vignette|250px|Les armoiries de la ville de Houilles se blasonnent ainsi :De gueules au dextrochère ganté d'argent, mouvant en bande du canton senestre de la pointe, tenant un faucon d'or, chaperonné et longé de sable; à la bordure d'or chargée de huit champignons de sable.Historique : Les armoiries de Houilles datent de 1943, elles ont été conçues par l'héraldiste René Louis, à la demande de la municipalité. Le gantelet le poing fermé, retenant par les longes le faucon chaperonné, évoque les chasses royales qui se déroulaient, aux , dans la plaine de Houilles. La bordure du blason, chargée de huit champignons, rappelle la culture des champignons blancs dits « de Paris » dans des carrières de pierre désaffectéeshttps://www.ville-houilles.fr/sites/default/files/2020-05/Question%20-%20Blason%20de%20Houilles.pdf.

L’histoire de Houilles est celle d’un village, Houilles (Yvelines), qui est progressivement englobé dans la banlieue parisienne. Il s’industrialise, s’urbanise, fait partie de la banlieue rouge, puis, avec l'évolution sociologique de la ville et l'évolution politique du département, devient une ville de population plus aisée.

Origines vignette|L'église Saint-Nicolas de Houilles. Les origines de Houilles étant inconnues, on ne connaît rien sur les temps préhistoriques ou les périodes gauloise et gallo-romaineMonographie communale de Houilles aux archives départementales des Yvelines. On n'a trouvé aucun document, objet, monument… qui pourraient nous renseigner sur ces périodes.

Moyen Âge vignette|Pilier de l'église.

Des traces d'habitat de l'époque mérovingienne

Le site de la commune est habité à l'époque mérovingienne car on a trouvé des traces d'habitat mérovingien () (dans le quartier actuel dit du Tonkin). Lors des incursions des Vikings, en 845-846, ceux-ci s'installent notamment à Charlevanne. La péninsule de Houilles sert de cimetière, à la suite des massacres perpétrés. Un grand nombre de cercueils de pierre ou de plâtre ont été ainsi trouvés dans un lieu appelé martray ou martroy (martyre). Une croix y a été élevée, la croix du Martray.

La première mention du nom Houlliæ au XIIIe siècle

Le nom de la localité est attesté sous les formes HoulliæHippolyte Cocheris, Anciens noms des communes de Seine-et-Oise, 1874, ouvrage mis en ligne par le Corpus Etampois., HulliumErnest Nègre, Toponymie générale de la France, Formations dialectales et françaises, librairie Droz, Genève, 1998, p. 879, . et Holles en 1205. Aux , on trouve Houlliës puis plus tard Houille qui devient Houilles. Ces formes anciennes ne plaident pas pour une origine du nom liées à ouailles, qui signifiaient brebis, pour ce qui fut pour partie un lieu de paturage de moutons et brebis : une telle origine, régulièrement reprise comme explication du nom de la commune, ne s'appuie que sur une légère similitude phonétique avec la forme du nom à l'époque moderne et n'est pas reprise par les spécialistes toponymiques. Albert Dauzat et Charles Rostaing hésitent sur l'étymologie du toponyme Houilles qu'ils qualifient d'obscure, tout en proposant l'ancien français holle « hauteur »., plus compatible avec la nature des formes anciennes.

Les soubassements de l'église catholique Saint-Nicolas remontent au , période probable de la création de la paroisse, et sa structure a été profondément remaniée au . Un cimetière entoure alors l'église. Le cartulaire de Notre-Dame de Paris mentionne, au début du , la paroisse d'Ecclesia Holles.

Houilles, un bourg fortifié au XIVe siècle

En 1381, les habitants de Houilles, comme ceux de Carrières et de Bezons, plaident contre Jean de Meudon dit Bureau capitaine de Saint-Germain-en-Laye demandant d'être déchargés du guet qu'ils doivent à ce château.

Au , Houilles était une localité située au sud du chemin menant de Bezons à Sartrouville et était entourée de murailles avec quatre portes fortifiées et surmontées d'une tourelle. Les portes avaient pour nom, « porte de Pontoise », « porte de Paris », « porte de Saint-Germain » et « porte de Saint-Nicolas ». Le tracé des rues de Metz et de Strasbourg, au , correspond à l'ancien chemin de ronde.

Les seigneurs de Houilles au XVe siècle

Le plus ancien seigneur de Houilles, dont on a pu redécouvrir le nom, est Pierre d'Aunoy, ou d'Aurroy. Ce seigneur qui, en 1400, était trésorier de la cathédrale de Laon était probablement parent des seigneurs d'Orville à Louvres. En 1404 il obtient du roi Charles VI une exemption à ses vassaux, les habitants de Houilles, moyennant qu'ils transportent chaque année à l'Hôtel du Roi à Paris 4 charretées de leur feurre . Quelques décennies plus tard, la seigneurie de Sartrouville appartient à un compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, Robert de Baudricourt, fils de Liébaud de Baudricourt et de Marguerite d'Aunoy. Il tient le château de la Vaudoire, situé au point de départ du bac reliant Sartrouville à Maisons. À la fin de la guerre de Cent Ans, Houilles, comme les bourgs environnants, est dans un état déplorable, ravagé par les différentes troupes.

Époque moderne

, Houilles aux mains des huguenots

Au début du , la seigneurie de Houilles appartient à la famille Boucher seigneurs d'Orsay. C’est une période de reconstruction. En 1510, c'est Pierre III Boucher seigneur d'Orcé qui la possède. À sa mort, le , la seigneurie passe aux mains de son fils Charles Boucher d’Orsay seigneur d’Orsay et de Houilles, conseiller au parlement de Paris. Vers 1560, son fils Pierre Boucher d’Orsay seigneur d’Orsay, Houilles et Vernoy, conseiller des Finances à Soissons en 1597 et conseiller au parlement de Paris en 1605 en hérite. Houilles passe ensuite aux mains de Charles Boucher d’Orsay, seigneur d’Orsay, Houilles et Vernoy également conseiller au parlement de Paris.

En , pendant les guerres de Religion, les huguenots attaquent le village et malgré les fortifications, s'en emparent, pillent l'église et s'y fortifient contre les troupes catholiques. Quelques mois plus tard, le , la promulgation de l’édit de Nantes calme la situation et met fin aux troubles.

Houilles, territoire de chasses royales aux

Henri III, Henri IV, Louis XIII et Louis XIV chassaient loiseau d'eau dans la « plaine d'Ouilles », ils y passaient, également, leurs troupes en revue. Houilles est alors le lieu de grandes chasses royales, d'où le choix du faucon sur les armoiries de la ville. Les clôtures des terres agricoles sont interdites pour faciliter la chasse. Il y avait alors entre Houilles et Carrières une croix, appelée la croix des Dine-Chiens par ce que, dit-on, Henri IV faisait dîner ses chiens en cet endroit lorsqu'il venait chasser dans la plaine.

Les seigneurs de Houilles au XVIIe siècle

Le , Pierre Boucher meurt. Sa femme, Louise Hennequin, se remarie avec Sébastien le Hardy de la Trousse, et met bientôt en vente la seigneurie de Houilles. En 1615, Michel Brice devient seigneur de Houilles. Entre 1626 et 1629, les deux ponts, du Pecq et de Chatou, sont construits. En 1640 puis 1648, le village est décimé par . Le clocher et la façade de l'église sont de 1651.

Seigneurs et société à Houilles, au XVIIIe siècle vignette|gauche|Extrait d'une carte de l'abbé Delagrive au

En 1698, Jean-Baptiste Proust, lieutenant particulier assesseur civil, police et criminel au Châtelet de Paris est seigneur de Houilles et du fief appelé Martray. Il demanda au cardinal de Noailles le déplacement du petit cimetière qui avait servi autrefois à enterrer les pestiférés qui gênait sa maison seigneuriale. En 1700, il obtint la permission d'avoir une chapelle dans son château. À sa mort en 1721, son fils Jean-Batiste Louis Proust lui succède. À la mort de celui-ci, la seigneurie revient à sa mère, du Martray veuve Proust qui revient à sa mort en 1743 à sa fille Genneviève Proust.

En 1717, une enquête dans les paroisses de la Généralité de Paris dénombre 137 feux, ou habitations, à Houilles et 199 familles. Il y a un notamment un curé, un chapelain, deux familles nobles et une quinzaine de privilégiés, exemptés de taille (dont une dizaine de bourgeois de Paris et un garde-chasse des « plaisirs du Roi »). Dans le reste de la population, cette enquête identifie 146 familles d’agriculteurs (essentiellement des vignerons), un tonnelier, un maître d’école, trois maçons et deux pauvres maçons, trois jardiniers, trois cordonniers, deux bouchers, deux fileurs, un tonnelier, un menuisier, un coiffeur, un sergent, un maréchal-ferrant, et cinq pauvres. Le dénombrement de 1725 indique 148 feux à Houilles soit environ 740 habitants. L'activité est alors essentiellement agricole, toutefois la pierre de taille est exploitée quelque temps à la fin du , et cette activité persiste jusqu'au . Une étude basée sur le rôle des impôts, toujours dans cette première moitié du , montre que la population de Houilles est plus homogène en revenus, qu’en moyenne en Île de France, et même qu’à Bezons, commune limitrophe. Ce sont essentiellement des paysans modestes, sans qu’il y ait de grandes fermes. Les terres cultivées sont morcelées en parcelles agricoles.

En 1728, on compte 348 habitants à Houilles.

En , la seigneurie passe aux mains de Jean-Baptiste Charles David Vaignon à la suite du décès de sa mère, Marguerite-Charlotte Proust du Martray, fille de Jean-Baptiste Proust et épouse de Antoine Jean-Baptiste "Robert", seigneur de Mortemer, de Pissy, du Parc d'Enneval et autres lieux,.

Période révolutionnaire La période révolutionnaire est riche en évènements. En , le droit de chasse est modifié, permettant de mettre en place des clôtures sur les terres agricoles de la commune. En , les habitants de Houilles établissent une pétition pour réclamer au sieur de Vaignon, seigneur de Houilles, la restitution comme biens communaux de 43 arpents de terre que l'un des seigneurs aurait réunis à ses domaines, vers 1640, en échange de suppression des droits de banalité et d'une somme de pour que les habitants puissent réparer les portes qui étaient délabrées.

Le 14 frimaire an I (), la municipalité de Houilles, qui comporte environ 500 habitants et fait partie du district de la Montagne du Bon-Air (Saint-Germain-en-Laye) (ou Montagne Bon-Air), fournit un contingent de 21 citoyens pour la défense de la Patrie. Une souscription est faite pour « leur aider à subsister à la défense de la Patrie ».

En , les Ovillois se plaignent de l'état du chemin de Bezons qui ne leur permet plus de conduire facilement leurs produits agricoles à Paris. D'autant que le seul chemin pour aller à la capitale passe par le bac de Bezons qui est impraticable, environ, trois mois par an.

Le 19 pluviôse an I (), . Le 28 pluviôse an I (), Jean-Baptiste-Antoine-François Desquirou de Sestrière, curé de Houilles et Carrières-Saint-Denis est arrêté. Le 21 ventôse an I (), 17 nouveaux citoyens s'enrôlent pour la défense de la Patrie. Le 19 floréal an I (), un certificat de résidence est délivré au citoyen seigneur de Houilles, Vaignon.

Le an I (), par suite de la destruction des récoltes dues à une gelée tardive au printemps précédent et par la grêle du mois de juillet, les Ovillois demandent une réduction d'impôts et un secours. Le 9 vendémiaire an II (), la population manque de pain. L'aide de secours, qui parviendra le 28 brumaire an II (), se compose de 49 setiers de blé et 31 de seigle afin de pouvoir ensemencer les terres. Une période de disette commence qui pèse sur le climat social.

En octobre, pour aider à l'effort de guerre ; 2 des 3 cloches de l'église sont transportées à Saint-Germain pour servir à la fabrication des canons et la grille du chœur de l'église est transformée en piques pour armer les 3 compagnies de la garde nationale de Houilles. Le 27 brumaire an II (), le Conseil général de la commune décide d'offrir à la Convention nationale tous les ornements, vases sacrés et argenterie de l'église pour le service de la patrie.