Laffaire Cécile Bloch est une affaire criminelle qui commence à Paris, en France, le . Ce jour-là, Cécile Bloch, (née le ), est violée puis tuée, alors qu'elle quitte le domicile familial pour se rendre à l'école. La brigade criminelle du 36, quai des Orfèvres ouvre, le jour-même, une enquête de police. Les policiers déterminent les circonstances de cet homicide, élaborent et diffusent un portrait-robot du meurtrier présumé de la fillette.

Par la suite, des investigations policières approfondies démontrent l'implication de celui-ci dans d'autres agressions, viols, et meurtres, retraçant le parcours sanglant d'un criminel multirécidiviste. L'expertise de psychocriminologues est sollicitée. L'application de techniques d'identification génétique, introduites en France dans les années 1990, valide les recoupements établis par les enquêteurs avec d'autres affaires criminelles, et révèle de nouvelles pistes. La famille de la fillette, qui n'est pas informée des développements de l'instruction judiciaire, a recours au service d'une enquêtrice privée.

Pendant plus de , le meurtrier de Cécile Bloch, surnommé « le Grêlé » par la police et les médias du fait de sa peau supposément abîmée, reste introuvable. Le , une identification ADN permet à la brigade criminelle de Paris de confondre François Vérove, un ancien gendarme et policier français de . Celui-ci s'est suicidé la veille dans un logement du Grau-du-Roi, près de Montpellier, laissant derrière lui une lettre d'aveux dans laquelle il reconnaît plusieurs crimes.

Contexte Famille Bloch vignette|Façade d'un immeuble de la cité Fontainebleau au , vue de la rue Eugène-Jumin.|alt=Photo couleur de la façade d'un immeuble de dix étages (fond de l'image), vue d'une rue (premier plan) bordée par des bâtiments d'habitations de quatre à cinq étages.

Jean-Pierre Bloch (, Cahors - ) et son épouse Suzanne, inspecteurs à la Sécurité sociale., habitent la cité Fontainebleau. dans le arrondissement de Paris, au d'un immeuble du 116 rue Petit.. En , leur fille Cécile est âgée de . Elle a un demi-frère, Luc Richard-Bloch, âgé de , chercheur en biologie moléculaire, à l'université de Jussieu. Chaque matin, en semaine, les parents de Cécile, puis Luc, quittent l'appartement familial avant Cécile qui se rend vers , à pied, au collège Georges Rouault. À l'heure du déjeuner, l'écolière prend son repas seule chez elle, et ne manque jamais de réviser ses leçons de violon... Membre d'un orchestre de jeunes Alfred Loewenguth et distinguée par un prix d'excellence au concours international Léopold Bellan, la collégienne prépare son entrée au conservatoire de musique.... Afin de lui permettre de développer ses aptitudes musicales, ses parents envisagent de lui faire intégrer une classe à horaires aménagés du collège Octave Gréard, situé rue du Général-Foy, dans le de Paris.

Fait divers Déroulement du crime Le lundi , peu après midi, Suzanne Bloch téléphone à sa fille pour s'assurer que, comme d'habitude, elle est bien rentrée déjeuner au domicile familial. Mais personne ne décroche... Un appel téléphonique au collège, rue du Noyer-Durand, lui apprend que Cécile n'est pas venue en classe. Suzanne avertit immédiatement Jean-Pierre, son époux. Arrivé à la cité Fontainebleau, le couple trouve l'appartement vide et constate l'absence du cartable de sa fille. Il refait le trajet d'environ un kilomètre que parcourt Cécile chaque matin jusqu'à son école. Les commerçants interrogés sur le chemin ne le rassurent pas ; aucun n'a vu Cécile ce matin... Sans attendre l'arrivée de la police, le gardien du 116 rue Petit, alerté par les parents dès leur retour, commence à chercher Cécile dans les parties communes de l'immeuble. Il est environ ... Vers , au de la résidence, dans un local technique sans éclairage, servant de débarras pour les agents d'entretien et employés de la résidence, le gardien découvre, dissimulé sous un morceau de vieille moquette, le corps sans vie de la fillette....

Premières constatations de la police vignette|Le 36, quai des Orfèvres, siège de la brigade criminelle jusqu'en 2017.|alt=Photo couleur de la façade de couleur ocre d'un bâtiment en pierre de quatre étages, sous un ciel bleu. Un cours d'eau s'étire au premier plan.

Un appel au commissariat du déclenche l'intervention de la brigade criminelle du 36, quai des Orfèvres (« la ») sur demande du parquet.... Une fois sur place, les techniciens du service de l'identité judiciaire et les enquêteurs de la « Crim' » rejoignent le procureur de la République et des agents de la police judiciaire locale déjà présents sur le lieu du drame.. L'examen de la scène de crime révèle que Cécile Bloch a été maîtrisée violemment, poignardée à hauteur de la poitrine, puis étranglée. Le cadavre partiellement dénudé de la collégienne et le sperme recueilli sur celui-ci laissent penser aux agents de police qu'elle a aussi été violée. Aucune empreinte digitale n'a été décelée sur la victime ni sur son cartable ; aucune arme blanche n'a été trouvée....

Début de l'enquête de police Dans l'immeuble du 116 rue Petit Les enquêteurs hésitent à inspecter le domicile de parents bouleversés par la mort de leur fille. Se souvenant des critiques que les gendarmes avaient essuyées, au début de l'affaire Grégory, pour ne pas avoir fouillé le chalet des époux Villemin, effondrés par l'assassinat de leur enfant, ils se résolvent à effectuer une perquisition... Dans l'appartement de la famille Bloch, les enquêteurs ne constatent aucun désordre suspect, ni traces de lutte ni signes d'effraction.. En revanche, l'inspection du bâtiment met en lumière un véritable guet-apens : le système interphone, réparé trois jours plus tôt., est de nouveau hors d'usage, la porte d'accès au a été bloquée entrouverte depuis au moins la veille, la lumière du palier de l'étage de l'appartement des Bloch ne fonctionne plus, et l'un des deux ascenseurs a été mis hors-service... Interrogés, les Bloch et quelques habitants de l'immeuble se souviennent avoir vu, le matin même, un homme dans l'ascenseur ou dans le hall d'entrée... L'inconnu, dont plusieurs témoins entendus par la police ont remarqué la peau rugueuse du bas du visage, aurait été présent dans l'immeuble entre et .. Pour les policiers, l' devient un suspect, sinon le suspect...

Dans le voisinage Des inspecteurs de police et des agents de la police en tenue fouillent tous les coins et recoins de la cité Fontainebleau qui comprend . ; ils cherchent notamment l'arme du crime que le meurtrier aurait pu abandonner dans les parages. Au cours de l'enquête de voisinage, ils interrogent les habitants et les commerçants du quartier, ils repèrent les moyens de transports proches de la résidence, et visitent les squats des environs...

Dans les locaux de la police judiciaire vignette|L'Institut médico-légal de Paris (), bâtiment en briques rouges au-dessus du quai de la Rapée.|alt=Photo couleur de divers bâtiments dont de hauts immeubles de bureaux (second plan), sous un ciel bleu, au bord d'un cours d'eau. De gauche au centre de l'image, un muret, couvert de graffitis, sépare un quai d'une voie routière à quatre voies.

En fin d'après-midi, l'Institut médico-légal de Paris, situé place Mazas, à proximité du quai de la Rapée, reçoit le corps de Cécile Bloch... Les parents, convoqués pour procéder à l'identification du corps, découvrent le visage violenté de leur fille.

Les résultats de l'autopsie, transmis le lendemain à la brigade criminelle chargée du dossier, confirment les constatations des enquêteurs : la mort de l'enfant par strangulation à l'aide d'une cordelette, son viol, et le coup de couteau non mortel porté au niveau du thorax... Le sperme prélevé sur le lieu du meurtre permet d'établir le groupe sanguin du suspect.. Durant les jours suivants, les témoins convoqués au service régional de l'identité judiciaire de Paris, quai de l'Horloge, notamment les parents et le frère de Cécile qui ont pris l'ascenseur avec le tueur juste avant que celui-ci ne s'en prenne à la fillette, participent à l'élaboration d'un portrait-robot de l'. ; le visage du jeune adulte () de type européen qui apparaît ne correspond à aucun criminel connu de la police... Celle-ci fait circuler le signalement dans le voisinage, le diffuse dans tous les commissariats et antennes de police, puis, pendant quelques jours, dans la presse.. Le trait saillant de la description du tueur présumé étant sa peau granuleuse par endroits, un surnom émerge parmi les policiers et s'impose dans les médias : , ou, plus succinctement : ... L'enquête se poursuit ; des arrestations et des vérifications sont effectuées...

Recherche du meurtrier de Cécile Bloch Les premiers éléments de l'enquête de police judiciaire déterminent les inspecteurs du 36, quai des Orfèvres à considérer que Cécile Bloch a été tuée par une seule personne : celle désormais surnommée . L'élaboration du modus operandi du meurtrier suggère aux enquêteurs le profil d'un criminel qui n'en est probablement pas à son coup d'essai...

Antécédents criminels vignette|Crématorium-columbarium du cimetière du Père-Lachaise ( de Paris).|alt=Photo couleur d'un bâtiment d'un étage, de base rectangulaire, constitué de bandes horizontales successives de pierres blanches et noires. Le toit de l'édifice est composé d'un dôme de briques et de grès. Un ciel bleu forme l'arrière-plan de l'image.

Alors que les parents Bloch s'apprêtent à faire incinérer le corps de leur fille au crématorium du cimetière du Père-Lachaise., l'enquête s'organise. Sous la direction de l'inspecteur divisionnaire Bernard Pasqualini, auréolé du titre de « tombeur du gang des postiches » acquis quelques mois plus tôt., les six fonctionnaires de police, inspecteurs du de la « Crim' »., épluchent les piles d'avis de recherche et écument les archives policières.. Ils cherchent tous les suspects dont la description pourrait correspondre à celle du « Grêlé », et les affaires criminelles, anciennes ou en cours, présentant un mode opératoire similaire à celui mis en œuvre par ce tueur... sont toutes vérifiées. Parmi tous les documents examinés, ceux rapportant une série d'agressions dans le de Paris retiennent leur attention ; les victimes décrivent un homme de type européen à la peau du visage irrégulière... Un cas en particulier frappe les enquêteurs, celui d'une agression sexuelle survenue place de Vénétie, un lundi matin, le . Ce jour-là, un individu surprend une fillette de dans un ascenseur d'immeuble, l'entraîne dans un couloir du , la viole, l'étrangle, puis s'enfuit, laissant l'enfant pour morte.... Plus tard, la description de son violeur fournie aux policiers par la fillette, qui a survécu à son calvaire, permet de reconstituer l'attaque qu'elle a subie et l'analyse des traces biologiques relevées sur la scène du crime ne laisse aucun doute aux enquêteurs : il s'agit du « Grêlé »...

Récidives