La Brandenburger Straße ou rue de Brandebourg est la rue commerçante la plus animée et fréquentée. de Potsdam en journée et le week-end. Elle mesure de longueur entre deux édifices historiques servant de points de repère : à l’est, l’église Saint-Pierre-et-Paul et le Bassinplatz. ; à l’ouest la porte de Brandebourg et le Luisenplatz.

Elle est piétonnière et principalement destinée au shopping et à la flânerie. Elle n’appartient pas directement à la vieille ville nommée « Vieux Marché », mais aux quartiers issus des deux extensions dites baroques de Potsdam au . L’arrangement en damier du quartier baroque de Potsdam engendre un maillage de rues perpendiculaires et parallèles à la Brandenburger Straße qui renforce l’ambiance générale de zone commerciale dans un centre-ville historique. Cette rue est associée à l’histoire architecturale, militaire et politique de Potsdam. Les architectes de renom dans la région, Carl von Gontard et Johann R.H. Richter, y ont construit des maisons.

Entre 1955 et 1990, la rue s'appelait Klement-Gottwald-Straße, du nom du dirigeant de la Tchécoslovaquie communiste Klement Gottwald.

Un nom d'origine rebaptisé sous le régime communiste Les ouvrages anciens décrivant la création de la Potsdam baroque du témoignent de la stabilité du nom donné à cette rue. Sont attestées dès les débuts les formes « brandenburgische » (1749) ou « Brandenburger » (1750) Straße...

Du à 1955, la rue ne changera jamais de nom. À l’occasion d’une visite d’état du président de la Tchécoslovaquie, Klement Gottwald, pour inaugurer la « Semaine de l’amitié germano-tchécoslovaque » en 1955, elle fut rebaptisée en Klement-Gottwald-Straße. Comme Gottwald n’avait aucun lien particulier avec la ville de Potsdam, et encore moins la rue de Brandebourg, les habitants ont pris acte de la décision venant d’en haut sans réellement adhérer à cette initiative. Néanmoins, ce n’est que le que la rue redevint la Brandenburger Straße..

On doit ce retour au nom d’origine à une initiative personnelle de la correspondante locale du journal régional Potsdamer Neueste Nachrichten, Karin Markert, laquelle lança l’idée dans une chronique de rechanger le nom de la Klement-Gottwald-Straße. Les résultats publiés dans un article du , donc dans l’Allemagne réunifiée, montrent que, sur les quelque de lecteurs, une écrasante majorité réclamait le retour à l’ancien nom de la rue. Après un temps de réflexion, le conseil municipal décida d’aller dans le sens des citoyens qui se sont exprimés et fit modifier les plaques de la rue commerçante.

Les de Klement-Gottwald-Straße opposées aux pendant lesquelles la rue s’appela Brandenburger Straße ( si l'on prend la date de l'inscription officielle, le ) n’ont pas assez marqué la population locale pour s’imposer réellement, d’autant plus que le premier nom est associé à un régime politique qu’une partie des habitants souhaitaient probablement oublier puisque le staliniste Gottwald représentait l'ère soviétique avec une politique dictatoriale dans son pays. La publication administrative publiée le décrivait le découpage de Potsdam, centre et banlieues, en douze circonscriptions et confirmaient officiellement les noms de rue pratiquées jusqu’à cette date. L’attribution d’un nom pour une rue devenait obligatoire dans le cadre des réformes dites de Stein-Hardenberg.

Le changement était d’autant plus facile que, même pendant la période de la RDA, les anciens continuaient de dire par réflexe qu’ils allaient à la Brandenburger pour faire leur course. Les plus jeunes attribuèrent à la rue le surnom humoristique de « Broadway ». Une rue dédiée aux commerces dans le régime communiste, même modeste, pouvait en effet impressionner des habitants habitués à la pénurie endémique des régimes aux plans quinquennaux. Le , à l’invitation du journal local, de nombreuses personnes viennent assister au changement officiel des plaques ; la fanfare de la police populaire accompagne l'événement en jouant l’hymne du Brandebourg, la « Märkische Heide ». La ville coupe avec le passé des fraternités entre pays du bloc Est.

Seconde extension baroque de Potsdam vignette|Extensions de Potsdam au . La Brandenburger Straße, tout comme les rues attenantes Charlottenstraße et la Gutenbergstraße, font partie du projet d’agrandissement de la ville lancé par le Roi-Soldat, Frédéric-Guillaume I pour répondre aux besoins gigantesques de logements pour ses soldats. Potsdam devient une ville-garnison en plus d’être résidence royale. Les casernements n’étaient pas encore dans les mœurs au , les soldats logeaient chez l’habitant.

En 1713, le roi décidait de faire de Potsdam la résidence permanente de sa garde. Il fallait donc agrandir la ville et repousser les murailles car il faut également penser à loger tous les corps de métier qui gravitent nécessairement autour des troupes militaires sur le plan pratique et technique. La première extension de la ville se fait au nord de la vieille ville en 1722. L’actuel site de la Brandenburger Straße reste toujours un terrain marécageux. Le roi de Prusse appréciait surtout la mode néerlandaise, mais aussi les tendances architecturales baroques. La première phase est de ce fait appelée « première extension baroque ». Le centre-ville s’étendit de l’autre du canal et le mur d’enceinte longeait l’actuelle Charlottenstraße. Les nouvelles maisons résidentielles bâties dans ce secteur disposaient d’une pièce de pour les quartiers des soldats.

La première extension ne suffit plus au bout de 11 ans ; c'est pourquoi en 1733, le roi de Prusse décrète une deuxième extension. baroque qui va de la Charlottenstraße jusqu'à la Hegelallee actuelle. C'est pendant cette deuxième phase d'agrandissement de la ville-garnison que la rue de Brandebourg se retrouve au centre du secteur. Conformément aux pratiques toponymiques des villes fortifiées, l'une des portes qui jalonnent la nouvelle enceinte de Potsdam est celle qui mène vers la ville de Brandebourg vers l'ouest et la rue qui y conduit prend également le nom de la direction qu'elle indique. La rue de Brandebourg mène à la porte de Brandebourg qui mène à Brandebourg. Le principe est comparable à la porte de Brandebourg ou la porte de Potsdam (Située à l'actuelle Potsdamer Platz) dans les murailles de l'octroi de Berlin qui indiquaient le chemin depuis la capitale vers les deux villes brandebourgeoises.

Le projet urbanistique du Roi-Soldat, puis de son fils Frédéric le Grand, est baroque pour trois raisons : la première est la forme linéaire de la rue jouant sur l'effet de perspective comme la célèbre perspective Nevski à Saint-Petersbourg où un bâtiment proéminent qu'on voit quasiment depuis l'autre côté, forme le pont de départ ou d'arrivée selon le regard qu'on porte. C'est particulièrement flagrant à Potsdam puisque la longueur de la rue est modeste : on voit facilement l'église catholique ou la porte de Brandebourg. Les souverains conçoivent l'architecture baroque comme un outil au service du pouvoir. Elle met en scène l'autorité et choisissent des édifices-repères qui reflètent leur conception du pouvoir. Il faut impressionner ; la deuxième renforce la première car l'effet visuel engendré par un bâti continu et homogène ne laisse pas voir facilement les entailles causées par les rues perpendiculaires. Les rues en damier parfait servent à distribuer les espaces tout en leur conférant une interconnexion. Les couleurs des murs et façades de la rue contribuent également à une grande cohérence du bâti. Les coloris paraissent plutôt en pastel, pas très criardes. Les couleurs sont majoritairement chaudes ; Les maisons construites correspondent à un schéma typé de l'époque baroque allemande en milieu urbain : rarement plus hautes que deux étages, elles comportent un logis sur socle dont le rez-de-chaussée sert souvent aux services et commerces. Parfois, la maison- type d'un seul étage a été rehaussé d'un niveau sans compter la partie sous les combles. Le chien-assis est récurrent, souvent complété par un fronton ou gâble simple sur le mur gouttereau qui fait face à la rue. La décoration semble s'émanciper de toutes fioritures. Les lésènes forment l'élément décoratif majeur des façades, par contraste des couleurs ou par l'effet de relief caractéristique de la lésène.

Même si le nombre de maisons-types baroques est élevé dans la rue de Brandebourg (53 sur 72 maisons), les siècles suivants ont agrémenté la rue de maisons Gründerzeit, branche austro-allemande de l'historicisme ou de maisons de maître également inspirées du baroque, du néo-baroque ou du néo-classique. Le rococo frédéricien rendu célèbre par le château de Sanssouci se cantonne davantage dans les palais, les manoirs et autres édifices de représentation. Néanmoins, les quatre maisons bourgeoises de l'architecte Richter dans la rue de Brandebourg s'inscrivent dans le rococo frédéricien tardif, nommé « Zopfstil », dont le rôle de représentation à la manière du classicisme français est fondamental. Une maison de maître a été réalisée par Carl von Gontard où son goût pour le classicisme-palladianisme y apparaît de manière atténuée en l'occurrence. Une exception notoire dans ce profil général baroque teinté d'historicisme ou de classicisme demeure la façade classée du Stadtpalais décrite plus bas.

L'état actuel des maisons à la suite du projet de réhabilitation et d'assainissement de la ville depuis la réunification donne un charme incontestable à la rue de par son aspect rénové, propre et clair auquel s'ajoute la détente engendrée par son statut de zone piétonnière. On peut éventuellement lui reprocher le manque de verdure, la pierre domine, notamment parce que la chaussée est pavée. Le caractère résidentiel y est prononcé.

Numérotation en fer à cheval La numérotation des maisons de la Brandenburger Straße correspond au système en fer à cheval (Hufeisennummerierung). Il fut en usage dans l'ancien royaume de Prusse, c'est pourquoi on le retrouve dans les rues historiques des villes comme Berlin, Potsdam, Brandebourg, mais aussi hors de Prusse à Hambourg, Brunswick et les autres régions de l'ancienne RDA.

Le principe est simple. Le point de repère est un bâtiment représentatif des pouvoirs publics ou royaux. Il porte jadis par esprit de protocole hiérarchisé le . La différence pair-impair ne joue pas ; les numéros augmentent avec une incrémentation d'un point à chaque maison. Le est, de ce fait, entre le 33 et le 35 du même côté.

Le de la Brandenburger Straße est occupé par une maison bourgeoise avec un léger décrochage sur la placette devant la porte de Brandebourg. Aujourd'hui, on y trouve l'hôtel Porte de Brandebourg. En face du , on a une autre maison de maître qui porte le . Quand une entrée de maison est ajoutée pour une quelconque raison, il faut recourir aux lettres complémentaires : 46a, 46b ...

Les fiacres et les omnibus hippomobiles Le guide du voyageur à Berlin, Potsdam et aux environs de Grieben. raconte qu’en 1850 . La rue de Brandebourg s’élargit devant la porte du même nom et forme une petite place où les gens peuvent attendre les moyens de transport en commun. L’introduction des fiacres dans leur version polonaise, la drojki, s’est produite en Allemagne au début du . En 1815, le marchand de chevaux Alexander Mortier (ou Mortgen) originaire de Dessau crée à Berlin une société de transport par coches avec son associé berlinois Israel Moses Henoch. Les deux associés commencèrent avec importés de Varsovie. En 1827, le parc de fiacres était passé à où le modèle anglais plus large remplacera progressivement le polonais. En 1814, la Prusse avait accordé le monopole du transport par fiacre au duo Mortier-Henoch. Il y avait une ligne qui reliait Potsdam-Porte de Brandebourg à Berlin avant que la ligne de chemin de fer entre les deux villes ne soient réalisées.