Thérèse Hargot, née le à Bruxelles, est une essayiste et sexologue belge proche du mouvement catholique, exerçant en France.
Elle est principalement connue pour ses positions parfois qualifiées d'« alterféministes », s'opposant à la pilule contraceptive et au sexe récréatif. Elle est également opposée à la pornographie.
Biographie Famille et jeunesse Thérèse Hargot naît en 1984 en Belgique. Elle est la quatrième enfant d'une fratrie de huit. Très croyants, ses parents sont tous deux assistants sociaux vivant et travaillant dans un quartier défavorisé de Bruxelles..
Études Thérèse Hargot est titulaire d'un DEA « philosophie et société » de l'université Panthéon-Sorbonne et d'un master en « sciences de la famille et de la sexualité » à l'UCLouvain. Dans le cadre de ses recherches philosophiques, elle explore les questions de genre à travers l’analyse des relations de pouvoir qui s’exercent lors de la médicalisation du corps des femmes, en particulier au cours des étapes liées à la reproduction, comme la sexualité, la fertilité, la grossesse et l’accouchement.
Parcours professionnel À la fin de ses études, elle exerce tout d'abord son métier de praticienne à New York, où son premier mari a été nommé Président de la , une ONG qui lutte contre l'avortement et l'euthanasie.
En , son premier essai « Pour une libération sexuelle véritable » est publié chez FX de Guibert à Paris. Elle y fait la promotion des méthodes naturelles de régulation des naissances comme alternative à la contraception hormonale.
Proche des milieux catholiques, à partir de 2013 - encore sous le nom de son premier époux Thérèse Jacob- elle intervient en tant que sexologue au collège Stanislas, dans le de Paris. Devenue une figure du mouvement catholique français sur le sujet de la sexualité, elle s'engage alors en intervenant lors de différentes manifestations aussi bien nationales (Université d'été de la Manif pour tous en 2014., Assemblée générale des évêques de France à Lourdes, 2014.) qu'internationales (Colloque « Complémentarité homme femme » au Vatican en 2014, Festival Paradise in the City (avec Vincent Breynaert). dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse, Cracovie, 2016).
Elle accède alors aux médias affiliés au catholicisme, « s'emparant de sujets qui s'inscrivent peu ou prou dans le sillon de l'Église » pour intervenir régulièrement dans ceux-ci, comme Le Jour du Seigneur, Valeurs actuelles ou encore La Croix. Elle promeut « l'amour durable » : il s'agit d'utiliser le mariage religieux pour faire perdurer son couple par-delà les crises. Elle reconnait cependant elle-même, lorsque Le Figaro souligne que « le fossé entre sa vie personnelle et ce qu'elle prône est le grand paradoxe de la vie de Thérèse Hargot », être l'antithèse de sa propre pensée, étant divorcée deux fois.
En 2016, elle publie l'ouvrage Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque), qui la révèle au grand public grâce à ses nombreux passages dans les médias.
En 2018, elle publie chez Albin Michel Aime, et ce que tu veux, fais-le ! , un ouvrage d'entretiens avec Emmanuel Gobilliard, évêque auxiliaire de Lyon, en réponse aux questions d'Arthur Herlin, jeune journaliste vaticaniste.
Prises de position Contraception Elle accède pour la première fois au champ médiatique en s'opposant à la pilule contraceptive, et en faisant la promotion de techniques naturelles, reposant sur la connaissance qu'ont les femmes de leurs propres corps. Elle affirme que le choix leur est insuffisamment présenté d'adopter des méthodes de contraception différentes, en particulier les méthodes naturelles., n'hésitant pas à déclarer, dans Famille chrétienne que « la contraception est le plus grand scandale du siècle ». En ce qui concerne par ailleurs la « pilule d'urgence » ou la « pilule du lendemain » (comme par exemple la pilule Lévonorgestrel), en tant qu'intervenante en milieu scolaire, elle dénonce les doses massives nécessaires, ainsi que le flou des termes, faisant passer - selon elle - ce médicament abortif pour un simple contraceptif.. Cependant, la pilule d'urgence est bien un contraceptif d'urgence et non un moyen abortif puisqu'elle permet d'empêcher l'ovulation..
Pornographie Thérèse Hargot, depuis 2020 prend publiquement la parole contre la pornographie. En 2024, elle publie un ouvrage dans le but d'alerter sur les dangers de la pornographie contemporaine, dont elle compare les effets à ceux d'une drogue dure. Selon Thérèse Hargot, la pornographie introduit une forme anxiogène dans la relation sexuelle à travers la norme de jouissance., la notion de performance sexuelle ou de danger lié à la sexualité.. Pour elle, cette nouvelle normativité sexuelle crée une discrimination sexuée visant les femmes, et surtout les jeunes filles, qui sont dévalorisées dans le choix de partenaires nombreux, alors que les hommes ou les garçons sont valorisés. Pour y remédier, elle propose le choix de l'abstinence et de la fidélité.. Elle défend notamment l'abstinence sexuelle jusqu'au mariage, telle que proposée par la tradition catholique.
Féminisme Elle prend position également contre le féminisme hérité de Simone de Beauvoir, qui aurait formaté les femmes à concevoir leur identité et leur désir de réalisation par leur seul travail en négligeant leur rôle maternel ; selon elle, ce féminisme -qu'elle nomme « matérialiste » - s'est soumis à la société patriarcale, en en adoptant des codes de performance et de productivité, au lieu de modifier la société en profondeur.. Elle se définit « alter-féministe »Alexandre Devecchio, « Thérèse Hargot, l'alterféministe », Le Figaro Magazine, semaine du 2 décembre 2016, page 52..
Polémiques Le , elle déclenche une polémique médiatique en apparaissant dans une vidéo du Youtubeur Tibo Inshape pour répondre à des questions sur la sexualité. Elle y déclare notamment que la sexualité des couples doit être organisée autour de « rendez-vous sexe » afin d’avoir « au minimum, mais vraiment grand minimum un rapport par semaine ». Ces propos déclenchent de vifs commentaires et Thérèse Hargot est accusée de faire la promotion de la culture du viol en sous-entendant que les rapports doivent avoir lieu, même forcés. Thérèse Hargot se défend de cette accusation en affirmant que ses propos « ont été déformés ».
Réactions Les prises de position de Thérèse Hargot et ses interventions en milieux religieux ou dans le cadre de La Manif pour tous font réagir. Elle est tantôt définie comme une alter-féministe aux côtés d'Eugénie Bastié., tantôt assimilée aux néo-puritanistes et à une ., et critiquée par Marcela Iacub.. Bien qu'elle s'en défende, son féminisme est décrit comme relevant du féminisme différentialiste.
Un article de sa part dans le magazine d'extrême droite Valeurs actuelles, où elle défend l'idée que « à force de penser la violence sexuelle on la voit partout et elle finit par exister à la manière d’une prophétie autoréalisatrice » est jugé préoccupant par Christine Bard, car il rend les féministes responsables des violences masculines. Selon l'historienne, l'approche de Thérèse Hargot s'appuie sur une dichotomie entre mauvaises et bonnes féministes, car .
Vie privée Mariée une première fois à 19 ans, elle a trois enfants.. Elle a divorcé deux fois.
Ouvrages
Avec Emmanuel Gobilliard et Arthur Herlin, Aime, et ce que tu veux, fais-le, Albin Michel, Paris,
Notes et références
Liens externes
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