vignette|Panneau en hommage à la chanson В землянке à Kashino

Dans la tranchée est une chanson soviétique composée en 1942 par Constantin Listov sur des paroles d'Alekseï Sourkov.

Genèse et histoire Alexeï Sourkov est envoyé au front en tant que correspondant de guerre pour la Pravda de l'armée rouge en 1941, pour couvrir la Bataille de Moscou. Là, il compose bien vite un poème intitulé "Et je ne suis qu'à quatre pas de la mort". Pour ce faire, il s'inspire de son environnement direct : une tranchée, un accordéoniste, un poêle. Le poème paraît dans la Pravda du front en 1942, et le compositeur Constantin Listov, en recherche de paroles pour une nouvelle chanson, l'adopte aussitôt. Au début sceptique, Alexeï Sourkov accepte, et une semaine après, la chanson est chantée par Constantin Listov, accompagné à la guitare par le photojournaliste Mikhaïl Savine. La mélodie, restant facilement en tête, plaît. L'écrivain Evguéni Vorobiov en consigne la mélodie et le texte, et la chanson est publiée peu après dans la Komsomolskaïa PravdaCommentaires d'Alekseï Sourkov à propos de la genèse de la chanson. La chanson se répand très vite au front, et devient très populaire. Elle entre notamment dans le répertoire de Lidia Rouslanova. Néanmoins, les paroles changent parfois, les deux derniers couplets pouvant être différentsExemple d'une version allongée. Une version de la chanson sous forme de « réponse au soldat » existe aussiAutre version de la chanson, en forme de réponse.. Une modification particulièrement fréquente de la chanson consiste à substituer, dans le dernier vers, le mot « notre » au mot « mon » : le texte devient ainsi « Et dans cette froide tranchée nous avons bien chaud / Grâce à notre amour inextinguible » (en russe Нам в холодной землянке тепло / От нашей негасимой любви). Cependant, en , la chanson est officieusement interdite, l'expression « Et je ne suis qu'à quatre pas de la mort » ayant été considérée comme décadente. Les enregistrements de Lidia Rouslanova ont été saisis et presque entièrement détruits. La diffusion à la radio a elle aussi été interdite. Alexeï Sourkov recevra d'ailleurs la lettre de six tankistes lui demandant de « dire à ces gens-là » qu'eux savaient « à combien de pas de la mort » ils se trouvaientHistoire de la chanson.. Quoi qu'il en soit, des arrangements « optimistes » ont été faits sur la chanson, à l'insu du poète originel. Peu après, la censure avait « fermé les yeux » sur l'interdiction prononcée à l'encontre de la chanson. Lidia Rouslanova la chantera devant le Reichstag et la Porte de Brandebourg. Dès lors, elle entrera dans le répertoire traditionnel des chansons de la Seconde Guerre mondiale.

Paroles et traductions Paroles russesTexte de la chanson. Translittération Traduction française Бьется в тесной печурке огонь, На поленьях смола, как слеза. И поет мне в землянке гармонь Про улыбку твою и глаза. Biotsa v tièsnoï piètchourkiè ogogne Na palièniakh smala kak slièza I païot mniè v zièmlankiè garmogne Pro oulibkou tvoïou i glaza Le feu brûle dans le poêle à côté Les gouttes de résine sont comme des larmes, Et l'accordéon dans la tranchée, Me chante ton sourire et tes yeux Про тебя мне шептали кусты В белоснежных полях под Москвой. Я хочу, чтобы слышала ты, Как тоскует мой голос живой. Pro tiébia mniè cheptali kousty V biélosniéjnykh paliakh pad Maskvoï Ya khatchiou chtoby slychala ty Kak taskouïet moï golos jévoï Les buissons me chuchotaient ton nom Dans les blanches plaines enneigées près de Moscou Et je voudrais par-dessus-tout que tu entendes La tristesse de ma voix survivante Ты сейчас далеко, далеко, Между нами снега и снега. До тебя мне дойти не легко, А до смерти - четыре шага. Té sèïtchas dalièko dalièko Mièjdou nami sniéga i sniéga Da tiébia mniè daïti niè lekhko A do smièrti tchètériè chaga Tu es maintenant loin, si loin Tant de neige se trouve entre nous C'est si dur pour moi de te rejoindre Et je ne suis qu'à quatre pas de la mort. Пой, гармоника, вьюге назло, Заплутавшее счастье зови. Мне в холодной землянке тепло От моей негасимой любви. Poï garmonika viouguiè nazlo Zaploutavchièïè schiastiè zavi Mniè v khalodnoï zièmliankiè tièplo Ot moïeï niègasimoï lioubvi. Chante, accordéon, défie la neige Rappelle notre joie perdue Et dans cette froide tranchée j'ai bien chaud Grâce à mon amour inextinguible.

Popularité Très populaire dès sa composition, la chanson a été chantée par de nombreux interprètes, dont les chœurs de l'armée rouge, Yaroslav Evdokimov, Evgueni Beliaïev, Vladimir Trochine, Léonid Outiossov, Guennadi Belov, ou encore Lidia Rouslanova. Le poème d'Alekseï Sourkov a été inclus à l'ouvrage 500 perles de la poésie mondiale. Le village de Kachino, non loin de l'endroit où a été initialement écrit le texte de la chanson, a érigé une plaque commémorative en son honneur en Références.

Notes et références

Catégorie:Chanson populaire russe Catégorie:Chanson soviétique Catégorie:Chanson en russe Catégorie:Chanson sur la mort Catégorie:Chanson évoquant l'amour Catégorie:Chanson interprétée par les Chœurs de l'Armée rouge Catégorie:Chanson de la Seconde guerre mondiale