Michel Perrin, en religion le père Joseph-Marie Perrin, né le à Troyes, mort le dans le arrondissement de MarseilleÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970., est un prêtre dominicain et résistant français, titré Juste parmi les nations en 1999. Il est également connu pour avoir été le directeur spirituel de Simone Weil.
Enfance et vocation Il est le second fils d'Edmond PerrinLe commandant Edmond Louis Alfred Perrin, né le à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne), saint-cyrien de la Promotion 1889-1891 "du Dahomey", chevalier de la Légion d'Honneur (), mort pour la France le à Notre-Dame-de-Lorette ()., militaire de carrière, et de Germaine de la BoullayeGermaine de la Boullaye (1875-1939), passionnée d'archéologie. Sa collection d'antiquités est conservée au Musée des beaux-arts et d'archéologie de Châlons-en-Champagne. Le catalogue en a été publié sous la direction de Jean-Pierre Ravaux en 1992, .. Il est le beau-frère du général Gaston Venot et l'oncle du professeur Alain Venot. En 1916, il apprend qu'il est atteint de rétinite pigmentaire et qu'il va devenir aveugle. Son frère aîné et une de ses sœurs sont atteints de la même maladie.. Sa mère encourage ses enfants à apprendre le braille. Elle entre en contact avec l'Association Valentin Haüy et avec Pierre Villey, dont l'exemple encourage Michel à poursuivre ses études.
Il a déjà le désir de devenir prêtre.. À l'occasion de la retraite pour sa communion solennelle il confie cette résolution à l'aumônier du collège. Celui-ci lui répond de ne plus y songer, car .. Quelque temps après, sa mère écrit à ce sujet au futur cardinal Jean Verdier, qui donne une réponse moins décourageante.. Toujours grâce à sa mère, Michel entre en contact avec le père Bernadot et décide de devenir dominicain. Il entre au noviciat de Saint-Maximin en .. Il fait sa profession solennelle le , continue ses études, et se prépare à recevoir l'ordination. Comme le droit canonique de l'époque n'accepte pas l'ordination d'un aveugle, il doit obtenir une dispense du pape Pie XI. Il est finalement ordonné prêtre le Samedi saint 1929..
Fondateur de Caritas Christi
Assigné au couvent de Marseille., il est notamment chargé de l'assistance aux étudiantes. Très actif en tant que confesseur, il consacre également beaucoup de temps à la prédication et devient supérieur de son couvent. Convaincu de l'importance du rôle des laïcs dans l'Église, le il fonde avec Juliette Molland l'Union missionnaire des petites sœurs de sainte Catherine de Sienne, qui deviendra plus tard l'Union Caritas Christi.. Caritas Christi est érigée en institut séculier de droit diocésain le , et en institut séculier de droit pontifical le . Le père Perrin fondera encore l'Association des prêtres de Caritas Christi (1961) et les Fraternités Caritas Christi ().
La résistance spirituelle
Dès 1937, suivant les directives de l'encyclique , les frères dominicains du couvent Saint-Lazare de Marseille s'appliquent à combattre le nazisme et l'antisémitisme. Ils organisent régulièrement des rencontres consacrées au dialogue entre juifs et chrétiens.. La guerre venue, le père Perrin travaille à la diffusion clandestine des Cahiers du Témoignage chrétienAvec l'aide de Malou David (Malou Blum) et de Simone Weil : .. Avec les pères Ambroise Stève, Réginald de Parseval et Damien Boulogne, il organise la fuite de personnes menacées par les nazis.. Nommé supérieur au couvent de Montpellier en 1942, il est arrêté par la Gestapo le . Relâché, il doit bientôt se réfugier à Marseille, puis à Aix-en-Provence..
Rencontre avec Simone Weil thumb|Tombe de Joseph-Marie Perrin dans le cimetière de l'Hostellerie de la Sainte-Baume.|alt=Une tombe très simple, avec une plaque où est inscrit « Dieu est amour », dans une végétation méditerranéenne. En 1940, Hélène HonnoratHélène Honnorat fait partie de la paroisse universitaire, dont le père Perrin est l'aumônier. Elle est la sœur du mathématicien Pierre Honnorat (1903-1971), camarade d'André Weil à l'École normale supérieure . informe le père Perrin que Simone Weil est à Marseille et qu'elle souhaite faire l'expérience du travail agricole. Le premier colloque entre Simone Weil et le père Perrin a lieu le .. Il la met en contact avec Gustave Thibon, qui l'embauchera comme ouvrière agricole. Il lui fait également rencontrer le père Lebret, fondateur de la revue Économie et humanisme, et Jacques Loew.. Elle prend part à la diffusion clandestine des Cahiers du Témoignage chrétien.. Ils ont l'intention d'écrire ensemble un livre sur , mais le projet n'aboutit pas.. En quittant Marseille, elle lui laisse ses textes d'argument religieux.. De Casablanca, où elle séjourne quelque temps dans un camp de réfugiés avant de partir pour les États-Unis, elle lui envoie encore un commentaire de textes pythagoriciens.. Le père Perrin publiera ces textes dans Attente de Dieu et dans Intuitions pré-chrétiennes..
Le , le père Perrin offre à Jean-Paul II des autographes de Simone Weil.
Juste parmi les nations
Le , le comité Yad Vashem lui décerne le titre de Juste parmi les Nations.. La médaille de Juste lui est remise le ... Yad Vashem lui reconnait le sauvetage de plusieurs dizaines de juifs dont Johnny Friedländer, Dwora Joffe (née Friedman), Simon Ronai et Claude Spiero.
Notes et références
Bibliographie
Écrits du père Perrin (bibliographie sélective)
Écrits sur Simone Weil
Sources biographiques
Articles connexes Simone Weil Attente de Dieu
Liens externes
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