Thomas-Joseph Armand-Calliat, né le aux Abrets et mort à Lyon le , est un orfèvre français.

Biographie Thomas-Joseph Armand est d'origine dauphinoise. Il épouse une des filles de François Calliat († 1851), orfèvre bourguignon né à Ouroux (Saône-et-Loire) et installé à Lyon.. Il reprend l'affaire de son beau-père en 1853 avec sa femme et sa belle-sœur et prend le nom d'Armand-Calliat.. Il a un fils, Joseph, également orfèvre, mort en 1938 ; le fils de ce dernier, Louis Armand-Calliat (. - ), est conservateur du musée de Chalon-sur-Saône, président de la Société d'histoire et d'archéologie de Chalon, membre de la Société d'ethnographie française..

Thomas-Joseph abandonne la grosserie pour l'orfèvrerie religieuse. Grâce à lui, la maison connaît un essor considérable : elle passe de 12 ouvriers en 1854 à 40 en 1885..

La carrière de Thomas Joseph Armand-Calliat peut se diviser en trois périodes successives. De 1853 à 1858, il est marqué par le néogothique. Lorsqu'il rencontre Pierre Bossan, futur architecte de Fourvière, en 1858, il se tourne vers le symbolisme. Enfin de 1888 à sa mort en 1901, fidèle aux leçons de Bossan et grâce à sa collaboration avec son fils, qui s'associe avec lui en 1891, Armand-Calliat recherche un art nouveau notamment avec l'emploi de l'ivoire et des émaux translucides. Son œuvre se caractérise par l'excellence de la facture. Le métal est travaillé sans tour électrique, ni soudure ou estampage, l'émail est très varié : on peut aussi bien trouver des émaux champlevés, que des émaux de niellure ou des émaux translucides. Mais la grande originalité de l'œuvre est sa portée spirituelle : Armand-Calliat souhaite faire passer le message chrétien. L'objet devient alors un véritable poème centré autour d'un thème porté par les scènes, les inscriptions, les couleurs, les formes ou encore les gemmes.

Il est le seul orfèvre lyonnais qui parvient à s'imposer à Paris. Il refuse les contraintes commerciales pour se concentrer sur une exécution manuelle de ses œuvres. Pour autant, il ne s'enrichit guère, et nombre de ses œuvres et de ses archives sont laissées à l'abandon jusqu'en 1982. À sa mort en 1901, il transmet la fabrique à son fils, Joseph, lequel finit par la céder en 1924 à Amédée Cateland.

En 1938, la rue de Bourdis dans le Vieux Lyon est renommée en rue Armand-Calliat en son hommage.

Son œuvre L'orfèvre Armand-Calliat est primé à l'Exposition Universelle de Londres en 1862 et à celles de Paris en 1867, 1878, 1889 et 1900. De même, il publie trois plaquettes à l'occasion des Expositions Universelles de 1867, 1878 et 1889. En quarante-huit ans de carrière, il crée environ pièces prestigieuses, la plupart pour les grands sanctuaires français comme Lourdes, La Salette ou encore Fourvière, mais aussi pour les monastères et surtout pour l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes. Il crée aussi des œuvres originales pour les papes Pie IX et Léon XIII. Aujourd'hui, près de dessins de son atelier sont conservés au musée de Fourvière à Lyon.

Quelques réalisations

vignette|Reliquaire de la Sainte Épine à l'Église Sainte-Marie de Saint-Étienne.

Calices Calice du chanoine Didelot en argent doré, émaux, diamants et verroterie, selon un dessin de Pierre Bossan, vers 1860, monastère de la Visitation Sainte-Marie, Moulins

Calice de Fourvière, selon un dessin de Pierre Bossan, 1875, musée de Fourvière, Lyon Calice du cardinal Caverot, 1881, musée de Fourvière, Lyon

Crosses Crosse de Odon Thibaudier, 1867, musée de Fourvière, Lyon

Crosse du Bon Pasteur, dessin aquarellé, au bas à gauche tracé au crayon en lettres majuscules : Pierre Bossan, 1867-1875, musée de Fourvière, Lyon

Crosse du Bon Pasteur en argent doré, émaux, améthystes et perles, 1867-1875, exposée aux Expositions Universelle de Paris en 1867 et en 1878, musée des Beaux-Arts de Lyon Crosse du jubilé du cardinal Foulon en argent doré et émaux, 1891, musée de Fourvière, Lyon Crosse de l'abbé de Farnborough, fin XIX, musée de Fourvière, Lyon

Ostensoirs Ostensoir en cuivre doré, laiton et améthystes, avec une inscription sous le pied : DON DE M.MONTAGNIEU CURE DE CHASSELAY, 1869, Chasselay

Ostensoir, 1890-1900 cathédrale Saint-Pierre, Rennes

Ostensoir de l'Epiphanie pour la basilique de Fourvière, 1878, musée de Fourvière, Lyon Ostensoir en argent doré et émail, dernier tiers du XIX, objet inscrit à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le , église Saint Prix, Chaponost Ostensoirs de l'église de l'Immaculée-Conception de Lyon. et de Saint-Martin d'Ainay.

Reliquaires

Reliquaire de Sainte-Marie-Madeleine, 1889, Sainte Baûme

Buste reliquaire de Casarie, 1876, église Notre-Dame, Villeneuve-lès-Avignon Reliquaire de la Sainte Épine de la couronne du Christ en bronze émaillé et doré, 1873, classé Monument Historique en 1977, à la chapelle du Magnificat et de la Sainte Épine en l'Église Sainte-Marie de Saint-Étienne. Châsse de Saint Anthelme, reliquaire, 1889, cathédrale Saint-Jean, Belley Chasse reliquaire du chef de saint Just (1869), église Saint-Just , Lyon

Autres Bougeoir en vermeil, argent, émaux, lapis-lazuli, gemmes et perles, 1875, exposé durant l'Exposition Universelle de Paris en 1878, musée des Beaux-Arts de Lyon

Rosaire en bronze doré et émaux, 1875, offert par les affiliés à Notre-Dame de Fourvière, musée de Fourvière, Lyon

Ciboire de Fourvière où Pontique, Alexandre de Lyon et Irénée de Lyon sont représentés, 1876, musée de Fourvière, Lyon

Reliure de la Bulle Ineffabilis Deus offerte à Pie IX pour son Jubilé, 1876, bibliothèque apostolique, Vatican

Bassin de Theuret en argent et émaux, vers 1878, cathédrale Notre-Dame-Immaculée, Monaco

Patène du cardinal Caverot, 1881, musée de Fourvière, Lyon

Chapelle du Jubilé en argent et émaux, 1884, offerte au prélat par les prêtres du diocèse de Moulins

Nimbe crucifère pour une statue, 1890-1900, cathédrale Saint-Pierre, Rennes

Coquille de baptême en argent, vers 1900, musée des Hospices civils, Lyon

Distinctions

Décorations françaises

en 1895 en 1869.

Décorations étrangères (Portugal) (Monaco) en 1877 (Vatican) en 1870 (Vatican)

Notes et références

Voir aussi Bibliographie .

Bernard Berthod et Jean Comby, Histoire de l'Eglise de Lyon, éditions la Taillanderie,

Bernard Berthod, Bossan et Armand-Calliat, Lyon, 1986, .58

Bernard Berthod et Elisabeth Hardouin-Fugier, Dictionnaire des Arts liturgiques , Les éditions de l'amateur, 1996,

René Mornex, Bernard Ducouret et Olivier Faure, L'Antiquaille de Lyon, Histoire d'un hôpital, ouvrage réalisé dans le cadre de la célébration du bicentenaire des Hospices civils de Lyon, réalisé en collaboration avec la direction régionale des Affaires culturelles et la Ville de Lyon,

Gérard Picaud et Jean Foisselon,Splendeurs dévoilées, Cinq siècles d'art à la Visitation, Somogy, éditions d'art, commandée par le musée de la Visitation, 2001,

Pierres et ors, trésor liturgique de la cathédrale de Moulins, Art et Foi, publié par le conseil général de l'Allier, dans les éditions du Signe, à 60.

Préinventaire des monuments et richesses artistiques, Chasselay, département du Rhône, 2002, . Bernard Berthod, "ARMAND-CALLIAT Thomas Joseph", in Dominique Saint-Pierre (dir.), Dictionnaire historique des académiciens de Lyon 1700-2016, Lyon : Éditions de l'Académie (4, avenue Adolphe-Max, 69005 Lyon), 2017, .

Liens externes

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