Le rat siffleur de Brants (Parotomys brantsii), dont le nom vernaculaire provient de son cri d'alarme, est l'une des deux espèces de rongeurs de la famille des Muridés du genre Parotomys. Il est présent au Botswana, en Namibie et en Afrique du Sud où il occupe des habitats arides présentant un sol dur et sablonneux.

Il présente la particularité de creuser des terriers d'extension importante constitués d'un réseau complexe de galeries et comportant de nombreuses entrées au voisinage desquelles il passe la majeure partie du début et de la fin de journée.

Taxinomie alt=Parotomys brantsii|left|thumb|Parotomys brantsii (Euryotis brantsii) d'après A. Smith (1849)Smith, A. 1849. Illustrations of the zoology of South Africa: consisting chiefly of figures and descriptions of the objects of natural history collected during an expedition into the interior of South Africa, in the years 1834, 1835, and 1836, fitted out by the "Cape of Good Hope Association for exploring Central Africa". Vol 1. Mammalia (plate 24). Smith, Elder and Co. London. Le rat siffleur de Brants, dont le nom vernaculaire provient de son cri d'alarmeChimimba, C.T., Bennett, N.C. 2005. Parotomys brantsii. [In] Skinner, J.D. and Chimimba, C.T. (eds), The Mammals of the Southern African Subregion [pp. 164-167]. Cambridge University Press, Cambridge, UK, 814 pages., a été décrit par le zoologiste écossais Andrew Smith en 1834 sous le nom Euryotis brantsii sur la base d'un animal provenant de Vlakte Muis, province du Cap du Nord en Afrique du SudSmith, A. 1834. An epitome of African Zoology: or, a concise description of the objects of the animal kingdom inhabiting Africa, its islands and seas. South African Quarterly Journal, 2:145-160 (150). pdf. Il a été nommé en l'honneur du naturaliste néerlandais Anton BrantsBeolens, B., Watkins, M., Grayson, M. 2009. The Eponym Dictionary of Mammals. The Johns Hopkins University Press, 592 pages. qui a inventé le genre EuryotisBrants, A. 1827. Het geslacht der muizen door Linnaeus opgesteld : volgens de tegenswoordige toestand der wetenschap in familien, geslachten en soorten verdeeld. Akademische boekdrukkery, Berlyn, 190 pages. (synonyme du genre Otomys).

Il est à noter que Parotomys brantsii a en fait été décrit pour la première fois par le naturaliste suédois Carl Peter Thunberg en 1811 sous le nom binominal Arctomys vigilThunberg, C. P. 1811. Mammalia Capensia, recensita et illustrata. Mémoires de l'Académie Impériale des Sciences de St. Petersbourg, 3: 299-323 (308).Rookmaaker, L.C., Leester, J. 1988. Case 2605. Euryotis brantsii A. Smith, 1834 (currently Parotomys brantsii; Mammalia, Rodentia): proposed conservation of the specific name. Bulletin of Zoologycal Nomenclature 45(1): 43-44.. Cependant, une proposition de conservation du nom Euryotis brantsii et de non application de la préséance du nom Arctomys vigil au motif de son non-usage dans la littérature a été adressée à la Commission internationale de nomenclature zoologique qui a tranché dans ce sensBZN. 1990. Opinion 1586. Euryotis brantsii A. Smith, 1834 (currently Parotomys brantsii; Mammalia, Rodentia): specific name conserved. Bulletin of Zoological Nomenclature 47(1): 84..

Le nom binominal du rat siffleur de Brants est Parotomys brantsii (A. Smith, 1834).

Sous-espèces Certains auteurs considèrent qu'il existe trois sous-espèces de rat siffleur de Brants. Parotomys brantsii brantsii (A. Smith, 1834), l'espèce type de Parotomys brantsii décrite par Andrew Smith sous le nom Euryotis brantsii. – Distribution : Province du Cap occidental et du Cap du Nord jusqu'en Namibie. – Synonyme : Euryotis pallida Wagner, 1841. Parotomys brantsii rufifrons (Wagner, 1843) décrit par Johann Andreas Wagner sous le nom Euryotis rufifrons. – Distribution : Province du Cap oriental, partie est de la province du Cap occidental et du Cap du Nord. – Synonymes : Otomys rufifrons Rüppell, 1842. Otomys brantsii luteolus Thomas & Schwann, 1904. Parotomys brantsii deserti Roberts, 1933. – Distribution : Province du Cap du Nord et sud-ouest de la Namibie.

Description Morphologie left|thumb|Parotomys brantsii Le rat siffleur de Brants est un rongeur de couleur grisâtre d'une longueur d'environ sans la queue avec une queue d'environ . Son poids moyen est de l'ordre de Jackson, T.P. 2013. Parotomys brantsii. p. 597-599. [in] Kingdon, J., Happold, D., Hoffmann, M., Butynski, T., Happold, M., Kalina, J. (Eds.): Mammals of Africa, Volume III. Rodents, Hares and Rabbits. Bloomsbury, London, 787 pages, ..

Les poils du corps sont de longueur moyenne et plutôt rigides. Sur la tête et les côtés du cou ils sont courts et très rigides. Le museau, le front, le dessus de la tête, la nuque et le dos sont blanchâtres ou gris fauve avec des parties plus fortement teintées de fauve. Sur l'ensemble de l'animal, le pelage est crayonné de noir. Cet effet est dû d'une part à la pointe des poils qui est teintée de noir mais également à la présence éparse de poils noirs plus longs que le revêtement général. Les côtés de la tête, le cou et le dessous du corps sont blanc mat, les surfaces extérieures des pattes sont blanches teintées de fauve. La base des poils du corps est bleu noirâtre. Les oreilles sont larges et arrondies, charnues avec la surface interne finement couverte de petits poils fauves et la surface externe présentant de long poils blanchâtres à la base et de petits poils noirs et fauves vers le bord. La queue est plutôt courte, couverte de petits poils rigides de densité moyenne de couleur marron sur le dessus et fauve sur les côtés et le dessous.

Le crâne, d'une longueur d'environ est robuste et ovoïde. Les arcades zygomatiques sont robustes et plates et les orbites assez grandes avec un diamètre maximal d'environ . Les os du nez sont rectilignesMonadjem, A., Taylor, P.J., Denys, C., Cotterill, F.P.D. 2015. Rodents of Sub-Saharan Africa: A biogeographic and taxonomic synthesis. Walter de Gruyter GmbH, Berlin. 1102 pages. .. Les incisives sont jaunes et opisthodontes (recourbées vers l'intérieur), les supérieures présentent sur la face avant une rainure longitudinale profonde près du bord extérieur et sur la face intérieure une autre rainure peu profonde, les inférieures en sont exemptes. Les molaires M1 et M3 de la denture de Parotomys brantsii sont de même taille alors que M2 est plus petite. Les molaires supérieures comportent trois arêtes transversales pour M1, deux pour M2 et quatre pour M3 (trois complètes et un pilier postérieur) alors que les molaires inférieures comportent quatre arêtes transversales pour M1, et deux pour M2 et M3Ellerman, J.R., Hayman, R.W., Holt, G.W.C. 1941. The families and genera of living rodents. Volume II. Muridae. British Museum (Natural History), London, 690 pages. Sénégas, F. 1999. Interprétation of the dental pattern of the South African fossil Euryotomys (Rodentia, Murinae) and origin of otomyine dental morphology. African Small Mammals. Proceedings of the 8th International Symposium on African Small Mammals. Paris, July 1999. pp. 151-160. Denys, C., Granjon, L., Poulet, A. (Eds). IRD Editions, 2001. ..

Les membres sont courts avec quatre longs doigts munis de longues griffes sur les pattes antérieures (le pouce est réduit et à peine visible) et de grandes pattes postérieures à cinq doigts munis de longues griffes fines. Les griffes sont presque noires. Les moustaches sont longues et noirâtres.

Les femelles possèdent deux paires de mamelles inguinales.

Dimorphisme sexuel Les femelles sont plutôt plus petites que les mâles. Les parties supérieures sont fortement teintées d'un fauve pâle légèrement crayonné de noir, les côtés sont légèrement rougeâtres, les parties inférieures et les extrémités sont blanc mat.

Dimorphisme géographique Les individus d'Afrique du Sud sont plus grands et plus gros que ceux de Namibie. Ce dimorphisme pourrait être dû à l’existence de sous-espèces chez Parotomys brantsii.

Physiologie Compte tenu de l'aridité de son habitat, le rat siffleur de Brants ne présente étonnamment aucune adaptation physiologique spécifique pour limiter les pertes d'eau. Contrairement à de nombreux rongeurs du milieu désertique, son taux métabolique au repos, de l'ordre de 1,15 ml O g h, n'est pas réduit. Il présente une hyperthermie à , ce qui en fait l'un des Otomyinae d'Afrique australe les plus résistants aux températures élevées. Sa température d'hypothermie est relativement faible avec une valeur de et sa zone thermale neutre () est étendue.

Espèce similaire L'autre espèce du genre Parotomys, Parotomys littledalei, est très similaire à Parotomys brantsii et les deux espèces occupent le même habitat avec des aires de distribution qui se chevauchent très largement. Parotomys littledalei présente cependant un poids moyen plus faible, des oreilles et un museau plus pointus, des incisives supérieures dénuées de rayures et un cri d'alarme plus court et moins aigu.

Habitat et répartition Habitat Parotomys brantsii occupe des habitats arides où la pluviométrie annuelle n’excède pas Smithers, R.H.N. 1983. The mammals of the Southern African subregion. University of Pretoria, Pretoria, South Africa. 736 pages. constitués de sols durs et sableux où il peut creuserJackson, T.P., Roper, T.J., Conradt, L., Jackson, M.J., Bennett, N.C. 2002. Alternative refuge strategies and their relation to thermophysiology in two sympatric rodents, Parotomys brantsii and Otomys unisulcatu. Journal of Arid Environments, 51: 21-34.. Il est présent dans les écorégions du karoo succulent et du karoo nama ainsi que dans la savane xérique du Kalahari et plus marginalement dans le Fynbos. Une étude menée dans le parc transfrontalier de Kgalagadi a montré que la répartition du rat siffleur de Brants est corrélée à la présence de l'arbuste Rhigozum trichotomum sur les pentes des dunes ou les berges des rivières asséchées.

Répartition vignette|gauche|upright=1.2| La répartition géographique de Parotomys brantsii inclut la partie ouest de l'Afrique du Sud avec notamment les provinces du cap du Nord et du cap occidental, le sud-est de la Namibie et le sud-ouest du Botswana. Dans son aire naturelle de distribution, il est présent dans des espaces naturels protégés et parc nationaux comme la réserve naturelle de Geogap ou le parc transfrontalier de KgalagadiHerbst, M., Mills, M.G.L. 2010. The feeding habits of the African wildcat (Felis silvestris cafra), a facultative trophic specialist, in the southern Kalahari (Kgalagadi Transfrontier Park, South Africa/Botswana). Journal of Zoology, 280(4): 403-413..

Comportement thumb Le rat siffleur de Brants est un animal essentiellement diurne et crépusculaire, principalement terrestre et occasionnellement grimpeur. Il consacre les débuts de matinée et les fins d'après-midi à la recherche de nourriture et à son alimentationNel, J.A.J., Rautenbach, I.L. 1974. Notes on the activity patterns, food and feeding behaviour of Parotomys brantsi (Smith, 1840). Mammalia, 38(1): 7-15.. Son activité nocturne est limitée à ses galeries mais il peut également rechercher de la nourriture à l'extérieur les nuits de pleine lune. Il passe la majeure partie de la journée à l'extérieur sauf aux heures les plus chaudes en été.