Le Tour de France 1987 est la du Tour de France, course cycliste qui s'est déroulée du au sur pour . Le départ du Tour a lieu à Berlin-Ouest ; l'arrivée se juge aux Champs-Élysées à Paris. Il a été remporté par l'Irlandais Stephen Roche, auteur cette année-là du triplé Tour d'Italie-Tour de France-Championnat du monde, exploit que seul le Belge Eddy Merckx avait réalisé avant lui en 1974 et que seul Tadej Pogačar réalisera ensuite en 2024. L'Espagnol Pedro Delgado second à seulement et le Français Jean-François Bernard auteur d'une grande performance contre-la-montre au sommet du Mont Ventoux complètent le podium.

Généralités Le départ du Tour a lieu à Berlin-Ouest ; l'arrivée finale se juge aux Champs-Élysées à Paris. Les équipes comportent maintenant alors qu'elles étaient constituées de depuis 1965. Les grands absents sont Greg LeMond (accident de chasse) et Ronan Pensec (accident domestique). Cette édition est remportée par Stephen Roche, ce qui marque la première victoire d'un Irlandais sur le Tour de France. Moyenne du vainqueur : Premier maillot jaune pour un coureur de l'Est : Lech Piasecki.

Déroulement de la course Le prologue se dispute à Berlin-Ouest (Allemagne de l'Ouest), sur l'esplanade du palais du Reichstag. Il est remporté par le Néerlandais Jelle Nijdam qui devance le Polonais Lech Piasecki et l'Irlandais Stephen Roche. Le Français Laurent Fignon, identifié comme l'un des favoris du Tour, termine à et perd déjà sur Stephen Roche et sur son compatriote Jean-François Bernard.

La se déroule en circuit autour de Berlin. Elle est remportée par le Néerlandais Nico Verhoeven au sprint. Lech Piasecki reprend à Nijdam et s'empare du maillot jaune.

L'après-midi, les coureurs s'affrontent dans un contre-la-montre par équipes. Cette deuxième étape est remportée par l'équipe Carrera avec une avance de devant l'équipe Del Tongo, celle du maillot jaune qui conforte sa tunique. Laurent Fignon perd encore une quarantaine de secondes avec son équipe Système U.

La se déroule toujours en Allemagne, entre Karlsruhe et Stuttgart, et voit la prise de pouvoir d'un Suisse, Erich Maechler. Une première échappée constituée de Kim Andersen, Rolf Golz et Marc Madiot se fait reprendre vers le . Dans la foulée, Erich Maechler avec coureurs, dont fait partie le Français Charly Mottet, s'échappent. Le Suisse reprend plus de au peloton. Il devient le premier coureur helvétique leader du Tour de France depuis Fritz Schaer en 1953. La victoire d'étape revient quant à elle à Acácio da Silva qui rentre dans le top 5 et la bonne opération à Charly Mottet qui devient un des grands favoris du Tour.

La , qui est une demi-étape, voit la victoire du Belge Herman Frison qui s'impose avec d'avance sur le peloton. Le maillot jaune reste sur les épaules d'Erich Maechler.

La , qui se dispute l'après-midi de la , est remportée par le Belge Marc Sergeant avec d'avance sur le peloton maillot jaune que garde Erich Maechler.

Entre Strasbourg (Bas-Rhin) et Épinal (Vosges), la voit la victoire de Christophe Lavainne de l'équipe Système U. Le Français reprend la deuxième place du général à Jörg Müller mais le maillot reste solidement accroché à Erich Maechler.

Lors de la , qui a lieu entre Épinal et Troyes (Aube), le premier sprint massif de ce Tour est remporté par Guido Bontempi qui est déclassé pour dopage dix jours plus tard et permet donc à Manuel Jorge Dominguez de remporter sa première victoire dans le Tour. Maechler conserve sa position de leader du classement général.

La première semaine a vu la domination d'Erich Maechler. Charly Mottet est le mieux placé des favoris en étant au général. Laurent Fignon est très loin au général et ses chances de victoire s'amenuisent.

La est remportée par le Néerlandais Jean-Paul van Poppel au sprint tandis que la voit la victoire de son compatriote Adrie van der Poel.

La si dispute sous la forme d'un contre-la-montre individuel qui voit la victoire de Stephen Roche avec d'avance sur Charly Mottet et sur le Danois Jesper Skibby. Erich Maechler perd son maillot jaune au profit de Charly Mottet qui devient le grand favori pour la victoire finale. Dix ans après avoir porté le maillot jaune durant deux semaines sur le Tour de France 1977, Dietrich Thurau prend la seconde place du classement général avec de retard sur Mottet. Laurent Fignon perd à nouveau sur son coéquipier et désormais leader Charly Mottet. Le Colombien Luis Herrera perd quant à lui sur cette étape et donc toutes ses chances de succès au classement général.

La , entre Poitiers (Vienne) et Chaumeil (Corrèze) voit la perte du maillot jaune de Charly Mottet. C'est son coéquipier Martial Gayant qui le récupère en remportant l'étape.

Entre Brive (Corrèze) et Bordeaux (Gironde), l'Américain Davis Phinney remporte au sprint la . L'Irlandais Sean Kelly abandonne à cause d'une luxation de la clavicule.

La voit le début de la haute montagne. Elle se déroule entre les villes de Bayonne et Pau dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Martial Gayant craque et rend le maillot jaune à Charly Mottet qui a souffert comme Fignon dans le col du Soudet. L'étape est remportée par le Néerlandais Erik Breukink qui devance de le nouveau grand favori Jean-François Bernard et de le Colombien Pablo Wilches.

Quatre cols sont au programme de la disputée entre Pau et Luz-Saint-Sauveur (Hautes-Pyrénées) : Marie-Blanque, l'Aubisque, les Bordères et la montée vers Luz-Ardiden. Dans le col de Marie-Blanque, Gilbert Duclos-Lassalle et Thierry Claveyrolat s'échappent. Dans la descente de Marie-Blanque, Duclos-Lassalle ne parvient pas à suivre Claveyrolat qui continue seul son effort avant de se faire rattraper et lâcher par le Norvégien Dag Otto Lauritzen. Dans la montée finale, Lauritzen est seul à de l'arrivée. Dans le groupe des favoris Herrera accélère violemment mais est suivi par Roche, Delgado, Hampsten, Wilches, Fuerte et Millar alors que Charly Mottet et Laurent Fignon sont lâchés. À du sommet, Herrera place une attaque que personne ne peut suivre. Il reprend à Hampsten, à Wilches et plus d'une minute à tous les autres favoris. Mais il échoue à de la victoire qui revient à Lauritzen. Mottet garde le maillot jaune avec d'avance sur Jean-François Bernard et sur Stephen Roche. Les autres favoris sont rejetés à plus de .

La est remportée par l'Allemand Rolf Golz devant Le Clerc et Earley. Ils devancent un groupe de , où se trouvent Charly Mottet, Jean-René Bernaudeau et plusieurs grimpeurs colombiens.

La , marquée par de nombreux cols dans les Cévennes devait être propice aux baroudeurs, mais c'est finalement à un sprint massif que l'on assista avec les deux meilleurs sprinters du tour Guido Bontempi et Jean-Paul van Poppel. La lutte entre les deux fut si serrée qu'il fallut avoir recours à la photo finish pour les départager, van Poppel devançant son rival d'un boyau.

La est un contre la montre individuel en montagne avec l’ascension du Mont-Ventoux. Jean-François Bernard remporte cette étape et prend le maillot jaune en devançant Stephen Roche de au classement général.

Éblouissant la veille dans le mont Ventoux, Jean-François Bernard est la principale victime de la Valréas (Vaucluse) et Villard-de-Lans (Isère). Mottet, Gayant et Fignon (tous trois de l'équipe Système U) déclenchent une attaque au ravitaillement de Léoncel alors que Bernard se trouve à l'arrière du peloton, retardé par une crevaison. Finalement, la manœuvre des Système U profite à Delgado, qui remporte l'étape, et à Roche, qui prend le maillot jaune. Bernard termine l'étape à plus de .

La voit s'affronter les leaders dans l´ascension de l´Alpe d´Huez, pendant que les rescapés de l'échappée matinale se disputent la victoire, qui revient à Federico Echave. Le maillot à pois Luis Herrera attaque dès le pied de l’Alpe d’Huez, pris en chasse par Delgado et Roche, alors que Bernard et surtout Mottet sont distancés.

Vers le milieu de l’ascension, Delgado revient sur Herrera tandis que Bernard rattrape Roche ! A l´arrivee, le colombien devance l’espagnol de , mais Roche perd sur Delgado, qui revêt le maillot jaune pour

La relie Bourg d´Oisans a La Plagne, par les cols du Galibier et de la Madeleine. Dans la vallée de la Maurienne, Roche attaque accompagné de coureurs (Fuerte, Sanders, Munoz, Theunisse, Bernaudeau et Parra)

Bernard chasse un moment seul, vent défavorable, avant de se relever. Cette erreur tactique s'avérera décisive par la suite.

Au pied de la Madeleine, Roche possède d’avance sur Bernard et sur le groupe du maillot jaune Delgado.

Au sommet, il lui reste d’avance sur l’espagnol tandis que Bernard est pointé à . Le regroupement général a lieu dans le bas de la descente

Fignon en profite pour porter son attaque en compagnie d’Anselmo Fuerte. Le français n’est plus guère dangereux au classement général ( à un quart d’heure). Son avance est de avant d’aborder la montée vers La Plagne, dernière difficulté de la journée. Ce sera suffisant pour que Fignon renoue ici avec le succès, après une première victoire sur ces mêmes terres.

Pour le classement général, la lutte décisive s'engage au pied de La Plagne : Rapidement, Bernard capitule. Il concédera plus de sur le maillot jaune à l’arrivée. Il vient de tirer un trait sur ses dernières chances de remporter le Tour. À du sommet, Delgado se lance à l’assaut, pour creuser les écarts avant le dernier contre-la-montre. Il fait d’abord la différence mais, à de la ligne, il est en difficulté. Parra revient sur lui et l’entraîne dans son sillage. Dans le même temps, Roche produit un effort paroxystique dans les 3 ultimes kilomètres. Il parvient à combler de retard et s’écroule sur la ligne après le passage de l’espagnol. Il devra recevoir de l'oxygène et est également pénalisé de pour ravitaillement non autorisé. Il accuse désormais un retard de par rapport à Delgado

La est la dernière étape de montagne, avec les cols du Cormet de Roselend, des Saisies, des Aravis, de la Colombière et de Joux-Plane puis plongée vers Morzine. Chozas s'échappe au col des Saisies et ne sera pas revu, gardant à l'arrivée sur les leaders qui se neutralisent. Mais Roche attaque dans la descente de Joux Plane, et grapille sur Delgado

Étapes

| Prologue || || Berlin-Ouest (RFA) – Berlin-Ouest (RFA) || || align=center|6,1 || Jelle Nijdam || Jelle Nijdam |- | || || Berlin-Ouest (RFA) – Berlin-Ouest (RFA) || || align=center|105,5 || Nico Verhoeven || Lech Piasecki |- | || || Berlin-Ouest (RFA) – Berlin-Ouest (RFA) || || align=center|40 || Carrera Jeans-Vagabond || Lech Piasecki |- | || 3 juillet || Berlin-Ouest (RFA) || || colspan="3" align=center|Journée de repos |- | || || Karlsruhe (RFA) – Stuttgart (RFA) || || align=center|219 || Acácio da Silva || Erich Maechler |- | || || Stuttgart (RFA) – Pforzheim (RFA) || || align=center|79 || Herman Frison || Erich Maechler |- | || || Pforzheim (RFA) – Strasbourg || || align=center|112,5 || Marc Sergeant || Erich Maechler |- | || || Strasbourg – Épinal || || align=center|169 || Christophe Lavainne || Erich Maechler |- | || || Épinal – Troyes || || align=center|211 || Manuel Jorge Domínguez || Erich Maechler |- | || || Troyes – Épinay-sous-Sénart || || align=center|205,5 || Jean-Paul van Poppel || Erich Maechler |- | || || Orléans – Renazé || || align=center|260 || Adrie van der Poel || Erich Maechler |- | || || Saumur – Futuroscope || || align=center|87,5 || Stephen Roche || Charly Mottet |- | || || Poitiers – Chaumeil - Les Monédières || || align=center|255 || Martial Gayant || Martial Gayant |- | || || Brive-la-Gaillarde – Bordeaux || || align=center|228 || Davis Phinney || Martial Gayant |- | || || Bayonne – Pau || || align=center|219 || Erik Breukink || Charly Mottet |- | || || Pau – Luz-Ardiden || || align=center|166 || Dag Otto Lauritzen || Charly Mottet |- | || || Tarbes – Blagnac || || align=center|164 || Rolf Gölz || Charly Mottet |- | || || Blagnac – Millau - Causse Noir - Le Cade || || align=center|216,5 || Régis Clère || Charly Mottet |-