Fives est un quartier de Lille ainsi que le nom de l'ancienne commune indépendante du département du Nord rattachée à Lille lors de l'agrandissement de 1858 et correspondant aux quartiers actuels de Fives et de Saint-Maurice Pellevoisin.

C'est aujourd'hui un quartier populaire de l'est de Lille comptant environ 19 000 habitants. Faubourg industriel qui a donné son nom à une entreprise, Fives a perdu de nombreux emplois avec la fermeture de ses usines et peine à se reconvertir. Mais il attire de plus en plus les classes moyennes en raison de la présence de maisons avec jardin à prix raisonnable pour la métropole lilloise. Une ligne de métro traverse le quartier, qui reste essentiellement résidentiel.

Toponymie Selon Hippolyte-Romain-Joseph Duthillœul, l'étymologie de Fives serait « fif », signifiant « cinq » et de « es », signifiant « eau, fontaine ou source ».

Une autre hypothèse citée par le Canard de Fives, journal d'histoire locale propose que le nom de Fives dériverait du latin "Finis" signifiant "limite" puisque Fives était un village à l'entrée de Lille, d'ailleurs un lieu-dit s'appelle l'"Octroi".

Héraldique

Historique Avant la Révolution française

Le prieuré Saint-Martin et la paroisse de Fives vignette|300px|Le Prieuré clunisien de Fives au ;

En 1066, Fives faisait partie de la paroisse de Faches, située dans la châtellenie de Lille. En 1104, Hermann, chanoine de Lille, fit don des paroisses de Fives et de Faches à l'Abbaye Sainte-Nicaise de Reims, qui envoya à Fives des religieux pour l'établissement d'un petit prieuré : 5 ou 6 moines en 1160, 2 en 1768.

En 1655, la paroisse de Fives, qui dépendait jusqu'alors de Fâches, est fondée. En 1670, le prieuré adhère à la congrégation de Saint-Maur, en 1694, il devient la propriété des chanoines de la Sainte-Chapelle de Paris. Dépendant de l'Abbaye Sainte-Nicaise de Reims jusqu'en 1771, il ferme à la Révolution, puis, est démoli en 1792, après le siège de Lille, ainsi que l'ensemble des constructions avoisinantes, notamment le château de la Phalecque, pour faire place à une zone non aedificandi.

Ce prieuré dont la place, à côté de l’église de Notre Dame de Fives, porte le souvenir était situé près de la source du Becquerel.

La source du Becquerel Celle-ci était alimentée par une nappe souterraine dans les roches calcaires du sous-sol de Lezennes formant un étang qui se déversait dans plusieurs ruisseaux se regroupant en un cours unique en entrant dans la ville de Lille par les fortifications à proximité de l’actuelle gare de Lille-Flandres. Cette zone marécageuse était parcourue par de petits sentiers comportant des dos d’ânes, les dondaines en patois ce qui pourrait être l'étymologie des Dondaines, terrain vague après son assèchement, longtemps occupé par un bidonville, actuellement parc des Dondaines. Le Becquerel était également nommé Chaude Rivière car ses eaux gelaient très rarement. En 1285, les échevins de Lille achètent au seigneur du Breucq la source pour alimenter la ville en eau potable par des conduites, les buisses qui permettent d'établir 8 fontaines publiques. Les rues du Becquerel et de la Chaude Rivière portent le souvenir de cette rivière recouverte en 1894, la place et la rue des Buisses près de la gare de Lille-Flandres celui de cette précoce adduction d'eau urbaine.

Fives face aux guerres Fives est incendiée par les Français en 1485, 1491 et 1498. En 1579, les « Gueux », partisans de l'indépendance des Pays-Bas pillent Fives.

vignette|droite|Louis XIV à Fives au siège de Lille Pendant le siège de Lille de 1667, Louis XIV s'installe quelques jours en août à Fives dans une ferme qui a ensuite porté son nom aujourd'hui rue de Lannoy avant d'entrer dans la ville par la porte des Malades (future porte de Paris de Lille).

Les aménagements de Vauban, redoute de la Pâté, nommée ensuite fort Sainte-Agnés, détruit pour le passage de la ligne du TGV, créent une zone inondable entre le Prieuré (approximativement à l'emplacement de l'actuelle rue de Bouvines) et l'enceinte de Lille autour de la porte de Tournai.

À l'ouest de Fives près de l'actuel Euralille, le château de la Phalecque était une demeure fortifiée puis une résidence de plaisance détruite lors du siège de Lille de 1792 qui a fait l'objet en 2017 à 2019 de fouilles archéologiques.

Seigneurs de Fives Avant la Révolution française, Fives est le siège d'une seigneurie. À partir du , elle est aux mains d'une dynastie de bourgeois de Lille. Romain Noiret (1637-1691), fils de Charles Noiret, bourgeois de Lille, et de Catherine Lestienne, est seigneur de Fives. Né à Lille en (baptisé le ), il devient bourgeois de Lille le , et meurt le . Il épouse à Lille le Marie Marguerite Wattepatte (1639-1716). Les deux sont enterrés dans la chapelle du nom de Jésus dans l'église Saint-Étienne de Lille, comme l'ont été les parents de Romain Noiret. Ils ont eu cinq enfants dont : Catherine Antoinette Noiret (1662-1697), épouse à Lille le Hermenegilde Gilles Carpentier, fils de Philippe et de Claire de Bailliencourt dit Courcol, né à Hantay, bourgeois de Lille le , avocat au Parlement de Flandres, conseiller pensionnaire (conseiller juridique) de Lille. François Romain Noiret qui suit.. François Romain Noiret (1666-avant 1732), fils de Romain Noiret, seigneur de Fives, nait à Lille en (baptisé le ), licencié es-droit, bourgeois de Lille le , marguillier de l'église Saint-Étienne, conseiller dépositaire de la ville. Il meurt avant 1732. Il prend pour femme à Lille le Marie Catherine Michelle Prouvost (1677-1737), née à Lille en (baptisée le ) et y décédée le .. Ils ont eu huit enfants dont : Nicolas Romain Noiret qui suit. Michelle Joseph Noiret, dame de Bourgogne, nait à Lille en (baptisée le ). Elle se marie à Lille le avec Jean Baptiste Gabriel de Decker (1692-1734), fils de Jean Baptiste et de Michelle de Surmont. Né à Menin, il est chevalier, seigneur d'Oost-Werschaere, bourgeois de Lille le , conseiller pensionnaire de Menin le , maître des requêtes ordinaire au Grand conseil de Malines, puis avocat fiscal à ce siège en 1725. Il est nommé membre du conseil privé du roi d'Espagne à Bruxelles en 1730. Il meurt à Bruxelles le , âgé de 42 ans, étant remarié à N. Voorspel de Malines. Nicolas Romain Noiret (1694-1737), fils de François Romain Noiret, est seigneur de Fives. Il nait à Lille en (baptisé le ), bourgeois de Lille le , conseiller du roi dépositaire de cette ville, meurt à Lille le . Il prend pour femme à Lille le Marie Élisabeth Thérèse Libert, fille de François, écuyer, et d'Élisabeth Thérèse Farvacques. Née en (baptisée le ), remariée à Philippe Charles Joseph de Gilleman, elle meurt le . Elle n'a pas eu d'enfants de ses deux mariages.

Époque contemporaine L'ancienne commune de Fives comprenait le faubourg de Roubaix, actuel quartier Saint-Maurice Pellevoisin.

Son territoire était limité ; à l'ouest, par les remparts de la ville de Lille, approximativement de l'emplacement de l'actuelle avenue du Président-Hoover à celui du lycée Pasteur, par la commune de Wazemmes puis de Moulins à partir la constitution de celle-ci par détachement de Wazemmes en 1834, la limite communale étant le « vieux chemin Saint-Sauveur » qui aboutissait en impasse sur le rempart dans l'axe de la rue Saint-Sauveur et passait à l'emplacement de l'actuelle place Guy-de-Dampierre. au nord, par les communes de Marcq-en-Barœul et de Mons-en-Barœul (limite de l'actuel quartier Saint-Maurice-Pellevoisin avec ces communes). à l'est, par la commune d'Hellemmes, les limites étant celle du quartier d'Hellemmes rattaché à Lille. au sud, par la commune de Ronchin, limites communales avec Lille inchangées.

Fives reste un village jusqu’à l’arrivée du chemin de fer dans les années 1840. Sa population avait faiblement augmenté de 956 habitants en 1803 à 1 260 en 1828. Comme d'autres secteurs de la périphérie de Lille, Fives est également, jusqu'au milieu du , un lieu de détente avec un parc de loisirs éphémère créé en 1856, le « Pré Catelan » à l'imitation du parc d'attraction jardin Catelan ouvert à Paris à la même époque. Cet établissement situé à l'angle des actuelles rues du Long-Pot et Francisco Ferrer est fermé en 1863Le canard de Fives , janvier-février-mars 2016, p. 13. Un terrain de tir à la perche existait également à l'emplacement du triangle à l'intérieur de voies ferrées parcouru actuellement par des voies autoroutières entre la rue de Bellevue, la rue de la Chaude Rivière et la rue Javary.

La construction d’une gare intra-muros ayant été différée par l’autorité militaire au départ hostile à une ouverture de l’enceinte fortifiée, une station provisoire extra-muros est établie en 1843 sur le site du Mont-de-Terre. Des chemins vicinaux furent transformés en rues par la Compagnie du chemin de fer du Nord pour desservir cette station à partir de la route de Lille à Tournai (actuelle rue Pierre-Legrand). La rue du Long Pot et la rue de Bellevue ouvertes en 1845 prennent le nom de cabarets qui y étaient établis. La rue du Grand Balcon ouverte à la même date de l’autre côté de la voie ferrée a disparu à la fin du siècle dernier : elle était située à l’emplacement du nouveau quartier du Bois Habité le long de l’autoroute.

La gare de Fives continue de se développer après l’ouverture de la gare intra-muros car celle-ci ne disposait pas d’espace nécessaire pour le dépôt, les ateliers, le stationnement des rames. Jusqu’à l’ouverture de la gare de Lille-Saint-Sauveur en 1865, la gare de marchandises était à Fives.

Avec le chemin de fer des filatures de lin de coton s’établissent à Fives qui en comptait 6 en 1853. Sa population augmenta de en 1853 (dont à Saint-Maurice) à en 1860.

La commune de Fives est rattachée à Lille par décret impérial en 1858 avec Wazemmes, Esquermes et Moulins mais contrairement à ces trois communes, reste en dehors de l'enceinte fortifiée élargie.

L'église Notre-Dame de Fives conçue en 1856 par Charles Leroy (architecte de la Cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille) devenue insuffisante est agrandie d'un deuxième bas-côté en 1869 pour répondre à l'évolution démographique.

En 1861, est fondée l'usine de Fives qui construisit plusieurs milliers de locomotives, des ponts ferroviaires et routiers, des gares (dont celle d'Orsay, actuel musée d'Orsay), des équipements pour les industries sucrières, pétrolières ou chimiques. Fives doit donc son essor à l'implantation de filatures, d'usines métallurgiques et automobile.

Sa population a été multipliée par six entre 1860 et 1920 à l'époque où de grandes entreprises comme Peugeot, la Compagnie de Fives-Lille (qui employa jusqu'à 8 000 salariés), actuellement intégré dans le Groupe Fives-Lille se développaient.

Ces industries sont très durement touchées par la crise industrielle : Peugeot, puis Fives-Lille-Cail ferment leurs portes dans les années 1990. Le quartier devint de plus en plus résidentiel et tente désormais de se reconvertir. Une nouvelle place centrale, la place Pierre-Degeyter est inaugurée en 2007.

Les plans ci-dessus montrent les principales étapes du développement de Fives.

En 1716, le village se limite à quelques maisons le long de la route de Tournai (actuelle rue Pierre Legrand), de la future rue de Bouvines vers le prieuré et d'un chemin rural, future rue du Long-Pot. Le Becquerel rivière de Fives s'écoule vers Lille où il pénètre dans une ouverture dans les fortifications au nord de la porte de Tournai près de l'emplacement des voies de la future gare de Lille-Flandres.

En 1848, la voie ferrée avec la gare, les ateliers et le dépôt crée une barrière entre Fives et la ville de Lille. Cependant le village a conservé sa forme de 1716 et les usines ne se sont pas encore implantées.