La d'infanterie (en allemand : 392. Infanterie-Division (kroat.) ; en croate : 392. (hrvatska) pješačka divizija) est une des trois divisions d'Infanterie croates de la Wehrmacht, avec les et divisions d'infanterie, unité mixtes composée de cadres allemands et de volontaires de l'État indépendant de Croatie. Elle est formée en à partir de soldats de la Garde nationale croate et des reliquats de la .
Les différentes unités de la division jusqu'aux bataillons, voire aux compagnies, sont en effet encadrées par des Allemands. Initialement, la est censée être envoyée sur le front de l'Est mais, finalement, elle conduit des opérations de lutte contre les Partisans en Yougoslavie jusqu'à la fin de la guerre. Elle est autrement appelée Division bleue.
Histoire
Formation
Après l'invasion de l'URSS par l'Axe en , Ante Pavelic, le chef de l'État fantoche de Croatie, propose à Adolf Hitler d'envoyer des volontaires servir sur le front de l'Est. Bientôt, des forces terrestres, aériennes et maritimes sont déployées pour combattre l'Armée Rouge, après avoir été entraînées et équipées par les Allemands. La principale force croate est le d'infanterie croate, qui est une composante de la 100e division de chasseurs mais qui est décimée lors de la bataille de Stalingrad en janvier 1943. Les forces croates combattent de manière honorable sur le front de l'Est et les Allemands continuent de soutenir le développement des forces de l'État croate, dans le but de lever plusieurs divisions. Du fait du manque de soldats expérimentés et d'officiers, ces divisions sont commandées par des Allemands.
La apparaît le , quand elle commence à s'assembler et à s'entraîner en Autriche. C'est la troisième et dernière division croate recrutée pour le compte de la Wehrmacht, après la d'infanterie et la d'infanterie. Un des régiments d'infanterie et le régiment d'artillerie sont constitués à Döllersheim, l'autre régiment d'infanterie à Zwettl, le régiment du génie à Krems an der Donau et le régiment de communication à Stockerau. Elle comprend Allemands chargés de l'encadrement de la division et de la Garde nationale croate, l'armée régulière de l'Etat indépendant de Croatie. Elle est dirigée par le Generalmajor (général de brigade) , un récipiendaire de la Croix de chevalier de la croix de fer, jusqu'aux dernières semaines de la guerre. Précédemment, il a participé à la bataille de France, fait partie de l'Afrikakorps et il a commandé la 11e Panzerdivision sur le front de l'Est, où il reçoit les feuilles de chêne en plus de sa Croix de fer. Les hommes de la division portent l'uniforme de la Wehrmacht avec le blason de l’État indépendant de Croatie sur la manche droite. Si la division est censée combattre sur le front de l'Est, les Allemands décident finalement de l'utiliser pour des opérations sur le territoire de l'État indépendant de Croatie, où elle est déployée en pour y lutter contre les Partisans.
Lutte contre les Partisans
La première mission de la division, lors de son arrivée dans les régions occidentales de l’État indépendant de Croatie, est de défendre le littoral de l'Adriatique, sur la côte croate entre Rijeka et Karlobag, incluant les différentes îles sauf Krk. C'est une responsabilité importante étant donné les craintes des Allemands d'un débarquement des Alliés dans la région. L'opération inclut la protection de la route d'approvisionnement entre Karlovac et Senj. Ces territoires sont alors largement maîtrisés par les Partisans depuis la capitulation italienne à l'automne 1943, notamment le port de Senj. La division est placée sous l'autorité du d'armée de montagne, au sein de la 2e Panzer Armee et son quartier-général est d'abord situé à Karlovac. Elle prend aussi part à la défense de la ligne de chemin de fer entre Zagreb et Karlovac, à la suite de la de cavalerie. Avant que son déploiement ne soit terminé, elle reçoit l'ordre de relever la garnison croate d'Ogulin. Cela l'oblige à se déplacer vers le sud-ouest depuis Karlovac, entre les 13 et . Lors de ses premiers engagements contre les Partisans, les soldats croates paniquent et les officiers allemands sont rapidement tués ou blessés. Quand les corps sont découverts, les tenues et les équipements ont souvent été récupérés et certains sont complètement nus. Le , Ogulin est atteint et la division continue vers le sud en direction de Skradnik, sécurisant les villages de la région.
Par la suite, l'opération Drežnica est menée, qui a pour but de s'emparer des cols de la Velika Kapela, un massif des Alpes Dinariques. Les deux cols sont situés à plus de 750 mètres d'altitude et la neige y est souvent très présente. Ralentie par des mines et des obstacles sur les routes, la division s'empare des cols de Kapela et de Vratnik avec des pertes très légères. Une série d'engagements s'ensuit le long de la route vers la côte et, après des combats rapprochés avec la des Partisans, elle s'empare et détruit la plupart des dépôts de celle-ci au nord-ouest de Lokve et sécurise Senj. Ensuite, le d'infanterie reçoit l'ordre de protéger le littoral et le d'infanterie se met en route pour sécuriser la principale voie de ravitaillement de la division, de Senj à Generalski Stol. Là, ils commencent à améliorer les positions le long de la route, notamment des forts italiens, établis dans les cols de Kapela et de Vratnik. Le d'infanterie se déploie le long du littoral entre Karlobag et Crikvenica et est soutenu par l'artillerie et le génie, qui commence à bâtir des fortifications en prévision d'une éventuelle invasion alliée. Les hommes à Karlobag font leur jonction avec la d'infanterie, qui a sous sa responsabilité la côte au sud-est. L'approvisionnement devient difficile en raison des actions des Partisans qui bloquent les routes depuis Karlovac et des bombardements alliés du port de Senj. À la fin du mois de février ou au début mois de mars, le , soutenu par un bataillon des Oustachis, progresse vers Plaški, où il est bloqué par la neige. Là, les Partisans attaquent leurs lignes de ravitaillement et tuent trente soldats. Plusieurs des corps des soldats tués sont pillés ou mutilés. Après la prise de Plaški, le bataillon des Oustachis poursuit les Partisans puis de revenir à Plaški, après avoir récupéré la plupart de l'équipement pillé.
En mars, le occupe les îles de Rab et de Pag sans rencontrer de résistance de la part des Partisans. Le même mois, le conduit une opération dans la vallée de la Gacka, autour d'Otočac, et soutient la Garde nationale croate dans l'application de la conscription dans la région. Durant le printemps de l'année 1944, le utilise des unités de chasseurs légèrement armées, de la taille d'une compagnie ou d'un bataillon. La division parvient à restaurer un lien terrestre avec la garnison de Gospić, qui dépendait du ravitaillement par la mer depuis la reddition italienne. En outre, elle repousse trois bataillons de Partisans des environs d'Otočac. Lors de ses combats en milieu montagneux, la division souffre du manque d'artillerie de montagne susceptible de soutenir les bataillons sur le terrain. En effet, l'artillerie divisionnaire est équipée d'obusiers de campagne d'une portée de douze kilomètres, ce qui limite la couverture possible par l'artillerie lors d'opérations mobiles.
En , Mickl est promu au titre de Generalleutnant et les Allemands s'aperçoivent sur la d'assaut des Partisans utilisent la vallée de la Dreznica pour y entreposer ses armes, cachant celles qu'ils ont pris aux Italiens dans les villages, les caves et même dans de fausses tombes dans les cimetières. Une telle situation est une forte source d'inquiétude pour l'Axe en cas de débarquement allié. À la mi avril, Mickl lance l'opération Keulenschlag pour nettoyer la zone, mobilisant le d'infanterie et certaines unités de le d'infanterie, soutenus par l'artillerie. Lors des deux semaines suivantes, la division repousse la d'assaut au nord, vers Mrkopalj et Delnice et s'empare de suffisamment de matériels pour équiper deux divisions, dont trente tonnes de munitions pour des armes légères et quinze tonnes de munitions pour l'artillerie.
Le , la des Partisans lance une attaque depuis la région de Plitvice et prend le village de Ramljane. Les Partisans bloquent aussi la route d'Otočac à Gospić. En réponse, Mickl lance l'opération Morgenstern pour débarrasser la région d'Udbina des Partisans. Du 7 au , aux côtés d'éléments de la d'infanterie, du motorisé, d'un bataillon du de la Panzergrenadier division Brandenburg et d'Oustachis, la division est impliquée dans cette opération. Selon les sources allemandes, elle inflige de lourdes pertes aux Partisans (438 morts, 56 prisonniers) et entraîne la prise d'armes, de munitions, de véhicules et d'une grande quantité d'équipements divers. En outre, en mai, la division est renforcée par cinq cents Allemands, lui permettant de créer un bataillon de réserve. Jusqu'à la fin de la guerre, elle est engagée dans lutte contre les Partisans, combattant souvent aux côtés d'Oustachis.
Fin de la guerre
Au cours des derniers mois de la guerre, la division est engagée dans la défense du littoral nord de l'Adriatique et de la Lika. Mickl est touché à la tête par les Partisans près de Senj le et meurt à l'hôpital à Rijeka le lendemain. La mission de la division est alors de combattre la des Partisans qui avance depuis le sud-est et de soutenir le XCVII Corps, comprenant la de montagne et la d'infanterie, qui risque d'être encerclé près de Rijeka. La arrive dans la région de Rijeka à la mi-. Toutefois, dans le même temps, les effectifs croates de la division ont fortement décru du fait des désertions, tandis que d'entre eux peuvent quitter l'armée allemande.
Parmi les anciens membres de la division, certains parviennent à se rendre sur le littoral slovène dans les derniers jours de la guerre. Là, ils doivent former une nouvelle unité au sein des vestiges de l'armée de l'État indépendant de Croatie dirigée par le général Matija Parac. Plus tard, l'unité se retire finalement vers le nord de l'Italie, occupé par les Britanniques.
Quant à la , ce qu'il en reste reçoit l'ordre de se diriger vers le nord et la ville de Klagenfurt en Autriche. Certains des derniers Croates présents dans l'unité sont tués alors que le XCVII corps d'armée tente de progresser mais la formation est alors trop faible pour rejoindre sa destination. De ce fait, le , le Generaloberst (général d'armée) Alexander Löhr, général en chef du front sud-est, autorise le XCVII Corps, dont la , à se rendre. Les Partisans acceptent la reddition allemande le . À cette date, les Croates et les troupes fascistes italiennes qui continuent de se battre aux côtés des Allemands peuvent quitter l'armée allemande. Pendant plusieurs jours, les troupes allemandes désarmées reçoivent l'autorisation de se rendre en Allemagne avant que, le , les Partisans décident de les considérer comme des prisonniers de guerre.
Théâtres d'opérations DateCorpArméeHeeresgruppeSecteur d'opérationNovembre - Décembre 1943Döllersheim (Autriche)Janvier - Mars 1944Zagreb (Croatie)Avril - Décembre 1944XV. Armeekorps2. PanzerarmeeHeeresgruppe FSenj, Rab (île), Pag (île), Knin (Croatie)Janvier- Mars 1945XV. ArmeekorpsHeeresgruppe FBihać (Bosnie-Herzégovine)Avril 1945XV. ArmeekorpsHeeresgruppe EDalmatieMai 1945 LXXXXVII. ArmeekorpsRijeka (Croatie)
Ordre de marche et dénominations successive
+392. Infanterie-Division (kroat.) = Versorgungs-Einheiten 392UnitéDateType d'unité