Antoine Léger (Archives départementales des Yvelines, Etat civil, Saint-Martin-de-Bréthencourt, NMD, 1792-1799, 4E 2952-) est un homme reconnu coupable du meurtre et du viol d'Aimée Constance Debully, dont il dévora une partie du cadavre, crime pour lequel il fut guillotiné en 1824.

Commencement

Enfance et adolescence Antoine Léger est le fils d'un manouvrier du village de Saint-Martin-de-Bréthencourt, alors dans le département de Seine-et-Oise (actuelles Yvelines). Dès l'enfance, il témoigne de tendances solitaires, fuyant la compagnie de ses pairs.

Dès l'âge de 15 ans il est batteur en grange et va fagoter dans les bois. En 1815, il sert dans la garnison de Soissons.

Fuite En 1824, le jour de la Saint-Jean, il part de chez ses parents pour se faire « ermite », après leur avoir fait croire qu'il allait s'établir comme domestique à Dourdan.

Pouvant donner libre cours à son envie d'isolement total, il vit, les quinze premiers jours, de diverses rapines chez des paysans. Au bout d'une semaine, il trouve une grotte près de la roche de la Charbonnière, située au-dessus de Montmirault, hameau de Cerny, où il passe le reste du temps jusqu'à son arrestation.

Crime

Meurtre d'Aimée Constance Debully Le , Antoine Léger aperçoit Aimée Constance Debully (12 ans) se promenant. Il se glisse alors derrière elle, l'étrangle avec son mouchoir puis emporte son cadavre au milieu du bois et commet des actes de nécrophilie avant de dévorer certaines parties du corps, mangeant notamment le cœur. Il emmene ensuite le cadavre vers sa grotte, où il l'ensevelit dans le sable.

La disparition de Debully mobilise la population : des battues générales sont ordonnées, et tous les étrangers suspects appréhendés. Il n'est découvert, durant les cinq jours suivants, qu'un mouchoir bleu et blanc ayant appartenu à la victime.

Enfin, le , l'entrée de la grotte de Léger est découverte, et l'odeur de décomposition dégagée par le cadavre de la victime conduit les enquêteurs vers la tombe improvisée.

Arrestation Quatre jours auparavant, le , un garde cantonal avait aperçu près d'une fontaine un homme suspect, il avait tenté de s'en approcher mais sans succès. Il avait monté la garde le lendemain devant cette fontaine et le soir arrêté Antoine Léger avec l'aide de paysans des environs, non sans que Léger ait tenté de résister.

Arrêté pour vagabondage, Léger se prétend orphelin et évadé du bagne de Brest, où il aurait purgé une peine de vingt ans de travaux forcés.

Jugement Son procès a lieu le , devant la Cour d'assises de Versailles. La cour ordonne, à la vue des faits, que le procès se déroule à huis clos, malgré la foule qui s'est massée pour assister aux débats.

Après avoir nié les faits durant l'audience, Léger se décide, après interrogatoire par le président, à avouer. Benoît, son avocat, essaie sans succès de plaider la démence, son client alléguant qu'il avait attrapé un rhume qui lui avait donné la pierre.

Le jury délibère une demi-heure avant de déclarer Léger coupable d'assassinat, et de le condamner à mort. Léger refuse de signer son pourvoi en cassation. .

Antoine Léger est guillotiné le , à Versailles. Durant l'autopsie du cadavre, les médecins découvrent des anomalies au cerveau.

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi Sources primaires

Bibliographie . . .

Articles connexes Anthropophagie Causes célèbres de tous les peuples

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