La , fondée en 1874 et brièvement nommée la , est un syndicat britannique de femmes travailleuses. La Ligue est créée par Emma Paterson, sur le modèle des syndicats de travailleuses qu'elle a pu observer aux États-Unis..

Histoire Emma Paterson est la principale fondatrice de la ligue. Membre de la , elle persuade de nombreux membres de cette organisation d'assumer les mêmes fonctions au sein de la nouvelle ligue. En 1872, elle devient secrétaire de la et, bien qu'elle soit rapidement démise de ses fonctions, ces deux mandats lui permettent de développer un vif intérêt pour le syndicalisme féminin. Elle se rend aux États-Unis en 1873, où elle étudie le fonctionnement de la et du . À son retour en Angleterre, elle rédige un article pour le journal Labour News, dans lequel elle appelle à la création d'une association de femmes syndicalistes.

Women's Protective and Provident League, 1874 En juillet 1874, une conférence est organisée pour examiner la proposition de Paterson. Présidée par Hodgson Pratt, elle prend la décision de créer la ou WPPL, qui n'est pas une organisation syndicale, mais une organisation visant à promouvoir le syndicalisme féminin. Au départ, elle a quatre objectifs : protéger les salaires et les conditions de travail des ouvrières, verser des prestations aux ouvrières malades et au chômage, faire office d'agence pour l'emploi et promouvoir l'arbitrage en cas de conflits entre les ouvrières et les employeurs. Un comité exécutif est également élu. Paterson souhaite cependant toujours créer un syndicat pour les femmes, ce qu'elle fait plus tard dans l'année en fondant la .

Rôle dans la création d'organisations syndicales féminines vignette|400x400px|Comité syndical des tisserands de dewsbury et Batley en 1875. Le février 1875, les tisserandes de Batley, dans le West Yorkshire, se sont mises en grève pour s'opposer à un projet de baisse des salaires. Ann Ellis figurait parmi les meneuses de ce mouvement|gauche vignette|La Dewsbury and Batley Weavers Committee comprenait et aucun homme. La WPPL encourage la création de plusieurs syndicats de femmes, notamment la , la , la , la , la et la . L’Association des tisserandes de laine épaisse de Dewsbury, Batley et des environs est dirigée par et, lorsque la ligue propose son aide lors de la grève des tisserandes en 1875, Ellis la refuse, pensant que les tisserandes sont assez organisées pour être autonomes. Beaucoup de tisserandes font rapidement faillite, mais les relieuses prospèrent et les tapissières survivent, et rejoint alors l’organisation. La ligue fonde également la « » en 1879, qui accorde des prêts à ses membres, et propose en outre une salle de lecture, une bibliothèque, un annuaire de l’emploi, un club de natation et des excursions à Epping Forest. vignette|Portrait d'Emilia Dilke par Hubert von Herkomer en 1887.|254x254pxEn 1875, Paterson et devinrent les premières femmes déléguées au Trades Union Congress. Lors de ce congrès et des suivants, les représentantes de la WPPL défendent les droits des femmes, s'opposant aux obstacles à leur accès à l'emploi. Par ailleurs, la ligue s'oppose aux efforts de Thomas Burt et Henry Broadhurst visant à empêcher les femmes de travailler dans les mines de charbon, s'alliant pour cela à la et à la . À partir de 1876, le syndicat publie un journal mensuel, le . Le journal absorbe cependant près de la moitié de ses ressources financières et l'organisation peine à survivre. En 1879, elle est endettée pour près de sterling, dette dont la majeure partie est couverte par une collecte de fonds organisée par auprès de ses fidèles.

Développement après la mort d'Emma Paterson en 1886 Paterson meurt en 1886, et la ligue est ensuite dirigée par Emilia Dilke, qui y contribue également à hauteur d’environ sterling par an, prélevées sur ses fonds personnels. La ligue se concentre désormais sur la promotion d'une législation visant à améliorer les droits des femmes travailleuses, ainsi que sur l'adhésion des femmes dans les rangs des syndicats jusque là exclusivement masculins. En 1895, , membre de la ligue, témoigne devant la Commission royale sur les personnes âgées démunies. gauche|vignette|350x350px|Les syndicalistes féministes Jeanie Spence, Mrs Lamont, Agnes Brown, Mary Macarthur, Kate McLean, et Rachel Devine en 1911. vignette| haranguant la foule lors d'une grève en 1908 à Trafalgar-Square. devient secrétaire générale en 1899, puis est remplacée en 1903 par . Sous la direction de cette dernière, la ligue connait un regain de vitalité et, dès 1905, le nombre de ses adhérents passe à , dont . Macarthur fonde en 1906 la , afin d’améliorer la situation des travailleuses de la ville ; les difficultés rencontrées pour faire vivre le syndicat l’amenèrent à fonder la (NFWW), dont les statuts stipulent que trois membres de la ligue siégeront au comité exécutif de la fédération. La fédération prend en charge une grande partie du travail d’organisation direct auparavant assuré par la ligue.

La ligue sintéresse également aux conditions de travail des enfants. Elle crée un comité chargé d'étudier le rôle des enfants salariés et de formuler des recommandations en vue d'une réforme. Parmi ses membres figurent la féministe Jane Brownlow, la socialiste et .

En 1915, la Ligue lance une campagne visant à inciter les femmes effectuant des travaux liés à l’effort de guerre, notamment dans les usines d’armement, à adhérer à des syndicats. L’année suivante, elle travaille en collaboration avec la NFWW, la , et la Railway Women’s Guild pour créer la National Joint Committee of Working Women's Organisations afin de militer en faveur de la représentation des femmes travailleuses au sein des instances gouvernementales.

Macarthur participe à la , ainsi qu’à la conférence fondatrice de l’Organisation internationale du travail, en tant que conseillère de . Ces conférences l'incite à fusionner les organisations syndicales féminines avec celles de leurs homologues masculins, ce qui est réalisé en 1921, lorsque la Women's Trade Union League devient la section féminine du Trades Union Congress (TUC), avec deux sièges réservés aux femmes au sein du .

Références

Catégorie:Association ou organisme ayant son siège au Royaume-Uni Catégorie:Association ou organisme lié au féminisme au Royaume-Uni Catégorie:Syndicalisme au Royaume-Uni Catégorie:Syndicalisme féminin