vignette|upright=1.3|Office du tourisme d'Abomey et région Le tourisme au Bénin, qui bénéficie d'un important potentiel naturel et culturel, constitue la deuxième source nationale de rentrées de devises et le troisième employeur du pays, après l’agriculture et le commerce« Le Groupe de la Banque mondiale appuie le développement de la filière tourisme au Bénin », La Banque Mondiale, 25 mars 2016, mais a manqué de moyens pour se développer. De nouvelles perspectives se dessinent à partir de 2015, avec le soutien du Groupe de la Banque mondiale et celui du gouvernement, déterminé à faire du tourisme un vecteur de croissance et d’emploi. Le Ministère de la Culture, de l'Artisanat et du Tourisme (MCAT) est son ministère de tutelle.

Histoire et économie vignette|gauche|Passagers montant à bord d'un bateau de l'Office du tourisme du Dahomey pour visiter Ganvié (1962) Dans l'ancien Dahomey, des administrateurs coloniaux avaient déjà remarqué et aménagé sommairement certains sites, tels que Grand-Popo, la Bouche du Roy (embouchure du fleuve Mono) ou GanviéJean-Philippe Principaud, « Le tourisme international au Bénin : une activité en pleine expansion », in Cahiers d'Outre-Mer, , avril-septembre 2004, , . Après l'indépendance acquise en 1960 et malgré l'instabilité politique qui s'ensuit, on observe un flux régulier de touristes. Pendant la période dite « révolutionnaire » (1972-1989) du commandant Kérékou, il dépasse légèrement les par an. À partir de 1974, la gestion en appartient à l'État, à travers l'Office national du tourisme et de l’hôtellerie (ONATHO). Un ministère du tourisme est créé en 1980. Avec l’arrivée au pouvoir du président Nicéphore Soglo en 1991, un programme de promotion du tourisme est lancé. Le nombre de visiteurs dépasse les en 1991, puis les en 2001. Les années 1990 sont marquées par deux événements très médiatisés sur le plan international, le festival Ouidah 92 en 1993 et le sommet de la Francophonie en 1995. vignette|Bar de l'ONATHO à Ganvié (1980) Si le nombre d'arrivées augmente, il est à noter que la majorité concerne des voyages d'affaires de courte durée, notamment en provenance du continent africain. Le tourisme d’agrément concerne à peine 24 % du total des visiteurs. La plupart arrivent par l'aéroport de Cotonou, sauf ceux qui viennent du nord, par celui de Ouagadougou. Ces touristes choisissent le plus souvent la saison sèche, entre décembre et mars, période d'ouverture des parcs nationaux. Le temps passé au Bénin est bref, les circuits organisés associant souvent plusieurs autres pays d'Afrique de l'Ouest.

Un nouveau projet très ambitieux apparaît en 2003, relancé en 2014 par le président Thomas Boni Yayi : c'est la « Route des Pêches », soit une piste de 40 kilomètres entre Cotonou et Ouidah, entre la plage et les cocoteraies, avec des villages au milieu de la lagune, un site naturel avec des restaurants et des hôtelsDelphine Bousquet, « Bénin : “La Route des pêches”', un projet touristique démesuré ? », RFI, 17 juin 2014, enregistrement en ligne, 2 min 19 s. Ce projet, d'un coût total de de FCFA, est très controversé par les riverains et les historiensFiacre Vidjingninou, « Bénin : le projet d’aménagement de la “Route des pêches” en pleine controverse », Jeune Afrique, 31 mars 2015. Le projet prévoit notamment la construction d’hôtels (), d’ensembles résidentiels () et de nombreuses infrastructures, avec l'objectif de susciter la création d’environ directs ( indirects) et d'accueillir jusqu'à par jour. Selon les données de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), le Bénin a accueilli en 2014Tourisme international, nombre d’arrivées : Bénin (OMT) .

Après son élection en , le nouveau président Patrice Talon, déplorant que le Bénin ne tire que 0,7 % de son PIB du secteur du tourisme, lance une nouvelle stratégie stratégie touristique, inspirée par la réussite du Rwanda en la matièreVincent Duhem, « Tourisme : le Bénin peut-il devenir un nouveau Rwanda ? », in Jeune Afrique, 19 décembre 2016, . Le projet de la « Route des Pêches », jugé « pharaonique », est abandonné. Sept sites – en particulier Ouidah – sont choisis pour devenir les produits phares de « la destination Bénin ». Le Groupe de la Banque mondiale accorde un crédit d'un montant de 50 millions de dollars pour aider le Bénin à développer sa filière tourisme.

Différentes facettes

Écotourisme

Les principaux atouts naturels se trouvent dans le nord du pays, notamment autour de la chaîne de l'AtacoraRichard Lohento, « Plan de développement du tourisme au Bénin », in Passé, présent et futur des palais et sites royaux d'Abomey. Conférence internationale organisée par le Getty Conservation Institute, l'ICCROM et le Ministère de la Culture et de la Communication du Bénin, 22–26 septembre 1997, Getty Publications, 1999, . Outre les sites panoramiques, les chutes, cascades, grottes et piscines naturelles, c'est une région de grande faune avec le parc national de la Pendjari, qui permet l'observation de grands animaux : éléphants, buffles d'Afrique, hippopotames, lions. Cependant le parc national du W du Niger, un parc transfrontalier plus étendu, très riche en faune, est « formellement déconseilléConseils aux voyageurs : Bénin (Ministère des Affaires étrangères, France) » (en 2017) par les autorités françaises en raison des problèmes d'insécurité dans le Sahel. C'est une région propice au tourisme de randonnée et à la découverte de la natureGaston A. M. Agboton, Culture des peuples du Bénin, Présence africaine, Agence de la francophonie, Paris, 1997, .

Avec un climat subéquatorial, la côte atlantique au sud présente d'autres paysages, une végétation plus luxuriante, des lacs, des lagunes, des mangroves, l'embouchure du Mono, des plages bordées de cocotiers.

vignette|À la découverte du Ganvié.

Des expériences de tourisme solidaire sont menées au Bénin, comme dans les pays voisins, mais soulèvent aussi beaucoup de questionsAlain Girard et Bernard Schéou, « Le tourisme solidaire communautaire à l'épreuve des illusions culturaliste et participative. L'exemple d'une expérience au Bénin », Mondes en développement, 1/2012, , , . Le Musée des sciences naturelles de Cotonou œuvre dans ledit secteur.

Tourisme cynégétique Les zones de chasse sont situées dans le nord, principalement en bordure de la Réserve de biosphère de la Pendjari, soit à proximité du parc national lui-mêmeChasse au Bénin, Parc national de la Pendjari . La période de chasse commence en décembre et finit en mai. Des réserves villageoises de chasse autogérées (REVICA) créées dans les villages environnants assurent leur surveillance et leur aménagement et y organisent des safaris de petite chassePetite chasse, Parc national de la Pendjari . Des safaris de grande chasse sont organisés par les professionnels privés qui proposent généralement des prises en charge complètes, depuis l'aéroport jusqu'à une première préparation des trophéesGrande chasse, Parc national de la Pendjari . Certains animaux sont protégés, tels que l'éléphant, le léopard, le guépard ou le crocodile, mais le lion, le buffle, l'hippotrague, le waterbuck, le bubale major, le guib harnaché ou le phacochère peuvent être chassésTaxes de tir, Parc national de la Pendjari .

Tourisme balnéaire

Doté d'un climat chaud, avec une amplitude thermique réduite, le Bénin dispose d'environ de côtes en bordure de l'océan Atlantique, dont une quarantaine de kilomètres de plages de sable fin souvent bordées de cocotiers. Les plus prisées sont celles de Cotonou (Fidjrossè), Grand-Popo et Ouidah (Djegbadji). Ces stations balnéaires sont proches à la fois de l'aéroport international et de nombre de sites touristiques.

Cependant le littoral est menacé d'érosion en de multiples endroits« Bénin: La mer érode chaque année 10 mètres de terre sur les côtes », Œil d'Afrique, 21 avril 2012 et la mer est parfois dangereuse du fait des courants d'arrachement« http://www.scidev.net/afrique-sub-saharienne/sciences-de-la-terre/actualites/courant-d-arrachement-plages.html », SciDevNet, consulté le 1 avril 2017 . Quelques spots de surf, à Cotonou (La Méduse) et Ouidah, jouissent pourtant d'une certaine notoriété auprès des connaisseursJean-Sébastien Josset et Vincent Duhem, « Surfer en Afrique : 10 spots incontournables où se jeter à l’eau », Jeune Afrique, 6 juin 2014 .

Tourisme lacustre Surnommée la « Venise de l'Afrique », la cité lacustre de Ganvié, sur le lac Nokoué, constitue la première destination touristique du pays et attire chaque année des milliers de visiteurs« Ganvié: la « Venise de l’Afrique » attire des milliers de touristes », in Jeune Afrique, 4 janvier 2009 . Dans le cadre du projet « Réinventer la cité lacustre de Ganvié« Développement du tourisme au Bénin : La cité lacustre de Ganvié bientôt réinventée », 24 heures au Bénin, 9 mars 2017 » – l'un des axes prioritaires de la nouvelle politique en matière de tourisme –, un important processus de réhabilitation et de rénovation devrait permettre d'obtenir l'inscription de la localité sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, alors qu'elle ne figure pour le moment que sur la liste indicative (1996)Site Lacustre de Ganvié, UNESCO .

D'autres localités relèvent de l'habitat lacustre au Bas-Bénin, dans les marais de la Sô et de l'Ouémé, par exemple à Sô-Ava, Sô-Tchanhoué, Sô-Zouko, Vekky ou aux AguéguésE. Bokonon-Ganta, « Rythmes bioclimatiques et rythmes des naissances en milieu lacustre du Bas-Bénin », in Jean-Pierre Besancenot (dir.), Risques pathologiques, rythmes et paroxysmes climatiques, J. Libbey Eurotext, Paris, 1992 , mais ces sites sont moins fréquentés.

Tourisme culturel

vignette|Une takyènta (ou tata somba) Petit pays, le Bénin détient un important patrimoine architectural précolonial, qui s'inscrit pour l'essentiel dans le triangle Abomey-Ouidah-Porto-Novo, trois villes fortement impliquées dans le commerce des esclaves. Sur , les palaisPalais royaux d'Abomey, UNESCO des anciens rois d'Abomey – constitués en musée historique d'Abomey et inscrits sur la liste du patrimoine mondial en 1985 – constituent le fleuron de cet ensemblePassé, présent et futur des palais et sites royaux d'Abomey (conférence internationale organisée par le Getty Conservation Institute, l'ICCROM et le Ministère de la Culture et de la Communication du Bénin, 22–26 septembre 1997), Getty Publications, 1999, 180 p. .

Outre ceux d'Abomey et de Ouidah, d'autres musées permettent au visiteur de mieux comprendre le pays et son histoire : le Musée ethnographique Alexandre Sènou Adandé, le Musée Honmè et le Musée da Silva des arts et de la culture afro-brésilienne, tous trois à Porto-Novo ; le Musée régional de Natitingou, le Musée ethnographique et de plein air de Parakou, pour ne citer que les plus fréquentés« Témoignages des musées béninois : un élan culturel vers la connaissance », in Hélène Joubert et Christophe Vital, Dieux, rois et peuples du Bénin : arts anciens du littoral aux savanes, Paris, 2008, . En 2013, la Fondation Zinsou ouvre un musée d'art contemporain africain à Ouidah, le premier du continent« Ouverture à Ouidah du premier musée d'art contemporain africain », RFI, 10 novembre 2013 . Pour former les professionnels de la conservation et de la mise en valeur du patrimoine culturel, l'École du patrimoine africain (EPA) est créée à Porto-Novo en 1998L'École du Patrimoine Africain, 2 mars 2017 .