Gabriel Urralburu Tainta, né le à Ezcároz, est un homme politique espagnol membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Il est président de la Députation forale de Navarre entre 1984 et 1991.
Biographie Jeunesse et débuts en politique Il obtient une licence en sciences théologiques et morales au centre supérieur des études théologiques de Pampelune.
Il adhère en 1973 au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), qui se trouve toujours dans la clandestinité. Élu secrétaire général de la section provinciale de Navarre (ASPN) et membre du comité fédéral du parti en 1975, il est ordonné prêtre de la Société du Verbe-Divin l'année d'après.
Ascension Pour les élections constituantes du 15 juin 1977, il est investi tête de liste du PSOE dans la circonscription de la Navarre « Candidaturas definitivamente admitidas para las elecciones al Congreso de los Diputados y al Senado », Bulletin officiel de l'État, le . Il est choisi comme secrétaire de la commission parlementaire de l'Économie « Urralburu Tainta, Gabriel – Legislatura Constituyente », Congrès des députés. Réélu aux élections législatives du , il siège notamment à la commission des Affaires étrangères et à la commission des Finances « Urralburu Tainta, Gabriel – I Legislatura », Congrès des députés.
Un mois plus tard, il postule aux élections au Parlement foral de Navarre du , en tête de liste dans la circonscription de Pampelune-Capitale « Candidaturas proclamadas », Bulletin officiel de Navarre, le . Il est donc élu au Parlement foral, où les socialistes remportent 15 sièges, contre 20 à l'Union du centre démocratique (UCD) et 13 à l'Union du peuple navarrais (UPN).
Il annonce le aux côtés de Txiki Benegas que l'ASPN se transforme en fédération autonome du PSOE et prend le nom de Parti socialiste de Navarre-PSOE (PSN-PSOE) « Separacion orgánica entre el PSOE vasco y el de Navarra », El País, le .
Président de la Députation forale L'année suivante, il est tête de liste du PSN-PSOE aux élections forales du « Candidaturas proclamadas », Bulletin officiel de l'État, le . Le jour du scrutin, les socialistes deviennent la première force politique de la communauté forale avec 35,6 % des voix et 20 députés sur 50 au Parlement de Navarre.
Un premier mandat au début compliqué Le , après l'échec du candidat de l'UPN José Ángel Zubiaur aux quatre tours de scrutin, le PSN-PSOE annonce qu'il sera candidat à la présidence du gouvernement autonomique et qu'il entame de ce fait des négociations avec le Parti nationaliste basque (EAJ/PNV) « Los socialistas negociarán con el PNV la formación del Gobierno de Navarra », El País, le . N'ayant pas trouvé d'accord avec l'EAJ/PNV, il renonce cinq jours plus tard, tout en sachant que le statut d'autonomie fait qu'il deviendra automatiquement chef de l'exécutif au « El Gobierno de Navarra no tendrá presidente hasta finales de agosto », El País, le .
À la veille de cette échéance, le PSN-PSOE et l'UPN s'affrontent sur l'interprétation du statut, les seconds affirmant qu'eux seuls ont présenté un candidat à l'investiture, donc que la nomination doit automatiquement leur revenir « Polémica PSOE-UNP sobre quién debe ser designado presidente del Gobierno navarro », El País, le . Le président du Parlement ayant finalement proposé que le souverain nomme formellement Zubiaur, les socialistes déposent un recours devant le Tribunal constitutionnel le « El PSOE de Navarra recurre al Tribunal Constitucional contra la propuesta de Zubiaur », El País, le . Cinq mois plus tard, le , le Tribunal donne raison au PSN-PSOE, annule la proposition transmise au roi et ordonne au président du Parlement de proposer, sous cinq jours, un nouveau candidat à l'investiture et qu'en cas d'échec de ce dernier, il devra nommer le représentant du parti le mieux représenté à l'assemblée « El Tribunal Constitucional da la razón al PSOE sobre la presidencia del Gobierno navarro », El País, le .
Se présentant à l'investiture au début du mois de mars, il échoue aux quatre tours de scrutin « Gabriel Urralburu », El País, le . Le candidat présenté par la Coalition populaire (CP) s'étant à son tour incliné, Gabriel Urralburu est formellement proposé à Juan Carlos le « Urralburu, propuesto formalmente al Rey como presidente del Gobierno de Navarra », El País, le . Il est officiellement nommé à 33 ans président de la Députation forale de Navarre le « Real Decreto 801/1984, de 18 de abril, por el que se nombra Presidente del Gobierno de Navarra o Diputación Foral a don Gabriel Urralburu Tainta. », Bulletin officiel de l'État, le , étant le dernier chef de gouvernement autonomique à entrer en fonction.
Une minorité accrue pour son second mandat Aux élections au Parlement de Navarre du , les socialistes enregistrent un recul avec 27,7 % des exprimés et 15 députés, tout en restant la première force parlementaire. Sans alliance, il perd les quatre votes successifs d'investiture organisés au mois d'août « Urralburu, derrotado definitivamente para la presidencia de Navarra », El País, le . Le candidat de l'UPN Juan Cruz Alli ayant à son tour échoué quatre fois, le président du Parlement propose Urralburu comme chef de l'exécutif le , à l'issue du délai de deux mois depuis le premier vote d'investiture « Ultimados los trámites para que Urralburu sea el presidente navarro », El País, le . Il est formellement désigné pour un second mandat le « Real Decreto 1213/1987, de 5 de octubre, por el que se nombra Presidente del Gobierno de Navarra o Diputación Foral a don Gabriel Urralburu Tainta. », Bulletin officiel de l'État, le .
L'échec de 1991 et le passage dans l'opposition Il confirme la place du PSN-PSOE sur la scène politique au cours des élections autonomiques du , remportant 33,4 % et 19 députés. Il est toutefois devancé d'un siège par l'UPN, qui rassemble désormais tout le centre droit dans la communauté autonome. Après quatre échecs d'Alli en juillet, il se présente à son tour à l'investiture parlementaire, mais ne parvient pas à l'emporter après quatre tentatives au début du mois d' « Urralburu pierde la última votación para gobernar Navarra », El País, le . Il est donc relevé de ses fonctions le , au profit du conservateur régionaliste Juan Cruz Alli « Real Decreto 1373/1991, de 20 de septiembre, por el que se dispone el cese de don Gabriel Urralburu Tainta como Presidente del Gobierno de Navarra o Diputación Foral. », Bulletin officiel de l'État, le .
Les et le retrait de la politique Le , après que trois journaux, dont un de Madrid, ont publié des informations l'associant ainsi que son épouse aux affaires immobilières douteuses de Luis Roldán, ancien directeur général de la Garde civile, il se déclare prêt à remettre sa démission pour prouver son innocence « Urralburu, dispuesto a dimitir para mostrar su inocencia », El País, le . Une commission d'enquête parlementaire est cependant instituée le afin d'étudier les concessions faites à une entreprise de construction au cours de ses deux mandats « El Parlamento de Navarra investiga las concesiones a una empresa constructora », El País, le . Il renonce le à conserver la direction du PSN-PSOE, la presse ayant révélé les relations commerciales entre son épouse et Jorge Esparza, directeur commercial de l'entreprise de construction et prête-nom de Roldán « Urralburu se despide de la dirección del PSOE Navarra en la apertura del congreso regional », El País, le . Il abandonne le Parlement le pour les mêmes raisons « Urralburu deja su escaño en Navarra por su relación con el 'caso Roldán' », El País, le .
Le juge d'instruction de l'affaire à Pampelune décide de le placer en détention provisoire le pour , Urralburu s'étant montré incapable de justifier la provenance des sommes d'argent lui ayant permis de réaliser de nombreuses acquisitions immobilières au cours de ses mandats « Urralburu y su ex consejero Aragón ingresan en la cárcel por su implicación en la 'trama Roldán' », El País, le . Le magistrat considère en effet que Roldán, Urralburu et Antonio Aragón, député foral aux Travaux publics entre 1987 et 1991, ont personnellement touché près de 260 millions de pesetas de commissions occultes de la part des entreprises chargées de réaliser l'autoroute entre Pampelune et Saint-Sébastien « Roldán y Urralburu cobraron 108 millones en comisiones por la autovía de Leizarán », El País, le .
Il est relâché le , la justice considérant qu'il avait passé trop de temps en prison sans qu'une décision ne soit rendue concernant sa culpabilité « Urralburu y Aragón dejan la cárcel sin pagar ninguna fianza », El País, le . Le , il est condamné à onze ans de prison par la cour provinciale de Pampelune « Urralburu y Aragón, condenados a once y siete años de cárcel por cobrar comisiones ilegales », El País, le . Sa peine de prison est réduite à quatre ans par le Tribunal suprême le « El Supremo rebaja a cuatro años las condenas de Urralburu y Aragón », El País, le .
Il suit alors des cours de l'université nationale d'enseignement à distance (UNED) et accède à la profession d'avocat. Il est placé en liberté conditionnelle en 2003 et se dédie exclusivement à l'exercice de son métier dans un cabinet situé à Madrid.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Président de la communauté forale de Navarre Jaime Ignacio del Burgo ; Juan Cruz Alli Élections au Parlement de Navarre de 1983, 1987 et 1991
Liens externes Fiche sur le site du Congrès des députés : Constituante et I législatures.
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