Le Superbe est un vaisseau de ligne de de la Marine royale française lancé en 1738. Il est construit à Brest par l'architecte naval Laurent Helie. Il fait partie de ce petit nombre de bâtiments lancés dans les vingt-cinq premières années du règne de , période de paix marquée par de faibles crédits pour la Marine. Il participe à la guerre de Succession d'Autriche et à la guerre de Sept Ans. Il est coulé le lors de la bataille des Cardinaux.
Description Bien que portant , il n'a rien à voir avec la classe dite des « vaisseaux de 74 canons » sortie des arsenaux à partir de 1743 et 1744 et dont la conception est très différente. Il n'est percé qu'à sur sa batterie basse (contrairement aux « 74 canons » qui ont ). Il porte vingt-six canons de 36 livres sur sa première batterie, vingt-huit canons de 18 sur sa deuxième batterie, seize et quatre sur ses gaillards.
Histoire
thumb|Plan de la bataille des cardinaux, avec la position du Superbe au moment de son naufrage.
Guerre de Succession d’Autriche (1740 - 1748)
Du au , Emmanuel-Auguste de Cahideuc est le second sur le Superbe du chef d’escadre de Roquefeuil, qui commande une division dans l’escadre du vice-amiral d’Antin envoyé croiser aux Antilles entre la Martinique et Saint-Domingue alors que la tension monte entre la France et l'Angleterre.
Guerre de Sept Ans (1756 - 1763)
En 1757, le Superbe se retrouve intégré dans l'escadre de et de Dubois de la Motte qui doit passer en Amérique pour y défendre Louisbourg. Le , il quitte Brest et arrive à bon port quelques semaines plus tard, participant ainsi à l'importante concentration navale qui sauve Louisbourg de l'invasion cette année-là. En octobre, le Superbe quitte la place pour rentrer en France. Comme les autres vaisseaux, il est touché par la grave épidémie de typhus qui ravage les équipages et qui contamine Brest à l'arrivée en novembre, faisant des milliers de morts dans la ville.
Le , le Superbe prend part à la bataille des Cardinaux, commandé par de Montalais.. L’arrière-garde française est rattrapée par les premiers vaisseaux britanniques, le , le , le et le ; les premiers coups de feu sont échangés à partir de . Vers , le et le se font face. Alors que le Soleil Royal parvient à se dégager, le Superbe sombre par le travers à avec d’équipage à son bord, .
Tout comme pour le vers , le naufrage est dû à l’entrée de la mer par les sabords ouverts de la batterie basse. Selon Alfred Doneaud du Plan, un virement de bord précipité, la précision du tir anglais, la fermeture tardive des sabords après un tir par un équipage peu entraîné, voire l'orgueil du capitaine refusant de voir le danger présenté par les sabords restant ouverts, sont à l’origine de cette entrée d’eau désastreuse. Pour Olivier Chaline, le Superbe n’ayant que face aux du Royal George, tente de réduire le désavantage en faisant donner les pièces lourdes de sa batterie basse. La mer s’engouffre alors par les vantaux ouverts du vaisseau, qui est, de surcroît, au vent de son adversaire. En deux bordées du Royal George, le Superbe disparaît dans les flots. Quelques hommes du Superbe sont secourus par les Britanniques.
Le Superbe fait partie des 6 navires perdus par la France lors de cette lourde défaite qui met un terme aux projets de débarquement en Angleterre. En comptant plus large, il fait partie des 37 vaisseaux perdus par la France pendant la désastreuse guerre de Sept Ans18 vaisseaux pris par l'ennemi ; 19 vaisseaux brûlés ou perdus par naufrage. ..
L'épave et ses possibilités d'exploitation archéologiques L'épave a été localisée en 1984 par l'équipe de Jean-Michel Eriau qui depuis des années rassemble une abondante documentation sur la bataille des CardinauxLa découverte de l'épave du Thésée. Elle gît à à l’ouest de l’île Dumet. Le navire, recouvert par les alluvions de la Vilaine, n'a pas été fouillé par les archéologues sous-marinsInterview d’Elisabeth Veyrat, archéologue, ingénieur d'étude au DRASSM, par le site marine-ocean.com, le 8 décembre 2009.. Son état de conservation semble cependant excellent et pourrait livrer d'énormes informations sur les techniques de construction navale dans les années 1730 ainsi qu'une foule d'objets sur l'équipement et la vie quotidienne des marins au . Ce chantier complexe n'a, pour l'instant, pas encore trouvé les financements très important qu'il requiert, d'autant qu'il y a aussi deux autres épaves de la bataille des Cardinaux qui pourraient être fouillées méthodiquement (le Juste et le Thésée).
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Histoire de la marine française Liste des vaisseaux français
Catégorie:Trois-mâts Catégorie:Vaisseau de 74 canons Catégorie:Voilier Catégorie:Bateau français de la bataille des Cardinaux Catégorie:Navire construit à Brest Catégorie:Bateau lancé en 1738 Catégorie:Navire coulé en 1759