Abizar (en berbère : Aḅizaṛ/ⴰⵠⵉⵣⴰⵔ, en arabe : أبيزار) est un village de Kabylie de la commune de Timizart, dans la wilaya de Tizi Ouzou, Algérie.
Géographie Localisation Le village est limité à l'est par la montagne des Aït Djennad () d'altitude, au nord par la commune d'Iflissen et à l'Ouest par Afir, village des Aït Ouaguenoun.
Relief et hydrographie
Lieux-dits, écarts et quartiers Le village (ou Tribu d'Abizar) est divisé en 13 quartiers :
Ath Malek Alma Ubizar Ilmaten uhammuc Azru Budku Bugdama Ignan Ighil Uvizar Imesbahen Buganddur Madhmar Tabarurt Tifast.
Toponymie Si Amar U Said Boulifa explique, dans son livre Le Djurdjura à travers l'histoireSi Amar U Said Boulifa, Le Djurdjura à travers l'histoire depuis l'Antiquité jusqu'en 1830 : organisation et indépendance des Zouaoua (Grande Kabylie), 1925, Berti éditions (1990), que l’origine du nom attribué au village Abizar passe par l’étude de la toponymie de la côte kabyle où un certain nombre de caps à l’abri desquels se trouvaient sans doute des pêcheries ou même de petites villes désignées par des termes phéniciens souvent complétés de mots berbères ; tels sont entre autres : Rusgunea, Rusucurus, Ruspicir, Rusiuz, etc.
Les étudesAndré Basset Études de géographie linguistique en KabylieCahiers de l'ILSL, n°22, 2007Études linguistiques en Kabylie linguistiques et épigraphiques montrent l'influence des Phéniciens en Kabylie : aq’arou = q’ar = car, tête en berbère, correspond exactement au sens du mot phénicien rus = ras en arabe et à celui du mot latin caput.
En berbère, aq’arou, mis au génitif, devient ouq’arou = ucuru ; d’où Rus ucuru = Cap d’Ucuru, signifiant exactement : tête de la tête, cap du capCapitaine Ernest Carette, Études sur la Kabylie proprement dite. Tome II, page 19. Quant à Rus-Upicir et Rus-Uzus, les déterminatifs Upicir et Uzus = Apicir et Azous qui devaient être les noms propres de personnages, probablement des noms de chefs de tribus, sont des termes conservés, jusqu’à nos jours, sous les formes de Abizar et Iazouzen, pour désigner le premier village important des Aït Djennad et l’autre le nom actuel d’un des douars situés sur la côte, non loin du village d’Azeffoun.
Histoire Résistance contre les Turcs En 1825, Yahia Agha, à la tête de 600 janissaires équipés de canons et de nombreux goums recrutés chez les Iflissen lebhar décident d'attaquer les Aït Ouaguenoun et les Aït Djennad qui lui avaient refusé le bois de Tamgout. Après avoir obtenu à Sikh-Ou-Medour la capitulation des Aït Ouaguenoun, Yahia Agha décide d'attaquer AbizarErnest Mercier, Histoire de l'Afrique septentrionale, Page 515 version de l'essai en ligneLouis Adrien Berbrugger Les époques militaires de la Grande Kabylie, page 132 et suivantes.
Devant la résistance des habitants d'Abizar et la géographie particulièrement difficile, Yahia Agha décida d'utiliser l'artillerie et bombarda le village d'Abizar. Malgré leur surprise et leur effroi à la découverte de cette arme qu'ils ne connaissent pas, les habitants d'Abizar ne céderont pas.
Parallèlement, une colonne dirigée par Ben-Kanoun devait prendre à revers le village d'Abizar, mais cette colonne sera anéantie par les hommes du village. Vaincu, et ne voulant pas subir de plus lourdes pertes, Yahia Agha dut se résoudre à abandonner et repartit à Alger.
Population .
C'est le plus grand village (Taddart) de la tribu (Âarc ou Âarchs) des Aït Adas. Il intègre par conséquent la confédération (taqbilt) des Aït Djennad.
Patrimoine Archéologie Abizar est célèbre par sa stèle appelée Amnay n Ubizar (le cavalier d'Abizar). Une pierre d'un mètre de diamètre environ, représentant un cavalier armé d'un bouclier, d'un javelot (parfois deux) et un objet dans la main gauche et portant une barbe pointue. La stèle est libyque (berbère). Elle est retrouvée dans ce village de Kabylie en 1858, par Henri Aucapitaine, dit le baron Aucapitaine, alors sous-lieutenant au d'infanterie, qui la baptisa du nom du village. La stèle est la première d'une longue série (une dizaine) retrouvée dans le bassin de Sebaou. La légende dit que le capitaine Abizar, 2000 av. J.-C., avait fait quatre stèles identiques pour délimiter son territoire. Avec l'occupation française, on n'en découvrit que deuxLouis Adrien Berbrugger, Revaf tome 6. janvier 1862.
C'est en août 1861 qu'Aimable Pélissier, duc de Malakoff, alors gouverneur général d'Algérie, les fit transporter à Alger, au musée national des antiquités et des arts islamiques, où elles sont toujours en exposition.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Ouaguenoun Tamazirt Ourabah
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