Le domaine universitaire de Grenoble, appelé également « campus de Grenoble », est situé sur les communes de Saint-Martin-d'Hères et de Gières, dans le département de l'Isère (région Auvergne-Rhône-Alpes, France). Il héberge la majorité des bâtiments et des services d'enseignement de l'université Grenoble-Alpes, plusieurs écoles d'ingénieurs de l'Institut polytechnique de Grenoble, Sciences Po Grenoble, ainsi que de nombreuses unités de recherche, indépendantes ou sous tutelle universitaire, des résidences universitaires, bibliothèques et autres services liés aux universités.
Ce campus représente l'un des trois sites majeurs métropolitains pour l'enseignement supérieur et la recherche, avec le campus santé de La Tronche et le polygone scientifique à Grenoble. Grâce à ce campus qui accueille environ , étudiants et personnel confondus, le journal Times Higher Education classe l'université Grenoble-Alpes en 2018 au huitième rang des plus belles universités en Europe..
Historique
Le domaine universitaire a été édifié à partir du début des années 1960, sur des terres précédemment dévolues à l'agriculture. Cette zone de Saint-Martin-d'Hères a longtemps été un vaste méandre de l'Isère jusque dans la nuit du 13 au , où la rivière sort de son lit pendant une crue, prenant alors le tracé plus rectiligne que l'on connaît aujourd'huiÉtude de Francois Caussin. . Lors de la célébration de son cinquantenaire, en 2011-2012, la date du a été retenue., marquant la pose de la première pierre (symbolique) du bâtiment de l'Institut d'informatique et mathématiques appliquées de Grenoble, par le ministre Lucien Paye. Cette première pierre se pose en réalité à l'extrémité de la rue Barnave afin d'éviter aux officiels de marcher dans la boue des champs. Elle disparaîtra très vite par la construction de la rue des Résidences sur son emplacement.
Choix du site L'édification d'un campus a été décidée à la fin des années 1950, au vu de la croissance des effectifs et pour pallier l'éparpillement des bâtiments de l'Université dans le centre de Grenoble. Le choix du site sur une zone maraîchère à cheval sur Saint-Martin d'Hères et Gières est validé en 1959 conjointement par le Ministère, la Préfecture et le Rectorat, puis la décision est annoncée le par le recteur Robert Trehin et le conseil de l'Université donne son accord le suivant. À cette date, l'université de Grenoble était encore un seul organisme, avant sa scission en 1970 en quatre établissements : Grenoble I, Grenoble II, Grenoble III et l'INPG faisant suite à la Loi Faure.
Le site actuel a été retenu après l'examen d'autres projets avancés à l'époque. On peut citer un projet de campus à Sassenage, proche du CENG, initialement soutenu par Louis Néel ; un projet de grand ensemble universitaire sur la colline du Rabot, à mi-hauteur de la Bastille, en rejoignant l'IGA et la résidence du Rabot construits en 1955, projet soutenu par Paul-Louis Merlin ; un projet d'installation à la place de la caserne de Bonne. Plusieurs universitaires reconnus s'investissent dans l'édification du campus, notamment Louis Weil, physicien, et son maître Louis Néel, directeur du CENG construit en 1956, ainsi que Jean Kuntzmann, fondateur de l'IMAG et Michel Soutif, professeur de physique.
Les différentes phases de construction thumb|Vue aérienne en haute définition. Louis Weil prend une part essentielle à la création de ce campus. Principal acteur local de la collaboration entre recherche et industrie, il est élu doyen de la faculté des sciences en 1961Michel Soutif, Grenoble, carrefour des sciences et de l'industrie éditions Dauphiné libéré, 2005, , page 31.. Souhaitant associer le plus possible l'industrie locale des travaux publics à cet immense chantier, il parvient à convaincre l'administration centrale de faire travailler des architectes de la région puisque des treize réalisations faites durant son mandat, sept le sont par des architectes locaux.
Pour assurer la cohérence de l'ensemble du campus, il est fait appel à Georges Bovet, architecte coordinateur, assisté de Jean Royer. Les premiers bâtiments seront construits selon les préceptes du modernisme, représenté par Le Corbusier et Walter Gropius, avec un usage fort du béton brut, du verre et de décorations en pâte de verre. L'architecture est également contrainte par le terrain alluvionnaire : nombreux immeubles sur pilotis ou surélévation du rez-de-chaussée, hauteur de construction limitée à trois étages pour éviter le recours à des fondations démesurées.
Le bâtiment de l'Institut des mathématiques appliquées est mis en service en , premier édifice achevé du campus., sous la direction de Jean Kuntzmann, et se voit équipé pour l'occasion d'un ordinateur IBM 7044aconit.org, Jean Kuntzmann (1912-1992).. Suivent les bâtiments de Biologie, de Chimie et la Résidence Ouest, jusqu'en 1965.
De 1966 à 1971, les chantiers se succèdent à grande vitesse, pour cette première phase : la bibliothèque Droit-Lettres est achevée en 1966, celle des Sciences en 1967, laissant vacante la récente bibliothèque du boulevard Maréchal Lyautey. L’architecture de la place centrale située à d'altitude est confiée à Olivier-Clément Cacoub, lauréat du premier grand prix de Rome en 1953, qui conçoit à la fois la bibliothèque des sciences, le bâtiment administratif de la faculté des sciences et le grand amphithéâtre Louis-Weil..
En 1990, un concours est lancé pour le schéma Université 2000, et il est remporté par l'architecte Peter Ahrends. Les constructions s'étalent entre 1990 et 2000, avec notamment la Maison des langues et des cultures, l'IAE, et les magasins installés autour de la station de tram Bibliothèques universitaires (alors terminus).
Dans le cadre du Plan campus national, en , le site grenoblois est retenu parmi six lauréats et se voit doté de 400 millions d'euros, à répartir entre les trois sites de recherche et d'enseignement supérieur. En 2011 est lancée l'opération Campus 2025, mise en œuvre locale, qui concerne notamment le campus par trois projets immobiliers : le bâtiment EDD-Galilée (2015), l'extension "Xavier Leverve" (2015) au bâtiment biologie B, et le bâtiment PILSI-IMAG (2016). S'y adjoindra en 2017 un bâtiment dévolu à la création artistique, l'Espace scénique transdisciplinaire (EST), à l'extrémité sud-ouest de la place centrale. En 2015, la construction du bâtiment D de l'Observatoire des sciences de l'Univers de Grenoble a permis d'accueillir les collections géologiques et minéralogiques issues de l'Institut Dolomieu.. Ces collections sont présentées au sein de l'espace muséographique. qui montrent également l'ensemble des recherches menées à l'Observatoire (glaciologie, hydrologie, minéralogie, écologie alpine, océanographie, planétologie, astrophysique, géologie ou encore géophysique).
Dans le cadre du plan Campus 2025, trois nouveaux bâtiments d'importance sont mis en service fin 2018 à la place de l'ancien parking central, entre la ligne de tramway et l'Avenue Centrale : l'Institut de Formation des Professions de Santé sur m, dépendant du CHU Grenoble-Alpes et première implantation médicale hors du domaine de la Merci ; thumb|Installation du chauffage urbain sur le Campus universitaire de Grenoble. le restaurant universitaire L'Intermezzo, géré par le CROUS de Grenoble, ouvert au printemps 2018 ; la Maison de la Création et de l'Innovation sur m, dépendant de l'UGA, consacrée aux sciences humaines et sociales. Cette implantation marque une nouvelle étape dans la réduction de la place de l'automobile sur le domaine universitaire, conformément à la politique menée depuis le début des années 1980.
À partir de 2022, des travaux ont lieu sur le campus pour remplacer les chauffages au gaz par du chauffage urbainhttps://www.lemoniteur.fr/article/grenoble-l-universite-fait-sa-revolution-energetique.2221637....
Présentation
Le domaine universitaire accueille 59 000 étudiants mais également chercheurs, ingénieurs, techniciens, administratifs, dans près de 160 bâtiments. Il constitue un véritable lieu d’enseignement et de recherche bien sûr, mais aussi de vie quotidienne : salles de cours, amphis, laboratoires, plates-formes technologiques, bibliothèques, installations sportives, restaurants, commerces, tram et bus, logements, lieux de convivialité et de culture, etc.
Enseignement L'enseignement est bien sûr la première activité du campus, avec la grande majorité des équipements de l'université Grenoble-Alpes (sciences, sciences humaines et sociales, lettres et langues), ainsi que d'autres établissements indépendants, comme l'Institut d'études politiques de Grenoble ou une antenne du Centre national d'enseignement à distance.
Recherche Le domaine universitaire accueille de nombreux laboratoires de l'Université, mais aussi d'organismes tels que l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture, l'Institut national de recherche en informatique et en automatique, le Centre technique du papier ainsi que le siège du Centre d'études de la neige, unité de recherche de Météo-France.
Le site accueille l'un des cinq grands instituts internationaux présents à Grenoble avec l'Institut de radioastronomie millimétrique, mais de nombreux laboratoires dépendant du CNRS y sont présents comme l'Institut européen de données financières, l'Institut des géosciences de l'environnement, l'Institut des sciences de la Terre, le Laboratoire d'informatique de Grenoble, le Centre de recherches sur les macromolécules végétales, le Laboratoire Pacte, le Laboratoire interdisciplinaire de physique ou encore Grenoble images parole signal automatique plus connu sous son acronyme de GIPSA-lab.
De son côté, l'Observatoire des sciences de l'Univers de Grenoble (OSUG) y possède plusieurs instituts dont l'un des plus prestigieux, l'Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble (IPAG) est amené régulièrement à participer à l'équipement de missions spatiales d'envergure ou à équiper les plus grands télescopes terrestres.. L'université possède également depuis 2015 un centre spatial universitaire permettant aux étudiants de s’impliquer dans la construction de nano-satellitesplacegrenet.fr du 10 septembre 2015, Nanosatellites: Grenoble inaugure son centre spatial universitaire.. La concrétisation de ce projet se traduit dès 2018 par l'annonce du lancement d'un nano satellite baptisé AMICal Sat et destiné à l'observation des aurores polaires. Le lancement plusieurs fois décalé est finalement réalisé avec succès le par une fusée Vega depuis le depuis le centre spatial guyanais.. Par la suite, quatre autres satellites sont en cours de préparation : ATISE, également chargé d'étudier les aurores boréales, NanoCarb, spécialisé dans l'observation des gaz à effet de serre, NanoBob, le satellite de la communication quantique et ThingSat : l’internet des objets isolés par satellite..
Le domaine universitaire abrite l'un des trois sites grenoblois du pôle d'innovation en micro et nanotechnologies appliqué aux sciences du vivant NanoBio ainsi que la plateforme Coriolis. Installé depuis 2014 après son transfert du polygone scientifique, cet instrument du Laboratoire des écoulements géophysiques et industriels est avec ses 13 mètres de diamètre la plus grande plateforme tournante au monde consacrée à la mécanique des fluides..
Autres équipements
Espaces verts thumb|Chèvres paissant dans le campus universitaire de Grenoble Le domaine universitaire, très aéré et arboré, constitue dans son ensemble un espace vert de l'agglomération, notamment dans ses franges nord et est en bordure de l'Isère.. On peut citer notamment environ arbres et particulièrement l'arboretum Robert Ruffier-Lanche présentant plus de 200 espèces d’arbres et arbustes provenant de toutes les zones tempérées du monde..