Le réseau de médiathèques municipales de Saint-Étienne est une bibliothèque municipale classée.

Il comprend une médiathèque centrale, située dans le quartier de Tarentaize, six annexes et deux bibliobus. Les médiathèques municipales de Saint-Étienne proposent plus de documents, dont plus de en libre accès. Le réseau accueille près de inscrits et enregistre près d'un million de prêts d'ouvrages chaque annéeMélina Rigot, Les médiathèques enregistrent un million de prêts chaque année, Le Progrès, 24 février 2015.

Histoire

Création Les premiers fonds de la bibliothèque sont issus des saisies effectuées lors de la Révolution à la suite des décrets des 2 et 1789. Ils proviennent notamment des couvents des capucins, des minimes et de la Société des prêtres de Saint-Étienne. Ces premières collections sont stockées mais ne sont pas exploitées ou rendues accessibles jusqu'en 1831, date à laquelle Auguste Brun devient le premier bibliothécaire de la ville.. La bibliothèque s'installe alors dans l'Hôtel de VilleLe Mercure Ségusien, 18 janvier 1831, et ouvre au public en 1834, un jour par semaineLe Mercure Ségusien, 6 mars 1834.

En 1842, Jean-Antoine de la Tour-Varan devient bibliothécaireLe Mercure Ségusien, 23 septembre 1842 et entreprend d'étendre les collections, qui passent en vingt ans de volumes à plus de Archives municipales de Saint-Étienne. En 1861, la bibliothèque déménage au Palais des Arts, où elle reste jusqu'en 1959. Elle est alors ouverte au public tous les jours de la semaine. La consultation n'est possible que sur place, le prêt à domicile n'étant pas autoriséAntoine Bertrand, « L’épuration des bibliothèques populaires de Saint-Étienne (1940-1944) », blog Bibliothèques populaires, sur hypothèses.org, publié le 13 mars 2017, consulté le 15 mars 2017..

En parallèle, deux bibliothèques populaires, destinées aux lecteurs de milieux plus modestes, sont créées dès 1866. Elles deviendront un siècle plus tard les premières annexes de la bibliothèque municipalePascale Bigay, « L'éducation populaire pour instruire le monde ouvrier », Le Progrès, 10 mai 2015. Ces deux bibliothèques sont situées rue de la Vierge et place Jacquard. Elles font rapidement scandale, car elles proposent des « publications malsaines, antisociales et antichrétiennes », juge la bourgeoisie de la ville. Le scandale remonte jusqu'à Victor Duruy, ministre de l'Instruction publique, qui les autorise. Elles ferment néanmoins rapidement, avant que leurs fonds soient rassemblés au théâtre municipal.

Diversification des fonds et extension du réseau Tout au long du , les bibliothécaires successifs s'efforcent d'enrichir le fonds local forézien, conduisant à l'ouverture en 1889 de la salle forézienne. La bibliothèque acquiert ainsi une partie de la bibliothèque de Louis Chaleyer en 1893, à l'époque la bibliothèque la plus importante concernant le Forez et les auteurs foréziensÉtudes Foréziennes : Mélanges, volume I, 1968, ou encore les portraits de Foréziens rassemblés par Joseph Delaroa.

Avec la IIIe République opportuniste, les bibliothèques de lecture populaire se multiplient, et on en compte 25 en 1940, installées dans les écoles de garçons et ouvertes au public. Elles sont soutenues par certains maires, et demandées par les ouvriers qui pétitionnent quand leur quartier n'en est pas doté. Le fonds de ces bibliothèques évolue : aux ouvrages de vulgarisation qui dominent dans les années 1880-1890, s'ajoutent majoritairement des romans et autres livres distrayant au .

Au début du , l'élargissement des collections entraîne un problème de manque de place, pallié temporairement par des travaux d'agrandissement du Palais des arts en 1919.

Régime de Vichy Sous le régime de Vichy, les bibliothèques municipales font l'objet d'une censure. À Saint-Étienne, elle est particulièrement précoce : Amédée Guyot, président de la délégation spéciale (qui remplace le maire Front populaire), les ferme dès , précédant de plusieurs mois les instructions ministérielles. Début 1941, la commission de censure municipale dresse une liste de 631 titres à exclure des rayonnages des bibliothèques populaires (sur les 1800 au catalogue, représentant 5 % des livres effectivement en rayons). Les livres concernés sont surtout des livres de penseurs d'extrême-gauche (peu nombreux dans ces bibliothèques de lecture publique), anticléricaux (Paul Bert, Charles Sauvestre...), ou des romanciers « immoraux » : romans sentimentaux, d'auteurs homosexuels comme Gide, Colette ou Wilde, ou encore ceux à la langue trop éloignée des canons du beau, comme Zola, Maupassant, Poulaille, Carco et d'autres. Les mauvais genres comme le policier et la science-fiction sont également censurés. Ces 1800 livres sont pilonnés en .

Depuis la Seconde Guerre mondiale La bibliothèque déménage en 1959 à l'Hôtel Colcombet, situé rue du Lieutenant Morin. À la même époque, la mairie commence à fermer les bibliothèques de lecture populaire.

Avec le développement de la notion de lecture publique en libre accès après la Seconde Guerre mondiale, la bibliothèque ouvre une section de lecture publique adultes en 1961, qui sera suivie d'une section de lecture publique jeunes en 1970.

Dans le souci d'assurer une plus grande proximité avec la population, la première annexe de la bibliothèque municipale ouvre à Beaulieu en 1966 et un premier bibliobus dessert différents quartiers de la ville à partir de 1968.

Les années 1980 et 1990 voient l'ouverture des autres annexes et en 1993, la bibliothèque principale est déménagée à Tarentaize.

Sites

La bibliothèque s'organise en un réseau de six annexes et deux bibliobus, implantés autour de la médiathèque centrale de Tarentaize.

Médiathèque de Tarentaize thumb|La médiathèque centrale de Tarentaize C'est la bibliothèque centrale du réseau. Elle a été conçue par l'architecte danois Henning Larsen, en partenariat avec le cabinet d'architecture stéphanois Arch, d'après les mêmes plans que ceux utilisés pour la bibliothèque municipale de Gentofte au DanemarkFrançois Marin, La nouvelle bibliothèque de Saint-Étienne – De la médiathèque du futur à la médiathèque d'aujourd'hui, Bulletin des Bibliothèques de France, mars 1994. Elle a été inaugurée le 1993. Située à l'écart du centre-ville, la médiathèque a pour objectif de dynamiser la partie ouest de Saint-Étienne sur le plan culturel.

Elle est de loin la plus grande des médiathèques du réseau, avec une surface de sur trois niveaux. L'accueil des publics a lieu au rez-de-chaussée, une mezzanine au premier étage étant également accessible aux usagers comme espace d'exposition. Outre la salle de lecture, le rez-de-chaussée abrite également la cinémathèque et un espace culture multimédia, une salle actualités, une salle d'animation, une salle jeunesse, et une salle consacrée au patrimoine.

Depuis 2015, un rayon spécial consacré aux best-sellers a été ajouté dans la salle de lecture afin de garantir aux lecteurs un accès rapide aux dernières sorties littérairesVéronique Heurtematte, Saint-Étienne – Un rayon spécial best-sellers, Livres Hebdo, 4 décembre 2015.

Médiathèques de quartier Six médiathèques de quartier sont organisées autour de la médiathèque de Tarentaize, répondant à des logiques de proximité avec les populations de quartiers éloignés du centre-ville. L'un des objectifs de ce choix de localisation, en dehors de la possibilité d'assurer un maillage complet de la ville, est de réaliser une médiation culturelle en faveur de quartiers défavorisés. Ainsi, les annexes de Beaulieu, de la Cotonne et de Solaure sont localisées dans des centres sociaux ou des maisons de quartier.

Toutes les médiathèques proposent des collections adultes et jeunesse, à l'exception de Solaure, uniquement consacrée à la jeunesse.

Il est à noter que la médiathèque de Tréfilerie présente la particularité d'être intégrée dans les locaux de la bibliothèque universitaire de droit et lettres de l'université Jean Monnet sur le campus de Tréfilerie. Cette situation rare lui permet de bénéficier d'une fréquentation étudiante supérieure à la moyenne des autres bibliothèques de lecture publiquehttp://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/1746-de-la-collaboration-a-la-mutualisation-entre-bibliotheques-municipales-et-universitaires-un-nouveau-modele-pour-l-avenir.pdf. thumb|upright=1.7|1. Médiathèque de Tarentaize 2. Médiathèque de Carnot 3. Médiathèque de Terrenoire 4. Médiathèque de Tréfilerie 5. Médiathèque de Solaure 6. Médiathèque de La Cotonne 7. Médiathèque de Beaulieu

+ Le réseau des médiathèques de Tarentaize Médiathèque Création Superficie (m²) Places assises Ouverture (h/semaine)

Tarentaize 1993

349 37.5 Carnot 1984 600 40 25 Terrenoire 1988 381 30 24.5 Tréfilerie 1993 232 20 23 Solaure 1983 174 9 13.5 La Cotonne 1980 170 20 16.5

Beaulieu 1966 125 30 18.5

Bibliobus thumb|Bibliobus de la Ville de Saint-Étienne La bibliothèque a mis en place un bibliobus depuis 1968Le Progrès, 10 mai 2015, L'éducation populaire pour instruire le monde entier.. , deux bibliobus sont en circulation : un bibliobus à destination de la jeunesse et un bibliobus à destination des adultes, devenu progressivement tous publics. Ces deux bibliobus assurent des stationnements distincts dans les quartiers de la ville qui ne disposent pas de bibliothèques permanentes. Le bibliobus jeunesse intervient également régulièrement dans les écoles.

Les bibliobus assurent les fonctions traditionnelles de prêt et retour, ainsi que les réservations. Ils sont également inclus dans le système de navettes des documents entre les différentes bibliothèques du réseau. En 2015, prêts ont été enregistrés dans les bibliobus.

Collections thumb|Extrait du Livre d'Heures à l'usage de Bourges La médiathèque de Tarentaize et ses annexes comportent toutes des collections à destination des adultes et des enfants, sauf la médiathèque de Solaure dont le fonds est exclusivement orienté jeunesse. Concernant la médiathèque de Tarentaize, elle présente ses collections au rez-de-chaussée, sans séparation physique entre les supports. Elle dispose également d'un fonds important de DVD. En tant que bibliothèque municipale classée, la médiathèque de Saint-Étienne gère également des fonds patrimoniaux appartenant à l'État, issus notamment des saisies révolutionnaires. La collection patrimoniale s'est également enrichie à l'aide de dons, de legs et de dépôts. La médiathèque de Saint-Étienne déclare recueillir un fonds de livres anciens (avant 1810) qui s'élève à environ .Médiathèque de Tarentaize.

Depuis le , la bibliothèque s'est donné pour mission de collecter et conserver les ouvrages concernant le Forez et son histoire, ainsi que les romans écrits par des auteurs foréziens. Par conséquent, elle dispose d'un fonds important sur ce sujet, et détient par exemple de nombreuses partitions originales du compositeur Jules Massenet, ou les œuvres de Jules Janin, romancier et critique littéraire célèbre au .

La bibliothèque possède également une collection importante d'histoire industrielle, ainsi qu'un fonds janséniste provenant du Collège des Oratoriens de Chambles. Cette dernière collection s'est notamment enrichie d'un don de volumes en 1869Joseph Maissiat, Bibliothèque de Saint-Étienne, 1897.

La bibliothèque a entrepris un travail de numérisation de son patrimoine, notamment de cartes postales anciennes concernant Saint-Étienne, sa région et l'histoire industrielle, de photographies du Forez ou de catalogues ManufranceLe Progrès, 2 novembre 2015, Médiathèques et bibliobus : suivez le guide.. Des manuscrits médiévaux ont également été numérisés, parmi lesquels quatre livres d'heures du et le Roman des sept sages de Rome, du .

Actions culturelles