L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est une église catholique paroissiale située à Gouzangrez, dans le Val-d'Oise, en France. Elle réunit une nef unique romane très simple de la fin du à un transept et un chœur gothiques du second quart du . Le portail primitif a été remplacé par le portail roman actuel au début du , au plus tard au cours des années 1120. Ce portail, flanqué de quatre colonnettes à chapiteaux identiques, constitue l'élément le plus intéressant de l'église à l'extérieur. Sa silhouette assez typique est toujours celle du , mais l'étage de beffroi du clocher en bâtière central a été reconstruit sans style à l'époque moderne, et le croisillon nord est en grande partie néo-gothique. À l'intérieur, la nef et les bras du transept ont été redécorée dans le même goût, tandis que la croisée du transept conserve son architecture gothique élégante d'origine, abstraction faite de la voûte. Le chœur, dont l'important développement en longueur peut s'expliquer par la double fonction de l'église comme église priorale et paroissiale, a été revoûté à la Renaissance, et se présente donc dans un style éclectique. Avec le logis de l'ancien prieuré mitoyen du croisillon sud, et l'enclos du cimetière avec sa croix du l'église forme un ensemble remarquable, qui marque fortement l'identité du village du fait de son implantation à la périphérie de celui-ci. L'église Notre-Dame a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du ., et est aujourd'hui affiliée à la paroisse Avernes et Marines. Les messes dominicales y sont célébrées quatre fois par an, le samedi à 18 h 30 ou le dimanche à 9 h 30 ou 11 h 00.

Localisation thumb|left|Ancien prieuré Sainte-Geneviève et église, vue depuis l'est.

L'église Notre-Dame-de-l'Assomption se situe en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional du Vexin français, sur le plateau qui domine à l'est la vallée de la Viosne, près de la chaussée Jules-César, sur la commune de Gouzangrez, à la limite est du village, rue du Vieux-Château. La façade occidentale donne sur la rue. Elle est précédée d'un petit parvis, qui est compris dans l'enclos du cimetière. Celui-ci s'étend au nord de l'église, délimité par rue du Vieux-Château à l'ouest, et la Grande-Rue (RD 66) au nord. À l'est et au sud, l'église est enclavée dans une propriété privée, qui correspond au domaine de l'ancien prieuré. Le logis du prieuré, vendu comme bien national à la Révolution française, est mitoyen de l'église, et établi perpendiculairement à celle-ci, dans l'axe du transept. L'on peut signaler la présence d'un autre monument historique près de l'église. Il s'agit du soubassement de la croix de cimetière, qui date du , et a été inscrit au même moment que l'église..

Historique thumb|Vue depuis le nord. thumb|Vue depuis le sud-est. thumb|Nef, vue vers l'ouest.

La paroisse aurait été érigée au selon l'abbé Vital Jean Gautier. L'église est dédiée à la Vierge Marie, sous le vocable particulier de l'Assomption. Sous l'Ancien Régime, Gouzangrez relève du doyenné de Meulan, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et de l'archidiocèse de Rouen. Le collateur de la cure est l'abbé de l'abbaye Saint-Vincent de Senlis.. L'abbaye possède un prieuré près de l'église, qui est placé sous la protection de sainte Geneviève. L'un des chanoines réguliers de saint Augustin (ou plus tard Génovéfains) habitant le prieuré assume la fonction du curé. Le prieuré est dissout à la Révolution française, et ses possessions sont vendues comme bien national. Depuis, son logis sert de maison d'habitation à une famille du village. La Révolution apporte également la création du diocèse de Versailles pour regrouper les paroisses sur l'ensemble du territoire du département de Seine-et-Oise. Gouzangrez en fait partie jusqu'en 1966, quand le diocèse de Pontoise est érigé dans le contexte de la refonte des départements d'Île-de-France et de la création du département du Val-d'Oise. Gouzangrez n'est à présent plus une paroisse indépendante, et est affilié à la paroisse d'Avernes et Marines. Elle regroupe un total de trente-quatre villages. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Notre-Dame-de-l'Assomption quatre fois par an le samedi à 18 h 30 ou le dimanche à 9 h 30 ou 11 h 00..

L'église conserve toujours sa nef romane primitive de la fin du . Avec Arthies, Brignancourt, Omerville et Ronquerolles, elle fait partie des nefs les plus anciennes du Val-d'Oise. La polychromie architecturale à l'intérieur ne date toutefois que du . Comme souvent, le portail est un peu moins ancien que la nef elle-même.. Il a été étudié par Pierre Coquelle, qui omet malheureusement de lui assigner une date.. L'abbé Vital Jean Gautier dit que l'église a été bâtie en 1127, ce qui pourrait correspondre à l'année de sa donation à l'abbaye Saint-Vincent. Plus particulièrement, l'année 1127 peut être considérée comme la date extrême de la construction du portail. L'on ne sait rien sur le chœur de l'église à la période romane. Il a été démoli et remplacé par le transept et le chœur gothique actuel vers 1230. Ces parties sont très élégantes, mais ont été dénaturées par plusieurs transformations.

En effet, les deux petites chapelles latérales ou enfeus qui flanquent la première travée du chœur sont démolis avant la fin du Moyen Âge, et la chapelle ou l'enfeu du nord est remplacé par une chapelle plus grande servant de sacristie ; puis le croisillon sud est amputé de sa moitié méridionale lors de la construction du logis prioral, sans doute au . Enfin, la croisée du transept et le chœur sont revoûtés à la fin de la Renaissance. La modénature méplate des nervures des voûtes est caractéristique de la Renaissance, tandis que les chapiteaux évoquent déjà le style classique. Il ne peut pas être question de de type gothique flamboyant, comme le prétend Bernard Duahamel. La raison de ce revoûtement est probablement l'effondrement de l'étage de beffroi du clocher gothique, qui a été remplacé par une construction sans caractère à l'époque moderne. D'autres travaux de remaniement interviennent encore au . Ils portent notamment sur la réfection du parement extérieur du croisillon nord et son aménagement intérieur, ainsi que sur la décoration de la nef, dont la charpente en carène renversée est dissimulée par un plafond plat. Les allèges reçoivent un nouveau parement en pierre de taille, comme au Perchay. Les parties hautes des murs sont enduits et peints en faux-appareil, avec toujours les mêmes motifs réalisés au pochoir, sauf pour les ébrasements des fenêtres, où l'on voit des fleurettes. Le plafond est également enduit, et les solives sont à leur tour peintes au pochoir.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan cruciforme simple, qui n'est pas tout à fait symétrique. Elle se compose d'une nef unique simplement plafonnée ; d'un transept dont les deux croisillons inégaux sont de faible profondeur ; d'un chœur constitué d'une travée carrée et d'une abside à sept pans ; et d'une chapelle servant de sacristie au nord de la première travée du chœur. Le clocher en bâtière central s'élève au-dessus de la croisée du transept. Une tourelle d'escalier cylindrique occupe l'angle entre nef et croisillon nord. Le croisillon sud est amputé de sa moitié méridionale depuis la construction du logis du prieuré dans sa forme actuelle. Il a perdu sa voûte. Le croisillon nord, la croisée du transept et le chœur sont voûtés d'ogives, mais seul le croisillon nord conserve sa voûte d'origine. Le portail occidental constitue l'unique accès à l'église. La nef est couvert d'une toiture à deux rampants avec un pignon en façade. Le croisillon nord et la sacristie sont tous les deux munis de toitures perpendiculaires à l'axe de l'édifice, et présentent une succession de deux pignons au nord. Le croisillon sud n'est pas identifiable depuis l'extérieur.

Extérieur Portail et façade occidentale thumb|upright|Façade occidentale.

La partie la plus intéressante de l'église est sans doute le portail roman de la façade occidentale. Il est en plein cintre, et décoré d'une double archivolte reposant sur des colonnettes à chapiteaux. Ce portail n'a subi aucune modification depuis sa construction, que l'on peut situer au cours des années 1120. Il a cependant été restauré au , et plusieurs blocs sculptés ou moulurés ont été remplacés dans son contexte. L'intérêt du portail est renforcé par la présence d'une fenêtre stylistiquement presque homogène immédiatement au-dessus. La double archivolte du portail et l'archivolte de la fenêtre sont moulurés d'un gros tore et d'une gorge. Sous l'archivolte du portail, et non au-dessus comme le veut la règle, court un rang de fleurs de marguerite. L'archivolte de la fenêtre est surmontée d'un rang de têtes de clous, ornement qui a cours jusqu'à la fin de la première période gothique, qui retombe sur deux têtes grimaçantes. L'archivolte du portail retombe sur des tailloirs carrés profilés d'une plate-bande, de deux listels et d'un cavet. Les tailloirs de part et d'autre de la fenêtre sont cassés.

Les quatre chapiteaux du portail sont tous identiques. . Ces bâtonnets ne sont autres que des godrons très étroits. Quant aux chapiteaux de la baie supérieure, ils sont malheureusement abîmés. Assez curieusement, ce qui reste de la sculpture évoque les arrachements de crochets gothiques, ce qui impliquerait une réfection postérieure à la construction. Les fûts sont appareillés. Les bases se composent, du haut vers le bas, d'un petit tore, d'un listel, d'une scotie à fond plat, et d'un gros tore inférieur très affaissé. Des griffes végétales empoignent vigoureusement les angles. Sur la base tout à gauche refaite lors de la restauration, l'on a omis de sculpter la griffe.

Sur la façade, l'on voit encore l'empreinte de la toiture d'un porche. Toute la façade est appareillée en pierre de taille. Le mur se retraite grâce à un fruit à la naissance du pignon, et ses angles sont flanqués par des contreforts plats romans, qui sont scandés par deux faibles ressauts, et se terminent par un court glacis analogue. Le sommet du pignon est sommé d'une croix en antéfixe sans caractère, et en bas, il est percé d'une petite baie en arc brisé pour l'aération des combles.

Élévations latérales et clocher thumb|Vue depuis le nord. thumb|Nef, côté nord.

Les murs gouttereaux de la nef sont différents toutes les deux. Ils sont bâtis en moellons irréguliers noyés dans un mortier, sauf pour les contreforts et les pourtours des fenêtres. Il y a un contrefort intermédiaire au milieu du mur méridional, et deux contreforts irrégulièrement espacés au nord. Les deux fenêtres par mur ne se font pas exactement face. Très petites, elles sont en plein cintre et à linteau monolithique. Le faible ébrasement extérieur ne correspond en principe pas à l'architecture de la fin du , et n'apparaît en principe qu'au début du siècle suivant. Il se peut néanmoins agir d'un remaniement intérieur. Au nord, la tourelle d'escalier cylindrique constitue sans doute la partie la plus récente de l'église visible depuis l'extérieur. La calotte qui la coiffe évoque la Renaissance, et les bandeaux plats qui ceinturent sa partie supérieure correspondent à la même époque, ou à la période classique. Quant à la Vierge à l'Enfant qui trône au sommet comme pour veiller sur la population, elle ne fait pas partie intégrante de la tourelle. Elle date du et est donc beaucoup plus ancienne, et provient de l'intérieur de l'église (voir le chapitre Mobilier).