Nuit debout est un ensemble de manifestations sur des places publiques, principalement en France, ayant commencé le à la suite d'une manifestation contre la loi Travail.

Ce mouvement social est pluriel et cherche à construire une « convergence des luttes ». Sa revendication initiale, le refus de la loi Travail, s'élargit à une contestation plus globale des institutions politiques et du système économique.

Créé à l’issue d’une réunion publique organisée par François Ruffin à l'époque journaliste, le mouvement fonctionne ensuite sans leader ni porte-parole. Il est organisé en commissions et les prises de décisions se font par consensus lors d'assemblées générales, suivant les principes de la démocratie directe.

Le mouvement s'étend sur une centaine de villes, certaines organisant des assemblées quotidiennes. L'affluence aux assemblées baisse à partir de fin ..

Déroulement Contexte Le , entre manifestent en France pour protester contre la loi Travail, à l'appel d'organisations de jeunesse.. La contestation prend de l'ampleur deux semaines après, le lorsque, soutenues par des syndicats de salariés, les manifestations rassemblent entre et 1,2 million de personnes.. Cette contestation ne se limite pas au projet de loi, les manifestants se disant surtout ..

Les conséquences sécuritaires des attentats du 13 novembre 2015 font alors pleinement partie du contexte politique en France..

Origine vignette|François Ruffin en juin 2017. Le mouvement tire son origine d'une rencontre publique organisée à la bourse du travail de Paris le , notamment par François Ruffin, rédacteur en chef du journal de critique sociale Fakir et réalisateur du film alors en salles Merci Patron !. Elle est motivée par la .. Cette rencontre, baptisée et motivée par les réactions du public au film Merci Patron !, a pour but de faire ..

Après la manifestation du , le mouvement occupe la place de la République.

Le , une quinzaine de personnes, réunit Johanna Silva du journal Fakir, Loïc Canitrot, intermittent de la compagnie Jolie Môme, Leïla Chaibi du collectif Jeudi noir et adhérente du Parti de gauche (PG), une syndicaliste d'Air France également au PG, un membre de l'association Les Engraineurs, ou encore un étudiant à Sciences Po, l'économiste atterré Thomas Coutrot et Nicolas Galepides de Sud-PTT..

Le collectif refuse d'établir une plateforme revendicative mais dénonce , un et lance un appel pour construire un . Une cagnotte lancée sur Internet récolte . L'association Droit au logement offre son aide, notamment juridique et pratique et tente d'encadrer la place, l'organisation altermondialiste Attac et l'union syndicale Solidaires se joignent également au collectif, bien qu'étant organisations politisées d'encadrement habituel des mouvements sociaux.

C'est l'économiste Frédéric Lordon qui est sollicité par le collectif d'initiative pour ouvrir cette première nuit parisienne du . Il y prononce un discours, notamment sur la convergence des luttes., qui se conclut ainsi : Lors de ses différentes prises de parole, Frédéric Lordon expose ses idées, telle celle d'un mouvement social généralisé à tous les secteurs de la société, idée développée notamment dans un article publié dans Le Monde diplomatique de , intitulé ...

Ainsi naît le mouvement, présenté comme citoyen et pacifique. Mais le collectif se reconnaît rapidement par le succès et l'ampleur de la mobilisation et passe la main à un mouvement horizontal et qui n'a pas de représentant.

Occupations thumb|right|Paris, place de la République, 10 avril 2016. thumb|right|Paris, place de la République, 11 avril 2016.

Des structures s'organisent progressivement à Paris pour tenir la place de la République le plus longtemps possible : accueil, infirmerie, cantine, nettoyage, campement..

Des rencontres s'opèrent entre les participants de profils divers (étudiants, ouvriers, précaires, chômeurs, universitaires, migrants)..

Différentes formations politiques se joignent au mouvement, mais la récupération politique semble discrète.. Olivier Besancenot, ancien porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste, et Julien Bayou, porte-parole d'Europe Écologie Les Verts (qui y convie même Yánis Varoufákis), viennent régulièrement participer à Paris, mais en leur nom propre, et non en celui de leurs partis politiques.

Le mouvement se répand dès le dans plusieurs villes de France., puis continue à croître. Toutefois, il peine dans un premier temps à s'étendre en banlieue.. Les premiers jours, quelques habitants de Seine-Saint-Denis participent au rassemblement de Paris. avant que des Nuits debout ne soient organisées à Montreuil., Saint-Denis, Saint-Ouen et Marne-la-Vallée..

Le , le mouvement s'exporte en France d'outre-mer à Saint-Denis (La Réunion).. À cette date, en comptant les mouvements réguliers, mais aussi les initiatives irrégulières liées au mouvement, le journal Ouest-France relève plus de cinquante villes concernées.

Lors de la seconde semaine d'occupation à Paris se posent les questions de la structuration du mouvement ainsi que de la précision de ses objectifs. Le , lors d'un débat public, l'anthropologue David Graeber et l'économiste Frédéric Lordon s'interrogent sur les relations entre démocratie horizontale et diagonale nécessitant d'organiser des pour éviter que le mouvement ne tombe dans une . Frédéric Lordon précise que ....

Mobilisation contre la « loi Travail » vignette|Appel à la Nuit debout à Strasbourg le 9 avril 2016, devant la cathédrale. Initialement formé dans un contexte de mobilisation contre la loi Travail, le mouvement aborde des sujets nombreux. François Ruffin et Frédéric Lordon demandent, le soir du , que le retrait du projet de loi redevienne un objectif clair du mouvement. Frédéric Lordon explique que Nuit debout

Le , une assemblée est convoquée par le journal Fakir et le collectif Convergence des luttes, à l'origine de Nuit debout, pour tenter de définir . Un rapprochement avec les syndicats opposés à la loi Travail est proposée pour les manifestations du : . Aucun consensus ne se dégage sur cette proposition.... Finalement, une motion est approuvée par les assemblées des 22 et appelant ces syndicats à participer à des débats communs les et pour ..

Le à Paris, une première jonction est réalisée avec les syndicats. Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, ainsi que des membres de l'Union syndicale Solidaires et de la CNT, prennent la parole lors de l'assemblée populaire. Des appels à la grève reconductible sont lancés, sans plus de précisions....

Le même jour à Dijon, peu avant du matin, une vingtaine de manifestants de Nuit debout Dijon investissent le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. afin de protester contre le projet de loi El Khomri. Ils demandent à prendre la parole. La présidente de région, Marie-Guite Dufay, refuse et suspend la séance une vingtaine de minutes., le temps que la police fasse évacuer calmement les manifestants, malgré des tensions entre les conseillers régionaux FN et les militants de Nuit debout.

Le matin du , jour de l'ouverture des débats sur le projet de loi El Khomri à l'Assemblée Nationale, une centaine de participants de Nuit debout bloquent le pont de la Concorde par un sit-in. . Un peu plus tard dans la matinée, les manifestants libèrent le pont afin de laisser passer la circulation, et se rapprochent des grilles de l'Assemblée nationale. Ils en sont rapidement délogés par des CRS.

La majorité parlementaire nécessaire pour faire voter la loi Travail n'étant pas assurée., le Premier Ministre Manuel Valls décide, le , de la faire passer en utilisant l'article 49.3 de la Constitution. Dans l'après-midi, plusieurs centaines de manifestants, dont ceux de Nuit debout, viennent de nouveau occuper le pont de la Concorde.. Dans plusieurs villes des manifestations spontanées se mettent en place. Dans d'autres villes, comme à Chalon-sur-Saône., où les rassemblements de Nuit debout ne sont pas forcément quotidiens, des se prévoient pour le soir même. À Paris et Toulouse se produisent des heurts entre les manifestants et la police.

Le mouvement parisien envoie un communiqué qui déclare : . Cette loi . Les militants répondront , et appellent à la mobilisation ..

Fin , des opposants à la Loi Travail bloquent les huit raffineries de pétrole de France métropolitaine et plusieurs dépôts de carburant. Les membres de Nuit debout Lorient y participent activement, en tenant la barricade du port de pêche de Lorient. . De plus, ils assurent un petit service médical contre les blessures qui peuvent survenir au cours des manifestations, notamment celles liées au gaz lacrymogène.

Manifestations ponctuelles

Manifestations spontanées Dans la nuit du samedi , plusieurs centaines de participants ont décidé de « prendre l'apéro chez Valls » et sont partis en manifestation spontanée vers le domicile parisien du chef du gouvernement..

Le , à la suite d'une émission de télévision à laquelle participait François Hollande retransmise place de la République, 300 manifestants tentent de converger vers l'Élysée et sont détournés par les forces de l'ordre.

Occupation d'enseignes commerciales Le , des manifestants occupent une agence de la BNP Paribas à Toulouse, puis continuent leur manifestation théâtre de la Cité TNT après avoir été évacués par la police.

Le , une quarantaine de manifestants du mouvement grenoblois investissent un hypermarché Carrefour, afin d'y faire un pique-nique en se servant dans les rayons. Avec diplomatie, le directeur donne la possibilité aux manifestants d'intervenir au micro du magasin afin de clore la manifestation dans le calme.

Le en soirée, 400 manifestants de Nuit debout de Toulouse occupent le McDonald's pour protester contre l'évasion fiscale et la précarité des employés de la chaîne...

Le , une cinquantaine de participants à Nuit debout Montélimar organisent une distribution de jus de fruit devant une usine de l'entreprise d'emballage Autajon afin de protester contre le PDG, Gérard Autajon, impliqué dans le scandale des Panama Papers et soupçonné d'avoir dissimulé plus de 20 millions d'euros au fisc..

Soutien à d'autres mouvements Le , l'assemblée générale de Paris est délocalisée devant le Théâtre de l'Odéon occupé, depuis la veille, par des intermittents du spectacle...

Fin-avril, les participants à Nuit debout Montpellier aident les habitants du quartier populaire des Cévennes en établissant une zone à défendre dans le parc de la Colline de Las Rébès, empêchant la mairie de le raser et de construire de nouveaux logements sociaux..

Début septembre, le mouvement relaie l'action de Blockupy et tente de manifester devant le ministère du travail, puis l'assemblée nationale. Sans autorisation de manifester, il est dispersé par la police..

Irruptions en conseil municipal Le vendredi , le Conseil municipal de Clermont-Ferrand est envahi par une vingtaine de militants, qui protestent contre l'interdiction d'ériger des constructions en dur sur la place de Jaude. Après trois heures d'occupation et d’interruptions au mégaphone, le maire Olivier Bianchi doit annuler le conseil municipal...

Le , une quinzaine de manifestants de Nuit debout Poitiers investissent l'Hôtel de ville de Poitiers pendant une séance du conseil municipal... Une fois la délibération prévue à l'ordre du jour adoptée, le député-maire Alain Claeys accepte de donner la parole aux manifestants. Le groupe a débattu dans le calme sur différents sujetsLa loi Travail, les migrants, la démocratie, le renseignement et les caméras de vidéo-protection..

École des Beaux-Arts à Paris Plusieurs manifestants parisiens ont occupé l'École des beaux arts le jeudi , en rappel symbolique d'une même occupation en mai 68. Ils espèrent une installation pérenne, mais sont évacués le samedi matin.. Des portes ont alors été fracturées dans le but de retirer le drapeau français du toit.. Des cannettes abandonnées participeront au blocage du système d'évacuation d'eau pluviale en ..