220px|vignette|Les armoiries de la ville de Creil se blasonnent ainsi: D'azur au chevron d'argent chargé de trois molettes de sable et accompagné de trois roses d'or.Ornements extérieurs : Croix de guerre 1914-1918 et Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil. La ville de Creil adopta ses armoiries en 1862, relevant celles de l’ancienne famille de Creil qui posséda la seigneurie jusqu’au XIIIe siècle..
Lhistoire de la ville de Creil commencerait, en l'état actuel des connaissances, à l'époque néolithique. La présente romaine y est attestée par des vestiges archéologiques mis au jour, cependant, la première mention écrite d'un lieu nommé « Creil » date de 633. La ville se développa au Moyen Âge mais son importance s'accrut avec l'arrivée du chemin de fer et la révolution industrielle. Détruite en grande partie par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, la ville fut reconstruite dans les années 1950 et son économie se diversifia permettant une forte augmentation du nombre de ses habitants.
220px|vignette|Creil, église Saint Médard (, , siècles) 220px|vignette|Creil, le château
Préhistoire Une station néolithique Le site originel de Creil est un ancien gué sur la rivière Oise, au niveau de l'île Saint-Maurice, et en contrebas d'un plateau dominant la vallée.
C'est sur le plateau de Creil qu'ont été mises au jour les plus anciennes traces d'occupation humaine du site à la limite des communes de Creil et de Saint-Maximin.
Une station d'époque néolithique est attestée sur le site de Canneville, où de nombreux outils lithiques ont été retrouvés..
Âge du bronze : vestiges d'une nécropole Une petite nécropole d'époque de l'âge du bronze final a été mise au jour lors de fouilles réalisées un peu plus au nord, à l'emplacement du parc d'activité Alata, en 1999-2000..
Les archéologues pensent que le site de Creil a servi d'oppidum à l'époque gauloise, dominant la vallée de l'Oise du haut de l'éperon rocheux.
Antiquité Un vicus gallo-romain
La voie romaine reliant Augustomagus (Senlis) à Caesaromagus (Beauvais) traversait un vicus, appelé LitanobrigaItinéraire d'Antonin (380 - 4), que plusieurs archéologues situent sur le plateau, à l'entrée de la forêt de la Haute-Pommeraie actuelle.. Plusieurs sites ont été évoqués pour la localisation de Litanobriga (Pont-Sainte-Maxence, Pontpoint) mais le site de Creil semble devoir être retenu.
Un trésor monétaire du Bas Empire En 1974, un trésor monétaire, daté de 273 environ fut mis au jour à l'endroit de l'écluse actuelle sur l'Oise, là où se trouvait un gué qui permettait à la voie romaine reliant Augustomagus (Senlis) à Caesaromagus (Beauvais) de franchir la rivière. Les vestiges d'un village de carriers gallo-romain avec atelier, tessons de poterie, tuiles etc. ont été mis au jour de même que les vestiges d'un quai enfoui sur le bord de l'Oisehttp://www.creil.fr/files/creil-ville-2012/votre-ville/decouverte/carte-identite/le-tresor-de-l-ecluse.pdf.
Moyen Âge Haut Moyen Âge Période mérovingienne : première mention de l'existence de Creil La première mention d'un lieu nommé Creil figure sous le nom Criolo dans la Vie de saint Éloi, écrite par Dadon de Rouen, qui précise qu'en 633 environ, le roi Dagobert Ier y reçut l'hommage du roi breton Judicael. On rencontre ensuite le nom Crioilum vers 672.
Période carolingienne : construction du château de Creil
En 851, le site de Creil se nommait Credilium.
En 860 et 891, les Vikings ravagèrent Creil et sa régionDocteur Boursier, Histoire de la ville de Creil, 1883.
Au , le château de Creil appartint aux seigneurs de Senlis, il était situé sur l'actuelle île Saint-Maurice. Cretheltense castrum désignait le château dans un texte de 942.
Les seigneurs de Creil nous sont connus à partir de 944 avec Yves de Creil, arbalétrier du roi. La famille de Creil posséda la seigneurie de Creil jusqu'au . Elle subsista à travers plusieurs branches jusqu'au .
Moyen Âge classique, naissance de la commune de Creil 150px|thumb|Creil, tour de l'ancien château royal Vers 1115, le lieu se nomme Credulii. Vers 1150, un chapitre de chanoines fut fondé et la collégiale Saint-Evremond construite à proximité du château pour abriter des reliques faisant l'objet d'un pèlerinage très fréquenté.
Un hôtel-dieu et une maladrerie fondée par Raoul Ier de Clermont existaient dans la ville au .
Au l'église Saint Médard fut construite, elle connut des modifications aux , et siècles.
La ville se développa sur l'extrémité de l'île Saint-Maurice mais aussi sur la rive gauche de l'Oise, autour de la nouvelle église Saint-Médard. La prospérité entraîna la croissance de la ville ce qui amena le seigneur de Creil, Louis de Blois, comte de Clermont, à octroyer, aux habitants de Creil, une charte communale, le . Les bourgeois de la ville furent autorisés à tenir un conseil de ville.
Louis IX acquit la seigneurie de Creil et les rois de France y résidèrent régulièrement. Le roi Charles IV le Bel y naquit en ..
Bas Moyen Âge, Creil, résidence royale 120px|vignette|gauche|Gisant de Charles , basilique de Saint-Denis. En 1348, la peste noire s'étendit à la région de Creil. La famine qui s'ensuivit aggravée par la rigueur de l'hiver, obligea les habitants à peler les arbres et à en manger les écorces.
La révolte de la Grande Jacquerie éclata à Saint-Leu-d'Esserent en 1358, au sud de la commune de Creil. Elle fut dirigée par Guillaume Carle, originaire de Mello accompagné du moine hospitalier Jacques Bernier, originaire de Montataire.
En 1374, le roi Charles V fit restaurer le marché hebdomadaire de la commune. En 1376, il rétablit les deux foires annuelles de mai et de novembre. Il racheta l'année suivante la seigneurie à Venceslas Ier de Luxembourg, fils de Béatrice de Bourbon et du roi Jean Ier de Bohême, comte de Luxembourg et détacha la châtellenie de Creil du comté de Clermont. En 1377, des travaux de transformation du château furent alors entrepris. Il s'agissait de pouvoir mieux contrôler le pont sur l'Oise. Les tours rondes du furent conservées on y ajouta un logis rectangulaire couronné de mâchicoulis. L'aménagement intérieur fut naturellement remanié. Le roi Charles VI, fit terminer les travaux. Atteint de folie, il séjourna au château en août et et en 1393.
La ville subit plusieurs combats de la Guerre de Cent Ans et fut définitivement reconquise en 1441. En 1451, Arnault de Madaillan, seigneur de L'Epée et de Montataire, devint gouverneur de Creil.
Époque moderne 200px|vignette|Plan du château de Creil par Jacques Ier Androuet du Cerceau () À l'époque moderne, la ville subit de nouveau l'occupation de troupes armées :
: la proie des huguenots Pendant les Guerres de religion, la ville fut prise par les Huguenots, en 1567. Ils brûlèrent les reliques de saint Evremond, seul le crâne aurait subsisté, recueilli par les chanoines. La ville fut assiégée à plusieurs reprises et les campagnes alentour dévastéeshttp://www.creil.fr/files/creil-ville-2012/votre-ville/decouverte/carte-identite/histoire-de-creil.pdf.
: le refuge du prince de Condé En 1614, alors que le Maréchal d'Ancre était le principal ministre de la régente Marie de Médicis, Henri II de Bourbon-Condé se retira à Creil et se montrait affable avec la population. Il organisa un concours de tir à l'arquebuse ouvert aux habitants des villes de la région, : Beaumont-sur-Oise, Clermont, Luzarches, Mantes, Pontoise, Saint-Leu d'Esserant, Senlis, Verberie..., le prix offert au gagnant atteignit une valeur de livres.
Pendant la Fronde, Creil fut de nouveau occupée par les troupes rebelles. Louis XIV fit plusieurs séjours au château de Creil.
, amélioration des transports En 1750, avec le reliquat de pierre prévu pour la construction du pont de la boucherie (1748-1753), on édifia à l'extrémité nord-est de l'île Saint-Maurice une fabrique de jardin. Le pavillon fut décoré de bas-reliefs présentant des allégories de l'amour d'où le nom de temple d'amour donné à l'édifice.
L'Atlas de Trudaine (1745-1780) représenta la ville de Creil enserrée dans son enceinte fortifiée sur la rive gauche de l’Oise, faisant face au château qui gardait le pont sur l’Oise. On y distinguait alors deux îles : celle où fut construit le château et celle qui la prolongeait, boisée et parcourue d’allées. Ces deux îles furent réunies par la suite en une seule qui prit le nom d'île Saint-Maurice en mémoire de Maurice Gallet tué au cours de la bataille de la Somme, en 1916http://www.donnees.picardie.developpement-durable.gouv.fr/IMG/File/patnat/sites/60-15.pdf.
En 1782, la seigneurie de Creil, qui appartenait à Louis V Joseph de Bourbon-Condé, fut vendue par celui-ci à Pierre Juéry, un magistrat d'origine roturière. Pendant cette période, l'activité économique de la ville se limitait à l'exploitation de la pierre et de la meunerie le long de l'Oise.
À la veille de la Révolution française, existait un service de diligences et de messageries desservant Creil avec départ de Paris, les mardis et jeudis à 11 h 30 à destination d'Amiens. Il desservait Chantilly, Creil, Laigneville, Clermont-en-Beauvaisis, Saint-Just-en-Chaussée et Breteuil-sur-Noye. Les diligences pouvaient transporter dix personnes (dont deux au cabriolet) pour un montant de 25 livres, 15 sols par personne.
Un service de coche d'eau reliait Beaumont-sur-Oise à Soissons en passant par Creil, Pont-Sainte-Maxence et Compiègne.
Époque contemporaine Pendant la Révolution française 1789, la Grande Peur Le prince de Condé émigra juste après la prise de la Bastille, le . Creil connut à cette période un épisode de la Grande Peur à la fin . Les Creillois craignant que le prince de Condé ne revinsse, s'armèrent et cherchèrent dans la campagne alentour un ennemi imaginaire.
En 1791, la collégiale Saint-Evremond fut déclarée bien national et fut vendue. Elle abrita par la suite les entrepôts de la manufacture de faïence.
La Terreur Creil fut théâtre de manifestations d'hostilité à la noblesse et à la religion catholique. Le , sur la place de la mairie furent brûlés les archives de la châtellenie tandis que la population dansait autour de l'arbre de la liberté. L’église Saint-Médard fut fermée et les objets religieux confisqués.
Le développement industriel du La faïencerie
En 1797, un industriel parisien d'origine irlandaise créa une manufacture de cristal, rapidement transformée en faïencerie. Cette faïencerie devint le premier employeur de la ville pour un siècle employant 900 personnes en 1840Nathalie Demilly, Les employés de la manufacture de faïence de Creil, édition des Amis du musée Gallé-Juillet, 2011.. Charles de Saint Cricq Cazeaux (1774-1840) dirigea la faïencerie de Creil et fut maire de la ville, il fusionna la faïencerie de Creil avec celle de Montereau-Fault-Yonne. La faïencerie de Creil ferma ses portes en 1895, à la suite d'un incendie. La production fut alors concentrée à Montereau.
En 1810, l'Oise fut reliée à l'Escaut par le tout nouveau canal de Saint-Quentin et des travaux de canalisation de la rivière débutèrent en 1825. Une nouvelle industrialisation se développa alors dans la commune, sous la forme de fours à chaux, à plâtre et de tanneries.
Les forges de Montataire, créées en 1793, se développèrent réellement à partir des années 1830.
L'arrivée du chemin de fer vignette|gauche|alt=La gare, vers 1900|La gare de Creil, vers 1900
En 1846, l'arrivée du chemin de fer entraîna un essor de l'activité industrielle. La gare de Creil ouverte en était située sur la ligne Paris-Nord-Lille. Creil devint par la suite une importante étoile ferroviaire avec l’ouverture de la ligne Creil-Maubeuge-Bruxelles et Liège, en 1847François et Maguy Palau, Le rail en France - Les 80 premières lignes 1820 - 1851, 156, la ligne de Creil à Beauvais ouverte en 1857 et la ligne Creil - Persan-Beaumont - Pontoise, mise en service en 1846.
vignette|gauche|alt=Gare intérieure et grande verrière vers 1910|La grande verrière vers 1910