L'église Sainte-Marie-Madeleine est une église catholique paroissiale située au Perchay, en France. C'est un petit édifice de facture rustique, issu de la transformation successive d'une église romane à vaisseau unique, que l'on peut dater de la fin du ou du premier quart du . La nef avec son intéressant portail et la base du clocher avec ses deux arcades archaïques subsistent encore de cette époque, mais toutes les fenêtres ont été repercées, et la base du clocher a été voûtée d'ogives à la première période gothique. Au , la chapelle de la Vierge formant croisillon a été ajoutée au sud du clocher. Après la guerre de Cent Ans, l'étage de beffroi a été refait, et le chœur roman a été remplacé par deux travées de style gothique flamboyant, et la nef a été munie d'un unique bas-côté, également située au sud. Sa voûte en berceau évoque l'architecture classique, et ne date peut-être que du . L'église Sainte-Marie-Madeleine a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du ., et la nef et le bas-côté ont bénéficié d'une restauration au début des années 1990. Le Perchay est aujourd'hui affiliée à la paroisse Avernes et Marines, et son église n'accueille plus des messes dominicales que deux fois par an, à 9 h 30 ou 11 h 00.

Localisation thumb|upright|left|Vue depuis le sud-ouest.

L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional du Vexin français, près de la vallée de la Viosne, sur la commune du Perchay, à l'angle sud de l'agglomération, Grande-Rue, à côté de l'ancienne grande ferme. En venant du centre du village, la Grande-Rue aboutit sur le chevet précédé par la sacristie, puis contourne l'église par le sud. La rue est ici bordée par un muret, et un coteau assez raid descend immédiatement dans un profond ravin. L'on ne peut donc pas contempler l'église en prenant du recul. Le portail se situe au nord de la nef. Il est desservi par un court chemin d'accès qui se termine en impasse, établi parallèlement au chemin privé qui mène au portail de l'ancienne ferme. La première travée la nef et la façade occidentale sont enclavées dans cette propriété privée, et non visibles depuis le domaine public. Il est à noter qu'un autre monument historique se trouve près de l'église. Il s'agit d'une croix en pierre de la fin du ou du début du , qui a été déplacée depuis son emplacement d'origine près d'une maison. vers son emplacement actuel devant la sacristie. Cette croix de style gothique flamboyant a été inscrite par arrêté du ..

Historique thumb|upright|left|Croisillon sud et clocher.

La date de fondation de la paroisse n'est pas connue avec certitude. L'abbé Vital Jean Gautier indique l'année 1161, qui devrait seulement correspondre à une première mention. L'église est dédiée à sainte Marie-Madeleine. Sous l'Ancien Régime, Le Perchay relève du doyenné de Meulan, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et de l'archidiocèse de Rouen. Comme particularité, la cure est à la nomination du seigneur local, de la famille de Guiry. Généralement, les seigneurs laïcs dont les ancêtres avaient usurpé des biens de l'église les avaient restitués aux par le biais de donations aux abbayes, prieurés et chapitres, encouragées par la réforme grégorienne.. La Révolution française apporte le rattachement au nouveau diocèse de Versailles, qui regroupe l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise. En 1966, Le Perchay change une seconde fois de diocèse avec la création du nouveau diocèse de Pontoise, qui correspond au territoire du département du Val-d'Oise alors en voie de constitution. Le Perchay est aujourd'hui affilié à la paroisse Avernes et Marines, et l'église Sainte-Marie-Madeleine n'accueille plus des messes dominicales que deux fois par an, à 9 h 30 ou 11 h 00.

Aucun document ne renseigne sur la construction de l'église. Ses éléments les plus anciens datent de la fin du ou du début du . Ce sont la base du clocher, sans sa voûte, et les murs de la nef, sans les fenêtres actuelles et les grandes arcades. Primitivement à vaisseau unique, comme toujours à , Omerville et , l'église est remaniée à deux reprises à la période gothique, d'abord par le voûtement d'ogives de la base du clocher pendant la seconde moitié du , puis par l'adjonction du croisillon sud au . Après la guerre de Cent Ans, sans doute pendant la première moitié du , le chœur est entièrement rebâti dans le style gothique flamboyant ; l'étage de beffroi du clocher est refait dans un style rustique, et un peu plus tard, un bas-côté est ajouté au sud de la nef. À cette occasion, les deux fenêtres au nord de la nef sont repercées. Plus aucune fenêtre d'origine ne subsiste à ce jour, mais les vestiges de deux petites baies romanes ont été mis en évidence dans la nef.. L'église est inscrite aux monuments historiques par arrêté du , et sa nef et son bas-côté bénéficient d'une restauration au début des années 1990. En revanche, les parties orientales ne sont plus entretenues ; l'enduit s'effrite et plusieurs vitraux sont cassés sans même munir les fenêtres de fermetures provisoires.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée à peu près régulièrement, avec une nette déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan dissymétrique. Elle se compose d'une nef de trois travées, accompagnée d'un unique bas-côté au sud ; de la base du clocher à l'est de la nef ; d'un croisillon dans l'axe du bas-côté, au sud de la base du clocher ; d'un chœur de deux travées terminé par un chevet plat ; et d'une petite sacristie devant le chevet. Une cage d'escalier hors-œuvre occupe l'angle entre la base du clocher et le croisillon, qui abrite la chapelle de la Vierge. La nef est simplement plafonnée. Le bas-côté est voûté en berceau. Les autres travées sont voûtées d'ogives. Les quatre voûtes sont de trois types différents. L'on accède à l'église par le portail dans la deuxième travée de la nef, au nord ; la sacristie dispose également d'une porte vers l'extérieur. Le clocher central est coiffé d'un toit à la hache. Le bas-côté est muni d'un toit en bâtière parallèle à l'axe de la nef, et le croisillon, d'un toit en bâtière perpendiculaire à l'axe de l'édifice, avec pignon au sud.

Intérieur Nef et bas-côté thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Nef, vue vers l'ouest. thumb|Nef, grandes arcades.

La nef est une construction fort simple, voire rustique, et montre des éléments de différentes époques sans grand intérêt architectural, sauf bien sûr l'arc triomphal ouvrant sur la base du clocher, qui fait toutefois partie de cette dernière, et non de la nef. De la période romane, les seuls éléments conservés en élévation sont les restes du décor extérieur du portail, et les traces de deux petites fenêtres en plein cintre, en haut des murs gouttereaux, entre la porte et la dernière fenêtre du nord, ainsi qu'au-dessus du premier pilier des grandes arcades. De la première, ne restent que les piédroits, mais les contours de l'ancienne fenêtre se dessinent en bas-relief sur l'enduit. De la seconde, l'ébrasement est en partie conservée. La porte paraît rectangulaire depuis l'intérieur de la nef, et son arc de décharge n'est pas visible. Les deux fenêtres actuelles, dans la première et dans la troisième travée, sont en arc-Tudor, et dépourvues de remplage, à l'instar de toutes les autres fenêtres de l'église. Elles ne peuvent pas être datées avec certitude, mais sont identiques aux fenêtres du bas-côté, qui n'a pas été ajouté avant le milieu du . Le mur occidental est aveugle, et ne montre pas la moindre trace d'une éventuelle ouverture, si ce n'est une poutre en bois engagé dans le mur, tel un ancien linteau. Les soubassements du mur septentrional et du mur occidental ont été refaits en pierre de taille à la période moderne, et se terminent désormais par un bandeau profilé d'une plate-bande et de plusieurs ressauts. Les poutres maîtresses et les solives du plafond plat ont été en grande partie remplacées lors de la dernière restauration. Malencontreusement, l'on a substitué le plancher à des panneaux de fibres de bois minéralisés, alors que l'absence de tout moyen de chauffage et les trous béants dans les verrières des travées orientales rendent vaine toute isolation thermique. Des plafonds de bois plus authentiques subsistent à Brignancourt, Condécourt, Le Heaulme et Tessancourt-sur-Aubette.

Bernard Duhamel pense que les grandes arcades seraient romanes, mais leur tracé en arc brisé et l'emplacement de l'une des anciennes fenêtres romanes entre deux arcades s'opposent à une datation de la période de construction de la nef et du clocher. En revanche, leurs deux rangs de claveaux non moulurés, aux angles chanfreinés, correspondent bien à la période romane et à la première période gothique, et l'on ne peut exclure que les arcades ont été ouvertes dans le mur préexistant dès les années 1140. Mais comme le souligne Duhamel, le mur latéral du bas-côté avec ses trois fenêtres, dont une rectangulaire et deux en arc-Tudor, date seulement de la reconstruction à la période flamboyante, et contrairement à ce que suggère le même auteur, les piliers tréflés actuels ne sont pas non plus romans. Ils sont constitués de quatre fûts cylindriques engagés dans un noyau carré non visible. Duhamel fait le rapprochement avec les piliers cylindriques engagés de la base du clocher, mais n'explique pas le nombre de quatre fûts, et oublie également que la fenêtre romane du côté sud s'oppose à l'existence primitive d'un bas-côté. Les piliers tréflés sont rares dans la région. On les trouve dans la base de clocher de Jaux, dans le bas-côté de Jouy-le-Comte (avec des ressauts), et au milieu des grandes arcades du sud du Thillay. Chacun des quatre renflements correspond normalement à une retombée d'arcade ou d'arc-doubleau. Il y a des tailloirs carrés aux angles abattus, qui sont de simples tablettes dont l'angle inférieur est taillé en biseau, et ne forment qu'un avec les frises entièrement lisses qui occupent l'emplacement des chapiteaux. Ces frises sont de si faible hauteur que l'on peut exclure l'existence ancienne d'un décor sculpté notable, dont il ne reste de toute façon aucune trace. Les tambours des piliers sont très réguliers et homogènes, et il ne semble pas non plus que le tambour supérieur représente un ancien chapiteau dont l'on aurait abattu la sculpture. Les bases sont cubiques, aux arêtes chanfreinées. Le plafond voûté en berceau mérite d'être signalé, car rarement appliqué aux édifices religieux de la Renaissance dans la région, à moins qu'elle date seulement de la période classique, comme le suggère la corniche des soubassements en pierre de taille.

Base du clocher et chœur thumb|upright|Nef, vue dans la base du clocher. thumb|upright|Base du clocher, vue vers l'est dans le chœur.