Roger Bambuck, né le à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), est un athlète français spécialiste des épreuves de sprint.
Il est considéré comme l'un des meilleurs sprinteurs français, en étant le seul à avoir détenu le record du monde du et en ayant réalisé la meilleure performance française dans cette discipline aux Jeux olympiques.
Il a ensuite une carrière politique, occupant notamment la fonction de secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports de 1988 à 1991.
Biographie
Jeunesse Cécilien Alexandre Roger Georges Bambuck est le fils de Roger Bambuck, transitaire en douane, et de Mireille Bride. Après le collège de Massabielle à Pointe-à-Pitre, il entre au Lycée Carnot de Paris puis au Lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés (94).
Carrière sportive Ce n'est qu'à l'âge de dix-sept ans qu'il commence à pratiquer sérieusement l'athlétisme.. Entraîné par Jacques Lolo, il réalise en 1963 un temps de 10,8 s sur et un temps de 22 s sur . Grâce à ses performances, il participe aux championnats ASSU (Association du sport scolaire universitaire) à Paris la même année. En 1964, il abaisse ses records à 10,4 s sur et 21 s sur . Aux championnats de France, il se classe deuxième sur derrière Bernard Laidebeur et est ainsi sélectionné pour les Jeux olympiques d'été de 1964 à Tokyo. Fin , à quelques jours des JO de Tokyo, Bambuck égale le record de France à Fontainebleau en 20,7 s, ce qui est alors le deuxième temps mondial chez les juniors.
Aux Jeux olympiques, il s'aligne sur 100 et . Sur la distance reine, il termine troisième de sa série au premier tour et accède aux quarts de finale. Sixième temps de sa série en 10,5 s, il est éliminé à ce stade. Sur , il se hisse jusqu’en demi-finale où il termine cinquième en 21 s. Après les Jeux, Bambuck s'installe en Métropole. Interne au lycée Marcelin-Berthelot à Saint-Maur, il s'entraîne deux à trois fois par semaine à l'Institut national des sports.
En 1965, il égale le record de France du établi par Abdoulaye Seye en 1959 en 10,2 s et réussit un temps de 20,6 s sur . Cette même année, tout comme Robert Sainte-Rose, il ne peut prendre part à la Coupe d’Europe car la Fédération internationale est alors dotée d'un règlement interdisant la participation des sportifs ultramarins, ce qui désavantageait les nations coloniales telles que la France et la Grande-Bretagne. Lors des championnats de France, il réalise le doublé 100 m - 200 m, performance qu'il rééditera les trois années suivantes.
En 1966, il obtient son baccalauréat en sciences expérimentales. Cette même année, il participe aux championnats d'Europe d'athlétisme à Budapest. Favori sur le , il s'incline en finale contre le Polonais Wiesław Maniak et se contente de la médaille d'argent. Il se console en remportant le titre européen sur et celui du relais 4 × aux côtés de Marc Berger, Jocelyn Delecour et Claude Piquemal. En 1967, ce même relais réalise un temps de 38,9 s lors de la Coupe d'Europe à Ostrava. La France devient la première nation à descendre sous la barre des 39 s, mais la fédération internationale n'accorde pas le record du monde car, peu de temps avant, le relais de l'université du Sud de la Californie a réalisé un temps de 38,6 s avec trois athlètes américains (Earl McCullouch, Fred Kuller et O. J. Simpson) et un athlète jamaïcain (Lennox Miller).
Le , lors du Mémorial MéricampMeeting international d'athlétisme créé en l'honneur de Paul Méricamp, intègre représentant de l'amateurisme et célèbre Président de la F.F.A. organisé au stade Jean-Bouin, il bat le record de France du en 10,1 s. Le lendemain, il égale son record européen du en 20,4 s. Bambuck souhaite alors participer aux championnats des États-Unis qui se tiennent la semaine suivante afin de se confronter aux meilleurs athlètes américains. Dans un premier temps, le directeur technique national Robert Bobin s'y oppose car la France doit affronter l'Allemagne dans une rencontre internationale et la présence de Bambuck est synonyme de recettes aux guichets. Toutefois, le , le comité directeur de la fédération autorise Bambuck à partir aux États-Unis, par treize voix contre six et une abstention. Le à Sacramento, lors des l'épreuve du des championnats des États-Unis, Bambuck termine sa série à égalité avec l'Américain Charles Greene en 10,0 s. Le record du monde est égalé et c'est la première fois qu'un athlète français en est le détenteur. Ce record ne tient toutefois qu'une heure et quarante minutes car, lors des demi-finales, l'Américain Jim Hines réalise le temps de 9,9 s, devenant alors le premier athlète à passer officiellement sous la barre des 10 s. Pour sa part, Bambuck réalise à nouveau un temps de 10 s en demi-finale. En finale, il termine quatrième derrière Greene, Hines et Miller.
Bambuck est donc confiant pour les Jeux olympiques de 1968, mais à quelques jours du début de la compétition, il tombe malade. Il reprend l'entraînement le , mais sa préparation physique et technique a été retardée. En séries (10,18 s chrono électrique, vent +0,7 m/s, de la série) puis en quart de finale, Bambuck réalise un temps de 10,1 s manuel (10,17 s chrono électrique, vent +0,5 m/s, du quart-de-finale). Le , dans la première demi-finale, Bambuck termine deuxième derrière Hines et se qualifie pour la finale olympique. Avec son temps de 10,11 s (vent +1,6 m/s), il établit un record de France qui ne sera battu que le par Antoine Richard. Pour la deuxième fois après Émile Ali-Khan aux Jeux de 1920, un Français est présent en finale du . Le même jour, en finale, Bambuck est au couloir six ; il manque son départ et termine cinquième de la course en 10,16 s (vent +0,3 m/s).
Deux jours plus tard, le , Bambuck se classe à nouveau cinquième en finale du . Le , il dispute la finale du relais 4 × avec Gérard Fenouil, Jocelyn Delecour et Claude Piquemal. Placé au couloir huit, le relais français termine troisième en établissant un nouveau record d'Europe en 38,4 s. Bambuck met un terme à sa carrière sportive juste après les Jeux. alors qu'il n'a que 23 ans, pour se consacrer à ses études : . » Il se lance sans succès dans des études de médecine, puis trouve un emploi dans une filiale ingénierie de Renault, puis prend la direction du service des sports de ville d'Épinay-sur-Seine et entame une carrière politique
Il est membre de l'Académie des sports, et lauréat du Prix Guy Wildenstein de celle-ci en 1968, ainsi que colauréat avec l'équipe de France du relais 4 × du Prix Emmanuel Rodocanachi en 1966, récompensant la meilleure équipe tricolore, et du Prix Henri Deutsch de la Meurthe de l'Académie des sports en 1967, récompensant un fait sportif pouvant entraîner un progrès matériel, scientifique ou moral pour l’humanité (son épouse Ghislaine est également lauréate de l'Académie, obtenant le Prix Alain Danet en 2003, pour sa reconversion professionnelle exemplaire), il a été fait Gloire du sport.
Carrière politique En 1988, il est nommé secrétaire d’État à la jeunesse et aux sports dans le gouvernement de Michel Rocard, fonction qu'il assure jusqu'au . Il est à l'origine de la loi antidopage du relative à la répression de l'usage des produits dopants à l'occasion des compétitions et manifestations sportivesLoi relative à la répression de l'usage des produits dopants à l'occasion des compétitions et manifestations sportives, sur senat.fr/.
Il est ensuite inspecteur général de l'Éducation nationale. Il exerce des responsabilités à l'UNESCO, et dirige le groupe de recherche sur le sport au CNRS. Il a également été directeur de la Délégation Outre-mer à l'Institut de recherche pour le développement. En 1993, il est battu dans la de l'Eure-et-Loir, arrivant du avec 12,85 %, loin derrière la sortante FN Marie-France Stirbois et le RPR Gérard Hamel.
En 1992, il se reconvertit à l'UNESCO et se mobilise pour une trêve olympique alors que Sarajevo est assiégée.
Vie personnelle
Il épouse la championne de saut martiniquaise Ghislaine Barnay le . Journaliste de radio et de télévision, leur fille Aurélie Bambuck leur rend hommage en 2020 dans un documentaire, Barnay-Bambuck, athlètes engagés.
Tout en continuant à vivre en région parisienne, le couple achète une maison à rénover dans le Périgord à Saint-Amand-de-Coly où ils s'installent après leur retraite professionnelle..
Honneurs
Légion d'honneur En , il devient chevalier de la Légion d'honneur, puis officier en 2014.
Prix Mémoires partagées En , lors de la cérémonie officielle d’ouverture du quatrième Mois de l'histoire des Noirs, et dans le cadre du de l’abolition de l’esclavage, Ghislaine Barnay et Roger Bambuck ont reçu le prix Mémoires partagées de la part de l'association Mémoires et Partages, dirigée par Karfa Diallo. La cérémonie s'est tenue à l’hôtel de ville de Bordeaux, en présence du maire Pierre Hurmic, et le prix a été remis à leur fille Aurélie Bambuck, pour rendre hommage .
Palmarès Palmarès international Champion d'Europe du en 1966 Champion d'Europe du relais 4 × en 1966 Vice-champion d'Europe du en 1966. Médaille de bronze aux Jeux olympiques de 1968 au relais 4 × . des Jeux olympiques de 1968 en et du championnat des États-Unis sur en 1968. Membre de l'équipe d'Europe en 1967, il devance les Américains sur et avec le relais 4 ×
Palmarès national Champion de France du en 1965, 1966, 1967 et 1968 Champion de France du en 1965, 1966, 1967 et 1968 Vice-champion de France du en 1964
Records Corecordman du monde du en 1968, en 10 s. Recordman du monde au relais 4 × en 1967, en 38 s 9. Recordman d'Europe du (1967, et 6 × en 1968), du (1967, et 2 × en 1968, dont 20 s 47) et du relais 4 × (3 × en 1967 et 4 × en 1968, dont 38 s 4). Recordman de France du dès 1965, à 20 ans, en 10 s 2
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Record du monde du 100 mètres et record du monde du relais 4 × 100 mètres Night of Speed Liste des ministres français des Sports Rocard I et II
Liens externes
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