L'Étrangleur de Boston () est un film américain réalisé par Richard Fleischer et sorti en 1968. Le film s'inspire en partie de l'affaire de l'étrangleur de Boston : les meurtres en série d'Albert DeSalvo qui assassina treize femmes (onze dans le film) entre 1962 et 1964.
Synopsis
Dans les années 1960, Albert DeSalvo, ouvrier-plombier, est victime d'un dédoublement de la personnalité. Il va assassiner de nombreuses femmes à Boston et ses environs. Le procureur général du Massachusetts Edward Brooke nomme John S. Bottomly à la tête d'un bureau spécial pour tenter de coordonner l'enquête qui s'étend sur plusieurs juridictions.
Fiche technique Titre original : Titre français : L'Étrangleur de Boston Réalisation : Richard Fleischer, assisté de David S. Hall Scénario : Edward Anhalt, d'après le roman de Musique : Lionel Newman Direction artistique : Richard Day et Jack Martin Smith Costumes : Travilla Photographie : Richard H. Kline Montage : Marion Rothman Production : James Cresson et Société de production : Twentieth Century Fox Pays de production : Format : couleurs - - 2,35:1 - stéréo Genre : policier, thriller Durée : 116 minutes Dates de sortie : États-Unis : France : (1ère sortie) / et (ressorties) Affiche : Boris Grinsson (France)
Distribution Tony Curtis (VF : Marc de Georgi) : Albert DeSalvo Henry Fonda (VF : Roland Ménard) : John S. Bottomly George Kennedy (VF : Georges Aminel) : l'inspecteur Phil DiNatale Mike Kellin (VF : René Arrieu) : Julian Soshnick Hurd Hatfield (VF : Gabriel Cattand) : Terence Huntley Murray Hamilton (VF : Jean-Claude Michel) : le sergent Frank McAfee Jeff Corey (VF : Henri Virlogeux) : John Asgeirsson Sally Kellerman : Dianne Cluny William Marshall (VF : Georges Aminel) : Edward W. Brooke George Voskovec (VF : Philippe Dumat) : Peter Hurkos Leora Dana : Mary Bottomly Carolyn Conwell (VF : Arlette Thomas) : Irmgard De Salvo Jeanne Cooper : Cloe (VF : Jean Martinelli) : Nagy Lara Lindsay : Bobbie Eden George Furth (VF : Serge Lhorca) : Lyonel Brumley Richard X. Slattery (VF : Raymond Loyer) : le capitaine Ed Willis William Hickey (VF : Pierre Trabaud) : Eugene T. O'Rourke Eve Collyer (VF : Paule Emanuele) : Martha Ridgeway Gwyda Donhowe (VF : Perrette Pradier) : Alice Oakville Alex Dreir : Le commentateur John Cameron Swayze : La narrateur TV Shelley Burton (VF : Jean-Louis Jemma) : David Parker Elizabeth Baur : Harriet Fordin James Brolin : le sergent Lisi George Tyne : Docteur Kramer Dana Elcar : Luis Schubert William Traylor (VF : Marc Cassot) : Arnie Carr Carole Shelley : Dana Banks Karen Ericson : Pat Bruner (créditée comme Karen Huston= Enid Markey : Edna Dorothy Blackburn : Minnie Adams Almira Sessions : Emma Hodak Isabella Hoopes : Bertha Blum Richard Krisher : Tom Arthur Hanson : Le commissaire Walter Klavun : Le chef de la police Tim Herbert (VF : Roger Crouzet) : Cedric Matt Bennett (VF : Jacques Richard) : Harold Robin Penny Williams : Mae Janis Young : Louise Parker George Fisher : Mr. Taylor : Juge Schroeder Pamela McMyler : Grace (créditée comme Pam McMyler) Owen Orr : Dick Matheson (crédité comme Greg Benedict) Alex Rocco (VF : Jacques Deschamps) : le lieutenant Lurie (non crédité)
Production vignette|Affiche du film.
Attribution des rôles À l'origine, Fleischer désirait un acteur inconnu pour jouer Albert DeSalvo afin d'accentuer le caractère documentaire du film. Tandis que la production voulait une tête d'affiche, et pensa en premier à Warren Beatty, et Ryan O'Neal. Près de 2000 comédiens furent auditionnés, parmi lesquels Anthony Perkins, James Caan et Peter Falk qui ont aussi été suggérésCasey Sherman, A Rose for Mary: The Hunt for the Real Boston Strangler 88.. Fleischer proposa alors Tony Curtis qu'il avait déjà mis en scène dix ans auparavant pour son film les Vikings. La production s'opposa à ce choix, trouvant Curtis inapproprié dans ce registre, étant plutôt catalogué dans les comédies romantiques. Dans un entretien avec Stéphane Bourgoin, Fleischer raconta que pour convaincre la Fox, il fit habiller Curtis de vêtements défraîchis et le fit maquiller avec une bosse sur le nez, et présentant à Darryl Zanuck la photo du comédien ainsi grimé, celui-ci, sans le reconnaître, s'enthousiasma : Stéphane Bourgoin Richard Fleischer 99.
Tournage Le tournage s'est déroulé à Boston, Cambridge et Malden, dans le Massachusetts.
Richard Fleischer utilise abondamment et avec ingéniosité la technique de l'écran divisé ou split screen, ce qui lui permet de montrer différents points de vue sur les actions, les mouvements d'un même personnage (l'étrangleur), ou bien de montrer en même temps des lieux séparés (par exemple l'étrangleur qui entre dans un immeuble, pendant que sa prochaine victime est dans son appartement).
Avec Le Génie du mal (1959) et L'Étrangleur de Rillington Place (1971), ce film forme une trilogie de films noirs autour d'affaires criminelles historiques, et permet à Fleischer, qui voulait d'abord devenir psychiatre avant de faire du cinéma, d'exprimer tout son talent dans la peinture des tréfonds de l'âme humaine. Même si le personnage du tueur n'apparaît réellement qu'à la moitié du film, après les errements de l'enquête policière, l'attention se concentre sur la psychologie torturée de l'étrangleur, bon père de famille, mais victime de ses pulsions.
Accueil Critiques Selon Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier, The Boston Strangler est un des meilleurs films de Richard Fleischer, un modèle de reconstitution semi-documentaire. 50 ans de cinéma américain, Éditions Fernand Nathan, 1995. The Boston Strangler ne verse jamais dans le sensationnalisme (les viols ne sont pas exposés à l'écran) et son propos est plutôt de montrer les victimes des meurtres en série et de décrire les différentes étapes de l'action policièreLa première partie du film est présentée à l'aide du procédé de split screen., puis judiciaire ()J.-P. Coursodon et B. Tavernier, op. cité Fleischer s'impose après La Fille sur la balançoire (1955) et avant L'Étrangleur de Rillington Place (1971) comme un spécialiste du thriller inspiré de faits divers criminels. S. Krezinski in : Le Petit Larousse des films, Larousse, 2012.
Distinctions Nomination au prix du meilleur montage, par l'American Cinema Editors en 1969. Nomination au Prix Edgar-Allan-Poe du meilleur film en 1969. Nomination au Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique pour Tony Curtis en 1969.
Autour du film En 1976, le maire de Nogent-sur-Oise Georges Lenne demanda à Antenne 2 d'annuler une diffusion de L'Étrangleur de Boston programmée pour le , motivant sa requête par la par un tueur en série sévissant dans sa ville et un . Après l'intervention du ministre de l'Intérieur Michel Poniatowski, la chaîne décida de retarder d'une heure la diffusion du film et d'écourter par la même occasion son émission Les Dossiers de l'écran. En 1990, l'ancien policier Robert Mesini dressa dans ses mémoires un parallèle entre Marcel Barbeault, le tueur en série de Nogent-sur-Oise en 1976, et Albert DeSalvo, le tueur en série dépeint dans le film.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Madeleine Garrigou-Lagrange, « l'étrangleur de boston », Téléciné , Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), , ,
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