Le Marine Corps Base (MCB) Camp Lejeune (ou camp Lejeune) est l'une des plus grandes bases militaires et camp d'entraînement au monde, qui s'étend sur environ (plus de hectares), à Jacksonville en Caroline du Nord aux États-Unis. Ses de plages en font un site majeur pour l'instruction aux assauts amphibies, tandis que sa position entre les ports en eaux profondes de Wilmington et Morehead City facilite des déploiements rapides.

Elle appartient à l'United States Marine Corps (Corps des Marines des États‑Unis) ; le complexe principal est complété par six installations satellites — Marine Corps Air Station New River, Camp Geiger, Stone Bay, Courthouse Bay, Camp Johnson et la Greater Sandy Run Training Area. Le port militaire associé se trouve à Beaufort, à l'extrémité sud de Radio Island, et n'est occupé que lors des opérations portuaires.

Ce camp, qui a vu passer plus d'un million de soldats, a aussi connu des dizaines de milliers de naissance parmi les personnels et les familles logées sur place, a été concerné par une contamination chronique de l'eau potable par des produits chimiques, notamment cancérigènes et/ou mutagènes issus de rejets ou de fuites de citernes ou décharges entre les années 1950 et 1985. Il a été scientifiquement démontré que les militaires exposées ont un risque exacerbé de contracter plusieurs types de cancers (myéloïdes, œsophage, larynx, thyroïde, tissus mous, lymphomes, plusieurs sous‑types pulmonaires et cancer du sein masculin), tandis que chez les travailleurs civils du camp, l'excès concerne les cancers myéloïdes, le poumon épidermoïde et les cancers du sein féminin et canalaire ; les familles résidentes n'ont pas été étudiées et une surveillance prolongée est toujours (en 2025) recommandée. Cette pollution a entraîné depuis 2024 plus de plaintes avec demandes d'indemnisation de la part de personnes ayant bu de cette eau dans le passé. Et les défaillances de surveillance fédérale et militaire qui ont permis à la contamination de persister pendant des décennies sont critiquées, ainsi que les conséquences sanitaires, sociales et juridiques qui en découlent Kaitlyn N. Helt, « Boots on the Ground, Toxins in the Water: A Look Into the Present State of Camp Lejeune Water Contamination », Villanova Environmental Law Journal, , , 2026, ..

Préhistoire Peu de sites paléoindiens sont bien datés dans la région — probablement en raison de la submersion des sites côtiers par la montée des eaux marines lors de la déglaciation, mais on sait que la plaine côtière atlantique de la Caroline du Nord a connu une occupation humaine continue depuis environ 12 000 ans, avec un peuplement amérindien issu d'une migration asiatique passée par le détroit de Béring.

La période paléoamérindienne (vers 12 000–8000 av. J.-C.) est notamment documentée par des pointes de projectile de type lancéolé (Clovis, Hardaway, Hardaway-Dalton), associées aux activités de chasseurs-cueilleurs très mobiles dont l'économie de subsistance reste mal connue (faute de vestiges organiques conservés).

Vien ensuite la période dite « archaïque » (8000–1000 av. J.-C.), subdivisée en phases ancienne, moyenne et récente, connue par l'évolution des formes de pointes de projectile (Palmer, Kirk, Stanly, Morrow Mountain, Guilford, puis Savannah River), période durant laquelle les groupes humains occupent alternativement les terrasses d'amont et les plaines inondables avant de se déplacer, à la fin de l'Archaïque, vers les estuaires et les embouchures des grands fleuves ; c'est aussi à cette époque qu'apparaît la céramique la plus ancienne de la région, d'abord en stéatite puis en argile à dégraissant végétal (série Stallings).

Enfin, la période dite sylvicole (Woodland, 1000 av. J.-C.–1650 apr. J.-C.) se caractérise par une régionalisation culturelle marquée, marquée par des traditions céramiques distinctes au nord et au sud de la rivière Neuse (séries Deep Creek et New River à la phase ancienne, puis Cape Fear et Hanover à la phase moyenne) ; une mobilité élevée et une dépendance croissante envers les ressources estuariennes, cette dernière période sylvicole moyenne étant en outre marquée par l'apparition de tertres funéraires bas associés aux groupes de la phase Cape FearRichardson R (2011). Marine Corps Base Camp Lejeune, PDF ; https://www.lejeune.marines.mil/Portals/27/Documents/EMD/Cultural-Resources/ICRMP/MCBCL%202011%20ICRMP_SEARCH_Redact_opt.pdf..

Population actuelle La population du « Camp Lejeune » varie selon le périmètre considéré : l'installation militaire et ses dépendances accueillent environ 137 526 personnes — militaires, marins, retraités, familles et employés civils — selon les données officielles du Department of Defense. ; les unités statistiques de l'U.S. Census Bureau donnent des valeurs moindres : 34 332 résidents pour l'aire « Camp Lejeune UT » ; et 53 839 habitants pour l'aire élargie « Camp Lejeune UT / Central Coast ».

Ces chiffres reflètent la structure complexe de la base et de ses divers camps satellites, qui ensemble constituent en 2026 .

Installations Au centre de la façade est des Etats-Unis, le Camp Lejeune couvre environ 640 km², qui incluent 18 km de plages adaptées aux Opérations militaire amphibie.

32 positions d'artillerie y ont aussi été installées, ainsi que 48 zones d'atterrissage tactiques, trois centres d'entraînement urbain de dernière génération et de 80 champs de tir, incluant le Greater Sandy Run Training Area, une vaste zone d'entraînement acquise en 1992, qui a agrandi le camps de plus de 153 000 acres et est devenu un site majeur d'entraînement de la Force tactique terrestre et aérienne des Marines (Marine Air‑Ground Task Forces). Ce terrain comprend aussi l'ancien Camp Davis, dont l'aérodrome rénové permet aujourd'hui d'accueillir l'ensemble des types aéronefs du Corps des Marines, du F‑35 au Boeing KC-135 Stratotanker, et de simuler des opérations sur aérodrome en conditions austères. Ceci fait de ce camp l'un des principaux centres d'entraînement du Corps des Marines, régulièrement utilisé pour des exercices bilatéraux et des opérations parrainées par l'OTAN..

Le Camp Lejeune abrite aussi diverses installations récréatives, incluant des centres communautaires, un bowling, un golf, des installations de hockey, des marinas, des installations de paintball, un cinéma, des équipements de plage à Onslow Beach, des piscines, des lieux de pêche et de chasse, un camping côtier, des stands de tir, un skatepark, un centre d'e‑sport, ainsi que des services de location de matériel et de nombreuses infrastructures sportives et de remise en forme.

Concernant le logement (service privatisé à Camp Lejeune et à la Marine Corps Air Station New River depuis 2007), 5 204 unités résidentielles anciennes ou rénovées, toutes climatisées, sont gérées par deux partenaires Public‑privés (Hunt Military Communities et Lincoln Military Housing). Le logement familial est soumis à des critères d'éligibilité et les demandes (ordinaires ou anticipées) sont traitées par le Military Housing Office, qui gère aussi les listes d'attente et les documents requis. Pour les résidents hors‑base, le MHO propose un service de référencement locatif et un Rental Partnership Program permettant de réduire les coûts d'installation (dépôt de garantie supprimé, frais réduits) en échange d'un paiement du loyer par allotment (c'est à dire « prélèvement automatique sur solde »), avec assistance en cas de litige. Aucun parc de mobile homes n'existe sur la base, et les services câble/internet doivent être souscrits séparément..

Une partie de la base se situe dans les limites de la ville de Jacksonville, tandis que le reste s'étend sur des zones non-incorporées.

Histoire La construction de la base de Camp Lejeune, approuvée en , durant la Seconde Guerre mondiale) a débuté le 1er mai sur une étendue de () dans le comté d'Onslow en Caroline du Nord.

La construction débute sous la direction du lieutenant‑colonel William P.T. Hill, d'abord sous le nom de Marine Barracks New River. ; le quartier général est installé à Montford Point puis transféré à Hadnot Point en En 1942, année où le camp est rebaptisé en l'honneur du commandant du Corps des Marines, le Lieutenant-général John A. Lejeune..

L'une de ses installations satellites, Montford Point, sert de troisième camp d'instruction de 1942 à 1949, formant 20 000 Marines afro‑américains durant la période de ségrégation ouverte par l'Executive Order 8802, avant d'être rebaptisée Camp Gilbert H. Johnson après l'intégration complète des forces armées.

Le 10 mai 1996, le camps organise un grand exercice américano‑britannique, l' Operation Purple Star, la plus vaste manœuvre bilatérale jamais réalisée, qui a mobilisé 38 000 soldats américains et 15 000 britanniques dans un scénario simulant une crise de type golfe Persique. Dans l'opéreation, deux hélicoptères des Marines — un Boeing CH-46 Sea Knight et un AH‑1W Cobra — entrent accidentellement en collision vers 2h du matin, dans l'obscurité, le 10 mai 1996, s'écrasant près du camps dans un marécage dense, tuant 14 militaires américains, tandis que le pilote et le copilote du Sea Knight survivent, mais grièvement blessés. Le choc, survenu par temps clair, provoque un incendie qui a rendu l'identification des corps difficile ; et les secours ont du progresser dans une vase profonde pour récupérer les victimes. L'accident, le plus meurtrier pour l'aviation du Corps des Marines depuis 1989 a entraîné une suspension temporaire des exercices aériens..

En septembre 2018, l'ouragan Florence ravage le camps, endommageant les systèmes informatiques, plus de 900 bâtiments, 70 % des logements et provoquant le déversement de 84 000 gallons d'eaux polluées. Les réparations ont coûté environ 3,6 milliards de dollars.. Des études ont ensuite analysé la manière dont les catastrophes naturelles peuvent surprendre l'armée et les organisations de secours dans la mobilisation rapide de ressources humaines, matérielles et financières pour protéger ou rétablir des infrastructures après ce type d'évènement. Elles ont montré que, malgré des capacités d'intervention élevées, des installations (comme celles du Camp Lejeune) ont subi en 2018 des dommages inattendus et contredisant les attentes établies. Une étude a créé une méthode reliant le degré de surprise à des indicateurs de résilience, montrant que démontrent que les systèmes d'égouts, les zones d'entraînement, les écoles et les infrastructures essentielles n'étaient pas prêtes ni suffisamment résilientes face à des situations dont la durée et l'intensité inhabituelles réduisent l'efficacité des ressources déployées. Les auteurs invitent à améliorer la préparation et l'allocation des ressources lors de futures catastrophes..

Le Camp Lejeune a reçu à sept reprises le prix Commander‑in‑Chief's Award pour récompenser la qualité de ses équipements.

Aspects culturels et patrimoniaux Patrimoine archéologique Un plan nommé Integrated Cultural Resources Management Plan (ICRMP) sert de cadre de conformité au Camp Lejeune pour identifier, évaluer, protéger et gérer les biens historiques de la base (conformément aux Sections 106 et 110 du National Historic Preservation Act).

Il intègre les exigences du programme de ressources culturelles aux activités opérationnelles et de planification, pour assurer une gestion patrimoniale compatible avec la mission militaire.

Selon un rapport publié en 2011, le camp contenait en 2008 1 244 sites archéologiques identifiés et 2 617 bâtiments ou structures âgés de plus de 50 ans, dont 1 280 encore présents ; 188 bâtiments sont jugés éligibles au Registre national des lieux historiques (National Register of Historic Places), dont 187 situés dans l'un des huit districts historiques de la base, auxquels s'ajoutent 38 autres ressources (routes, objets, paysages) contribuant à ces districts.