L'église Saint-Germain-d'Auxerre est une église catholique paroissiale située à Noisy-sur-Oise, en France. C'est une petite église à double vaisseau, ce qui fait son principal intérêt, car son architecture est plutôt rustique, et ne comporte aucun élément remarquable. Au sud, la chapelle des fonts baptismaux, le clocher en bâtière, la chapelle de la Saint-Joseph et la sacristie sont accolées à ce double vaisseau, ce qui confère à l'édifice une silhouette pittoresque. Les trois premières parties datent du , voire de la fin du en ce qui concerne la base du clocher, mais l'on y cherchera en vain des éléments de sculpture ou de modénature de cette époque. Dans le double vaisseau, l'on distingue une nef carrée, dont le chapiteau de crochets du pilier central atteste seul ses origines au , et un chœur également carrée, qui est partagé entre le sanctuaire et la chapelle de la Vierge Marie, au nord. Ce chœur de style gothique flamboyant est voûté d'ogives, et présente une architecture plus soignée. La chapelle Saint-Joseph a été revoûtée dans le même style, mais elle est plus simple. À l'est, elle se prolonge par un renfoncement ajoutée en 1862, dans le cadre de la construction de la sacristie. L'église Saint-Germain a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du ., et bénéficié d'une restauration au début des années 1990. Elle est aujourd'hui affiliée au groupement paroissial de Viarmes, et les messes dominicales y sont célébrées le premier dimanche du mois à 9 h 00.
Localisation thumb|left|Vue depuis le nord-est.
L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département français du Val-d'Oise, au nord de la forêt de Carnelle, sur la crête avant la chute du plateau dans la vallée de l'Oise, non loin de la rive gauche de la rivière, sur la commune de Noisy-sur-Oise, rue de l'Égalité. L'élévation méridionale est alignée sur la rue, qui constitue la prolongation de la rue Paul-Bert, où se situe la mairie. Au sud-est du chevet, à l'intersection des deux rues, débute la rue Léopold-Poulin, qui passe devant le chevet, et descend le flanc du coteau. Elle permet d'apercevoir l'élévation septentrionale de l'édifice enclavé dans l'ancien cimetière, qui domine le coteau grâce à un puissant mur de soutènement épaulé par des contreforts. La façade occidentale est également en partie enclavée dans l'ancien cimetière, qui est normalement fermé d'accès. Elle est néanmoins visible depuis la rue de l'Égalité. L'on accède à l'unique portail de l'église par un porche devant la façade.
Histoire
La fondation de la paroisse remonte aussi loin que 832 selon l'abbé Vital Jean Gautier, et la construction de l'église actuelle, au . Elle est dédiée à saint Germain d'Auxerre. Sous l'Ancien Régime, Noisy-sur-Oise relève du doyenné de Beaumont, de l'archidiaconé de Clermont et du diocèse de Beauvais. Le collateur de la cure est l'abbé de l'abbaye de Saint-Denis.. René Cauchoix mentionne, dans le contexte de l'église, un prieuré, . Il se réfère à la demeure dite Le Valdampierre., ou le Petit-Val, dénomination qui indique déjà son lien avec l'abbaye Notre-Dame du Val, à Mériel. Or, l'abbaye du Val n'a aucun rapport avec l'église paroissiale de Noisy et le Valdampierre fut en réalité à une exploitation viticole tenue par des moines convers ; rien n'atteste un éventuel passé de prieuré.. Les différentes phases de la construction de l'église ne sont pas attestées par des documents. Elles peuvent être en partie déduites de l'analyse archéologique du monument, et se sont révélées lors de la restauration au début des années 1990. Cependant, l'architecture n'offre que peu de détails caractérisés, et certaines questions restent en suspens. thumb|upright|Porche, chapelle des fonts baptismaux, cage d'escalier, clocher et ancienne sacristie. thumb|upright|Nef, vue dans le chœur.
Le plan à double vaisseau est rare en Île-de-France, surtout s'il concerne tout aussi bien la nef que le chœur, et ne résulte pas d'un agrandissement de l'église par adjonction d'un vaisseau supplémentaire. D'autres exemples de telles églises-halles sont Genainville et Fleurines. Contrairement à ces exemples, le clocher de Noisy est implanté à côté de ce double vaisseau. Il a donc existé préalablement et a dû être édifié à côté d'une église à vaisseau unique beaucoup plus ancienne, qui ne possédait primitivement pas de clocher bâti « en dur ». Lors de sa construction, que l'on situe au début du voire au , l'on agrandit en même temps le chœur en lui joignant une chapelle au sud. Cette sobre chapelle se remarque par son appareil en pierre de taille très régulier. L'on peut imaginer qu'assez tôt, le clocher s'incline vers l'ouest, ce qui aurait motivé la construction de la chapelle des fonts baptismaux à côté, dont les deux demi-pignons tiennent lieu d'arcs-boutants pour l'étage intermédiaire du clocher. Cette chapelle tout aussi sobre se caractérise elle aussi par son bel appareil en pierre de taille, peu fréquent sur les petites églises rurales après le début du . Plus tard, toujours au , l'on se met à remplacer la vieille église. Peu d'éléments visibles en élévation subsistent à ce jour de ce petit édifice gothique : ce sont l'arc formeret torique à l'ouest de la première travée du chœur, et le pilier central de la nef avec son chapiteau de crochets. Sous la guerre de Cent Ans, l'église Saint-Germain est endommagée et souffre du manque d'entretien. Ainsi, le chœur et la chapelle sont-ils presque entièrement reconstruits dans le gothique flamboyant entre la fin du et le milieu du . Les cinq voûtes d'ogives sont refaites et les piliers sont retaillés dans le goût de l'époque. Au enfin, l'on élève un porche devant le portail. En 1668, le collatéral nord est restauré : cette date se lisait sous l'une des voûtes avant la restauration de l'église. Plus tard encore, le plafond de la nef est remanié dans le style néo-classique. Dans son ouvrage, René Cauchoix définit les différentes campagnes de construction de manière imprécise et déduit de la plus grande ancienneté des travées du sud que celles-ci constituaient primitivement le vaisseau central.. Ceci est démenti par l'exigüité de la chapelle des fonts baptismaux, à peine plus grande que la base du clocher et recouverte dès l'origine par un toit en appentis, et par le fait que la chapelle du sud ne soit pas établie dans l'axe de la base du clocher.
Sous la Révolution française, l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise est regroupé dans le nouveau diocèse de Versailles. À l'issue du Premier Empire, l'église se trouve en très mauvais état et la commune envisage sa reconstruction. Ne disposant pas des moyens nécessaires, elle adresse une lettre au sous-préfet au mois de mars 1819, lui demandant d'appuyer ses demandes de subventions auprès des autorités supérieures. Le devis se monte à . En 1862, le cimetière est déplacé vers son emplacement actuel sur les hauteurs du village et le terrain est ainsi libéré pour la construction d'une sacristie plus grande à l'est de la chapelle au sud du chœur. La sacristie forme corps avec la demi-travée qui prolonge la chapelle vers l'est et s'intercale entre cette chapelle et la sacristie. René Cauchoix signale une restauration de l'église en 1905. C'est peut-être à cette occasion que les piliers séparant la chapelle du vaisseau central sont renforcés et deviennent difformes. Au moment de l'entrée en vigueur de la loi de séparation des Églises et de l'État, Noisy dispose encore d'un curé, qui réside dans la grande maison de 1744 située rue Paul-Bert, près du chevet. Elle avait été acquise par la commune en 1839 pour servir de presbytère, et gratuitement mise à disposition des curés. Depuis la loi de séparation, le curé doit s'acquitter d'un loyer annuel. Après le départ du dernier curé, l'abbé Robillard, la mairie loue la demeure à un particulier, puis la met en vente en 1929.. En 1958, le clocher peut être réparé grâce à la générosité de quelques paroissiens.. Huit ans plus tard, Noisy-sur-Oise change une nouvelle fois de diocèse lors de l'érection du nouveau diocèse de Pontoise, qui fait suite à la réforme territoriale en Île-de-France, et la création du département du Val-d'Oise. L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . Elle bénéficie d'une restauration intégrale en 1992-1993. Lors des travaux, des vestiges des anciennes peintures murales sont découvertes, mais l'on prend le parti de ne pas les reconstituer et de repeindre tout l'espace intérieur.. L'église Saint-Germain est aujourd'hui affiliée au groupement paroissial de Viarmes, qui s'étend sur quatre communes, les deux autres étant Asnières-sur-Oise (avec le hameau de Baillon) et Saint-Martin-du-Tertre. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Germain le premier dimanche du mois à 9 h., rythme de célébrations déjà signalé par René Cauchoix en 1994.
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Orientée un peu irrégulièrement, avec une déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan dissymétrique. Elle se compose notamment d'un double vaisseau de quatre travées de longueur, dont les deux premières correspondent à la nef des fidèles, et les deux dernières au chœur liturgique. Le vaisseau établi dans l'axe du porche d'entrée est le vaisseau central. Le vaisseau du nord (à gauche en entrant) sert de collatéral. La nef carrée est simplement plafonnée ; le chœur également carré est voûté d'ogives. Au sud, plusieurs travées de différente nature sont accolées au vaisseau central. Elles sont en partie plus anciennes que le double vaisseau, et en partie contemporaines, mais ont connu des remaniements. Au sud de la première travée, l'on trouve la chapelle des fonts baptismaux, simplement plafonnée, accompagnée d'une tourelle d'escalier polygonale hors-œuvre. Au sud de la seconde travée, l'on trouve la base du clocher, simplement plafonnée elle aussi, et accompagnée d'un appentis au sud, qui servait anciennement de sacristie. Suit une chapelle d'une seule travée, qui va jusqu'au milieu de la dernière travée du vaisseau central. Cette chapelle est recouverte d'une voûte d'ogives. Pour aligner son chevet sur celui du vaisseau central, une demi-travée a été ajoutée à l'est, qui forme corps avec la sacristie, située plus à l'est. La structure des toitures est assez complexe du côté sud. Le double vaisseau est muni d'une large toiture à deux rampants, avec un pignon en façade, et un pignon au chevet. Le toit en appentis de la chapelle des fonts baptismaux prend appui contre le mur occidental de l'étage intermédiaire du clocher. Le petit local au sud du clocher est également pourvu d'un toit en appentis prenant appui contre le clocher, mais ne dissimule que la partie inférieure de son étage intermédiaire. La toiture du clocher en bâtière est curieusement perpendiculaire à l'axe de l'édifice. La chapelle au sud du chœur possède un toit en bâtière parallèle à l'axe de l'édifice. Enfin, la demi-travée prolongeant cette chapelle et la sacristie sont dotés d'un toit en pavillon.
Intérieur Double nef et chapelle des fonts baptismaux thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Collatéral, vue vers le sud-est.