Rondò Veneziano est un ensemble musical italien, qui s'inspire de la musique baroque et classique, pour produire une variété dance-pop. Le groupe fut créé en 1979 par Gian Piero Reverberi, compositeur et chef d'orchestre appartenant à l'école génoise. Plus de 25 millions d'albums ont été vendus dans le monde.
Le répertoire du groupe, large et inspiré de modèles stylistiques très variés, est signé de Reverberi, connu par ailleurs pour avoir arrangé des morceaux pour Fabrizio De André, Luigi Tenco, Lucio Battisti, Gino Paoli, Mina, Lucio Dalla et, plus récemment, Eros Ramazzotti. Très inspirées du baroque vénitien dans les premières années d'existence de la formation, les sonorités ont régulièrement évolué, tant vers le classique que vers un certain impressionnisme musical, au point qu'il est très malaisé de ranger le groupe sous une étiquette précise.
Après avoir enregistré près de 25 albums entre 1980 et 2002, l’activité de l’ensemble porte actuellement sur la scène, essentiellement en Europe.
En 2026, Stefano Marchioro succède à Gian Piero Reverberi pour diriger le groupe et relancer les tournées à travers le monde...
Histoire du groupe La création
Rondò Veneziano naît au printemps 1979, sur une idée conjointe de Freddy Naggiar (Baby Records) et du compositeur Gian Piero Reverberi. Ce dernier quitte ainsi la maison de disques RCA Italiana pour Baby Records, où il va collaborer avec Al Bano, Romina Power, Pupo et Ricchi e PoveriSurrondoveneziano.com ..
Le projet initial visait à créer une formation instrumentale italienne, dans la lignée de ce qu’avaient pu proposer Angelo Branduardi ou Stephen Schlaks. Reverberi opta pour une solution aux frontières du baroque et de la pop.
La restauration du carnaval vénitien, à la fin des années 1970, contribua à faire du caractère à la fois festif et mondialement connu de Venise un thème essentiel d’inspiration. Pour matérialiser l’atmosphère baroque, les musiciens solistes se présentent en habits à la mode du , avec perruques. Ces éléments avaient pour but de renforcer l’impact auprès du public et de rendre le groupe immédiatement reconnaissable.
Les quatre premiers morceaux (dont Rondò Veneziano, San Marco et Andante Veneziano) furent enregistrés sous la direction de Reverberi au Varirecording Studios (Milan), avec un orchestre symphonique de Gênes, ainsi qu’un batteur et un bassiste de ses connaissances. Ces premiers morceaux plurent à la Baby Records, et cinq autres compositions vinrent s’y ajouter pour constituer un premier album : Rondò Veneziano.
Si l'album était prêt dès l’hiver 1979, il ne fut publié que l’année suivante, pour préparer une stratégie commerciale plus efficace. Le , le morceau Rondò Veneziano fut choisi par Silvio Berlusconi, sur le conseil de Freddy Naggiar, pour ouvrir et clore les programmes de la récente Canale 5, attisant ainsi la curiosité des téléspectateurs pendant près d’un an, puisque le morceau était diffusé six fois par jour et que ni son nom, ni sa provenance n’étaient mentionnés.
Le succès
En 2008, G. P. Reverberi commentait les trente années de succès du groupe : « Aucun de nous n’imaginait un tel succès. Après la première apparition et le premier album, on pensait que le succès était dû à la nouveauté. Et pourtant, plusieurs années après, nous pouvons affirmer que nous avons créé un style de musique particulier.. »
L'irruption d'un groupe de variété entièrement acoustique sur une scène musicale dominée par l’électronique et le disco singularisa le Rondò Veneziano dès ses débuts. Le groupe fut l’hôte de nombreuses émissions télévisées dans toute l’Europe jusqu’aux années 1990. La plupart des albums enregistrés dans les années 1980 remportèrent des distinctions dans plusieurs pays et occupèrent le classement des meilleures ventes.V. Gargiulo, Compendium, 2005, .. En Italie, la compilation Venezia 2000 (1983) fut l’un des disques les plus vendus pendant plusieurs années..
L'impact visuel des musiciens en costume, les illustrations créées pour les pochettes, et surtout les sonorités classiques accessibles pour un public non initié, ont concouru à ces résultats. D’un album à l’autre, Gian Piero Reverberi a su faire évoluer sa musique pour renouveler l’intérêt d’un auditoire, qui aurait pu retomber très vite après les premières ventes.
Le groupe changea de maison de disque en 1992, et BMG réédita tous les albums précédents dans leur version internationale, de sorte qu’il n’est plus possible aujourd’hui de trouver les albums originaux en dehors du marché de l’occasionV. Gargiulo, Compendium, 2005, 245-248.. Le Best of diffusé en 1996 constitue la dernière réussite commerciale du groupe en France.
Les derniers albums et les concerts La signature du groupe avec Koch, à partir de 1997, cantonna la diffusion des nouveaux albums aux pays germanophones. Les nouvelles réalisations consistent en albums « concept ».
Parallèlement, Reverberi put entreprendre une série de tournées européennes avec son groupe. Il en résulta un premier album en public en 1997.
Le retour chez Baby Records International permit une meilleure diffusion des deux derniers albums studio du groupe. La Piazza (2002) [Concertissimo pour le marché français] est le dernier album original du Rondò Veneziano. Un deuxième album en public a été produit à l’occasion des 25 ans de la création du groupe, et une version en orchestre de chambre, sans section rythmique ni électronique., a été enregistrée en 2009. Ces deux derniers n’ont pas fait l’objet d’une diffusion massive. Les 30 ans ont vu la sortie d’un DVD au Royaume-Uni:it:Rondo veneziano, section Discografia..
Un "Best of 3CD" reprenant 60 morceaux est édité par Sony Music en 2012.
Au début des années 2000, le groupe se produisait chaque année sur scène à l’occasion d’une tournée en Europe. Des concerts ont été également donnés aux États-Unis, notamment à Las Vegas (2003)V. Gargiulo, Compendium, 2005, 203-204..
Nouvelle direction du groupe en 2026 Après une longue absence, une tournée mondiale « The Grand Return - World Tour 2026 » annonce un nouveau départ pour Rondò Veneziano : Stefano Marchioro est nommé directeur artistique, pianiste et chef d'orchestre du groupe par Gian Piero Reverberi, afin de perpétuer son héritage artistique. Ce proche collaborateur du Maestro Reverberi, qui s'est occupé de la programmation des claviers électroniques de 1996 à 2010 au sein du groupe, explique qu'il n'y aura pas de nouvelle composition, mais qu'il prévoit essentiellement de faire découvrir le vaste répertoire « intemporel » du groupe, y compris les morceaux sortis à partir des années 1990, souvent méconnus.
Composition du groupe La formation de base du Rondò Veneziano compte neuf solistes (sept femmes et deux hommes). Elle se compose généralement de trois violons, d’un alto, d’un violoncelle, d’un hautbois, d’une flûte traversière, ainsi que d’une basse électrique et d’une batterie. C’est dans cette combinaison qu’elle se produit sur les plateaux de télévision, parfois accompagnée de Gian Piero Reverberi à la direction d’orchestre ou au piano.
Lors des enregistrements en studio, l'ensemble se compose d’un hautbois, d’une flûte traversière, de huit premiers violons, de huit seconds violons, de six altos, de six violoncelles, de deux contrebasses, d'une basse électrique et d’une batterie. Selon les besoins peuvent s’y adjoindre une guitare classique ou électrique, une trompette, un cor, un trombone, des timbales, une clarinette ou encore un piano. Un travail en studio permet le mixage avec les sons additionnels et les synthétiseurs.
En 2009, une version en orchestre de chambre se composait de quatre premiers violons, de quatre seconds violons, de trois altos, de trois violoncelles, de deux contrebasses, d’un cor et d’un piano.
Sur scène, le groupe de solistes est accompagné de trente musiciens afin de créer une sonorité symphonique adaptée aux salles de concert.
Les musiciens Le nom des musiciens n’est mentionné qu’à de très rares exceptions, d’autant qu’en trente ans ce sont en réalité plusieurs groupes qui se sont succédé. Des auditions menées par Gian Piero Reverberi ont permis à plusieurs reprises de renouveler les instrumentistesV. Gargiulo, Compendium, 2005, 220..
On peut néanmoins trouver la mention de quelques-uns d’entre euxCes informations proviennent des crédits mentionnés sur la pochette des albums correspondants. : Giacomo Caliolo - basse électrique (1980-1989) ; Tony Pomara - batterie (1980-1989) ; Giuseppe Zuppone - auteur, direction d'orchestre (Marco Polo, Zodiaco - Sternzeichen, Honeymoon, Luna di Miele) ; Jesús Eduardo Álvarez Herrera - guitare classique (Concerto, Masquerade) ; Fabrizio Giudice - guitare classique (Honeymoon - Luna di Miele, Papagena, La Piazza, Concertissimo) ; Ossi Schaller - guitare électrique (Stagioni di Venezia, Il Mago di Venezia, La Piazza) ; Paolo Cattaneo - ténor (Honeymoon - Luna di Miele) ; Deborah Biondi - piano soliste (Honeymoon - Luna di miele) ; Sergio Barlozzi - batterie, programmation des percussions (de Marco Polo à La Piazza) ; Munchener Bach Choir - chœur (La Piazza, Concertissimo) ; Willi Burger - harmonica (Papagena).
Style Les compositeurs Gian Piero Reverberi est le compositeur principal, puisqu’il a signé tous les morceaux originaux du groupe. Ont travaillé avec lui à la composition Laura Giordano (de 1980 à 1987) puis Ivano Pavesi (à partir de 1988). Ponctuellement, des collaborateurs ont participé à la composition : Dario Farina (Odissea Veneziana), Franco Fochesato (Luci E Colori Di Venezia) et Giuseppe Zuppone.
Inspiration
Les morceaux exécutés par le Rondò Veneziano sont des compositions originales. À un orchestre classique vient se joindre une section rythmique, constituée d’une guitare basse et d’une batterie. Des sonorités électroniques viennent enrichir l’ensemble à partir de l’album Odissea Veneziana (1984).
Les premiers albums s’inspirent essentiellement du baroque italien, et particulièrement vénitien : Vivaldi, Marcello, Albinoni (Rondò Veneziano, San Marco…). Une inclination vers la musique romantique n’est cependant pas absente (Notturno in Gondola…). Le folklore italien est également mis à contribution (Danza Mediterranea…). Les albums suivants élargissent ces influences vers le classique, davantage de romantisme, et d’impressionnisme (Isole…). Il n’est pas rare de trouver quelques mesures de compositeurs célèbres qui servent de prétexte à tout un morceau : le thème d’Odissea Veneziana rappelle la Fugue (BWV 565) de Bach, les premières secondes de Leone – Fuoco s’inspirent de la Neuvième Symphonie de Beethoven. De nombreux morceaux de l’album Papagena (2001) résonnent d’accents mozartiens.
Reverberi apprécie tout particulièrement Bach, Händel, Brahms, Chopin, Grieg, Schubert, Smetana, Schumann, Saint Saëns, Dvoràk…K. Botes, 2002, 92-118.
Arrangements Une des principales caractéristiques de la musique du groupe repose sur la modulation dans la répétition et les arrangements. Un même thème peut être répété en variant les arrangements à chaque reprise. La répétition peut porter sur une simple phrase (La Scala d’Oro, où le thème initial est joué six fois de suite), ou sur une période beaucoup plus large (Mosaico, où un thème assez long et une seule répétition suffisent à construire le morceau). En intercalant des thèmes secondaires, parfois eux-mêmes répétés, Reverberi aboutit à des structures relativement complexes (Gentil Tenzone), où la symétrie semble cependant être une constante.
Un autre trait consiste à adoucir les changements d’accords, en déroulant une même note sur le plus de mesures consécutives possibles (Laguna Incantata).
Interprétation des classiques