zimbabwe (mars) et la Guinée équatoriale (décembre), les candidatures d'opposition sont officiellement tolérées, mais le gouvernement s'assure (au moyen d'intimidations, de violences ou de fraudes) que l'opposition n'ait aucune possibilité de l'emporter.
Par mois Janvier Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives La Gambie à cette date est un régime autoritaire, où un climat d'intimidation pèse sur l'opposition. Plusieurs partis d'opposition boycottent le scrutin. L'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (droite autoritaire) conserve une large majorité des sièges. Référendum constitutionnel Une nouvelle constitution est soumise à l'approbation des citoyens. Elle introduit un régime présidentiel et abolit le poste de premier ministre. L'opposition dénonce une volonté de concentrer les pouvoirs entre les mains du président. La constitution est approuvée par 87,8 % des votants. Référendum constitutionnel Les citoyens sont appelés à approuver des amendements constitutionnels, l'un allongeant à sept ans (au lieu de cinq) la durée du mandat du président de la République, et l'autre établissant un parlement bicaméral. La première réforme est approuvée par 93,7 % des votants, et la seconde par 91,8 %.
Février Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives et présidentielle Tour unique des législatives, et tour de la présidentielle. Parlement sans majorité. Le Parti unité sociale-chrétienne (conservateur, néolibéral) y conserve une majorité relative nettement amoindrie. Le second tour de l'élection présidentielle a lieu le . Législatives Le Laos est un État à parti unique. Le parti présente davantage de candidats qu'il n'y a de sièges à pourvoir, les citoyens étant invités à les départager. Un unique candidat sans étiquette est également autorisé à concourir. Le Parti révolutionnaire populaire (marxiste-léniniste) remporte tous les sièges, soit un de plus qu'en 1997. Boungnang Vorachit demeure premier ministre. Référendum Les citoyens sont invités à se prononcer pour ou contre cinq propositions de réformes, en répondant à chacune séparément. Il s'agit entre autres de retirer de la constitution toute discrimination sexuée, de créer une commission indépendante pour le tracé des circonscriptions électorales, ou encore de retarder l'âge de départ à la retraite des juges. Les cinq propositions sont rejetées, par entre 62,8 et 70,9 % des votants.
Mars Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Parlement sans majorité. Alternance. Le Mouvement pour la libération de Sao Tomé-et-Principe – Parti social-démocrate (MLSTP-PSD), principal parti d'opposition, remporte une majorité relative des sièges, et devance de justesse la coalition au pouvoir (Mouvement pour les forces de changement démocratique - Parti libéral et Parti de convergence démocratique - Groupe de réflexion). Gabriel Costa (MLSTP-PSD) devient premier ministre. Référendum Les citoyens sont invités à voter pour ou contre l'entrée de leur pays à l'Organisation des nations unies. La proposition est approuvée par 54,6 % des votants. Le , la Suisse devient ainsi le État membre de l'organisation. Référendum constitutionnel Les citoyens sont invités à voter pour ou contre une proposition d'amendement constitutionnel pour renforcer l'interdiction de l'avortement, en introduisant une peine maximale de douze ans de prison pour toute personne pratiquant un avortement, et en abolissant la possibilité d'avorter pour une femme en état de dépression sévère. La proposition est rejetée par 50,4 % des votants. Législatives Seuls neuf des trente membres de l'Assemblée législative sont élus par le peuple, les autres étant élus par et parmi les nobles ou bien nommés par le roi. Le Mouvement pour les droits de l’homme et la démocratie (réformiste) remporte sept des neuf sièges alloués aux élus du peuple, deux de plus qu'en 1999. Le prince Tukuʻaho demeure néanmoins premier ministre. Législatives Congrès sans majorité. Le Parti libéral (centre-gauche) perd la majorité absolue des sièges à la Chambre des représentants, mais y conserve la majorité relative, et conserve une majorité relative amoindrie au Sénat. Une élection présidentielle a lieu en mai. Présidentielle L'ancien président Pascal Lissouba (1992-1997 ; Union panafricaine pour la démocratie sociale), en exil, n'est pas autorisé à se présenter, étant sous le coup d'un mandat d'arrêt pour trahison et corruption. Denis Sassou-Nguesso (Parti du travail : gauche), arrivé au pouvoir l'occasion de la guerre civile en 1997, remporte l'élection avec 89,4 % des voix face à six autres candidats. Des élections législatives ont lieu en mai et juin. 9 au Présidentielle Les observateurs étrangers dénoncent les violences et les intimidations orchestrées par la police et par des partisans armés du gouvernement à l'encontre de toute opposition. Dans de nombreux bureaux de vote, les représentants de l'opposition sont empêchés par la force d'observer le déroulement du scrutin. L'opposition n'a pas non plus un accès équitable aux médias. Le président Robert Mugabe (ZANU-PF : ethno-nationaliste, autoritaire), au pouvoir depuis 1979, est déclaré réélu avec 56,2 % des voix face à quatre autres candidats dont Morgan Tsvangirai (Mouvement pour le changement démocratique : gauche ; 42,0 %). En réponse aux circonstances de la tenue de la campagne électorale et du scrutin, le Commonwealth des nations suspend le Zimbabwe de l'organisation. 2 et Présidentielle L'Abkhazie est un État de facto indépendant mais non-reconnu par la communauté internationale, qui considère son territoire comme faisant partie de la Géorgie.Les médias soutiennent ouvertement les candidats du gouvernement. Il règne un climat d'intimidation, et la commission électorale n'est pas indépendante du gouvernement. Certains candidats d'opposition se retirent pour protester. Les candidats favorables au gouvernement remportent tous les sièges. Anri Jergenia demeure premier ministre. Présidentielle tour. La présidence devant alterner entre les différentes îles, seuls les candidats issus de Grande Comore peuvent se présenter cette fois-ci. Le premier tour du scrutin n'est ouvert qu'aux électeurs résidant à Grande Comore, le second tour en avril étant ouvert à tous les citoyens du pays. - Législatives Élections anticipées. Les mauvais résultats des socialistes à des élections locales amènent le premier ministre socialiste António Guterres à démissionner. Parlement sans majorité. Alternance. Le Parti social-démocrate (centre-droit, libéral-conservateur) obtient la majorité relative des sièges. José Manuel Barroso (PSD) devient premier ministre, formant un gouvernement de coalition avec le CDS – Parti populaire (droite populiste et chrétienne-démocrate). Législatives Le Parti du peuple (sans idéologie précise), au pouvoir, obtient six sièges sur vingt, les autres revenant à des candidats sans étiquette. Le parti forme un gouvernement avec des députés indépendants ; Young Vivian (PP) devient premier ministre. Législatives L'OSCE dénonce des actes d'intimidation et des agressions physiques contre des candidats d'opposition et leurs partisans. Un candidat social-démocrate est assassiné. Parlement sans majorité. L'alliance Pour l'Ukraine unie !, qui rassemble des partis centristes et pro-russes, obtient la majorité relative. Viktor Ianoukovytch (Parti des régions : centriste, pro-russe, membre de l'alliance) devient premier ministre.
Avril