L'église Notre-Dame-de-la-Nativité est une église catholique paroissiale située à Lassy (Val-d'Oise), en France. C'est une petite église à vaisseau unique, qui conserve encore son chœur gothique de l'époque de la fondation de la paroisse, au . Cette partie est construite avec le même soin que les plus grandes églises de l'époque. L'abside a été retouchée vers le milieu du , sans modifier sa structure ni porter atteinte à son esthétique. Le clocher latéral, trapu et rustique, abrite une cloche de 1733., et date sans doute de cette même époque. C'est au également que la nef a été reconstruite et muni d'un sobre portail de style classique. Les mutilations que le chœur a subies lors de réparations maladroites, et l'absence de tout décor sculpté à l'extérieur n'ont pas justifié une protection au titre des monuments historiques de l'église à ce jour. La cloche et les fonts baptismaux de 1556 sont toutefois classés.. L'église Notre-Dame est affiliée à la paroisse de Luzarches, et les messes dominicales y sont célébrées environ toutes les six semaines d'octobre à juin, le dimanche à 9 h 30.
Localisation thumb|left|Vue depuis le sud, avec la mairie et l'ancienne école.
L'église Notre-Dame-de-la-Nativité se situe en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, en parc naturel régional Oise-Pays de France, dans la vallée de l'Ysieux, sur la commune de Lassy, à la limite nord du village, sur la Grande-Rue, à côté de la mairie et face au carrefour avec la RD 47, qui relie le village à la RD 922. La façade occidentale est précédée d'un petit parvis engazonné, par lequel l'on accède également à la mairie. Celle-ci et la salle des fêtes, issue de la transformation de l'ancienne école, jouxtent l'élévation méridionale de l'église, qui n'est donc pas entièrement visible de loin. Par ailleurs, le terrain municipal compris entre la mairie et l'église n'est pas ouvert au public. L'élévation septentrionale est parallèle à la rue. Cependant, le cimetière de la commune entoure l'église au nord et à l'est.
Histoire thumb|left|Vue depuis l'est.
L'église est dédiée à la Vierge Marie, sous le vocable particulier de la Nativité, fête célébrée le . Mathieu Lours suppose que la paroisse constitue un démembrement de celle de Luzarches.. Elle est mentionnée pour la première fois dans un titre de l'abbaye d'Hérivaux de 1212, et figure dans le pouillé du .. Sous tout l'Ancien Régime, le chapitre de la collégiale Saint-Côme de Luzarches reste le collateur de la cure. Généralement, les abbayes et chapitres entrent en possession des cures par le biais de donations effectuées par les seigneurs laïcs, qui se prétendaient initialement eux-mêmes patrons de la chapelle locale. En l'occurrence, l'on sait seulement qu'Étienne de Senlis, évêque de Paris mort en 1140, donne une part de la dîme de Lassy aux chanoines de Luzarches, ce qui explique au moins l'établissement d'un premier lien entre le village et le chapitre. Sur le plan de la hiérarchie ecclésiastique, la paroisse de Lassy relève du doyenné de Montmorency, et de l'archidiaconé et du diocèse de Paris jusqu'à la Révolution française. Elle est ensuite rattachée au nouveau diocèse de Versailles dont le territoire correspond à la Seine-et-Oise, puis est incorporée dans le nouveau diocèse de Pontoise lors de l'érection de celui-ci en 1966. Aujourd'hui, l'église Notre-Dame est affiliée à la paroisse de Luzarches, qui s'étend sur onze communes, et les messes dominicales y sont célébrées environ toutes les six semaines d'octobre à juin, le dimanche à 9 h 30.. thumb|Nef, vue vers l'ouest.
Le chœur est toujours celui qui fut édifié après l'érection de la paroisse. Son style se situe à cheval entre la première période gothique, comme l'indique le profil des ogives de la première travée, et la période rayonnant, comme l'indiquent les fines colonnettes à chapiteaux qui encadrent les fenêtres. Le cimetière est béni le par François Poncher, évêque de Paris. Selon Catherine Crnokrak et al., le remaniement du chœur fait suite à des dommages subis sous les guerres de religion de la seconde moitié du .. Ces travaux consistent surtout en une revoûtement. La forme des chapiteaux est nettement gothique, et le profil émoussé des ogives correspond plus particulièrement à la fin de la période flamboyante, tandis que le décor sculpté des chapiteaux renvoie clairement à la Renaissance. Un doute plane toutefois sur l'authenticité des chapiteaux, car ceux au niveau de l'arc-doubleau intermédiaire ont été raccommodés à grand renfort de plâtre, et un décor en stuc y a été maladroitement appliqué à certains endroits. Il est bien possible que l'on ait procédé pareillement pour les chapiteaux de l'abside, mais avec davantage d'adresse. L'on ne peut exclure que ces réparations ne datent que du , surtout si l'on considère la forme des corbeilles et l'absence de consistance dans la mouluration des tailloirs. Le clocher latéral, trapu et rustique, abrite une cloche de 1733, et date sans doute de cette même époque. C'est au également que la nef est reconstruite et munie d'un sobre portail de style classique.
Description Aperçu général
Régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe de l'édifice vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan à vaisseau unique, hormis pour le clocher bâti à gauche de la façade, au nord de la nef, mais sa base ne communique avec le reste de l'église que par une porte, et sert de débarras. Sinon, l'église se compose d'une nef unique non voûtée recouverte d'un plafond plat, et d'un chœur composé d'une première travée carrée et d'une abside à cinq pans. Le chœur est voûté d'ogives. Une sacristie est accolée à l'abside du côté sud. L'église n'a pas d'autre accès que le portail occidental de la nef. Le clocher est coiffé d'un toit en pavillon, et la nef et le chœur, de toitures à deux rampantes indépendantes, séparées par un pignon intermédiaire. Au chevet, la charpente se termine en cul-de-four.
Intérieur thumb|upright|Nef, vue dans le chœur. thumb|upright|Chœur, vue vers l'est. thumb|upright|Abside, vue v. le nord-est.
Selon le baron Ferdinand de Guilhermy, la petite église de Lassy est . ; selon Mathieu Lours, . La nef est une simple salle rectangulaire, dont le plafond se situe à la même hauteur que le sommet des voûtes du chœur. La largeur est également calquée sur le chœur. L'intercommunication s'établit par un doubleau en arc Tudor, aux arêtes vives. Il dispose de tailloirs moulurés. Le mur occidental présente seulement le portail en plein cintre, et les deux murs latéraux sont ajourés chacun de deux baies en plein cintre non ébrasées, qui s'ouvrent chacune au-dessus d'un haut soubassement. Au début du mur septentrional, une petite porte rectangulaire donne accès à la base du clocher. Les murs se terminent par une corniche moulurée.
La première travée du chœur conserve sa voûte de la première période gothique. Elle est munie de minces formerets toriques, et ses ogives accusent une fine arête entre deux tores. Dans les quatre angles, les ogives et formerets retombent ensemble sur une colonnette appareillée à chapiteau. À l'intersection avec l'abside, la colonnette forme un faisceau avec une colonnette à chapiteau plus fine, réservée à une ogive de l'abside, et une grêle colonnette sans chapiteau, correspondant à un formeret latéral de l'abside. Assez curieusement, aucun fûts n'est réservé au doubleau séparant les deux travées du chœur. L'on trouve seulement un tailloir à bec (en pointe) et une corbeille de chapiteau coincée entre les corbeilles des deux chapiteaux voisins. Cette composition des supports est atypique, et manque de logique. Elle ne peut s'expliquer que par l'adjonction tardive de l'abside, de sorte que le chœur se terminait pendant quelque temps par un chevet plat après la première travée. Indépendamment de cet aspect, les tailloirs aussi bien que corbeilles ne conservent leur forme d'origine qu'en de rares endroits. Ce n'est que dans l'angle nord-est que le tailloir authentique s'est conservé. Il se compose, du haut vers le bas, d'une plate-bande, d'une baguette, et d'un cavet. La dernière corbeille restée indemne se trouve dans l'angle sud-ouest. Elle est sculptée de feuillages de belle facture. Partout ailleurs, les chapiteaux sont noyés dans le plâtre. Dans l'angle nord-est, deux étoiles et un cœur s'affichent à gauche de la corbeille. Ces motifs sont issus d'une restauration à l'époque moderne. Quelques formes mal définies émergent du plâtre à droite de la corbeille. Les deux fenêtres latérales posent également des problèmes stylistiques. Elles sont en plein cintre, et entourées d'un tore continu qui porte de petits chapiteaux non sculptés, tandis que l'intrados et les piédroits sont moulurés d'un cavet entre deux ressauts. L'arc en plein cintre n'est pratiquement plus utilisé après le début du , même si des exceptions existent, comme sur les chevets d'Éméville et Rieux. En même temps, le tore portant des chapiteaux ébauchés évoque la période rayonnante tardive, et la mouluration de l'intrados, la période classique. Par ailleurs, elle est très irrégulière, et semble avoir été réalisée en plâtre. Contrairement à l'usage, le seuil est également mouluré d'un tore. L'abbé Lebeuf dit que les vitrages actuels datent du . Ils sont apparemment toujours en place, comme l'indiquent les ferrures et la bordure en verre bleu et jaune. C'est donc lors de la pose de ces vitrages que les fenêtres ont reçu leur forme actuelle.
L'abside commence par le doubleau déjà signalé, mouluré de trois tores accolés, et dépourvus de supports réguliers. Son profil correspond à la première période gothique. Il n'a donc pas été refait lors du remaniement de l'abside après les guerres de religion. Les six branches d'ogives de l'abside rayonnent d'une manière un peu irrégulière autour d'une clé de voûte centrale, qui arbore au milieu un petit cabochon sans grâce, et est sculpté d'une tresse entourée de plusieurs moulures. Le profil des ogives se compose d'un petit tore cylindrique entre deux moulures concaves, dégagées par deux étroites gorges d'une large arête saillante à l'arrière-plan. Ce n'est plus un profil torique proprement gothique. Les ogives retombent sur des colonnettes à chapiteaux. Mathieu Lours attire l'attention sur les quatre chapiteaux dans les angles de l'abside. Leurs tailloirs sont à bec, et se présentent donc par un angle saillant. Ils sont moulurés de trois baguettes, voire de quatre au sud-est, ce qui est un profil tout à fait atypique, quelle que soit la période. Les corbeilles possèdent deux faces obliques, et deux autres faces incomplètes, sauf à droite de la baie d'axe. Elles sont sculptées des éléments suivants : des cordes aux angles et des motifs végétaux très simples et fortement stylisés sur les faces ; (Mathieu Lours) de part et d'autre de la baie d'axe ; et des crochets mal dégrossis ou des volutes aux deux angles latéraux. Ce pourraient être les vestiges d'un chapiteau du , dont le reste du décor aurait été abattu, disparu sous des couches de plâtre. Près du doubleau, les formerets retombent jusqu'au sol, et ne portent pas de chapiteaux ; dans les angles du chevet, ils sont munis de petits chapiteaux-tuyau ébauchés, et retombent sur le larmier qui court à la limite des allèges. Il n'y a pas de fenêtres dans la partie droite de l'abside. Les trois fenêtres du chevet sont loin d'atteindre la hauteur des formerets, et sont donc à leur tour entourés d'un tore, conformément à la disposition signalée dans la première travée. En différence avec celle-ci, les fenêtres sont toutefois en tiers-point, et un petit nombre de chapiteaux est sculpté de feuilles simples disposées en chevrons. Selon Mathieu Lours, . Le même auteur signale un décor peint en faux-appareil. Rien de tel n'est visible sur place.
Extérieur thumb|Vue depuis le nord-est.