Cet article sur le patrimoine militaire de Caen recense les lieux liés à l'histoire militaire de la ville de Caen.
Les fortifications thumb|Plan de Caen daté de 1705
Le premier témoignage historique de l'existence de la ville de Caen est une charte de l’abbaye de la Trinité de Fécamp datant de 1025 qui mentionne des églises, un port, des moulins, un marché et d’autres activités, mais la ville était encore ouverte. Vers 1060-1080, la muraille du château de Caen est construite. La ville s'entoure de murs dès la conquête de l'Angleterre. Constituée en réalité de plusieurs ensembles fortifiés, la ville garda longtemps un développement multipolaire. Les remparts furent démantelés au , mais il demeure quelques vestiges disséminés dans la ville.
Lieux de garnison droite|vignette|redresse|Caen dans l'Atlas topographique de Pierre Lemau de La Jaisse en 1749.
Jusqu'au , la ville ne disposait pas de lieux fixes pour abriter les garnisons de soldats. En fonction des besoins les soldats étaient logés chez l'habitant, ce qui n'était pas sans provoquer des tensions. Ainsi en 1514, les lansquenets à la solde de Louis XI provoquèrent un soulèvement populaireGervais de La Rue, Mémoires d'antiquités locales et annales militaires, politiques et religieuses de la ville de Caen et de la Basse-Normandie, Caen, Mancel, 1842, 2, 353. On mentionne encore en 1752 l'Auberge de la place royale qui sert épisodiquement de casernement pour les troupes de passageGeorges Besnier, « La garnison de Caen au », Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie, 1948-1951, t.51, 296. Enfin depuis le début du , les troupes étaient logées dans les loges de la foire quand celles-ci étaient inoccupéesGervais de La Rue, Essais historiques sur la ville de Caen et son arrondissement, Poisson, Caen, 1820, 181.
Les premières casernes sont construites en France sous le règne de Louis XIV. À Caen, il faut attendre la régence de Louis XV. Deux autres casernes sont aménagées au dans des lieux existants et une dernière caserne est construite au début du au sud de la ville.
Caserne Hamelin
La première pierre de la caserne de Vaucelles est posée par l’intendant Guynet le Journal d’un bourgeois de Caen 1652-1733 dans la partie ouest de la petite île au sud de la porte Millet qui prend plus tard le nom d'île des Casernes. Mais les travaux sont tout de suite interrompus. Les travaux reprennent finalement en 1742Guillaume-Stanislas Trébutien, Caen, son histoire, ses monuments, son commerce et ses environs, Caen, F. Le Blanc-Hardel, 1870 ; Brionne, le Portulan, Manoir de Saint-Pierre-de-Salerne, 1970, 206. En 1785, on décide d'agrandir la caserne sur des terrains achetés à l'Hôpital généralPaul Dartiguenave, Michel Nicolle, Albert Robert, Les enfants de Saint-Louis, Turquant, Éditions Cheminements, 2009, 70 ; Louis XVI en pose la première pierre le Mémorial de Philippe Lamare, secrétaire de dom Gouget, bénédictin de l'abbaye de Fontenay, 1774-1788 : la vie provinciale en Normandie au , Caen, L. Jouan, 1905, 176 . Guillaume-Martin Couture, architecte du roi, mène les travaux avant que l'adjudication ne soit résiliée par arrêt du Conseil le . Après une période d'interruption, les travaux reprennent en 1833 sur des plans différents de ceux dressés à l'origine et l'extension est achevée en 1835.
Dans la nuit du , elle est touchée de plein fouet par les bombardements aériens ; dans la soirée du , ce qui restait debout est anéanti par les tirs allemands de bombes SD1 et SD2Caen et la Seconde Guerre mondiale. Les derniers vestiges sont définitivement abattus en 1946.
Caserne de la place Fontette
En 1773, la ville décide d'aménager dans le pavillon nord à l'entrée de la nouvelle rue Saint-Benoît (rue Guillaume-le-Conquérant) un magasin et une salle d'armes pour le régiment provincial et pour les garde-côtes. En 1777, le Ministère de la Guerre décide de transformer le pavillon en caserne pouvant recevoir 200 hommes afin de mettre l'armée à l'écart de la population mais tout en la maintenant à proximité en cas d'émeute. Les militaires quittent le bâtiment dans la première partie du Georges Bouet, « Analyse architecturale de l'abbaye de Saint-Étienne de Caen (troisième partie) », Bulletin monumental, Société française d'archéologie, Paris, 1834, .
Quartier Lorge
Après la dispersion des sœurs, l'armée s'installe dans l'ancien couvent de la Visitation de Caen. En 1818, la caserne est transformée en dépôt de remonte. Dans les années 1830, des écuries sont construites dans les anciens jardin surplombant l'ancien monastère.
Caserne Lefèvre
Vers 1877, un premier bâtiment de casernement est construit au nord de l'enceinte du château de Caen pour abriter le d'infanterie de ligne. Un nouveau bâtiment est construit pour loger, outre le RI, définitivement fixé à Caen en 1901, un bataillon du RI en 1905 et les compagnies du RI après 1908. Les bâtiments de cantonnement érigés à l'emplacement du donjon sont conçus selon les stéréotypes de l'architecture militaire de l'époque : un rez-de-chaussée avec les lavabos, les cantines et les bureaux des sous-officiers ; deux étages où logent les troupes dans des chambrées de ; des combles dans lesquels on installe les réservistes pendant leur période d'instruction ; les niveaux supérieurs étant desservis par quatre escaliers, un par compagnie.
La caserne est occupée par les forces d'occupation allemandes entre 1940 et 1944. Endommagés pendant la bataille de Caen, les bâtiments de la caserne sont détruits lors du réaménagement du château, définitivement remilitarisé à la même époque.
Caserne de Beaulieu (ou caserne Moulin) thumb|La Maladrerie et la caserne Moulin. Cette caserne était située au de la rue du Général-Moulin à la Maladrerie. Elle est construite sous Louis-Philippe pour accueillir les militaires chargés de la surveillance de la prison de Beaulieu (actuel centre pénitentiaire de Caen) dont l'entrée est située juste en face. Elle sert ensuite à différentes usages et notamment de casernement pour la garde nationale. En 1936, elle est transformée en centre d'accueil pour les réfugiés espagnols. Pendant l'Occupation, elle est occupée par les troupes allemandes. Laissée vide après la guerre, elle est finalement rasée en . . La bibliothèque de la Maladrerie est érigée à son emplacement.
Quartier Claude Decaen
Après l'échec d'un premier projet en vue de créer à Caen une école d'artillerie à la fin du , une caserne d'artillerie est ouverte en 1913-1914 sur un terrain situé sur les hauteurs de Vaucelles au sud du boulevard LeroyPhilippe Lenglart, Le nouveau siècle à Caen, 1870-1914, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1989, .. Elle est occupée de 1913 à1940 par le d’artillerie. Après la session des terrains à la ville de Caen à la fin des années 1980, une zone d'aménagement concertée est créée afin d'aménager ce secteur et la plupart des bâtiments et le mur d'enceinte sont détruits« Rive droite : la maison de quartier déménage à la caserne Claude-Decaen » dans Ouest-France, édition de Caen, 31 janvier 2013Caen dessine son futur / Projet de ville 2000-2010, édition ems Management et société, Caen, 2000, .
Unités
Unités militaires ayant été en garnison à Caen : Francs-brements (1565-1758), Compagnie du Papegay (1585-1785), Canonniers du château (1791-1793), Régiment d'Aunis (1790-1792), Chartre-Dragons (1791), s de hussards (an IV), Demi-brigade (an IV), Demi-brigade (an V), Demi-brigade (an VII), auxiliaire (an VIII), Service de la place de Caen (1793-an VII) État-Major de la d'infanterie (Caserne Hamelin et caserne Lefèvre), 1939-1940 d'infanterie (casernes Hamelin et Lefèvre), (avant) 1906-1914 régiment d'artillerie de campagne, régiment d'artillerie divisionnaire, 243e régiment d'artillerie, 243e régiment d'artillerie lourde divisionnaire (quartier Claude Decaen) (1913-1940) de cavaliers de remonte (quartier Lorge), (avant) 1906-1914
Références
Bibliographie
Articles connexes
Histoire de Caen Urbanisme Liste de forts, fortifications, citadelles et places fortes en France
Caen * Catégorie:Histoire de Caen Catégorie:Caserne en France