Les relations entre les États-Unis et la Russie sont les héritières des relations entre les États-Unis et l'URSS à compter de 1991, date de dissolution de l'URSS.
Après une période de relative normalisation. faisant suite à la guerre froide, elles connaissent de nouvelles tensions palpables à partir de 2002 avec la décision prise dans le cadre de l'OTAN du déploiement par les États-Unis de leur bouclier anti-missile en Europe de l'Est., la reprise des vols continus des bombardiers stratégiques russes en 2007. renouant avec un modus operandi de la guerre froide, puis en 2013 avec la guerre en Syrie, la crise ukrainienne suivie de la guerre du Donbass..
Malgré l'élaboration de plusieurs traités sur la réduction des armes nucléaires START I et II (qui ont abouti à une réduction des stocks d'ogives nucléaires sans pour autant diminuer les capacités de destruction effectives. et le danger de destruction mutuelle assurée), puis du New START, les relations entre les deux pays sont caractérisées par un climat de défiance et d'inquiétude concernant leurs politiques militaires réciproques, à tel point que l'expression nouvelle guerre froide est utilisée en par le Premier ministre russe Dmitri Medvedev., et que les deux pays signent leur abandon du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (signé en 1987) le vendredi ..
Histoire
De la dissolution de l’Union soviétique à la démission de Boris Eltsine (1991-1999) vignette|250px|Le leader soviétique Mikhaïl Gorbatchev rencontre Ronald Reagan et le président élu George H. W. Bush à New York en décembre 1988 Le , l'Union soviétique a été dissoute et la Communauté des États indépendants, une association des républiques constituantes de l'ex-URSS (à l'exception des États baltes), a été formée. La république socialiste fédérative soviétique de Russie est devenue un État indépendant qui a hérité du statut de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, du fait politique et historique de sa position d'État continuateur de l'URSS.
La question d'un possible l'élargissement de l'OTAN est au cœur des débats géopolitiques entre les deux pays dès le début des années 1990. le , les États-Unis - par l'entremise du secrétaire d’État James Baker - donnent oralement à Mikhaïl Gorbatchev l'assurance que l'OTAN ne s'étendra pas à l'est, car ils ne souhaitent pas se mettre en opposition avec l'Union soviétique dont l'évolution est encore incertaine..
Les relations entre la Russie et les États-Unis restent généralement chaleureuses sous le président russe, Boris Eltsine, le président américain George H. W. Bush, puis les administrations de Bill Clinton dans les années 1990. En 1993, les parties signent le traité sur le contrôle des armements START II, qui visait à interdire l’utilisation de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) équipés de plusieurs têtes à cibles indépendantes (MIRV). Le traité a finalement été ratifié par les deux pays, mais il n'a jamais été mis en œuvre et est officiellement abandonné en 2002, à la suite du retrait des États-Unis du traité de 1972 sur les missiles anti-balistiques. En 1994, Boris Eltsine met en garde les Occidentaux contre de nouvelles adhésions à l'OTAN que réclament plusieurs pays d'Europe centrale et orientale, en réaffirmant qu'un tel élargissement pourrait provoquer une . Les pays de l'Est sont alors inquiets, des soldats russes étant en effet massés à la frontière de la Lettonie. Mais les pays de l'OTAN décident alors de ne pas élargir l'organisation à la suite des propos d'Eltsine. Le président polonais Lech Wałęsa critique la politique des occidentaux, comparant leur attitude à celle que les démocraties avaient adoptée face à la montée du nazisme..
À la fin des années 1990, les relations commencent à s'effriter, Moscou se méfiant des intentions de Washington à la lumière de la première phase de l'expansion de l'OTAN vers l'est. La Russie s’oppose farouchement à l’opération militaire menée par l'OTAN contre la Serbie et le Monténégro dans le cadre de la guerre du Kosovo amorcée fin . En , alors qu’il se rend en Chine, le président Boris Eltsine agresse ainsi verbalement le président américain Bill Clinton pour avoir critiqué la tactique russe en Tchétchénie (au début de la seconde guerre de Tchétchénie) rappelant avec force que la Russie demeurait une superpuissance nucléaire.
Du premier mandat de Vladimir Poutine à la fin du second mandat de George W. Bush (2000-09) Au cours des premières présidences de Vladimir Poutine, qui a assumé la plus haute fonction, en qualité de président par intérim, le dernier jour de 1999, et le président des États-Unis, George W. Bush, les États-Unis et la Russie ont commencé à avoir de graves désaccords. Sous Poutine, la Russie est devenue plus affirmée dans les affaires internationales. Sous Bush, les États-Unis adoptent une politique de plus en plus unilatérale dans leur politique étrangère à la suite des attentats du 11 septembre 2001. En 2001, les États-Unis annoncent l'expulsion d'une cinquantaine de diplomates russes, dont quatre en particulier qui sont accusés d'avoir été en contact avec l'agent du FBI Robert Hanssen, arrêté pour avoir vendu des informations secrètes à la Russie ; Moscou réplique en expulsant le même nombre de personnes..
Les dirigeants russes ont reproché aux autorités américaines d’avoir encouragé les révoltes anti-russes lors de la révolution des Roses en Géorgie en 2003 et de la révolution orange en Ukraine un an plus tard, considérées par l’administration Poutine comme une intrusion dans la sphère géographique de la Russie.
Néanmoins, Poutine et Bush auraient établi de bonnes relations personnelles.
A la fin 2001, le président W. Bush dénonce unilatéralement le traité sur les missiles antimissile balistiques. qui structurait un équilibre de l'arsenal nucléaire stratégique entre les États-Unis et la Russie depuis 1972. L'objectif affiché est de pouvoir faire avancer le projet américain de système de défense antimissile. Dans le même temps, le président W. Bush propose à la Russie la poursuite d'une politique de réduction des armements stratégiques.
Dès cette annonce, le président Poutine qualifie cette décision d'erreur et souligne que selon lui ce traité est à la base de la stabilité stratégique à l'échelle mondiale, en particulier sous l'aspect de la recherche d'une limitation de la prolifération de l'armement nucléaire. Cependant, à l'inverse de son positionnement initial, il précise que la décision américaine ne « menace pas la sécurité nationale » russe..
À la mi-2002, le retrait des États-Unis du traité sur les missiles antimissile balistiques est acté..
En 2003, de fortes divergences s'expriment au sein des instances onusiennes entre les États-Unis et la Russie. La Russie marque son opposition à l'invasion « préventive » de l'Irak proposée par les États-Unis au Conseil de sécurité des Nations unies et envisage ouvertement d'exercer son droit de veto.. Les États-Unis, accompagnés par la Grande-Bretagne et l'Espagne renoncent finalement le à présenter leur résolution aux voix à l'ONU et de se passer d'un mandat explicite de celle-ci.; un positionnement rendant de facto la guerre d'Irak illégale au regard du droit international....
La Russie a considéré l'expansion de l'OTAN dans l'ancien bloc de l'Est et les efforts déployés par les États-Unis pour accéder au pétrole et au gaz naturel d'Asie centrale comme un empiétement potentiellement hostile sur la sphère d'influence de la Russie....
Le projet américain de stationner des missiles en Pologne provoque une controverse importante entre les deux pays en 2007-2008.. En , lors de la 43ème Conférence de Munich sur la sécurité, le président russe Vladimir Poutine prononce un discours. axé sur l'unipolarité, dans lequel il présente sa vision du développement de la politique américaine dans le monde, et en particulier sur le théâtre européen, durant les vingt années précédentes.. Il souligne alors le caractère inacceptable de la chose pour la Russie.. Ajoutant également des propos tels que : . Cette prise de parole ne sera pas prise en compte sérieusement par l'ensemble de la communauté internationale, en dépit de ce qu'elle laisse augurer en termes de prises de positions et de décisions russes.. En , les États-Unis annoncent leur intention de construire une installation de défense de missiles antibalistiques en Pologne ainsi qu’une station radar en Tchéquie. Les deux États sont d'anciens membres du pacte de Varsovie. La Russie considère le nouveau système comme une menace potentielle et réagit en testant un missile balistique intercontinental à longue portée, le RS-24. Vladimir Poutine avertit alors les États-Unis que ces nouvelles tensions pourraient transformer l’Europe en un « fût de poudre ». Le , le premier vice-président du gouvernement Dmitri Medvedev avertit que si les États-Unis construisaient le système de défense antimissile en Europe de l'Est, la Russie envisagerait de positionner ses propres missiles sur ses territoires les plus à l'Ouest afin de cibler les nouveaux sites anti-missile américains.. Le , le président Vladimir Poutine annonce la reprise des vols continus de bombardiers stratégiques interrompus depuis 1992, avec les anciens Tu-95 et plus récents Tu-160.
Du premier mandat d’Obama à l’élection de Trump (2009-2016) vignette|250px|Barack Obama avec le président russe Dmitry Medvedev en 2009. Bien que les relations américano-russes aient été tendues sous l'administration Bush, le président russe Dmitri Medvedev (président de à , avec Vladimir Poutine à la tête du gouvernement) et le président américain Barack Obama donnent un ton chaleureux au sommet du G20 de 2009 à Londres. Ils publient une déclaration commune qui promet un « nouveau départ » dans les relations russo-américaines. La déclaration appelle également l'Iran à abandonner son programme nucléaire et à autoriser des inspecteurs étrangers dans le pays. En , la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton et son homologue russe Sergueï Lavrov appuient symboliquement sur un bouton de « réinitialisation ».
Début , Obama se rend à Moscou où il a des entretiens avec le président Medvedev et le Premier ministre Poutine. S'exprimant à la nouvelle école économique, Obama déclare lors d'une grande assemblée : « Les États-Unis veulent une Russie forte, pacifique et prospère. Cette conviction est enracinée dans notre respect pour le peuple russe et dans une histoire commune qui dépasse la concurrence ». Néanmoins, quelques jours après la visite du président Obama à Moscou, le vice-président américain Joe Biden affirme dans un entretien à un journal américain, que la Russie, avec sa population en décroissance et son économie « en perte de vitesse » devrait faire des accommodements avec l’Occident concernant un large éventail de questions de sécurité nationale.
En 2010, le FBI met au jour un réseau d'espions russes aux États-Unis. Onze personnes sont expulsées du pays..
vignette|250px|left|La secrétaire d'État Hillary Clinton et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se serrent la main après la signature du nouveau traité START à Munich, en Allemagne, le 5 février 2011 En , les États-Unis et la Russie concluent un accord visant à réduire leurs stocks d'armes nucléaires. Le nouveau traité de réduction des armes nucléaires (appelé Nouveau START) est signé par les présidents Obama et Medvedev le . Cet accord ramène le nombre d'armes nucléaires à longue portée détenues par chaque partie à environ , contre - fixés par le traité de Moscou de 2002. Le nouveau START remplace le traité de 1991 sur la réduction des armes stratégiques, qui a expiré en .