vignette|Signature du sculpteur Pierre Van Dievoet et de son épouse Dorothée de Witte, 17 juillet 1709. thumb|Pierre Stockmans (1608-1671), Conseiller de Brabant, diplomate, helléniste et professeur à l'université de Louvain, fut le parrain du sculpteur Pierre Van Dievoet, auquel il donna son prénom sur les fonts baptismaux le 29 juin 1661.

Pierre Van Dievoet (en néerlandais : Peeter, en anglais : Peter, en latin : Petrus) (Bruxelles 1661 - Bruxelles ) est un sculpteur et architecte bruxellois qui vécut à Londres et Bruxelles.

Il est connu pour la statue du roi Jacques II à Londres ainsi que pour avoir sculpté de nombreuses maisons de la Grand-Place.

Biographie Pierre Van Dievoet fut baptisé à la collégiale Sainte-Gudule de Bruxelles le et eut comme parrain Pierre Stockmans, Conseiller de Brabant, diplomate et hellénisteBruxelles, registres des baptêmes de Sainte Gudule du 29 juin 1661 : "29 Junius 1661. Petrus filius legitimus Ægidii Van Dievoet, et Gertrudis Zevart. Suscept : Amplissimus D. Petrus Stockmans Curiae Brab: Consiliarius, et Dlla Maria de Smet".. Il est né du second mariage de Gilles Van Dievoet, bourgeois de Bruxelles, avec Gertrude Zeevaert. Gilles Van Dievoet (décédé avant 1672) était veuf en premières noces de Catherine Slachmeulder, dont il avait eu notamment Philippe Van Dievoet, orfèvre du roi Louis XIV.

Pierre Van Dievoet s'est donc trouvé orphelin de père vers l'âge de douze ou treize ans. Sa mère Gertrude Zeevaert, remariée le avec Charles De Lens, meurt à Bruxelles le . Ses funérailles ont lieu en la Chapelle de la Madeleine où elle est enterrée, en présence de seize prêtres, le .

D'abord installé à Bruxelles, il part ensuite en Angleterre mais, comme l'écrit Antoine Nicolas Dezallier d'Argenville, il quitte ce pays à cause de la révolution de 1688, et il revient dans sa ville natale où il termine sa vieAntoine-Nicolas Dézallier d'Argenville, de l'Académie Royale des Belles-Lettres de la Rochelle, Vie des fameux sculpteurs depuis la renaissance des arts, avec la description de leurs ouvrages, Paris, chez Debure l'aîné, 1787, tome II, pp. 101-102: .

Son frère aîné Philippe Van Dievoet, dit Vandive (1654-1738), quitte également jeune sa patrie, en 1672, et s'installe à Paris, où il devient orfèvre, conseiller du roi, syndic général des rentes de l'Hôtel de ville de Paris, consul de Paris, grand-garde du corps des orfèvres et administrateur au Grand Bureau des Pauvres de l'Hôpital dit « des Petites Maisons » destiné aux « insensés » et aux personnes faibles et caduques.

D'après George Vertue, Pierre Van Dievoet arrive à Londres pendant le règne de Charles II, sans doute vers 1679.

Son œuvre à Londres, sa formation chez Grinling Gibbons vignette| La statue de Jacques II, Trafalgar Square, par Pierre Van Dievoet, 1686. vignette|Études pour une statue d'un personnage vêtu à la romaine, par Pierre Van DievoetKatherine Gibson, « The emergence of Grinling Gibbons as a statuary », dans : Apollo, septembre 1999, p .28. Notice du British Museum : « The left half of this drawing is reproduced by Katherine Gibson in 'The emergence of Grinling Gibbons as a statuary', published in Apollo, September 1999, pp.21-9. On p.28 she argues that the style of this group of drawings (ECM 2-6) is unlike the documented drawings by him in the Soane Museum sketchbook, and suggests that they may be by his collaborator Pierre van Dievoet (1661-1729), who had come to London from Brussels to cast the bronze statue of James II that is now outside the National Gallery » Lire en ligne, British Museum.

Selon le chevalier Marchal, ses œuvres essentielles se trouvent en Angleterre et sont "parmi les meilleures de son époque"Edmond Marchal, Mémoire sur la sculpture aux Pays-Bas pendant les , Bruxelles, 1877, pp. 12 et 190.. Pierre Van Dievoet travaille en effet à Londres dans l'atelier du sculpteur quaker Grinling Gibbons pendant presque huit ans, de 1680 à 1688. Il est même parfois cité comme un des maîtres de ce dernier, aux côtés de van Oost et du peintre Watson.

Sa production anglaise (surtout de statuaire) reste mal connue car peu de recherches ont été effectuées pour les retrouver et les inventorier. George Vertue le mentionne uniquement comme statuaireLawrence. Dyvoet. statuarys (Notes Books, 1, 82.), ainsi que : Laurens a statuary of Mechlin... Dievot a statuary of Brussels both these artists were in England and assisted Mr. Gibbons in statuary works in K. Charles 2d. and K. James 2d. time, they left England in the troubles of the Revolution and retird to their own country (ibid. IV, 50)..

Le même George Vertue (1684-1756), qui avait trouvé un accord et un reçu de payement pour cette œuvre« who found an agreement and a receipt of payment for the work », lui attribue, en collaboration avec un certain Laurens de Malines, la statue en bronze de Jacques II (1686) dans la cour de Whitehall, actuellement à Trafalgar SquareHorace Walpole, Anecdotes of painting in England: with some account of the principal artists; and incidental notes on other arts; collected by the late Mr. George Vertue ; and now digested and published from his original MSS. by Mr. Horace Walpole, Londres, 1765, vol. III, p. 91 : « Gibbons had several disciples and workmen; Selden I have men|tioned; Watson assisted chiefly at Chatsworth, where the boys and many of the ornaments in the chapel were executed by him. Dievot of Brussels, and Laurens of Mechlin were principal journeymen — Vertue says they modelled and cast the statue I have mentioned in the privy-garden ». Pour David Green, dans son Grinling Gibbons, his work as carver and statuary (Londres, 1964), un certain Smooke assure à Vertue que cette statue de Jacques II was modelled and made by Laurence and Devoot (sic).. De son côté Margaret Whinney fait remarquer que cette statue n’a pas un caractère anglais mais continental et elle reprend cette même attribution : and indeed it is continental and not English work, two Flemings, Laurens of Malines and Dievot of Brussels, were employed to model and make itMargaret Whinney, Sculpture in Britain, 1530 to 1830, Londres, 1964, p. 55.. Cette attribution est reprise par Sir Lionel Henri Cust : Dyvoet... and Laurens... who executed the statue of James II at WhitehallDictionnary of National Biography, vol. VII, p. 1140..

Le Laurens mentionné est identifié par Paul-Eugène Claessens comme étant le sculpteur malinois Laurent van der MeulenVoir Paul-Eugène Claessens et Julien Cuypers, « Quand Bruxelles ravagée renaît plus belle sous les ailes de l'Archange : le sculpteur Pierre van Dievoet, son œuvre et sa famille » dans l'Intermédiaire des généalogistes, n° 121, Bruxelles, 1966, p. 40. Voir également dans R. Gunnis, sub verbo Vandermeulen, Laurens.. Tipping, dans sa biographie de Grinling Gibbons, reprend et répète ce que dit George Vertue.

Dans la notice qu'il consacre à Pierre Van Dievoet dans son Dictionay of British sculptors (p. 130), Rupert Gunnis cite également les propos de Vertue (Walpole Society, Vertue, vol. I p. 61) selon lesquels la statue de Jacques II a été « modelled and made » par Pierre Van Dievoet et Laurent Van der Meulen, mais cite en outre un autre témoignage d'époque, celui du Juriste Sir John Bramston (1611-1700) qui dans son autobiographie (Camden Society, 1845) attribue quant à lui cette statue à Gibbons lui-même : « on New Year's Day, 1686, a statue in brass was to be seen (placed the day before) in the yard at Whitehall made by Gibbons... of the present King James II ». Toutefois, le témoignage précis de Vertue, spécialiste des arts et ayant essayé de rassembler le plus de documentation possible sur les artistes de son temps a plus de valeur que celui d'un citoyen de Londres qui peut croire comme étant de Gibbons ce qui n'est que de l'atelier de Gibbons et qui est bien l'œuvre de Pierre Van Dievoet de Bruxelles et de Laurent van der Meulen de Malines.

Statue de Jacques II

Le roi y est représenté en pied, costumé en imperator, il est couvert d'un paludamentum drapé, et tient de la dextre un bâton de commandement. Il est très intéressant de comparer cette statue avec celle de St. Hommebon, également par Van Dievoet et qui se trouve à Bruxelles (voir plus loin). On constate des similitudes entre ces deux œuvres, par exemple dans le drapé du manteau, dans la façon qu'a la tête de se tourner vers la droite et dans la posture générale.

La révolution de 1688 et le retour à Bruxelles Moins de deux ans après l'exécution de la statue de Jacques II, éclate la révolution contre ce monarque catholique. Les auteurs de sa statue, catholiques eux-mêmes, ne peuvent pas rester à Londres. Ainsi, Pierre Van Dievoet et Laurent Vander Meulen sont forcés de quitter le pays. Comme le dit Vertue, Pierre Van Dievoet abandonne ses affaires de sculpture (he gave up « his business of carving ») et quitte l'Angleterre lors des troubles de la révolution (... and left England in the « troubles of the Révolution »)Walpole Society, Vertue, vol. I, p. 106, cité par Gunnis. Voir aussi, Anecdotes of painting, 1765 : « they both - Van Dievoet and Laurens - retired to their own country on the Révolution »..

Pierre Van Dievoet retournera à Bruxelles, sa ville natale, et son condisciple Laurent Vander Meulen revient à Malines.

En tous cas on le retrouve peu après à Paris. Il y demeure chez son frère Philippe Van Dievoet, marchand orfèvre de Monseigneur, rue du Harlay. Sous la graphie de Pierre Vandivout, il est parrainBimbenet-Privat, Les orfèvres et l'orfèvrerie de Paris au , sub verbo VANDIVES et VANDIVOUT. le en l'église de Saint-Barthélemy de son neveu Jean-Baptiste VandivoutFonds Laborde-159 : « Le 6 avril 1689, a été baptisé Jean Baptiste, né cejourd’hui, fils de Philippe Vandivout, marchand orfèvre de Monseigneur, demeurant rue du harlay, aux balances, et de Anne Martinot. Le parrain : Pierre Vandivout, sculpteur, demeurant susdite maison ; la marraine : Elisabeth Lejeune, femme de Gilles Martinot, demeurant susdite rue (St. Barthélemy, n° 14) ». il ne porte pas selon l'usage le prénom Pierre de son parrain et oncle le sculpteur Pierre Van Dievoet, mais celui du frère de celui-ci Jean-Baptiste Van Dievoet, car il y avait déjà un frère nommé Pierre. », né même jour.

Peut être a-t-il fait également une étape à Anvers où George Vertue le signale dans ses notesNotes Books, I, p. 61..

Son œuvre à Bruxelles vignette|droite|redresse=1|Sculpture de l'Agneau Blanc à Bruxelles, par Pierre Van Dievoet, 1696. vignette|droite|redresse=1|Détail d'un encadrement ornemental par Pierre Van Dievoet (Musées royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles). thumb|Encadrement ornemental en bois de tilleul finement ouvragé, composé de festons et de fruits (Musées royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles, inventaire n° 614), par Pierre van Dievoet (1661-1729).

De retour dans sa patrie vers 1689, Pierre Van Dievoet doit satisfaire aux exigences de l'institution corporative et s'inscrire au métier des Quatre Couronnés dont il est reçu officiellement maître en 1695. C'est à cette date que commence son œuvre bruxelloise. Cette année-là également, Bruxelles est détruite par le bombardement français du maréchal de Villeroy.

Déjà de son vivant, Pierre Van Dievoet est considéré comme un sculpteur renommé.

Longtemps après sa mort, un rapport du magistrat de Bruxelles à Charles-Alexandre de Lorraine, daté du , cite Pierre Van Dievoet dans une liste de sculpteurs bruxellois très remarquablesEdmond Marchal, La sculpture et les chefs-d'œuvre de l'orfèvrerie belge, Bruxelles, 1895, p. 583 note. Ce rapport est publié en partie par Pieter D'Hondt, L'Académie royale, notice historique, p. 21..