La est le premier affrontement terrestre important de la guerre russo-japonaise. Il a lieu du au dans les environs de Liaoyang au Liaoning. La ville est d'une grande importance stratégique car elle est le centre des forces russes de Mandchourie du sud, et un centre de population important sur la ligne principale des chemins de fer de Mandchourie du sud reliant Port-Arthur à Mukden. La ville est fortifiée par l'armée impériale russe avec trois lignes de défenseKowner, Historical Dictionary of the Russo-Japanese War, ..

Contexte vignette|Le général Kuroki Tamemoto et son État-major durant la bataille de Liaoyang. Lorsque l'armée impériale japonaise débarque sur la péninsule du Liaodong, le général Ōyama Iwao divise ses forces. La armée du lieutenant-général Nogi Maresuke est assignée à l'attaque de la base navale russe de Port-Arthur au sud, tandis que les , , et armées convergent sur la ville de Liaoyang. Le général russe Alexeï Kouropatkine prévoit de contrer l'avancée japonaise par une série de retraites organisées dans le but de gagner suffisamment de temps pour permettre à assez de réserves d'arriver de Russie et lui donner l'avantage numérique sur les Japonais. Cependant, cette stratégie n'a pas les faveurs du vice-roi Ievgueni Ivanovitch Alekseïev, qui demande une stratégie plus agressive et une victoire rapide sur le Japon.

Les deux camps considèrent Liaoyang comme un site idéal pour la bataille décisive qui décidera de l'issue de la guerre.

Préparations À Liaoyang, Kouropatkine dispose d'un total de 14 divisions avec hommes, soutenues par 609 pièces d'artillerie. Il divise ses forces en trois groupes. Le groupe oriental est commandé par le général Alexandre von Bilderling et est composé du corps armé de Sibérie et du corps armée d'Europe. Le groupe sud est commandé par le général et est composé des , , et corps armé de Sibérie, ainsi que de 11 escadrons de cavalerie du lieutenant-général Pavel Michtchenko. Kouropatkine garde en réserve 30 bataillons, principalement du corps armé de Sibérie. Sa ligne de défenses la plus externe s'étend sur 19 km jusqu'au sud de l'ancienne ville fortifiée. Avec le début de la saison des pluies en juillet, les défenseurs sont avantagés par le terrain boueuxJukes, The Russo-Japanese War 1904–1905, ..

Ōyama divise lui aussi ses forces en trois groupes : la armée du général Kuroki Tamemoto, la armée du général Oku Yasukata, et la armée du général Nozu Michitsura. Ōyama dispose d'un total de hommes et 170 pièces d'artillerie. La stratégie japonaise globale, qui a été développée par le général Kodama Gentarō, est de faire avancer la armée le long de la voie ferrée, tandis que la armée converge sur la ville en passant par le col de Motien depuis le nord. La armée reste en réserve avant d'avancer sur la droite de la armée vers la fin de la bataille.

En raison de disparités dans le renseignement militaire, Kouropatkine est convaincu qu'il est en infériorité numérique, alors qu'Ōyama, grâce l'assistance de la population chinoise locale, a une connaissance précise des forces russes et de son déploiement. Cependant, Ōyama est inquiet de son infériorité numérique, et attend d'attaquer dans l'espoir qu'une rapide victoire à Port-Arthur lui permettrai d'ajouter la armée à ses forces avant que de nouveaux renforts russes n'arrivent du nord. Cependant, après trois semaines sans progrès à Port-Arthur, Ōyama décide qu'il ne peut attendre plus longtemps.

La Bataille vignette|gauche|Représentation japonaise du général Alexeï Kouropatkine durant la bataille. La bataille commence le avec un tir de barrage de l'artillerie japonaise, suivi par l'avancée de la garde impériale japonaise du lieutenant-général Hasegawa Yoshimichi contre l'aile droite du corps armée de Sibérie. L'attaque est défaite par les Russes du général Bilderling grâce au poids supérieur de l'artillerie russe et les Japonais perdent un millier de soldats.

La nuit du , les et divisions japonaises du major-général Matsunaga Masatoshi engagent le corps d'armée russe à l'est de Liaoyang. D'intenses combats de nuit ont lieu sur les pentes d'une montagne appelée Peikou, qui est capturée par les Japonais le au soir. Kouropatkine ordonne une retraite, sous couverture de la forte pluie et du brouillard, jusqu'à la première ligne de défense de Liaoyang, qu'il a renforcée avec ses réserves. Le également, l'avancée des et armées japonaises sont interrompues par le général Zaroubaeff avant d'arriver à la première ligne de défense.

Cependant, le , à la surprise des Japonais et la consternation de ses commandants, Kouropatkine n'ordonne pas de contre-attaque mais décide d'abandonner le périmètre de la première ligne de défense, et que toutes les forces russes doivent reculer jusqu'à la deuxième ligne. Celle-ci s'étend sur environ au sud de Liaoyang, et est composée de petites collines qui ont été fortement fortifiées, en particulier une de 210 m de haut que les Russes appellent la « colline Cairn ». Les lignes de défenses plus courtes sont plus faciles à défendre pour les Russes mais cela fait le jeu des plans d'Ōyama qui visent à encercler et détruire l'armée russe en Mandchourie. Ōyama ordonne à Kuroki d'avancer vers le nord pour couper la voie ferrée et la route de retraite des Russes, tandis qu'Oku et Nozu doivent préparer un assaut direct frontal au sud.

La phase suivante de la bataille commence le avec une nouvelle offensive japonaise sur tous les fronts. Cependant, encore du fait de la supériorité de l'artillerie russe et de leurs fortifications intensives, les Russes repoussent les attaques les 30 et , causant de lourdes pertes chez les Japonais. De nouveau à la consternation de ses généraux, Kouropatkine n'autorise pas de contre-attaque. Il continue de surestimer la taille des forces de l'ennemi, et n'accepte pas d'envoyer ses forces de réserve dans la bataille.

Le , la armée japonaise capture la colline Cairn et environ la moitié de la armée traverse la rivière Taitzu à environ à l'est des lignes russes. Kouropatkine décide alors d'abandonner sa solide ligne défensive, et effectue une retraite ordonnée jusqu'à la troisième et dernière ligne de défense de Liaoyang. Ce mouvement permet aux Japonais d'avancer jusqu'à une position d'où ils peuvent bombarder la ville avec leur artillerie, en particulier la gare ferroviaire vitale. Cela incite Kouropatkine à enfin autoriser une contre-attaque dans le but de détruire les forces japonaises ayant traversé la rivière Taitzu et de sécuriser la colline que les Japonais appellent « Manjuyama » à l'est de la ville. Kuroki n'a plus que deux divisions complètes et Kouropatkine décide d'envoyer la totalité des et corps armée de Sibérie et 13 bataillons du major-général N.V. Orlov (l'équivalent de cinq divisions) contre lui. Cependant, le messager envoyé par Kouropatkine se perd, et les forces d'Orlov inférieures en nombre paniquent à la vue des divisions japonaises.

Pendant ce temps, le corps armé de Sibérie du général Georg von Stackelberg arrive dans l'après-midi du , épuisé par une longue marche à travers la boue et les pluies torrentielles. Quand Stackelberg demande au général Michtchenko l'assistance de deux brigades de ses cosaques, Michtchenko déclare avoir reçu l'ordre de se rendre autre part et l'abandonne. L'assaut nocturne des forces japonaises sur Manjuyama est un succès au début, et dans la confusion, trois régiments russes se tirent les uns sur les autres, et au matin la colline est repassée dans les mains japonaises. Dans le même temps, le , Kouropatkine reçoit un rapport du général Zaroubaeff placé sur la dernière ligne de défense qu'il sera bientôt à court de munitions. Ce rapport est rapidement suivi par celui de Stackelberg dont les troupes sont trop fatiguées pour contre-attaquer. Lorsque la armée japonaise est sur le point de couper Liaoyang du nord, Kouropatkine décide d'abandonner la ville et de se regrouper sur Mukden à plus au nord. La retraite commence le et est achevée le

Suites vignette|Après la bataille de Liaoyang, des blessés russes sont transportés par la Croix-Rouge (Angelo Agostini). Malgré l'objectif d'Ōyama d'encercler et de détruire les forces russes de Mandchourie à Liaoyang, Kouropatkine parvient à se replier en bon ordre face à des Japonais trop épuisés pour le poursuivre. Le , il informe Saint-Pétersbourg qu'il a remporté une grande victoire sur les Japonais en évitant l'encerclement et leur a infligé de lourdes pertes. Cependant , le ministre de la Guerre, Viktor Sakharov, ridiculise ce rapport.

Les célébrations à Tokyo font rapidement place aux rapports signalant de lourdes pertes et que la victoire n'est pas complète étant donné que la bataille décisive de la guerre devra avoir lieu autre part.

Officiellement, Japonais et Russes ont été tués, Japonais et Russes blessés. Des études soviétiques ont plus tard certifié que l'armée russe a subi pertes ( tués, disparus, blessés) contre un total de pertes japonaisesRussia and USSR in Wars of the XX century - Moskow, Veche, 2010 - .

Galerie Les forces russes disposent de ballons observateurs qui assurent une surveillance aérienne de la bataille en cours.

Notes et références

Bibliographie

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Capitaine Charles Bertin (Guerre russo-japonaise, auteur de : Liaoyang ; Six mois de manœuvre et la Bataille - Paris, R. Chapelot, 1914, deux volumes 788 pages).

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