Alexandre Marmorek (né le à Melnytsia-Podilska, GalicieLa Galicie était jusqu’à la Première Guerre mondiale une province de l’Empire austro-hongrois., et décédé le à Paris) est un médecin, bactériologiste et militant sioniste.
Famille Alexandre est le fils du docteur Joseph (1838-1900) et de Friederike (née Jacobsohn, 1838-1921) Marmorek. Il a trois frères (dont , son frère aîné, un architecte viennois renommé) et une sœur. Alexandre Marmorek se marie, en 1910, avec Rachel Steinberg (1873-1963) qui est également médecin à Paris depuis 1900. Ils n'auront pas d'enfants.
Carrière Médecin et biologiste Il fait ses études de médecine à Vienne, où sa famille s'est installée. Il reçoit son diplôme de docteur en médecine en 1887 et, en 1894, à la suite de la publication de ses recherches sur les maladies septiques Versuch einer Theorie der septischen Krankheiten : auf grund experimenteller untersuchungen, Alexander Marmorek, 1894, il est invité par Louis Pasteur à joindre l'Institut à ParisIl participe au cours de microbiologie de l'Institut (du 29 janvier 1894 au 23 mars 1894), où il est nommé chef de laboratoire, en 1895. Il concentre ses recherches sur le streptocoque et développe un sérum anti-streptococciqueVoir, Le streptocoque et le serum anti-streptococcique, Ann. Inst. Pasteur 9:593-620 (1895) pour le traitement de la fièvre scarlatineTraitement de la scarlatine par le sérum antistreptococcique, Institut Pasteur. Annales 10, 1896. En fait, le serum anti-streptococcique aura surtout des applications vétérinaires.
Le docteur Marmorek est envoyé, en , par l'Institut Pasteur, en mission à Vienne, à l'occasion de l'epidémie de peste qui s'était déclarée dans cette ville.
À partir de 1900, il s'engage dans la recherche d'un traitement de la tuberculose. À la suite de divergences d'opinion avec d'autres chercheurs, dont le directeur général Émile Roux, Alexandre Marmorek présente, sans avoir reçu l'approbation de l'Institut, le , à l’Académie de médecine les résultats de ses recherches et ce qu'il croit être un vaccin contre la tuberculoseSérum et vaccin antituberculeux, Archives générales de médecine, 1903. Par conséquent, il quitte l'Institut Pasteur et s’installe dans son propre laboratoire à Paris situé au 72 Rue de Longchamp où il continue ses recherchesDiagnostic de la tuberculose par la méthode de la déviation du complément, Presse médicale 17, 1909, jusqu'en 1914.
Pendant la Première Guerre mondiale, incapable de continuer ses travaux de rechercheAlexandre Marmorek est de nationalité autrichienne et son séjour en France est difficilement toléré., il se rend, ainsi que sa femme Rachel, en Transylvanie afin de donner des soins médicaux aux prisonniers de guerre alliés, décimés par des épidémies de typhus, de fièvre récurrente, de dysenterie et de choléra. Marmorek en revient très affaibli, ayant lui-même contracté la fièvre récurrente dont il s'est difficilement remis.
De retour à Paris, le professeur Charles Richet (lauréat du prix Nobel), lui offre son laboratoire, pour qu'il puisse immédiatement reprendre ses travaux. Marmorek poursuit ses recherches bactériologiques, sur les spirochètes. Il conçoit une théorie très originale pour expliquer les causes de l'immunisation et de la non-immunisation, qu'il expose dans un article de la Presse MédicaleImmunité passagère et immunité durable, Presse médicale 30, 1922.
Militant sioniste En parallèle à sa carrière de médecin et chercheur en microbiologie, il participe au mouvement sioniste naissant. Il est membre de Kadimah, une organisation d’étudiants sionistes à Vienne. Il est parmi les organisateurs (ainsi que son frère Oscar) du Congrès sioniste (à partir du Premier congrès sioniste en 1897 jusqu'au en 1921), et fait partie du grand comité d'action. Il est très apprécié par Théodore Herzl dont il est un collaborateur infatigable et enthousiaste. Il collabore activement à l'organisation des institutions sionistes, telles que la Banque Coloniale et le Fonds National. En 1899, Alexandre et deux de ses frères, Oscar et Isidore Marmorek, fondent le journal L’Echo Sioniste qui paraîtra, par intermittence, jusqu’en 1921. Il fonde en 1901 la Fédération Sioniste de France et en est le premier directeur. Il s'oppose au Sionisme territorialiste et au projet Ouganda.
Philanthrope Alexandre Marmorek trouve également le temps de créer, en 1911, le Dispensaire Zadoc-Kahnétabli 40, rue de Sévigné, ouvert à tous les malades, sans distinction de nationalité, ni de religion; mais ayant « pour but particulier de permettre à la population juive indigente, entassée dans les IIIe et IVe arrondissements, de trouver des soins gratuits et des conseils d'hygiène dont il lui soit possible de vraiment profiter », et de présider l'Université Populaire Juive (UPJ)qui ouvre ses portes, au mois de mars 1902, dans le de Paris.
Décès Alexandre Marmorek est décédé le , à Paris. Il est enterré le , en présence du professeur Félix Mesnil et du professeur Alexandre Besredka, représentant l'Institut Pasteur et de Léo Motzkin pour le mouvement sioniste, au cimetière juif de BagneuxÉtant mort sans enfants, ce sera son frère Schiller, qui récitera le Kaddish à la cérémonie funéraire, où il repose aux côtés de son épouse Rachel.
Hommages À la suite de la mission accomplie durant l'épidémie de peste à Vienne, il est fait chevalier de l'Ordre de François-Joseph et chevalier de la Légion d'honneurPar décret du Président de la République, en date du 18 février 1900, publié au Journal Officiel du 20 février 1900.
Le village Kfar Marmorek a été intégré dans la ville voisine de Rehovot en 1956, et en est devenu un des quartiers. et une de Tel Aviv, en Israël, portent son nom.
Notes et références
Liens externes
Alexandre Marmorek. Essai biographique par Dr David Jacobson, édité par la Société des Amis de Nordau et Marmorek Alexander Marmorek. Am J Public Health 1923;13(11):951–952. MARMOREK, ALEXANDER, Article dans la Jewish Encyclopedia par Isidore Singer et Frederick T. Haneman MARMOREK'S VACCINE AND SERUM FOR TUBERCULOSIS JAMA, The Journal of American Medecine, December 12, 1903, Vol XLI, No. 24 Marmorek, Alexander (1865-1923), Bakteriologe und Serologe MARMOREK (Alexandre) Dictionnaire national des contemporains
Catégorie:Naissance en février 1865 Catégorie:Naissance en Autriche-Hongrie Catégorie:Médecin français du XIXe siècle Catégorie:Médecin français du XXe siècle Catégorie:Biologiste médical Catégorie:Chercheur de l'Institut Pasteur Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Personnalité du sionisme Catégorie:Sionisme en France Catégorie:Décès en juillet 1923 Catégorie:Décès dans le 16e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 58 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière parisien de Bagneux