Adrienne Bolland, née le à Arcueil et morte le à Paris, est une aviatrice et résistante française, célèbre pour avoir été la première femme à effectuer la traversée par avion de la cordillère des Andes.

Biographie Enfance Adrienne Armande Pauline Bolland naît le à Arcueil.

Naissance au , rue des Écoles (actuelle rue Paul-Signac), dans le domicile familial.. Elle est la dernière fille de l'écrivain belge Henri Boland (Bolland, à l'état-civil, Boland est son nom de plume), également , c'est-à-dire journaliste spécialisé en droit. Propriétaire d'une prestigieuse demeure à Donnery, il avait épousé en 1882 Marie Joséphine Pasques, deuxième fille d'une famille de huit enfants, dont les ancêtres sont également belges. Les Pasques, grands propriétaires terriens et châtelains, vivent au château d’Allonnes depuis 1814, près de Donnery. À la suite d'une affaire politico-financière en 1883... qui conduit un temps Henri Boland en prison, il choisit l'exil et s'enfuit avec sa femme et leur première fille sur l'île de Guernesey. Là, Henri se découvre la passion de la géographie et de l'exploration, il écrit Les Îles de la Manche (1893), qui le font remarquer par Paul Joanne, célèbre éditeur français des premiers guides de voyages. Or le tourisme est alors naissant. Le couple était revenu en France depuis 1889. Deux autres enfants étaient nés à Guernesey, dont Benoît, le seul garçon de la fratrie. Benoît Boland, qui adoptera le nom de plume paternel, fera plus tard partie de l'équipage du Pourquoi Pas ? 2, commandé par Jean-Baptiste Charcot, lors de l'expédition de 1908-1910.

Adrienne Bolland est donc la dernière des sept enfants du couple. Douze jours après sa naissance son frère aîné, Édouard, décède chez sa nourrice à Donnery. Elle naît le même jour que son père, le , ce qui vaudra à cette petite dernière de tisser un lien particulier avec son père toujours absent, puisqu'il écrit depuis 1893 pour les Guides Joanne. Adrienne porte d'ailleurs le prénom de l'épouse de son parrain, qui n'était autre que Paul Joanne.

La famille vit donc à Arcueil-Cachan, où Adrienne est née. Henri Boland travaille alors pour le Touring Club de France et pour le Club Alpin (dont il fut le d'honneur), et pour les Guides Joanne, publiés par Hachette. Lorsqu'il meurt d'un AVC fulgurant à la sortie d'une réunion du Touring Club, le ., sa veuve se trouve dans une situation financière plus que délicate. Les assureurs l'ont outrageusement spoliée et sa dernière fille, refusant d'être à la charge de sa mère, et bien décidée à ne pas se marier, choisit après avoir perdu tout son argent aux courses de chevaux de devenir pilote d'avion. Elle a l'appui de son frère, Benoît, qui fut un des premiers à installer des radios dans les engins de la base de Bizerte où il fut envoyé pendant la Première Guerre mondiale. Benoît va l'aider à financer son apprentissage de deux mois à l'école de pilotage Caudron, située au Crotoy. Le lendemain du mariage de sa sœur Dieudonnée (avec son beau-frère, veuf d'une autre de ses sœurs), et après avoir signé le livre des témoins, elle prend le train à la gare du Nord en direction de la Picardie.

Débuts comme pilote Adrienne Bolland obtient son brevet de pilotage le après une formation débutée le lundi à l'école de pilotage Caudron située au Crotoy (baie de Somme), en Picardie. Elle devient la première jeune fille française à avoir obtenu son brevet après la Première Guerre mondiale et fait la une des journaux de l'époque. Elle obtient le brevet de pilote le ; elle est la quinzième femme française brevetée par l'Aéroclub de France. Elle devient en la première femme pilote engagée comme convoyeur d'avions par René Caudron, et ce, pour trois ans.. En , elle est la première femme au monde à réussir un looping, un exploit qu'elle des années plus tard.

Le , elle est la première femme pilote à traverser en solitaire la Manche depuis la France en avion. — Harriet Quimby l'avait traversée, quant à elle, depuis l'Angleterre en 1912.

Au grand rassemblement aérien de Buc des , et ., elle est la seule femme à piloter ( étant encore trop jeune pour avoir reçu son brevet.), aux côtés des as Fonck, Nungesser, Romanet, Casale, Bossoutrot, Maïcon Elle entend parler des « macchabées de la cordillère des Andes » et supplie Caudron de l'envoyer là-bas, « juste pour voir ». À son grand étonnement, René Caudron accepte. Elle voit en ce raid sa seule façon de devenir riche et célèbre en peu de temps.

Ses avions sont régulièrement sabotés par des personnes qui lui reprochent son fort caractère.

Survol de la cordillère des Andes thumb|Adrienne Bolland faisant la couverture du magazine argentin El Gráfico le 19 mars 1921. Arrivée à Buenos Aires le , avec deux monomoteurs Caudron G.3 démontés dans des caisses et le mécanicien René Duperrier de la firme Caudron à ses côtés, elle débute la propagande commerciale demandée par l'avionneur. Mais dès son installation à l', la presse argentine révèle le défi que l'aviatrice s'est imposé : être la première femme au monde à passer la cordillère des Andes. Caudron refuse de lui envoyer un avion plus puissant en apprenant la nouvelle.

Humiliée, elle veut montrer aux pilotes présents que son Caudron G.3 n'est pas « une guimauve », et elle bat le record mondial féminin d'altitude le ., avec , puis offre des exhibitions de voltige à la population argentine. Son visage fait la une des journaux, les habitants l'adorent. Le , elle rejoint la ville de Mendoza, où la population l'attend avec impatience. Grâce à cette jeune Française audacieuse, les soutiens financiers viendront, qui permettront de reconstruire la ville, gravement frappée par un violent séisme le (qui fit ).

En descendant du Transandin, un train qui faisait le trajet Buenos Aires/Valparaíso en traversant sous la cordillère, le mercredi , elle sait qu'elle n'a jamais survolé de montagne, qu'elle ne connaît pas la route aérienne qui mène à Santiago, et elle apprend que son mécanicien a oublié de changer la magnéto d'allumage du G.3 qu'ils ont emporté avec eux. En attendant la nouvelle magnéto, elle fait deux essais, qui vont lui montrer que sa mort est inévitable : la cordillère est « un tapis de fakir », un labyrinthe inextricable battu par des vents rabattants mortels. Mais le , elle décolle pour un troisième essai.

La route qu'elle a choisie était la plus directe, mais aussi la plus dangereuse, puisque traversant la vallée la plus venteuse et approchant des plus hauts sommets. Sa route la fait passer à proximité de l'Aconcagua, qui culmine à d'altitude. Ses prédécesseurs, uniquement des hommes, des militaires, dotés d'avions de 300 à , étaient tous passés par le sud, là où la montagne atteint seulement .

Avant de sortir de l’hôtel ce mercredi pour rejoindre le terrain de Los Tamarindos, « l'Hirondelle » savait qu'elle partirait légèrement vêtue — Duperrier avait doublé son réservoir au cas où elle se perdrait, elle avait donc neuf heures d'essence au lieu de quatre et demi. Elle monta dans l'avion avec seulement sa combinaison de coton, mais dessous, elle avait passé un pull en laine, son pyjama en soie, et s'était enduite le corps de graisse avant de plaquer des feuilles de papier-journal sur son torse. Pour se défendre contre d'éventuelles attaques de condor, réputés pour fondre sur les avions qui pénétraient leur territoire de chasse, elle avait emporté un poignard, et un révolver, qui devait lui servir à mettre le feu à son avion, donc à signaler sa présence en cas d'atterrissage involontaire. La jeune pilote ignorait qu'elle serait suivie par tous les postes du télégraphe qui longent la voie ferrée, car sa route est également celle du chemin de fer de l'époque.

Après s'être perdue, après avoir fait trois surplaces de chacun à cause des vents de face, après un vol de à une moyenne de à l'heure, et après avoir suivi son intuition choix qui la rend célèbre et qu'elle ne révèle qu'en 1946 à la presse, par peur du discréditComme elle le révélera à la presse en 1951, elle devait d'avoir eu la vie sauve à l'avertissement d'une femme envoyée par un médium tandis qu'elle se préparait pour prendre le train de Mendoza. Cette femme l'aurait adjurée, au moment du survol d'un lac en forme d'huître, de prendre un passage risqué à gauche, face à la montagne, plutôt qu'à droite. « Le cas Adrienne Bolland », les-archives-du-savoir-perdu.webnode.fr, ., elle se pose sur la piste de Lo Espejo, l'école militaire d'aviation de Santiago du Chili, aujourd'hui El Bosque...

Elle est ainsi la première femme à traverser la cordillère des Andes.

Le Chili l'accueille en héroïne. Seul absent, l'ambassadeur de France à Santiago, à qui la presse locale faisait la mauvaise blague de ce passage depuis trois semaines. Il crut effectivement à un poisson d'avril., oubliant qu'au Chili, cette date marque la fête des Saints-Innocents.

Elle revient à Buenos Aires et entame une tournée de trois mois en Argentine et en Uruguay.

Acrobaties aériennes Elle revient ensuite brièvement en France en puis repart au Brésil en vue de créer une école de pilotage pour les femmes et pour réaliser d'autres raids aériens. C'est au Brésil qu'elle vit ses pires échecs et ses accidents les plus traumatisants, dont un naufrage sur une plage déserte. À son retour en France, Caudron met fin à leur contrat et l'autre vie d'Adrienne Bolland débute. Elle doit se battre seule pour vivre de son métier.

Après deux années au Brésil, elle se rend sur la côte d'Azur, à Nice, pour aider son ami Auguste Maïcon à promouvoir son « industrie aérienne ». Celui-ci a créé une compagnie aérienne à son nom, et s'engage dans le réaménagement de l'aérodrome de La Californie, qui deviendra plus tard l'aéroport de Nice-Côte d'Azur.. Là, elle rencontre Ernest Vinchon, riche fils d'une des meilleures familles roubaisiennes ayant fait fortune dans l'industrie du fil, pilote et parachutiste, médaillé de la Légion d'honneur pour bravoure dans l'infanterie pendant la Première Guerre mondiale. Ernest est marié. Ils vivront dès lors un amour caché.

Le à Orly, elle bat le record féminin de looping en réalisant en . (son objectif était de battre les . du record masculin établi en 1920 par son ami Alfred Fronval, mais les fils des bougies... ou les fusées assurant la tension des haubans aux points de croisement, selon ses propres (source : Icare). de son Caudron C.27 F-AGAP lâchèrent).

Avec Maurice Finat et le lieutenant Robin , elle devient la pilote voltigeuse la plus célèbre des meetings en Europe, la plus active et la plus populaire de France, et la seule femme « propagandiste » de l'air pour le ministère des Transports Aériens. Dans une France rurale et ignorante de ce qu'est un avion, l'Escadrille enchaîne les déceptions et les mésaventures terribles, qu'Adrienne Bolland racontera plus tard avec une verve et un humour féroceAdrienne Bolland raconte... in Icare , juillet 1960..

Pendant cette période intense, elle aide Maryse Hilsz à devenir pilote, elle voit arriver Maryse Bastié de Bordeaux et lui fait rencontrer Caudron, elle est marraine de baptême de l'air d'Hélène Boucher, elle permet à Mont-de-Marsan de se munir d'un aérodrome et d'avions permettant de protéger la jeune forêt de pins des Landes. Henri Farbos et Léon Bouyssou font partie des intimes du couple que Bolland/Vinchon forme désormais aux yeux du monde.

En 1930Le , selon mention marginale de l'acte de naissance., six années après leur rencontre, le divorce d'Ernest est prononcé, et il épouse la plus célèbre aviatrice acrobate de l'air du monde, à la mairie de Clichy.. Leur arbre généalogique révèle qu'ils étaient cousins au et descendaient tous deux de Pépin le Bref (websérie)..

Engagements