Camille Dolard est un peintre et photographe français né à Lons-le-Saunier le et mort à Lyon le ..

Biographie Élève de Pierre Révoil et Claude Bonnefond à l'École des beaux-arts de Lyon de 1826 à 1833.., Camille Dolard revient au pays natal de Lons-le-Saunier pour y peindre les scènes quotidiennes de la paysannerie jurassienne. Ces tableaux sont destinés aux salons de la bourgeoisie lyonnaise qui apprécie ses œuvres. Dolard décide alors de revenir à Lyon. Il installe un studio au 1, place Croix-Paquet. Il reçoit probablement un enseignement photographique chez l'un des premiers portraitistes de l'époque. Il est à peu près sûr que son meilleur ami est Félix Tournachon, fils d'un libraire lyonnais, connu plus tard sous le nom de Nadar quand il s'installera à Paris en 1842.

Un appareil multi-format De son côté, Camille Dolard envisage de faire des reportages photographiques et il cherche un appareil photographique pratique et maniable. Aucun ne le satisfait pleinement. Il se rend compte qu'il lui faut emporter plusieurs appareils de formats différents pour exécuter un programme complet de prises de vues. La plaque daguerréotype constitue un document positif unique qui n’accepte aucune réduction ou amplification ultérieure. Dolard étudie alors un modèle entièrement nouveau pour lequel il prend un brevet de cinq ans le . Il en rédige un mémoire descriptif :

Daguerréotypes pleine plaque Aucun appareil de cette sorte n'a été retrouvé, mais il existe trois de ses daguerréotypes types pleine plaque ().

Il réalise plusieurs autoportrait dans des scènes soigneusement composées : dans son Autoportrait en malade imaginaire de 1842-1843« Autoportrait en malade imaginaire », millon.com., il campe une composition sur le thème de la maladie. Coiffé d'un bonnet de nuit, alité, il s'entoure de tout un ensemble de potions et de clystères et pot de chambre. Il se fait soigner par une infirmière. ; vers 1843, il se photographie assis dans son atelier encombré du chevalet et des accessoires de peintre« Autoportrait dans l'atelier », alamyimages.fr. ; dans l’Autoportrait en fumeur de narguilé dans un décor oriental de 1845« Autoportrait en fumeur de narguilé dans un décor oriental, 1845 », drouotonline.com., il tient un narguilé, objet à la mode à une époque entichée par l'Orient et ses mystères. La pose longue lui donne un regard fixe.

Les portraits parisiens

Entre 1850 et 1860, Camille Dolard gagne Paris pour y exécuter un important programme de portraits photographiques d'artistes ou d'hommes politiques. Il photographie Ingres dans une embrasure de fenêtre, Horace Vernet avec ses pinceaux, le chansonnier Béranger, le général de Cavaignac et un grand nombre d'anonymes, mais aucun portrait féminin.

Les portraits lyonnais

Les portraits lyonnais de Camille Dolard offrent un éventail à peu près complet des personnalités les plus remarquables de la ville. Ils représentent le préfets successifs du Rhône, le gouverneur militaire, les présidents de chambres, les professeurs de facultés, de hauts fonctionnaires, la magistrature, les industriels important, les savants, presque tous les artistes de la ville et surtout les riches et influents soyeux lyonnais.

Sa clientèle est très large. En 1853, L'Indicateur de Lyon mentionne pour la première fois Camille Dolard en tant que portraitiste au pinceau et au daguerréotype installé place Croix-Paquet. Le studio de Dolard se trouve en étage sur le début des pentes de la colline de la Croix-Rousse dans un immeuble entièrement dévoué à la soierie. Cette énorme battisse qui « traboule » avec les rues voisines est occupée par toutes sortes de travailleurs de la soie : fabricants, dévideuses, ourdisseuses, liseurs, metteurs en cartes, plieurs, dessinateurs La déclivité du terrain est si abrupte que la terrasse supérieure de l'immeuble haut de six niveaux domine toute la ville et bénéficie d'une bonne luminosité. Dolard pratique les grands formats qui exigent des objectifs à longue focale et beaucoup de lumière. Plus tard, avec l'avènement du collodion, il standardise ses clichés au format qui lui assure un piqué et une grande richesse de demi-teintes.

La mort du curé d'Ars

Il revient à Dolard d'avoir été le photographe chargé de photographier post-mortem le visage du curé d'Ars, Jean-Marie Vianney. Ces documents sont restés longtemps ignorés, même des biographes du saint homme. Dans la matinée du jeudi à Lyon, prévenus par télégraphe, les journaux annoncent la mort du curé d'Ars dans la nuit, à 2 heures. Dolard en l'apprenant décide de gagner aussitôt Ars. Le bateau à vapeur assurant l'omnibus de Lyon à Chalons va trop lentement et il ne sera nullement sûr de trouver une voiture au débarcadère de Jassans. Il demande à un voiturier du quartier de l'amener directement à Ars avec tout son matériel de laboratoire. Pour réduire son bagage, il se limite à une petite chambre 1/4 de plaque. Le trot assez rapide de la sortie de Lyon se ralentit sensiblement plus loin, sur les routes de plus en plus embouteillées par les milliers de personnes, souvent à pied, convergeant vers Ars. L'orage de la nuit passée ne suffit pas à rafraîchir le temps et la chaleur devient de plus en plus accablante. Dolard craint d'arriver trop tard à Ars où la foule augmente de minute en minute sur la place. Les gendarmes de Trévoux appelés en renfort, contiennent la cohue avec beaucoup de peine. Malgré le soleil et la poussière, les visiteurs tiennent absolument à revoir une dernière fois leur curé. Le défilé durera 48 heures, en laissant à chaque pèlerin le temps de réciter un pater et un avé devant la dépouille du saint homme. Dolard perdu dans la foule se demande comment il pourra prendre une photographie. Par chance, il rencontre Claude Viret, originaire comme lui du Jura. Celui-ci, cultivateur aisé et attiré par la personnalité du curé, réside depuis longtemps à Ars où il a toutes ses entrées. Il s'occupe de Dolard, lui trouvant une resserre proche où installer son laboratoire de campagne, et obtient, dans le pèlerinage, une courte pause pour faire les photographies.

Francis Trochu, auteur en 1925 d'une biographie du curé d'Ars, écrit à son sujet :

De son côté, à la page 33 de ses Mémoires, Jean-Claude Viret rapporte la scène : .

En 30 minutes, Dolard réussit son reportage malgré toutes les contraintes. Ce travail restera cependant anonyme, Francis Trochu mentionnant cette photographie sans en citer l'auteur. Au début du , un éditeur de cartes postales en fera anonymement paraître une mauvaise reproduction.

Retour à la peinture

Après 1859, l'activité photographique de Camille Dolard paraît se ralentir. Il vend son affaire de la Croix-Rousse à un autre peintre-photographe, Armbrüster, qui se fera connaître par des reproductions de tableaux en noir ou en couleur peintes à la main. Dolard s'installe à Lyon sur le quai Saint-Antoine dans un petit atelier où une dizaine de portraitistes se succèdent en 40 ans. Il abandonne la photographie et se remet à peindre. Chaque année, il expose au Salon de Lyon des portraits, paysages ou natures mortes souvent inspirées de son Jura natal. En 1876, il déménage une dernière fois pour habiter un luxueux appartement le long du Rhône, sur le quai Castellane. Il expose une dernière fois au Salon lyonnais de 1884.

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Photographe français du XIXe siècle Catégorie:Pionnier français de la photographie Catégorie:Peintre français du XIXe siècle Catégorie:Élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon Catégorie:Naissance en décembre 1810 Catégorie:Naissance à Lons-le-Saunier Catégorie:Décès en août 1884 Catégorie:Décès dans le 3e arrondissement de Lyon Catégorie:Décès à 73 ans