thumb|Mohawks de Kahnawà:ke en hiver. thumb|Le Séminaire de Québec fondé en 1663, plus ancien établissement d’enseignement supérieur francophone en Amérique. thumb|Bataille des Plaines d'Abraham en 1759. thumb|Exposition universelle de 1967 à Montréal.
L'histoire du Québec s'étend de l'arrivée des peuples des Premières nations et Inuit jusqu'à nos jours.
Le territoire du Québec est peuplé depuis environ , soit la fin de la dernière période glaciaire. Les premiers habitants du territoire sont les Paléoaméricains, ancêtres des peuples autochtones du Québec.
L'établissement européen découle principalement d'explorations maritimes aux visées mercantiles commanditées par le royaume de France à partir du . Le peuplement français du fleuve Saint-Laurent débute au avec la fondation de Québec en 1608, Trois-Rivières en 1634 et Montréal en 1642. Connue comme la Nouvelle-France à partir de 1668, la colonie s’appuie sur la traite des fourrures. Son expansion territoriale toujours plus en amont du réseau hydrographique du Saint-Laurent entraîne éventuellement des tensions avec des peuples autochtones, notamment les Mohawks, puis avec d'autres puissances coloniales rivales, principalement la Grande-Bretagne.
Les tensions atteignent leur paroxysme lors de la guerre de Sept Ans. Après la défaite de la France, la Nouvelle-France est cédée à la Grande-Bretagne par le traité de Paris en 1763 et devient la Province de Québec. Malgré la guerre de la Conquête, l'Acte de Québec reconnaît aux Canadiens français majoritaires le droit de conserver la langue française, leur droit civil et leur religion catholique. La révolution américaine entraîne l'arrivée de nombreux réfugiés loyalistes britanniques. La colonie est dotée d'institutions parlementaires à partir de 1791 avec la création du Bas-Canada. En 1837-1838, une série d'insurrections sont réprimées par le pouvoir colonial britannique. En 1841, le Haut-Canada et le Bas-Canada deviennent le Canada-Uni, puis, en 1867, la Confédération canadienne entraîne la création de la province de Québec actuelle.
L'industrialisation, qui débute au cours du , entraîne un exode rural et l'urbanisation rapide de Québec et de Montréal. L’exploitation forestière et minière extensive mène à la colonisation des Cantons-de-l'Est, de l'Outaouais, des Laurentides, du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de l'Abitibi et de la Côte-Nord. Dans le contexte du contrôle de l'économie par une petite élite principalement anglophone, l'émergence d'une petite-bourgeoisie et d'une intelligentsia francophone jette les bases du nationalisme québécois au début du . L'Église catholique exerce une grande influence sur la société jusqu'à la seconde moitié du ; notamment par la prise en charge des écoles, pensionnats, collèges et hôpitaux et autres institutions à caractère social par les communautés religieuses. Après la Grande dépression, la modernisation et la motorisation du Québec s'accélère en dépit du conservatisme social exacerbé par 25 ans de duplessisme.
La Révolution tranquille entraîne dans les années 1960 la création de différents programmes de sécurité sociale, la création des Cégeps et du réseau de l'université du Québec et des investissements majeurs en infrastructures. La force des mouvements syndicaux et souverainistes mène à l'élection du Parti québécois en 1976 qui fait adopter la Charte de la langue française et tient un premier référendum sur la souveraineté du Québec en . La récession du début des années 1980 marque le début de l'usage de politiques néolibérales au sein de l'État québécois et la ratification de l'ALENA entraîne une forte intégration du Québec à l'économie nord-américaine. L'échec de l'Accord du lac Meech entraîne un second référendum en 1995. Les années 2000 voient le développement des industries de l'aéronautique et du jeu vidéo. En 2011 et 2012, une commission d'enquête sur la corruption dans le monde municipal et une grève étudiante majeure marquent la fin du gouvernement Charest. Élu en 2018, le premier gouvernement caquiste adopte la Loi sur la laïcité de l'État en continuité avec un débat lancé lors d'une commission de consultation sur les accommodements raisonnables dans les années 2000.
Histoire précoloniale
Selon la théorie du premier peuplement de l'Amérique, les premiers habitants sont arrivés en Amérique à partir de l'Asie il y a environ en franchissant un isthme, c'est-à-dire une étroite bande de terre, qui reliait alors le Nord-Est de l'Asie au Nord-Ouest de l'Amérique, à l'endroit où se trouve aujourd'hui le détroit de Béring (La Béringie). Cet isthme était alors à sec à la suite de la baisse du niveau des océans causée par l'accumulation d'eau dans les immenses glaciers qui couvraient alors une grande partie de la planète.
Des sites archéologiques au Sud de la province démontrent que des groupes de chasseurs paléoindiens pénètrent dans la vallée du Saint-Laurent au moment où la mer de Champlain se retire, il y a environ . Ils circulent sur le territoire avec une grande mobilité dans un environnement fort différent de celui d'aujourd'hui. La proximité des glaciers apporte un climat rigoureux. Le paysage végétal ressemble beaucoup à celui qu'on trouve en milieu nordique. Il semble qu'ils se déplacent à l'aide d'embarcations et utilisent des tentes en peau. Leurs proies préférées sont les grands cervidés, principalement les caribous, bien que les autres mammifères, de même que le poisson, complètent leur alimentation.
Quelques millénaires plus tard, les Autochtones de l'Archaïque étendent peu à peu leurs activités à toutes les ressources animales et végétales disponibles et vivent un nomadisme saisonnier adapté à la chasse, la pêche et la cueillette.
Les outils se diversifient : les Autochtones polissent leurs outils en pierre et martèlent le cuivre natif provenant de la région du lac Supérieur. La présence de minéraux provenant du Labrador (Ramah), de Pennsylvanie et de cuivre sur des sites du Québec démontre l'étendue des échanges et des communications, qui ne cessera de s'accroître jusqu'à l'arrivée des Européens.
À partir de , la poterie est adoptée dans la plaine laurentienne. La cueillette prend une place plus importante dans leurs activités, la chasse et la pêche n'étant cependant pas délaissées pour autant.
C'est le début de l'expérimentation de la fabrication de la poterie, principalement dans la partie sud du Québec.
C'est à cette époque que certaines populations autochtones provenant des Grands Lacs étendent leur réseau d'échanges à la région laurentienne.
Il y a environ mille ans, les premiers Inuits sont arrivés sur le territoire du Québec et ont remplacé les Tunits, peuple aujourd'hui disparu. L'immigration s'est faite peu à peu, par de petits groupes comportant moins de .
L'agriculture apparaît en Amérique du Nord de façon expérimentale vers le mais ce n'est qu'au qu'elle est pleinement maîtrisée dans la vallée du Saint-Laurent. Les Iroquoiens du Saint-Laurent y cultivaient entre autres le maïs, la courge, le tournesol, et le haricot.
Des Vikings se sont installés en Amérique vers l'an 1000. et on retrouve des traces de leur présence jusqu'en 1340, principalement à Terre-Neuve.
Au début du , alors que les Français entreprennent l'exploration de l'Amérique, il y a environ Autochtones sur le territoire de ce qui deviendra le Québec. Les explorations françaises Les expéditions de pêche Des expéditions de pêche exploitaient les bancs de Terre-Neuve dès le . La première expédition française avérée date de 1508, soit seulement 16 ans après le premier voyage de Christophe Colomb. En effet, Thomas Aubert ramène quelques Autochtones en France.. Cet événement confirme que dès le début du , des navigateurs français s'aventuraient dans le golfe du fleuve Saint-Laurent.
La présence de pêcheurs basques sera aussi attestée dans le compte-rendu des voyages de Jacques Cartier.
Le voyage de Verrazano (1524)
Ce n'est cependant qu'en 1524 qu'un voyage officiel, commandité par des marchands et par le roi de France, est organisé.
Cherchant un passage plus court vers l'Asie, Verrazano longe minutieusement la côte atlantique de l'Amérique du Nord de la Floride jusqu'à Terre-Neuve cherchant le passage tant convoité vers la Chine. Il rentra évidemment bredouille, mais son voyage a servi à préparer les voyages de Jacques Cartier, dix ans plus tard.
Les voyages de Jacques Cartier (1534-1542)
upright=0.8|thumb|left|Portrait factice de Jacques Cartier, découvreur de la Nouvelle-France. Le roi de France, François , veut se joindre aux nations qui ont commencé depuis peu à explorer l'Atlantique pour y trouver un chemin vers la Chine et les Indes. Il finance donc les voyages de Jacques Cartier et le charge de trouver « certaines îles et pays où l'on dit qu'il se doit de trouver de grandes quantités d'or, d'épices ainsi que de soies ». On dit que Jacques Cartier est le découvreur du Canada parce qu'il est le premier à explorer le territoire en vue de son exploitation systématique.
Lors de son premier voyage en 1534, Jacques Cartier explore le golfe du fleuve Saint-Laurent. mais croit que le détroit qui sépare l'île d'Anticosti de la péninsule de Gaspésie est une baie. Il rate donc la découverte du fleuve Saint-Laurent. Le , il plante une croix de neuf mètres de hauteur et revendique la baie de Gaspé au nom de la France.
Visite de Hochelaga et du Mont Royal thumb|upright=1|Plan La Terra De Hochelaga Nella Nova Francia, avec à gauche, le Monte Real. Lors de son second voyage en 1535, après s'être arrêté le à Québec, Cartier remonte le Saint-Laurent jusqu'à Hochelaga, maintenant la ville de Montréal. Le , il est accueilli à Hochelaga qu'il visite, puis il monte sur la montagne située à proximité, qu'il nomme Mont Royal.
Vingt et un ans plus tard, en 1556, la république de Venise, qui tout comme la France s'intéressait aux Indes, reproduit dans le Delle Navigationi et Viaggi une illustration de la visite de Jacques Cartier à Hochelaga sur le plan La Terra De Hochelaga Nella Nova Francia. Chose surprenante, une analyse de cette illustration révèle que les trois collines du Mont Royal, montrées sur cette illustration, sont fidèlement reproduites. La visite de Hochelaga terminée, Cartier revient à Stadaconé qu'il atteint le où il passera l'hiver. Lors de son troisième voyage en 1541, Jacques Cartier, devenu subalterne de Roberval, fonde la colonie de Charlesbourg-Royal. L'année suivante Roberval arrive à Charlesbourg-Royal qu'il renomme France-Roy. Tous deux, ce séparément, reviennent à la bourgade Hochelaga alors détruite. Ils essaient de passer outre aux saultsSault : rapide ou chute d'eau, mot qu'on retrouve sur les cartes du . qui avaient jusque-là bloqué l'avance dans l'intérieur des Indes occidentales.
Sans cesse attaquée par les Autochtones de Stadaconé, la colonie connaît des moments précaires. Déçu de n'avoir trouvé ni passage vers l'Asie, ni richesses, ni terres hospitalières, François ne veut plus investir de sommes importantes dans une aventure d'exploration et de colonisation incertaine. Il commande le retour en France de la colonie. Les pêcheurs français continuent à pêcher dans le golfe du Saint-Laurent et à faire le commerce des fourrures avec les Autochtones mais il faudra attendre plus de 60 ans avant qu'une autre tentative de colonisation ne soit entreprise.
Samuel de Champlain et établissements préliminaires