Jacquy Haddouche, né le  à Beauvais et mort le  à la prison de Fresnes.., est un tueur en série français. Il a été reconnu coupable de trois meurtres, commis entre 1992 et 2002, et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans.

Biographie

Jeunesse Les parents de Haddouche sont algériens. Sa mère s'appelle Djouber Azzouz et son père Ahmed Haddouche. En 1962, Ahmed, harki pendant la Guerre d'Algérie, est évacué avec sa famille vers la France. À Beauvais dans l'Oise, il trouve un emploi d'ouvrier spécialisé à l'usine Lockheed. Devenu alcoolique et très violent, il est renvoyé de son emploi.

Jacquy Haddouche naît le . Il est le troisième des douze enfants de la fratrie. Il est scolarisé au collège George Sand. Il est considéré intelligent et sensible, mais instable, agressif, impulsif, intolérant, manipulateur, ne supportant pas la frustration..

En 1979, le juge des enfants le place dans un centre d'éducation surveillé à Méru. Il s'en échappe régulièrement pour rejoindre le logement familial. C'est là qu'il vit une scène traumatisante. Ne supportant pas que son épouse ait engagé une procédure de divorce et le quitte, Ahmed Haddouche se suicide en se tirant une balle de fusil dans la tête devant Jacquy, tout près de lui. Il est éclaboussé par le sang et le corps de son père bascule sur lui. Traumatisé, il se déscolarise et sombre dans la délinquance et la toxicomanie..

Premiers crimes En 1980, à l'âge de 16 ans, Haddouche commet un viol collectif avec un légionnaire dix ans plus âgé que lui. Lorsqu'il est arrêté, Haddouche ne manifeste aucun remords ni de culpabilité. Il est inculpé pour viol collectif et placé en détention provisoire. La cour d'assises des mineurs de Beauvais le condamne, le , à cinq ans de réclusion criminelle.

En 1984, Haddouche est libéré de prison, après quatre ans de détention. Il tente de se réinsérer, mais ne parvient pas à trouver d'emploi. Pour faire face à ses difficultés financières, Haddouche commet plusieurs vols à main armée et à mains nues. Après un énième vol, plusieurs signalements permettent de l'identifier. Âgé de 20 ans, Haddouche est arrêté et inculpé pour ces faits, puis placé en détention provisoire. Il comparaît devant la Cour d'assises, en 1986, pour vols à main armée et vols avec violence et est condamné à 8 ans de réclusion criminelle.

Incarcéré au Centre pénitentiaire de Liancourt, Haddouche se marie, en 1988, à l'instigation de sa mère, dans le but d'obtenir une libération conditionnelle. Son union dure seulement huit mois et débouche sur un divorce, alors qu'il est toujours en détention.

Libération, premier meurtre et première série d'attaques Haddouche est libéré en 1990, après six ans de détention. C'est un beau parleur et il sait mettre en confiance les personnes qu'il a l'intention de duper. D'un point de vue sentimental, Haddouche s'éprend facilement mais fait preuve d'un tempérament violent envers ses compagnes.

Dans la nuit du , à Beauvais, Haddouche rencontre dans l'ascenseur Gilles Canette, 45 ans, professeur de français, divorcé dépressif. Ils discutent, Gilles Canette invite Haddouche dans son appartement. Vers deux garçons, élèves de Gilles, viennent discuter avec lui. Les adolescents remarquent que Haddouche a un comportement bizarre, il semble inspecter les pièces de l'appartement. Ils partent vers . Haddouche passe la soirée chez Gilles. Il empoisonne Gilles Canette avec un antidépresseur, le Tercian, et le tue par asphyxie. À minuit la carte bancaire de Gilles Canette est utilisée au distributeur automatique. Quand Gilles voulait de l'argent de son compte, il allait toujours le retirer au guichet de la banque, jamais il n'utilisait sa carte au distributeur. Dans la matinée du , Haddouche va voir les deux adolescents chez eux et les menace pour qu'ils déclarent qu'il n'était pas chez Gilles Canette la veille au soir. Une heure plus tard, Gilles est découvert nu sur son lit par sa femme de ménage. Les policiers trouvent une empreinte digitale d'Haddouche sur une bouteille de sirop de fraise. Il est soupçonné du meurtre. Il reconnait être déjà allé chez Gilles Canette, mais pas à la date du meurtre.

Le , Haddouche est placé en garde à vue. Il nie les faits et déclare qu'il était en région parisienne chez Cloé, sa compagne de 20 ans. Cloé arrive opportunément au commissariat et confirme l'alibi. Quand les policiers lui demandent des précisions, elle refuse de répondre aux questions et quitte le commissariat. Dans sa cellule de garde à vue, Haddouche fait une tentative de suicide en s'ouvrant les veines avec son briquet et est hospitalisé. Le délai de garde à vue étant écoulé, les policiers n'ayant pas assez d'éléments démontrant la culpabilité d'Haddouche, la justice abandonne les poursuites contre lui, l'affaire est classée. Le dossier abouti à un non-lieu, le .

Dans la nuit du 18 au , Haddouche persuade Cloé de voler des ordonnances à son père. Par ce moyen, elle fait ingérer, à son insu, du Rohypnol, communément appelée , à Ludovic J., un ami étudiant parisien. Elle fait ensuite entrer Haddouche dans l'appartement. Muni de la carte bancaire et du code de la victime, le couple effectue ensuite des achats et des retraits d'argents. Honteuse de son comportement et détruite psychologiquement à l'issue de cette année passée avec Haddouche, Cloé met un terme à sa relation. Ludovic survit à son empoisonnement et dépose plainte pour tentative de meurtre accompagnée de vol. La victime déclare avoir invité chez lui Cloé et son amant, mais dit ignorer le nom de ce dernier. Les enquêteurs fouillent alors dans l'entourage de Cloé découvrent qu'elle avait pour compagnon Haddouche, avec qui la séparation est intervenue juste après les faits. L'ancien couple est placé sur écoute téléphonique pendant plusieurs mois.

Fin , au bar « le Charlie Brown » rue Guy Patin à Beauvais, Francine C., directrice pédagogique dans un institut médico-éducatif, est avec un groupe d'amis. Haddouche se joint au groupe et fait connaissance avec eux. Début , Haddouche se présente chez Francine rue Nicolas Pastour, mais celle-ci refuse de le laisser entrer. Il frappe la porte d'entrée tellement fort qu'elle finit par décider de lui ouvrir et le laisser entrer. Haddouche lui dit être épuisé car il vient de finir une garde à l'hôpital de Méru. Compatissante, elle lui offre le café qu'il demande. Lorsqu'il termine de boire, Francine lui dit de partir. Haddouche refuse, prétendant que Collette, son ancienne compagne, est maintenant avec Frédéric, son ancien compagnon. Haddouche l'emmène dans la chambre, la viole et s'en va. Elle jette les draps et lave à l'eau de Javel les endroits où Haddouche a été chez elle. Pendant les semaines suivantes, Haddouche la harcèle au téléphone et fait le guet devant sa porte. Elle n'ose pas porter plainte et sombre dans la dépression..

Incarcération pour vol avec violence En 1995, Haddouche, 31 ans, et Cloé, 22 ans, sont placés en garde à vue pour l'empoisonnement de Ludovic. Cloé reconnaît avoir joué un rôle dans l'empoisonnement et le vol d'argent de la victime, mais déclare avoir été influencée par Haddouche. De son côté, Haddouche reste de marbre et nie avoir empoisonné sa victime. Lors d'un tapissage, Ludovic J. reconnaît Haddouche derrière un miroir sans-tain. A l'issue sa garde à vue, Haddouche est mis en examen pour tentative de meurtre accompagnée de vol, puis placé en détention provisoire. Cloé, quant à elle, est mise en examen pour complicité de vol avec violence, et laissée en liberté.

Pendant son incarcération, Haddouche est condamné, en 1996, à trois mois, quatre mois et six mois de prison pour vol, vol aggravé et contrefaçon. En , il est condamné à deux ans de prison pour escroquerie et vol aggravé. L'affaire d'empoisonnement sera finalement requalifié en vol avec violence en récidive pour Haddouche, et en complicité de complicité de vol pour Cloé.

En 1998, Haddouche et Cloé comparaissent devant le tribunal correctionnel, pour l'empoisonnement de Ludovic J., accompagné de vol. Haddouche est condamné à 8 ans de prison ferme, tandis que Cloé est condamnée à une peine de prison avec sursis. A la suite de cette affaire, Cloé coupe tout contact avec Haddouche et mettra dix ans pour se reconstruire.

Libération, autres meurtres et seconde série d'attaques Haddouche est libéré en , après plus de six ans de détention. Il retourne vivre à Beauvais, où il traine une réputation de marginal.

En , à Beauvais, Haddouche renoue avec Isabelle, qu'il a rencontrée en 1991. Ils entament une brève relation. Un soir, Haddouche alcoolisé, frappe Isabelle au visage en présence de sa fille. Il lui téléphone le lendemain et lui demande de lui rapporter ses médicaments pour le cœur, prétendant qu'il est mourant. Quand Isabelle est chez lui, il lui impose un rapport sexuel..

Le , vers , Haddouche entre dans le foyer SONACOTRA, rue d'Anjou dans le quartier Argentine, à Beauvais. Vers , il force la porte du studio de Léo Capon, retraitée âgée de 73 ans. Haddouche frappe et égorge la vieille dame. Il fouille l'appartement et vole des objets de peu de valeur, avant de repartir. Le lendemain, Danièle Capon, la fille de Léo, se rend chez sa mère, inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles. Elle est étonnée que la porte d'entrée ne soit pas verrouillée. Lorsqu'elle entre, Danièle découvrent la résidence sens dessus dessous. Il y a de nombreuses traces de sang sur le sol, et des sacs-poubelle remplis de divers objets près de la porte d'entrée. Le cadavre de Léo Capon est allongé sur le dos, dans la salle de bain, le visage recouvert de morceaux de carton. Sur les bandes de vidéosurveillance de l’immeuble, un homme au crâne dégarni entre tête nue et ressort portant des sacs pleins dans chaque main et une casquette cachant son visage. Les images de mauvaise qualité, ne permettent pas de l’identifier. Un ADN masculin est découvert sur différents objets chez Léo. Cet ADN n'est pas répertorié au FNAEG. Léo Capon est défigurée par les coups qu'elle a reçus. Les médecins légistes établissent qu'elle est morte étouffée par son sang.

Le , à Boulogne-sur-Mer, Haddouche entre dans l'appartement de Liliane D, propriétaire d'un bar. Il la frappe, tente de la violer et vole la recette de l'établissement. La victime se rend au commissariat et dépose plainte contre X pour tentative de viol. Une enquête est ouverte, mais ne débouche sur aucune piste.

Le , au bar « L'endroit » à Saint-Étienne, Sylvain Rome, cadreur, 32 ans, sympathise au comptoir avec Jacquy Haddouche. Vers , ils quittent le bar ensemble. Sylvain va acheter des boissons au magasin de proximité à côté de chez lui. Vers , David Sabido un ami de Sylvain sonne à son appartement, mais Sylvain lui fait comprendre qu'il le dérange et refuse de le faire entrer. Haddouche empoisonne Sylvain Rome au Bromazépam et le poignarde. Il nettoie l'appartement, vole le chéquier, le téléphone portable, les papiers d'identité de Sylvain Rome et les clés de l'appartement. Le , le père de Sylvain Rome le découvre couché sur le ventre sur son lit. Les enquêteurs établissent que Sylvain Rome a une alcoolémie élevée, n'est pas dépressif et ne consomme pas d'antidépresseurs. Un portrait robot est réalisé grâce aux descriptions du barman et de Lucien Florent, un électronicien client du bar, avec qui Haddouche a discuté un peu avant de faire connaissance avec Sylvain Rome.