La rue Saint-Dominique est une rue de Paris située dans le .

Situation et accès La rue de Saint-Dominique est une voie publique, d'une longueur de située dans le de Paris, quartiers Saint-Thomas-d'Aquin, Invalides et Gros-Caillou ; elle débute au 221-223, boulevard Saint-Germain et se termine place du Général-Gouraud.

La rue Saint-Dominique est desservie par les lignes 8, 12 et 13 aux stations Solférino, Assemblée nationale, Invalides, et La Tour-Maubourg et par la ligne C du RER à la gare des Invalides.

Origine du nom Elle doit son nom aux religieux dominicains qui s'y étaient établis en 1631.

Historique Jusqu'au , la rue n'est qu'un chemin appelé « chemin de la Longue Raye » (1355), « chemin des Treilles » (1433), « chemin Herbu » ou « chemin Herbu des Moulins à Vent » (1523), « chemin du Moulin à Vent », « chemin de l'Oseraie » (1527), « chemin du Port » (1530), « chemin des Vaches » (1542), « chemin de la Justice » (du fait que le siège de la juridiction de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés se trouvait à son extrémité) ou « chemin des Charbonniers ». En 1631, les dominicains s'établissent dans la rue (actuels noviciat des Dominicains et église Saint-Thomas-d'Aquin) et obtiennent des abbés de Saint-Germain-des-Près de fixer des tables de marbre à chaque extrémité de la rue sur lesquelles il est inscrit « rue Saint-Dominique jadis des vachesFélix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, . ».

Il est cité sous le nom de « rue Saint Dominique » dans un manuscrit de 1636. vignette|redresse|gauche|Coin de la rue du Bac et de la rue Saint-Dominique, Photographie de Charles Marville, vers 1872-1877. On a distingué pendant un certain temps une « rue Saint-Dominique-Saint-Germain » en deçà et une « rue Saint-Dominique du Gros Caillou » au-delà de l'esplanade des Invalides. Cette division a été supprimée par un arrêté du . La rue était alors nommée rue Saint-Dominique-Saint-Germain afin de la différencier de la rue Saint-Dominique-d'Enfer (actuellement rue Royer-Collard). Longue de , la rue traversait une grande partie de l'ancien . Elle commençait rue des Saints-Pères, dans le quartier du Faubourg-Saint-GermainCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Faubourg Saint-Germain », îlot , F/31/91/01 ; îlots , F/31/91/02, et finissait avenue de La Bourdonnais, dans le quartier des InvalidesCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Invalides », îlot , F/31/91/34 ; îlot , F/31/91/35..

Lors du prolongement du boulevard Saint-Germain, déclaré d'utilité publique en 1866., la partie orientale de la rue, sur une longueur de , est absorbée par le nouvel axe. On change en 1878 la numérotation des immeubles de la partie qui subsiste (c'est la numérotation actuelle).

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Entre le boulevard Saint-Germain et les Invalides

1 (anciennement 67) : hôtel Amelot de Gournay, dit aussi de Mortemart. Construit par Germain Boffrand sur un terrain acheté par cet architecte en 1710. Vendu en 1713, en cours de construction, au diplomate Michel-Jean Amelot de Gournay. L'hôtel est particulièrement remarquable par sa cour ovale et sa façade sur cour à pilastres colossaux au sol, disposition extrêmement précoce. Ces dispositions habiles ont permis de donner de la monumentalité à un bâtiment contraint par l'étroitesse de la parcelle. L'hôtel passa des Amelot de Gournay au . En 1751, celui-ci le céda au comte de Guerchy, ambassadeur à Londres, qui le loua en aux parents de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord. Ce dernier y résida de sa sortie du séminaire de Saint-Sulpice, du début de 1775 à novembre de la même année. Hôtel d'Aguesseau en 1804, puis d'Haussonville en 1812. L'hôtel abrite aujourd'hui, dans l'aile droite sur cour, l'ambassade du Paraguay cependant que les salons du rez-de-chaussée dépendent de la maison de l'Amérique latine (voir le 217, boulevard Saint-Germain). 3 : hôtel de Périgord : hôtel de 1688 ayant appartenu au couvent des Dames de Bellechasse, qui le louèrent en 1703 au duc de Ventadour, en 1705 au marquis de Surville, en 1717 au comte deTavannes, en 1731 à la marquise de La Rochefoucauld, en 1756 au comte de Guerchy, en 1774 à de Breteuil. Le chimiste Jean-Baptiste Dumas l'a habité (plaque). 5 : ancien hôtel de Tavannes (1728). Cet hôtel, propriété du couvent des Dames de Bellechasse, fut loué en 1696 au marquis de Hautefort, en 1722 à la comtesse de Tavannes, en 1732 au duc de Sully, en 1733 à la comtesse de Grancey, en 1759 à la comtesse de Poitiers, et en 1787 de Bénouville. Sophie Swetchine y tint son salon entre 1818 et 1857. Gustave Doré y mourut en 1883.

10 : en 2018, le ministère des Armées cède l'édifice, où il avait des bureaux, à la ville de Paris. D'ici 2023 doivent y être aménagés 254 logements sociaux, une salle de sport municipale et une crèche.. 14 : hôtel de Brienne (ministère de la Défense). Hôtel construit en 1724 par François Debias-Aubry pour François Duret, président au Grand Conseil, mandaté par la marquise de Prie. Il est cédé en 1725, avant achèvement, à la marquise de La Vrillière. Il est ensuite remanié à plusieurs reprises, particulièrement dans ses décors intérieurs, par Nicolas Simonnet pour la princesse douairière de Conti, propriétaire en 1733 ; pour Louis-Marie-Athanase de Loménie de Brienne, propriétaire en 1776, qui laisse son nom à l'hôtel ; pour Lucien Bonaparte, propriétaire en 1802 et pour Madame Mère, propriétaire en 1805, par l'architecte Louis-Ambroise Dubut. L'hôtel est acquis en 1817 par l'État qui y installe le ministère de la Guerre. 16 : petit hôtel de Conti. Construit en 1727-1729 par François Debias-Aubry pour l'abbé Charles Maurice de Broglie. Vendu en 1735 par l'abbé de Broglie à la princesse douairière de Conti. Cette dernière vend en 1774 cet hôtel et celui du 14 à son petit-fils, le comte de La Marche, qui les revend avec bénéfice dès 1776 : le grand hôtel du 14 au comte de Brienne, et le petit hôtel du 16 aux entrepreneurs Claude-Martin Goupy et Louis-Pierre Lemonnier, mandataires du prince de Condé. L'hôtel est acquis par l'État en 1817 et réuni au précédent.

22 : immeuble inscrit MH. 25 : hôtel de Fonscolombe-Pascal. Hôtel particulier construit au , qui fut à partir de 1888 la résidence parisienne du baron Fernand de Fonscolombe et de son épouse née Marie-Émilie Pascal. Le baron était issu d'une famille ancienne de noblesse aixoise, et son épouse descendait d'une lignée de riches banquiers marseillais. La famille de Fonscolombe était très liée avec les princes d'Orléans : Fernand de Fonscolombe fut membre du service d’honneur du comte de Paris, puis doyen du service d’honneur du duc d’Orléans. Les étages supérieurs de la bâtisse furent ajoutés tardivement par la baronne pour abriter des appartements de rapport. Une partie de l'hôtel est encore occupée par ses descendants. 27 : résidence de François-René de Chateaubriand. La marchande d'art Berthe Weill y habite à partir de 1934 et y décède en 1951Brice Ameille, « Lutter seule, les dernières années », Berthe Weill, L'Objet d'art, hors-série Berthe Weill, octobre 2025, pp. 61-63.. 28 : hôtel de La Rochefoucauld d'Estissac. Hôtel construit en 1708 et habité successivement par Frédéric-Maurice de la Tour d'Auvergne puis par son fils, le cardinal Henri de la Tour d'Auvergne. Le , l'hôtel devient la propriété du comte de Caraman puis, en 1820, du comte de La Rochefoucauld, ambassadeur de France, qui le transmit ensuite à son fils, le duc d'Estissac, dont les descendants le conservèrent jusqu'en 1929. Il fut alors acheté par la Fondation de la maison de la Chimie, reconnue d'utilité publique par décret du et chargée de réaliser une institution vouée à encourager les échanges entre les sociétés savantes et l'industrie chimique. Cette fondation fit aménager dans le style Art déco les deux ailes en retour sur la cour et restaurer le corps central et ses décors intérieurs. La maison de la Chimie abrite aujourd'hui des colloques et des conférences. : hôtel de Broglie-Haussonville. Remarquable surtout pour les transformations effectuées au milieu du par Gabriel-Hippolyte Destailleur pour le comte Joseph Othenin d'Haussonville et son épouse née Louise-Albertine de Broglie. Abrite le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes et à partir de 2012 ministère des Droits des femmes. En 2016, il est acquis par l'Assemblée nationale. Jusqu'en 2018, la Commission nationale consultative des droits de l'homme y siège.

: . Acquis en 1919 par le Crédit national qui y installa ses bureaux au prix de profondes dénaturations. 49-51 : hôtel de Montmorency-Luxembourg, hôtel de Seignelay. Remanié en 1768 par Pierre Mouret. : hôtel Kinsky. Il ne reste rien de l'hôtel construit en 1769 par Claude-Nicolas Ledoux pour la présidente de Gourgues. L'hôtel actuel, extrêmement remanié, comprend au rez-de-chaussée un grand salon qui a conservé un décor exécuté pour la princesse Kinski, propriétaire en 1773, notamment un plafond peint en 1779 par Simon Julien. En 1801, l'hôtel est loué pendant trois ans à l'écrivain anglais William Beckford. Il appartient ensuite au maréchal Lannes. Au , il est la résidence de l'écrivain Charles de Pomairols (1843-1916) qui y tient un salon littéraire. Il est acheté en 1919 par le banquier Louis Louis-Dreyfus, qui réalise des travaux dans le bâtiment sur rue. Réquisitionné sous l'Occupation, l'hôtel devient propriété de l'État en 1945. Après avoir abrité des services du ministère de la Culture (direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles), il est mis en vente par l'État en et acheté par le cheikh Hamad ben Jassem Al Thani, membre de la famille régnante du Qatar, pour la somme de d'euros, soit la moitié de l'estimationChristophe Labbé et Mélanie Delattre, « Nos chers amis les Qataris », Le Point, 14 juin 2012, .. Édifié sur une parcelle de , l'hôtel d'une superficie de comprend un parc paysager de avec grotte artificielle et pièce d’eau. 55 : siège de la Délégation générale à la formation professionnelle entre 1981 et 1987« L'organisation des services centraux du ministère du travail 1945-2012 », tome I: « 1945-1989 », Les Cahiers du comité d’histoire des administrations chargées du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, 15-16, décembre 2012, .. Siège du ministère délégué à la Famille (Dominique Bertinotti), du secrétariat d'État chargé de la Réforme territoriale (André Vallini) puis du ministère du Logement (Emmanuelle Cosse), sous le quinquennat de François Hollande« Élysée, gouvernement : ça déménage à tous les étages », www.liberation.fr, 17 février 2017.. Depuis 2017, le bâtiment accueille le secrétariat d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes.