Marie Delphine Marcelle Fortin dite Delphine de Cool, de Cool-Fortin et parfois de Cool-Arnould, est une artiste peintre, enseignante et spécialiste française de l'émail et de la peinture sur porcelaine, née le à Limoges et morte le à Paris .
Biographie Origines et famille Delphine Fortin nait à Limoges en 1830 de Paul Marie Fortin (1809-1862), peintre sur porcelaine, qui jouissait d'une certaine réputation sur la région., et d'Ursule Bruage, fille d'un lieutenant-colonel de l'Empire.
Son père la forme très jeune à l'art de l'émail et de la peinture sur porcelaine où elle se montre très douée. Elle est recrutée comme fournisseur en modèles et copie des grands maîtres par la Manufacture de Sèvres entre 1860 et 1876.
En 1850, elle épouse à Limoges Alexandre de Cool (1826-1878, alors soldat en Algérie, homme de lettresIl traduira des ouvrages du portugais : Les Lusiades de Camões, Rio de Janeiro, 1876 (notice en ligne).) et signe dès lors ses œuvres « Delphine de Cool »Fausse particule nobiliaire, par transformation par son mari du patronyme d'origine flamande Decool.. Vers 1855, la famille quitte Limoges pour Paris. Ils ont trois enfants, dont Gabriel de Cool (1854-1936), qui devient peintre, et Alexandre, médecin de colonisation, qui décède en 1919 à AlgerL'Echo d'Alger du 10 juin 1919 sur Gallica.. Son mari parti au Brésil en 1874 pour tenter, sans succès, de faire fortune, rentre en France et se serait suicidé, à Avignon, en 1878.
Peintre en porcelaine et alchimiste des couleurs Sa maîtrise des couleurs lui permet de produire des aquarelles aux éclats comparables à ceux d'une huile, technique qu'elle transmettra en particulier à son élève Blanche Odin. Elle travaille avec talent des supports très variés, y transposant ses couleurs, courant les risques de la critique : , lit-on ainsi en 1878La Gazette des femmes du 16 août 1878 sur Gallica., mais complimentée par Guillaume Apollinaire en 1912 : L'intransigeant du 11 février 1912 sur Gallica..
Familière avec tous les genres artistiques, elle expose porcelaines, émaux, statues, toiles et aquarelles aux salons de 1859 à 1921Dictionnaire Benezit, OxfordArt online., et son œuvre est abondamment relayé dans la presse par la critique : au salon des Beaux-Arts de Lyon en 1860 (porcelaines) ; Rouen en 1864 (médaille de vermeilChronique des arts et de la curiosité, Paris, Gazette des Beaux-Arts, 1864.), 1882 (Chez la sorcière et Fleurs) et 1888 ; Vincennes en 1900 (émaux) ; Sens en 1908 (pastels) ; au Salon en 1861 (mention honorableLe Pays du 5 juillet 1861 sur Gallica.), 1863 (La Pelotonneuse de Greuze, Portrait d'homme de Rembrandt et La charité d'Andrea del Sarto), 1867 (Le Ravissement de sainte Madeleine d'après Antolinez), 1868 (peinture sur porcelaine), 1869, 1872 (La naissance de Vénus d'après Cabanel, porcelaine), 1873 (La Nymphe Echo, statue en plâtre), 1874 (émaux), 1876 (La Justice et la Vengeance divines poursuivant le crime, de Proudhon, et Portrait de S…, porcelaine), 1877 (Portrait du Dr L…), 1878 (Toréador, toile) ; au Salon des artistes français en 1882 (À moi le reste ! et Chez la sorcière, toiles ; Coquelicots), 1883 (émaux, aquarelles dont La lanterne), 1887 (Invocation, et La neige, aquarelles), 1888 (toile), 1901 (émaux)Lemouzi du décembre 1901 sur Gallica., 1905 (La femme au rouet, intérieur breton ; La cigale et la nuit, figurine), 1907 (portraits), 1908 (Portrait du Commandant Courmes)Limoges illustré du 15 novembre 1908 sur Gallica., 1910 (Portrait de Monsieur ThoumyCommissaire général de la Société des artistes français. Journal des débats politiques et littéraires du 30 avril 1910 sur Gallica.), 1911 (Portrait de Monsieur Revillout), 1921 (Une plumeuse d'oie, peinture)L'Action française du 5 mai 1921 sur Gallica. ; aux Expositions universelles de Paris de 1867, 1878 et 1889, où elle est médaillée d'argent et d'or ; au musée des Arts décoratifs en 1882 (Chrysanthèmes, aquarelles) ; au salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs dès l'année de sa création en 1882 (Vieux couple jouant aux cartes, peinture), 1883 (Vengensa, tableau ; Reines Marguerites, aquarelle et une planche d'émaux ), 1884 (émaux : Espagnols jouant aux cartesIl s'agit d'une transcription sur émail de ses Espagnols, toile exposée en 1882. ; toiles et aquarelles)., 1886 (panneau décoratif et aquarelles), 1888, 1895 (La plumeuse d'oie, tableau), 1898 (La neige), 1907 (émaux), 1908 (portraits), 1910 (portraits), 1912 (portraits), 1913, 1914 (Portrait du baron de Meck) ; au salon de l'aquarelle en 1883 (Œillets) ; elle est membre de la délégation de femmes françaises artistes présentées à l'Exposition universelle de 1893 à Chicago, regroupées dans le Woman's Building K.L. Nichols, « French Women Painters: 1893 Chicago World's Fair and Exposition », sur arcadiasystems.org (en ligne). ; elle y expose peintures et créations sur porcelaine. Son essai figure dans la Woman's Library montée à cette occasion, et son mari y présente un essai sur son art; elle expose en 1905 à la Société des amis des arts de Seine-et-Oise à Versailles (La maison du prêtre (Bretagne) et Une ferme au soleil (Bretagne), peintures et Lutte de l'ange avec Jacob, Le journal et La neige (émaux limousins).
Récompenses
mention honorable au Salon de 1861 médaille de vermeil à Rouen en 1864 médailles d'argent puis d'or aux Expositions Universelles de 1878 et 1889 médaille à Madrid
vignette|Traité de peintures vitrifiables sur porcelaine dure et porcelaine tendre sur émail ; édition revue et corrigée, avec traduction anglaise par Madame Delphine De Cool, Paris, E. Dentu éditeur, 1890.
Enseignante et auteure d'ouvrages techniques Elle forme de nombreuses élèves en émaux dans son atelier, plus de trente d'entre elles seront admises au Salon de 1874 ; à celui de 1876, la critique relève que La Charente du 9 août 1874 sur Gallica.L'Art: revue hebdomadaire illustrée du janvier 1876 sur Gallica.. Elle est également pendant près de trente ans (de 1869 au moinsMoniteur des arts du 26 novembre 1869 sur Gallica. à 1890) enseignante et directrice dans l'école de dessin subventionnée de la ville de Paris du arrondissement, et à son ouverture en 1872 directrice de l'école des jeunes filles de l'Arbre-Sec du Arrondissement (institution fondée par Élisa Lemonnier), où elle forme de nombreuses jeunes filles à l'art de l'émail sur cuivre.
En 1883, elle fait une vente à Drouot d'une cinquantaine d'œuvres, émaux (reproductions de Rubens, Cabanel, etc.) et aquarellesLa Gazette des femmes du 10 février 1883 sur Gallica..
En 1890, elle épouse en secondes noces Arthur Arnould (pseudonyme A. Matthey), écrivain et journaliste engagé. Son traité de peinture sur porcelaine réédité la même année connaît un certain succès en Angleterre. Elle rejoint la Société des gens de lettres. Elle est nommée Officier de l'Instruction publique, comme professeur de dessin en 1891Journal des Artistes du 26 juillet 1891 sur Gallica.. En 1893, elle transfère son atelier de peinture pour dames de la rue de Rennes au 35 rue des MartyrsLa Joie de la maison du 12 janvier 1893 sur Gallica.. En 1895, son second mari décède à , après avoir vécu plusieurs années retiré dans leur villa d'Aulnay-les-Bondy, se consacrant à la théosophieLe Grand Echo du Nord de la France du 27 novembre 1895 sur Gallica.. La même année, elle cède à Rodin la villa "Les Brillants" qu'elle avait fait construire à MeudonComoedia du 22 août 1923 sur Retronews., et où le sculpteur s'était installé fin 1893.
Elle est domiciliée 59 rue de Vaugirard en 1900. Elle tient avec son fils Gabriel des expositions en leur atelier, au 50 avenue Duquesne de 1904 à 1913 au moinsLimoges illustré du décembre 1906 sur Gallica.Limoges illustré du janvier 1913 sur Gallica.. Son fils y poursuivra ces expositions communes après le décès de sa mère.
Elle meurt le à son domicile du 52 avenue Duquesne à Paris État civil de la mairie du arrondissement de Paris, registre des décès 1921, acte 97., et ses obsèques ont lieu à Argenteuil..
Marguerite Durand, directrice de La Fronde, organise fin 1922 une exposition Les femmes célèbres du où elle figureLe Figaro du 18 octobre 1922 sur Gallica.. Mais malgré son importante production et la renommée de sa technique tout au long de sa longue carrière, l'œuvre de Delphine de Cool, qui a conservé un style académique, sombre dans l'oubli après son décès.
Publications 1866 : Traité de peinture sur porcelaine dure et tendre, émail, faïence cuite et crue et sur lave, éd. V. de St-Martin et frères, Paris. 1883 : Catalogue d'émaux de Limoges, porcelaines, aquarelles (réédité chez Hachette en 2020). 1890 : Traité de peintures vitrifiables sur porcelaine dure et porcelaine tendre sur émail, éd. Édouard Dentu, Paris ( édition revue et corrigée, avec traduction anglaise). 1892 : L'Aquarelle, Gouache, MiniatureLe Rappel du 11 juin 1892 sur Gallica.(Préface par A. Matthey), éd. Édouard Dentu, Paris. 1892 : La céramique et les émaux, éd. L. Allison et , Paris.
Œuvres dans collections publiques Musée national de la porcelaine Adrien-Dubouché de Limoges : peintures sur porcelaine, copies de maîtres réalisées pour la Manufacture de Sèvres (L'Amour et psyché, d'après François Gérard, 1861 ; portrait d'homme d'après Rembrandt, 1862 ; La Fortune et l'enfant, 1870) et buire de style Renaissance, émail peint sur cuivre, , vers 1893. Musée d'art et d'industrie de Roubaix : Les Trois Grâces, peinture triptyque sur porcelaine, vers 1867, d'après Rubens. Warrington Museum & Art Gallery (Grande-Bretagne) : Homme fumant une cigarette, huile sur toile, 1880. Musée des Beaux-Arts de Limoges : PsychéLe Figaro du 19 mai 1891 sur Gallica. ; Tournesols, aquarelle en trois parties, vers 1893 ; Phlox, aquarelle, , vers 1893.
Galerie
Notes et références
Annexes Bibliographie . « Cool, Delphine de », dans Dictionnaire de l'artisanat et des métiers, Paris, Institut supérieur des métiers / Le Cherche-midi, 2009, . .
Articles connexes Porcelaine de Limoges
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