Les emblèmes du Luxembourg manifestent l'identité du Luxembourg et de ses souverains ou souveraines en usant, au cours de leur histoire millénaire, de différents moyens, comme les traditionnelles armoiries, les drapeau ou pavillon, l’hymne national ou encore la fête nationale.
Plus récemment, en 2004, le gouvernement luxembourgeois a été amené à créer un logotype facilement reconnaissable pour s’identifier sans équivoque possible auprès de ses administrés ou de ses correspondants et assurer ainsi à ses différents ministères ou services administratifs une cohérence visuelle évidente.
De même, certains symboles permettent, dans la vie moderne, d’identifier comme luxembourgeois tel objet, tel véhicule ou tel domaine informatique.
Les armoiries du Luxembourg
Origine
Après de multiples modifications au Moyen Âge, le blason des comtes de Luxembourg fut fixé entre 1235 et 1239 pour Henri V de Luxembourg. En voici la description en termes héraldiques : « Burelé d'argent et d'azur de dix pièces, au lion de gueules, armé, lampassé et couronné d'or brochant sur le tout », ce qui signifie que l’arrière-plan (le champ) est constitué d’une dizaine de bandes horizontales blanches et bleues tandis que le premier plan (meuble hérité du Limbourg) montre un lion rouge aux griffes tout aussi dorées que la langue et la couronne. « Brochant sur le tout » indique qu'il s'agit de l'association de deux écus antérieurs.
Comparaison entre l'écu du comte Henri V () et le blason de l'actuelle ville de Luxembourg vignette|gauche|Écu du comte Henri V de Luxembourg (1216 - 1247 † 1281) vignette|droite|Blason de la ville actuelle de Luxembourg : seule la couronne est d'or On retrouve dans les deux écus un burelé d'argent et d'azur de dix pièces pour les comtes et de onze pièces pour la ville dont le blasonnement est le suivant : «D'argent à cinq burelles d'azur au lion de gueules couronné d'or brochant sur le tout »; quant au meuble (le lion rouge hérité du Limbourg), il a un peu évolué dans sa forme mais pas dans sa position ("rampant"), la différence essentielle résidant dans le fait que seule la couronne reste d'or pour la ville, les griffes et la langue étant devenues rouges.
Les armoiries du grand-duché de Luxembourg La loi modifiée du . sur les emblèmes nationaux donne la définition légale des armoiries de l'État du grand-duché de Luxembourg : « Burelé d’argent et d’azur de dix pièces au lion rampant de gueules, couronné, armé et lampassé d’or, la queue fourchue et passée en sautoir.. Timbre : La couronne grand-ducale non doublée. »
La filiation entre l'écu du comte Henri V et les armes de l'État luxembourgeois membre de l'Union européenne est patent : seul le lion rouge (Roude Léiw, en luxembourgeois) dont le corps conserve la même position ("rampant" en langage héraldique) a désormais une queue fourchue dont les deux ramifications se croisent (d'où l'expression "passée en sautoir").
Les armoiries des grands-ducs
Anciennes armoiries de 1898 à 2000 vignette|Les moyennes armoiries des grands-ducs de Luxembourg entre 1898 et 2000 Depuis le , le grand-duc Adolphe a fixé par décret les armoiries officielles qui sont restées valables pour tous les souverains de la maison de Nassau, ses successeurs, jusqu'en 2000, à la fin du règne du grand-duc Jean.
Petites armoiries L'écartelé Nassau-Luxembourg est sommé de la couronne royale (sans supports ni manteau).
Moyennes armoiries L'écartelé de Nassau-Luxembourg (formant surtout dans les grandes armoiries) est sommé d'une couronne royale et supporté par les deux lions, le tout sous le manteau de pourpre couronné de la couronne royale.
Grandes armoiries L'écu se compose de seize quartiers.. Il est surmonté de six casques, le premier et le sixième étant couronnés.
Quant aux cimiers : Une tête et col de lévrier contourné d'or, lampassé de gueules, colleté de sable, bordé et bouclé d'argent. Lambrequins d'or et de sable (Moers). Un vol coupé d'argent et de sable. L. d'argent et de sable (Sarrebruck). Un lion assis d'or, lampassé et couronné de gueules, entre deux proboscides d'azur semées de billettes d'or (Nassau). Lambrequins d'or et d'azur. Un vol de sable (pour Luxembourg). Lambrequins d'argent et d'azur. Un vol de sable chargé d'un disque de gueules à deux léopards d'or. Lions d'or et de gueules (Diez). Un chapeau pyramidal d'or, la pointe recourbée. L. d'or et de gueules (Sayn). Le support deux lions couronnés d'or, lampassés de gueules, la tête contournée. L'écu et les supports sont posés sur quatre rinceaux entrelacés d'or.
Le manteau de pourpre, frangé et lié d'or, est doublé d'hermines et sommé de la couronne royale.
En théorie, les trois ordres : Lion d'Or de Nassau, Couronne de Chêne et Ordre d'Adolphe de Nassau devaient être appendus en bas de l'écu., ce qui ne fut jamais réalisé.
Les armoiries du grand-duc Henri
Par arrêtés grand-ducaux, signés au palais grand-ducal de Luxembourg, le grand-duc Henri a fixé ses armoiries qui sont à trois échelons : petites armoiries, moyennes armoiries (arrêté signé le ) et grandes armoiries (arrêté signé le )..
Petites armoiries Écartelé, aux I et IV (soit en haut à gauche pour l'observateur et en bas à droite) de Luxembourg qui est un burelé d'argent et d'azur, au lion de gueules, la queue fourchue et passée en sautoir, armé, lampassé et couronné d'or, aux II et III (soit les deux autres quartiers) de Nassau qui est d'azur semé de billettes d'or, au lion couronné d'or, armé et lampassé de gueules. L'écu est timbré d'une couronne royale.
Moyennes armoiries Les petites armoiries augmentées de supports, à dextre (c'est-à-dire pour l'observateur "à gauche") un lion couronné d'or, la tête contournée, la queue fourchue et passée en sautoir, armé et lampassé de gueules, à senestre un lion couronné d'or, la tête contournée, armé et lampassé de gueules.
Grandes armoiries Écartelé, aux I et IV de Luxembourg qui est burelé d'argent et d'azur, au lion de gueules, la queue fourchue et passée en sautoir, armé, lampassé et couronné d'or, aux II et III Nassau qui est d'azur semé de billettes d'or, au lion couronné du même, armé et lampassé de gueules, sur le tout en cœur de Bourbon de Parme qui est d'azur à trois (deux en haut, une en bas) fleurs de lys d'or à la bordure de gueules chargée de huit coquilles d'argent posées en orle. L'écu est timbré d'une couronne royale et entouré du ruban et de la croix de l'Ordre de la Couronne de Chêne. Les supports sont à dextre un lion couronné d'or, la tête contournée, la queue fourchue passée en sautoir, armé et lampassé de gueules, à senestre un lion couronné d'or, la tête contournée, armé et lampassé de gueules, chaque lion tenant un drapeau luxembourgeois frangé d'or. Le tout est posé sur un manteau de pourpre, doublé d'hermine, bordé, frangé et lié d'or et sommé d'une couronne royale, les drapeaux dépassant le manteau.
Comparaison des armoiries du grand-duc actuel avec les anciennes armoiries Petites armoiries et moyennes armoiries sont restées quasiment identiques, à ceci près que la préséance a été donnée au Luxembourg (dont le grand-duc est le souverain) sur la dynastie de Nassau (dont il est aussi issu), l'intention étant de "rattacher harmonieusement le nouveau à l’ancien". Les grandes armoiries du ., quant à elles, sont simplifiées, passant de seize à cinq quartiers, et on notera l'apparition, en cœur, de la référence à la dynastie des Bourbon-Parme (après le mariage en 1919 de la Grande-Duchesse Charlotte avec Félix de Bourbon, Prince de Parme). La transformation s'est produite au début du ..
On ne peut pas non plus omettre de mentionner que, dans les grandes armoiries, la couronne royale au sommet du manteau est flanquée de deux drapeaux tricolores brandis par les supports léonins.
Le drapeau luxembourgeois
Le drapeau national luxembourgeois, comme symbole identitaire, s’est développé, entre la fin du et le début du , en réduisant les armoiries à leur plus simple expression chromatique : le rouge-blanc-bleu, les couleurs héraldiques qui furent et demeurent pour partie celles de la dynastie, puis celles du pays.. Depuis 1972, le drapeau luxembourgeois jouit d'une protection légale.. Mais au Luxembourg, contrairement à la situation en France et à l'instar de celle des Pays-Bas ou de l'Allemagne, les armoiries qui sont des emblèmes officiels restent vivaces et parlantes, si bien que le Lion rouge (notamment sur champ burelé) est, à plusieurs reprises dans l'histoire du pays, entré en concurrence avec "la tricolore"..
À l'international vignette|droite|"La Tricolore", drapeau officiel du LuxembourgQue ce soit au niveau européen. ou au niveau mondial, le drapeau luxembourgeois de loin le plus utilisé à l'international se compose de trois bandes horizontales de couleurs rouge (Pantone 032C dans la partie supérieure), blanche (au centre) et bleu ciel (Pantone 299C dans la partie inférieure).
Comme il n'était pas aisé de le distinguer du drapeau des Pays-Bas qui n'a cependant pas la même taille, le bleu ciel de la partie basse a remplacé une teinte plus foncée.
Il n'empêche que le Lion rouge (Roude Léiw) sur champ burelé sert parfois, à l'international, comme pour les sportifs luxembourgeois aux jeux olympiques.. Le lion rouge est utilisé pour le pavillon luxembourgeois, le pavillon de la batellerie et de l'aviation.
À l'intérieur du pays thumb|Le Lion Rouge Dans la vie quotidienne comme lors de commémorations officielles, il n'est pas rare de trouver à côté de la Tricolore l'étendard burelé au lion rouge ; il a même failli la remplacer à la suite d'une demande officielle, en , du député luxembourgeois Michel Wolter, plus favorable au symbolisme du pavillon maritime du pays qu'à la Tricolore. Le , le Conseil du gouvernement a déclaré que l'utilisation du "Roude Léiw" était admise en tant que drapeau civil sur sol luxembourgeois, et ce aux mêmes dimensions que le drapeau tricolore afin de le distinguer du pavillon luxembourgeois. À plusieurs reprises dans l'histoire du pays, notamment aux heures sombres où la population se sent menacée, c'est, par opposition ou par résistance, derrière ce symbole plus agressif qu'elle se rangerait, symbole qui, par exemple, a donné son nom à un groupe de résistance face aux nazis, le « Letzebuerger Rou’de Le’w » (LRL), cependant qu'à d'autres époques, il soulignerait la peur des étrangers, voire la xénophobie..
Le pavillon de la batellerie et de l'aviation
Le pavillon de la batellerie et de l'aviation luxembourgeois est le symbole porté par les navires de navigation tant intérieure que maritime ainsi que par les aéronefs luxembourgeois aux fins de marquage de leur appartenance d'État.
Histoire L'histoire du pavillon de la batellerie et de l'aviation luxembourgeois débuta avec la mise en place, dans les années 60, de la navigation intérieure sur la Moselle.
Faute de disposition légale afférente, et puisque les tricolores luxembourgeoise et néerlandaise aux couleurs presque similaires se semblaient de manière trop forte, pouvant par conséquent prêter à confusion, les bateliers d'alors se décidèrent de faire recours à un pavillon déduit des petites armoiries de l'État et non de la tricolore luxembourgeoise«La question s’est posée de savoir s’il fallait choisir pour le pavillon de la batellerie le drapeau national ou un autre emblème. Selon les usages internationaux, les pavillons de la marine marchande sont de préférence aux couleurs nationales. Or, en se conformant à cet usage, on aurait exposé notre batellerie à être confondue avec la batellerie néerlandaise. Comme, pour cette raison, les bateliers luxembourgeois ont déjà adopté un autre pavillon en s’inspirant des armoiries d’Etat, le projet de loi ne fait que consacrer la situation existante.» - Projet de loi n° 1333 - Exposé des motifs - Pavillon de la batellerie et de l'aviation..
Cette situation de fait fut de suite, moyennant la loi sur les emblèmes nationaux du ., consacrée en droit et élevé en norme juridique.