L'Institution des premiers moines est un livre court, publié à la fin du par Philippe Ribot, en tête d'une compilation de différents ouvrages. La publication initiale intitulée Decem libri de institutione et peculiaribus gestis religiosorum carmelitarum, était, d'après Philippe Ribot, une compilation de différents livres, de différents auteurs, mais n'était pas son œuvre en propre. Le premier ouvrage Liber de institutione primorum monachorum (L'institution des premiers moines), est attribuée à un évêque de Jérusalem du . Mais selon toute vraisemblance c'est bien Philippe Ribot qui en serait l'auteur.

Ce livre a eu une grande influence au Moyen Âge sur l'ordre des Carmes et la définition de leur spiritualité propre. Le livre, qui se présente comme une exégèse de 4 versets du Premier livre des Rois (), présentant Élie comme le premier prophète ermite, et le modèle à suivre pour tous les moines-ermites du mont Carmel.

La traduction et l'édition de 2013, intègre une introduction avec une étude historico-critique de l'ouvrage, ainsi qu'une réflexion exégétique sur la portée, aujourd'hui, de l'enseignement dispensé par Philippe Ribot.

Historique Ce livre a été publié dans une compilation d'ouvrage : Decem libri de institutione et peculiaribus gestis religiosorum carmelitarum à la fin du . Il est le premier ouvrage de cette compilation. Si la publication latine originale est le fruit de Philippe Ribot, provincial de l'Ordre des Carmes et exégète, l'ouvrage lui-même se veut être écrit par Jean XLIV, évêque de Jérusalem.. Si ce personnage a bien existé (il s'agit de Jean II de Jérusalem, évêque du ayant succédé à Cyrille de Jérusalem), de nombreuses personnes mettent en doute cette affirmationPar exemple : . et attribuent à Philippe Ribot la paternité de l'ouvrage (ainsi que des autres livres publiés dans la compilation d'origine)Voir l'étude menée dans l'introduction . Elisabeth Steinmann, dans son ouvrage Carmel Vivant sur l'histoire de l'ordre le cite comme auteur de l'ouvrage sans donner de précision ni entrer dans le débat (voir )..

En effet, même si dans le prologue de sa publication il se défend d'être l'auteur des différents ouvrages qu'il publie, et juste le "compilateur" qui n'a fait que de minimes retouches, la prière d'action de grâce qu'il rédige à la fin de son laisse supposer qu'il a fait .. D'où pour certains les forts soupçons qu'il soit l'auteur direct des différents ouvrages. Certains spécialistes estiment que, même s'il est fort probable que Philippe Ribot ait repris des portions de textes de pères grecs dans son œuvre, la composition de ce petit livre est le fruit d'un auteur de langue latineQue ce soit par le jeu de mots Carith-Caritas qui n'existe qu'en latin, ou par les références à des pères latins comme Augustin d'Hippone, Jean Cassien ou Grégoire le Grand... Si l'auteur exact de l'œuvre est officiellement inconnu, la paternité en reste généralement attribuée à Philippe Ribot.

Cet ouvrage, rédigé un siècle et demi après la fondation de l'ordre, a eu une grande influence spirituelle sur cet ordre naissantCette influence s'est étendue au cours des siècles comme l'affirme le P W. Janssen dans son ouvrage : .. Aujourd'hui encore, le Père Otger Stegging n'hésite pas à considérer ce livre comme ..

Présentation de l'ouvrage Ouvrage original vignette|Élie au torrent de Kerit (par Andrea Boscoli) vignette|Gravure d'Élie au torrent de Kerit (par Johann Wilhelm Schirmer, 1851) Ce petit traité de vie spirituelle à destination des ermites du mont CarmelBien que le livre soit publié plus d'un siècle après l'installation en Europe de ces ermites, de la mise en place d'une vie monachique, et de la fin de la présence carmélitaine sur le mont Carmel. est découpé en 9 chapitres. Il se veut un commentaire méthodique du chapitre 17, versets 2 à 6, du Premier livre des Rois (Voir ).

Si le premier chapitre. se veut une explication historique de la présence continue d'ermites, depuis le prophète Élie jusqu'au , sur le mont Carmel (soit plus de 20 siècles), cette hypothèse est aujourd'hui historiquement non fondée, et peu probable. Cependant, au Moyen Âge, ce texte a eu un impact important dans la définition de la spiritualité carmélitaine.

Le second chapitre. est une introduction à la vie d’Élie. Elle présente comment Élie est le premier prophète à avoir eu une vie érémitique, et sert donc de modèle aux ermites carmes.

Les chapitres suivants étudient les versets bibliques et définissent 4 degrés pour . : chapitre 3. : : le renoncement aux biens terrestres chapitre 4. : : la lutte contre les désirs de la chair chapitre 5. : : cache-toi dans la solitude, loin des villes chapitre 6. : : sépare-toi du péché en vivant dans la charité

Le chapitre 7. , un enseignement pour accéder à la perfection prophétique (garde ton cœur pur grâce à la charité parfaite).

Le chapitre 8. , persévérer dans la perfection prophétique.

L'édition originale s'arrêtait ici, mais le du second livre publié par Ribot a été ajouté (dans les éditions postérieures) comme . car celui-ci fait office de récapitulation et conclusion de toute l'œuvre.

L'édition critique de 2013 thumb|Élie dans le désert (Washington Allston, 1818) vignette|Élie dans l'art carmélitain (Ubeda, musée Jean de la Croix) Cette édition critique du texte de Philippe Ribot est issue d'une traduction de sœur Pascale-Dominique NauTraduction revue par le frère Yves-Marie du Très-Saint Sacrement, o.c.d.)., accompagnée d'une introduction et d'une annexe du frère Jean-Philippe Houdret, o.c.d..

Une courte préface. donne les sources de l'ouvrage. Elle est suivie d'une longue introduction. présentant l'œuvre, le contexte historique, le plan de l'œuvre et des lignes exégétiques pour lire ce texte aujourd'hui. Par rapport à la version latine originale, un a été rajouté au texte de P. Ribot : il s'agit du de son second livre qui s'avère être un chapitre de analysant les derniers vers du Livre des Rois () et la d'alternance de vie érémitique et d'activité prophétique.

Enfin, une annexe. ouvre le débat sur la pertinence d'intégrer ce chapitre 9 dans l'édition de ce livre ou non, en abordant différents points de vue et arguments.

Les différentes éditions Cet ouvrage a été publié et traduit à diverses reprises (souvent dans des recueils compilant différentes œuvres) voici quelques éditions connues : . Premier livre de la compilation Decem libri de institutione et peculiaribus gestis religiosorum carmelitarum. L'ouvrage est traduit, dès le , en anglais, en français, en dialecte de Liège (par Thomas de Lemborch) ainsi qu'en espagnolC'est cette traduction en espagnol que Thérèse d'Avila utilisera pour ... . . .

Notes et références

Annexes Voir aussi Ordre du Carmel Histoire des premiers Carmes Mont Carmel

Liens externes

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