vignette|Drapeau anarcho-queer. L'anarchisme queer (également anarqueer, anarcha-queer et anarcho-queer) est une école de pensée anarchiste qui défend l'anarchisme et la révolution sociale comme un moyen de libération queer, avec l'abolition des LGBTI-phobies, de l'hétérosexisme, du cissexisme et du patriarcat. Les anarchistes LGBT qui se sont battus pour les droits LGBT à la fois à l'intérieur et à l'extérieur des mouvements anarchistes LGBTI comprennent Lucía Sánchez Saornil, John Henry Mackay, Adolf Brand ou encore Daniel Guérin
L'anarchiste individualiste Adolf Brand a publié Der Eigene, qui est la première publication consacrée aux problèmes des gays dans le monde, publiée de 1896 à 1932, à BerlinKarl Heinrich Ulrichs avait lancé un journal appelé « Prometheus » en 1870, mais seul un numéro a été publié. Hubert Kennedy ..
Histoire thumb|upright|John Henry Mackay, individualiste anarchiste allemand, défenseur des droits LGBT. Le rassemblement anarchiste des libertés individuelles a été créé, selon de nombreuses personnes, pour une défense naturelle de l'homosexualité, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du mouvement Anarchiste. Emil Szittya, dans Das Kuriositäten-Kabinett (1923), a écrit à propos de l'homosexualité que . Son point de vue est confirmé par Magnus Hirschfeld dans son livre de 1914 Die Homosexualität des Mannes und des Weibes : Magnus Hirschfeld, 1914.. L'italien anarchiste Luigi Bertoni (que Szittya pensait aussi être homosexuel) a observé que .
Dans L'Âme de l'homme sous le socialisme d'Oscar Wilde, celui-ci prône avec passion pour une société égalitaire où la richesse est partagée par tous, tout en avertissant des dangers du socialisme autoritaire qui écraserait l'individualité The Soul of Man Under... Anarchism? - Kristian Williams, The Anarchist Library, 2011.. Plus tard, il a commenté : D'après son biographe Neil McKenna, Wilde faisait partie d'une organisation secrète dont le but était de légaliser l'homosexualité et il aurait été connu dans le groupe comme un leader pour la « cause »..
left|thumb|upright|Adolf Brand, anarchiste allemand et militant pour les droits des hommes homosexuels.
L'écrivain anarcho-syndicaliste Ulrich Linse a écrit à ce sujet : , le (aussi connu comme Senna Hoy) Linse, Ulrich, Individualanarchisten, Syndikalisten, Bohémiens, in "Berlin um 1900".. Le jeune Hoy (né en 1882) a publié trois points de vue dans son magazine hebdomadaire Kampf depuis 1904, qui a atteint un tirage de exemplaires l'année suivante. L'anarchiste allemand psychothérapeute Otto Gross a également écrit de nombreux articles sur la sexualité des personnes de mêmes genres, et plaidé contre leur discrimination Otto Gross. L'anarchiste hétérosexuel Robert Reitzel (1849–1898) a parlé positivement de l'homosexualité, depuis le début des années 1890, dans son journal en langue allemande, Der arme Teufel.
John Henry Mackay était un anarchiste individualiste, connu dans le mouvement anarchiste comme un important suiveurs des premières heures, et soutenant activement le philosophe Max Stirner<ref> IDEAS OF MAX STIRNER.; First English Translation of His Book, "The Ego and His Own" -- His Attack on Socialism -- The Most Revolutionary Book Ever Published." - James Huneker, The New York Times, 20 avril 1907.</ref>. Mackay a également été un signataire précoce de la « Petition to the Legislative Bodies of the German Empire de (Magnus) Hirschfeld, afin d'obtenir une « révision du paragraphe anti-homosexuel 175 » (son nom est apparu dans la première liste publiée en 1899). Il a également gardé un intérêt particulier pour Oscar Wilde, et fut scandalisé par son emprisonnement pour homosexualité. Néanmoins, Mackay est entré en conflit avec Hirschfeld et son organisation Scientific Humanitarian Committee.
L'anarchiste individualiste Adolf Brand était à l'origine un membre du comité scientifique-humanitaire de Hirschfeld. Brand et ses collègues, connus sous le nom Gemeinschaft der Eigenen (« Communauté des auto-propriétaires »), ont également été fortement influencés par les écrits de Max Stirner.
thumb|upright|Der Eigene de Max Stirner, première publication militante gay.
Ils se sont opposés à la caractérisation médicale de Hirschfeld de l'homosexualité en tant que « sexe intermédiaire »New York: Howard Fertig, 1985.. Ewald Tschek, autre écrivain homosexuel anarchiste de l'époque, contributeur régulier à la revue d'Adolf Brand , a écrit, en 1925, que la Scientific Humanitarian Committee de Hirschfeld était un danger pour le peuple allemand, en caricaturant Hirschfeld en « Feldhirsch ». Bien que Mackay soit plus proche des points de vue d'Adolf Brand et de son « Community of Self-owners » (« Communauté des auto-propriétaires ») par rapport au Scientific-Humanitarian committee de Hirschfeld, il n'adhérait par aux opinions anti-féministes, et presque misogynes, de Brand. était le premier journal gay du monde, publié de 1896 à 1932, par Adolf Brand à Berlin. Brand y contribuait en écrivant beaucoup de poèmes et d'articles. Il y avait d'autres contributeurs, parmi lesquels : Benedict Friedlaender, Hanns Heinz Ewers, Erich Mühsam, Kurt Hiller, Ernst Burchard, John Henry Mackay, Theodor Lessing, Klaus Mann, et Thomas Mann, ainsi que des artistes comme Wilhelm von Gloeden, Fidus, et Sascha Schneider. Le journal comptait environ abonnés, mais les chiffres sont incertains. Après l'arrivée au pouvoir des Nazis, Brand est devenu victime de persécution et l'activité du journal a dû cesser.
L'importante anarchiste américaine Emma Goldman dénonçait également l'homophobie. Sa conviction selon laquelle la libération sociale devrait s'étendre aux gays et lesbiennes, était pratiquement inconnue à l'époque, même parmi les anarchistesKatz, Jonathan Ned (1992).. Comme Magnus Hirschfeld l'a écrit : « elle était la première et seule femme, en fait la première et seule américaine, à défendre l'amour homosexuel avant le grand publicGoldman, Emma (1923). . » Dans de nombreux discours ou écrits, elle a défendu le droit à l'amour des hommes et des femmes homosexuels, et elle a condamné la peur et la stigmatisation associée à l'homosexualité. Comme l'a écrit Goldman dans une lettre à Hirschfeld : « C'est une tragédie que les gens d'une orientation sexuelle différente vivent dans un monde ayant si peu de compréhension pour les homosexuels et qui soit si indifférent aux différentes gradations et variations de genre, et de leur grande importance dans la vie. »
En dépit de ces positions de soutien, le mouvement anarchiste de l'époque n'était certainement pas exempté d'homophobie ; un éditorial dans un journal anarchiste espagnol influent de 1935 avait soutenu qu'un anarchiste ne devrait même pas être associé avec les homosexuels, et encore moins être de ceux-ci : « Si vous êtes un anarchiste, cela signifie que vous êtes plus moralement droit et physiquement fort que l'homme moyen. Celui qui aime les invertis n'est pas un homme réel, et n'est donc un véritable anarchisteCité dans Cleminson, Richard. 1995. . »
Lucía Sánchez Saornil était la principale fondatrice de la fédération anarcha-feministe des Mujeres Libres qui s'était ouvertement déclarée lesbienne"basta pensar en el lesbianismo de Lucía Sánchez Saornil".. À un jeune âge, elle a commencé à écrire de la poésie et a été associée au mouvement littéraire émergent de l'Ultraïsme. En 1919, elle avait été publiée dans diverses revues, dont Los Quijotes, Tableros, Plural, Manantial et La Gaceta Literaria. En écrivant sous un nom masculin, elle a pu explorer les thèmes lesbiens, à une époque où l'homosexualité était soumis à la censure et à la répression. Insatisfaite des préjugés chauvins des républicains, Lucía Sánchez Saornil s'est jointe, avec deux compañeras, Mercedes Comaposada et Amparo Poch y Gascón, aux Mujeres Libres en 1936. Mujeres Libres était une organisation anarchiste autonome pour les femmes engagées dans une « double lutte » de libération des femmes et de libération sociale. Lucía et les autres « Free Women » rejetaient l'opinion dominante que l'égalité des genres proviendrait naturellement d'une société des classes. Quand la guerre civile espagnole a explosé, les Mujeres Libres ont rapidement atteint membres, organisant des espaces sociaux réservés aux femmes, ainsi que des écoles, des journaux et des programmes de garderie.
Les écrits du bisexuel anarchiste français Daniel Guérin ont permis d'avoir un aperçu sur la tension des minorités sexuelles au sein de la gauche. C'était une figure de premier plan dans la gauche française à partir des années 1930, jusqu'à sa mort en 1988. Après son coming out en 1965, il a évoqué l'extrême hostilité de la gauche envers l'homosexualité dans une grande partie du Le Parti communiste français était — « Aragon, victime et profiteur du tabou », in Gai Pied hebdo, 4 juin 1983, reproduit dans Homosexualité et Révolution, .Le trotskyste Pierre Lambert (OCI) était ; d'un point de vue théorique, Lutte ouvrière était opposé à l'homosexualité, tout comme la Ligue communiste, malgré leurs propos tardifs au GayLib (« À confesse », interview de Gérard Ponthieu dans Sexpol, , 20 janvier 1975), .)D'après Daniel Guérin, ces groupes auraient une lourde part de responsabilité dans l'encouragement des attitudes homophobes parmi la classe ouvrière jusque dans les années 1970. Leur attitude était — « Être homosexuel et révolutionnaire », La Quinzaine littéraire, , numéro spécial « Les homosexualités », août 1975, , reproduit dans Homosexualité et Révolution, . , écrivait Guérin en 1975Daniel Guérin. 1975.. En 1954, Guérin a été largement critiqué pour son étude du rapport Kinsey dans lequel il a détaillé l'oppression des homosexuels en France. Lettre du 27 mai 1955, Fonds Guérin, BDIC, F° Δ 721/carton 12/4, citée dans : Chaperon, « Le fonds Daniel Guérin et l'histoire de la sexualité », in Journal de la BDIC, , juin 2002, .. Après son coming out public en 1965, Guérin a été abandonné par la gauche, et ses écrits sur la libération sexuelle ont été censurés ou refusés dans les revues de gaucheBerry, David. 2003.. À partir des années 1950, Guérin s'est éloigné du Marxisme-léninisme. Il a été impliqué dans le soulèvement de mai 1968 et a fait partie du mouvement de libération homosexuelle qui a émergé après ces événements. Des décennies plus tard, Frédéric Martel décrit Guérin comme le « grand-père du mouvement homosexuel français »Frédéric Martel, Le rose et le noir..
Pendant ce temps, aux États-Unis, vers la fin de sa carrière, le penseur anarchiste influent Paul Goodman s'est ouvertement déclaré bisexuel. Grâce à la liberté avec laquelle il a révélé, à travers ses écrits et en public, ses relations amoureuses et sexuelles avec des hommes (notamment dans son dernier essai, « Being Queer »Goodman, Paul (1994), « Being Queer », in Stoehr, Taylor, Crazy Hope and Finite Experience: Final Essays of Paul Goodman, Routledge, , .), il s'est avéré être l'un des plus importants tremplins culturels pour le mouvement de libération gay, émergeant au début des années 1970.
Anarchisme Queer contemporain Les anarchistes queer de la seconde moitié du impliqués dans le mouvement de libération gay, ont perçu l'anarchisme comme un chemin vers l'harmonie entre les personnes hétérosexuelles et LGBT. L'anarcha-queer prend ses racines dans le queercore, une forme de punk rock qui dépeint l'homosexualité d'une manière positive. Comme la plupart des formes de punk rock, le queercore attire une grande foule d'anarchistes. Il existe deux principaux groupes d'anarcha-queer, les Queer Mutiny, un groupe britannique ayant des ramifications dans la plupart des grandes villes, et le Bash Back! qui est un réseau américain d'anarchistes queer. Les Queer Fist sont apparus à New York et se sont eux-mêmes identifiés comme un Queer Fist blog..