Geoffroy d'Auxerre, connu également sous le nom de Geoffroy de Clairvaux, est un moine cistercien du Moyen Âge, disciple direct de Bernard de Clairvaux. Très proche de ce dernier, il devient son secrétaire particulier et le principal chroniqueur de ses faits et gestes en tant qu'abbé de Clairvaux et porte-parole de l'ordre de Cîteaux ; il devient ensuite à son tour abbé de plusieurs abbayes, dont Clairvaux.
Biographie Jeunesse Né entre 1115 et 1120 à Auxerre, d'où son nom, le jeune Geoffroy se destine très vite à la vie religieuse. Mais, à ses débuts, il est plutôt attiré par le discours de Pierre Abélard, dont il suit les cours à Paris. C'est lors d'une intervention de Bernard de Clairvaux, en 1140, qu'il se décide plutôt pour l'idéal cistercien..
Secrétaire de Bernard Il accompagne Bernard dans la plupart de ses déplacements. En 1145, il est à ses côtés dans la région de Toulouse pour combattre l'hérésie. Puis en 1146, il le suit en Germanie pour prêcher la deuxième croisade. Le récit qu'il fera de ce voyage sera ajouté vers 1190 à Vie de Saint-Bernard qu'il rédigea.. Il lui sert ainsi de secrétaire et de chroniqueur de ses déplacements, mais aussi de ses miracles . ; il réunit l'ensemble des lettres dictées par son mentor en un volume qu'il publie. Sa vie de moine de Clairvaux et de compagnon de Bernard dure de 1140 jusqu'à 1158.
Abbé cistercien En 1158 ou 1159, il est nommé abbé d'Igny, mais il ne reste à ce poste que deux ans ou quatre ans. En tout état de cause, il devient abbé de Clairvaux en 1162, mais démissionne de sa charge dès 1165, probablement sous la pression du pape Alexandre III et du roi Louis VII. En effet, dans le cadre du conflit opposant le roi d'Angleterre Henri II à l'archevêque de Cantorbéry Thomas Becket, ce dernier trouva refuge dans le monastère cistercien de Pontigny, exposant les monastères cisterciens d'Angleterre aux représailles d'Henri II. Geofroy demanda alors à Thomas Becket de quitter Pontigny, ce qu'il fit. Mais son attitude ne fut pas acceptée par les moines de Clairvaux, ni par le pape et le roi de France. Sous cette pression, Geoffroy finit donc par se démettre de sa charge, et trouva refuge à Citeaux. Que ce soit sur la demande du pape ou de son ordre, il accepte de redevenir abbé en 1170-1171, mais à Fossanova, près de Rome. Enfin, en 1176, il accepte la charge de l'abbaye d'Hautecombe, dont il semble qu'il se soit démis en 1188..
Vieillesse et mort Selon toute probabilité, il se retire après son abbatiat savoyard dans son abbaye de Clairvaux, où il demeure en ermite, écrivant durant cette dernière période un célèbre Exposé sur le Cantique des Cantiques. Selon la plupart des sources, il serait mort au début du ..
Postérité
Hagiographe de Bernard La rédaction de la Vie de Saint-Bernard (Vita prima sancti Bernardi) s'étala sur plusieurs années. Geoffroy en fut le principal artisan, mais Raynaud de Foigny, un temps secrétaire de Bernard, et Guillaume de Saint-Thierry, abbé de ce lieu entre 1121 et 1135, y contribuèrent également...
La préparation de la rédaction de la vita (1145- vers 1148) L'abbaye de Tamié conserve un manuscrit - le numéro 29.. - contenant des notes préparatoires à la rédaction de la vita. Il s'agit d'une copie des notes de Geoffroy d'Auxerre, contenant des témoignages biographiques sur Bernard, ainsi que d'un texte de Raynaud de Foigny. Ce dernier était moine à Clairvaux depuis 1112, abbé de Foigny en 1121, et secrétaire de Bernard de Clairvaux entre 1131 et 1141. Il est probable que Geoffroy ait donné ses notes à Raynaud, dans le but qu'il écrive la Vie de Saint-Bernard. Toutefois, il n'alla pas plus loin que le récit des origines familiales et de l'éducation de Bernard. Geoffroy rédigea ces notes vers 1145, alors que Raynaud dut composer son texte entre 1146 et 1148.
Première phase de rédaction de la vita (vers 1148-1163) Raynaud de Foigny n'ayant pas poursuivi sa rédaction de la Vie de Saint-Bernard, Geoffroy trouva un autre auteur en la personne de Guillaume de Saint-Thierry. Ce dernier rédigea le livre I de la vita entre 1147 et le 8 septembre 1148, date de sa mort. Son texte rapport les événements survenus de 1090, naissance de Bernard, à 1130 environ.
Après la mort de Guillaume, Geoffroy dut de nouveau chercher un nouvel auteur. Il se tourna vers Arnaud, abbé de Bonneval. Il rédigea le second livre de la vita probablement entre 1148 et 1153, narrant les événements de 1130 à 1148. Arnaud mourut en 1162, mais ne rédgea pas le reste de la vita. Il est possible que Geoffroy, devenu secrétaire de Bernard en 1142, ait estimé pourvoir finir le récit seul.
Entre 1154 et 1156, Geoffroy rédige les livres III et IV de la vita. Il remanie également une lettre qu'il avait envoyé à l'archevêque Eskil de Lund après la mort de Bernard en 1153, dans laquelle il retraçait la fin de vie de son mentor. Cette lettre devint le livre V. Cette lettre est conservée dans le manuscrit B-26 de la bibliothèque universitaire de Düsseldorf, fol. 67-81.. Le remaniement qu'en fait Geoffroy est conservé à la Bibliothèque nationale de France, manuscrit latin 7561, fol. 65-87.. Le manuscrit de la BnF a été édité par Adriaan Hendrik Bredero ..
Dans le but d'obtenir la canonisation de Bernard, Geoffroy profite d'une visite en France du pape Alexandre III en 1163 pour lui soumettre la vita, dont il avait fait faire une rédaction soignée par le scriptorium de Clairvaux. La demande est toutefois rejetée par le pape, peut-être en raison du durcissement de la vérification des faits avancés dans les dossiers de canonisation souhaitée par la papauté. L'aspect très miraculeux du récit de Geoffroy fut peut-être l'origine de ce refus.
Deuxième phase de rédaction de la vita (1163-1174) Après le refus du pape, Geoffroy fait faire une copie de la version de la vita rejetée (bibliothèque municipale de Douai, manuscrit 372, tome II.) et commence la révision du texte, probablement en 1165. Après avoir renoncé à sa charge d'abbé de Clairvaux, il se retire à Citeaux, et y poursuit la révision de la Vie de Saint-Bernard. Il achève probablement cette révision en 1171, où il est abbé de Fossanova. C'est cette version de la vita qui est à nouveau soumise au pape, et la demande de canonisation est acceptée en 1174 (l'un des manuscrits conservant cette version se trouve à la bibliothèque municipale de Dijon, manuscrit 659..
Notes et références
Bibliographie
Études sur Geoffroy d'Auxerre Antoine Le Maistre, Vie de saint Bernard, premier abbé de Clairvaux, 1648.
Voir aussi Articles connexes
Liens externes
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